Enterrez nos chiens - Bury Our Dogs

Enterrez nos chiens - Bury Our Dogs

Descargar subtítols en French

Información d'a versión

Enterrez nos chiens fr
Un comentario de pukachou
teletext

Etiquetas

other
Publicau o: 2010-05-25
Descargas: 12
Ta personas con problemas auditivos: Yes

Anvista previa d'os subtitulos en French

As primeras 200 linias.

-Ça s'est passé il y a trop longtemps.

Si vous pouviez interroger Lucas,

il vous dirait que c'est ma faute.

Mais c'est pas vrai.

C'est pas vrai.

La cloche de l'église sonne.

Il chante.

Il y a eu un loupé, encore.

Oh...

Merde.

J'ai pas pu le tuer.

Ça peut pas être moi.

Mais je l'ai pas lâché. Ça, c'est sûr.

Je l'ai pas lâché.

On s'est regardés hurler

jusqu'à ce qu'on n'y voie plus rien.

Jusqu'à ce qu'on meure tous les deux.

Jusqu'à ce qu'on n'ait plus une seule goutte de vie

dans le sang.

Ouais. Vous y comprenez rien.

Ouais.

Commencer au début.

D'accord.

Commencer au début.

Vous y comprenez rien. Je vais parler d'elle, d'abord.

C'était le genre de bled où il y a que des vieux.

Où tout le monde se connaît.

Quand elle est arrivée de la ville, ça sentait le changement.

Ça a mis tous les gars en rut.

Moi le premier.

J'avais 15 ans.

Là, j'en ai 15 de plus.

Je suis remonté au début. C'est pas ce que je devais faire ?

Elle, elle avait à peine 10 ans.

Mais dans notre campagne, il y a pas trop d'âge pour ça.

Elle, tout le monde la respectait.

Pas comme vous pensez.

Personne n'y touchait trop. On la regardait de loin,

attendant qu'elle soit bien mûre.

Que le fruit soit bien mûr.

Sauf qu'il y avait Lucas.

Il y avait Lucas.

Lucas...

Lucas, c'était le beau mec.

Celui qui plaisait à toutes les filles.

Celui dont il fallait être le pote.

Celui qui avait sa cour de fidèles, mais aussi ses cafards à écraser.

Des types à humilier.

Des pauvres types bons à être cognés.

Des types souvent plus jeunes, plus petits ou plus gros.

Uniquement bons à se faire foutre sur la gueule.

Juste bons à se faire cogner par sa bande d'enfoirés.

J'étais plus jeune, plus petit et plus gros,

alors ça y allait.

Je me faisais massacrer.

Sang dans la bouche, rires partout autour.

Ne pas pleurer, surtout.

Bande d'enfoirés.

Il faut d'abord que je vous parle de mon chien.

C'est un labrador.

Un gros machin.

Je voulais faire de lui une machine à tuer,

à étriper ces connards.

Je voulais en faire un tueur.

Mais Banco était trop vieux, trop pépère.

Et "Banco", c'est pas un nom de tueur.

Ils chantent.

Mais Banco était trop vieux, trop pépère.

Et "Banco", c'est pas un nom de tueur.

Mais Banco était trop vieux.

Et "Banco", c'est pas un nom de tueur, ça.

Alors, un jour où ils me sont tombés dessus,

un jour où ils me cognaient

à m'en faire péter toutes les dents une par une,

un jour où je me roulais par terre de douleur

pendant que ces enfoirés me massacraient,

un jour de haine à ravaler,

j'ai hurlé à mon chien d'attaquer ces connards.

Les coups se sont arrêtés net.

-Ils ne connaissaient pas mon chien. Ils ne l'avaient jamais vu avant.

Ils l'ont cherché du regard.

J'ai vomi mon sang et j'ai respiré un peu,

en espérant que ce clébard saute à la gorge de Lucas

et qu'il lui bouffe les cordes vocales.

Qu'il saute à la gorge de Lucas

et qu'il lui bouffe les cordes vocales.

J'avais des larmes plein les yeux,

mais j'ai vu Banco se faire massacrer à son tour.

Je me disais : "C'est un chien.

"Il va se mettre à mordre et à aboyer."

Enfin, un truc, quoi.

Rien.

Il parle arabe.

Banco se laisse tuer. Ils étaient 6 sur lui.

Mon vieux chien est presque mort tout de suite,

au 4e ou au 5e coup dans le bide.

Son sang coule partout :

sa gueule, ses oreilles, sa truffe.

Ils étaient déçus.

Trop rapide, tout ça.

-Alors, ils ont trépané mon chien à coups de cutter.

Puis ils l'ont vidé de tous ses organes encore chauds.

Et ils ont jeté tout ça, avec sa carcasse, sur moi.

Ouais.

Je suis sûr que vous aussi, vous détestez ce connard.

Elle...

J'avais dit que je devais commencer par elle.

Je suis resté là, à creuser avec mes mains

pour enterrer mon chien.

J'avais mal partout, des côtes fêlées, tout ça.

C'était déjà le soir. On ne voyait plus grand-chose.

Pas assez de lumière.

Puis elle est arrivée au bon moment.

Elle ne pouvait plus voir les viscères de Banco,

ni ma gueule ensanglantée.

Elle n'avait pas de raison de partir en courant et en hurlant.

"Tu fais quoi ?" elle m'a dit.

"J'enterre mon chien."

Alors, elle s'est mise à genoux. "Comment il s'appelait ?"

"Banco."

Et elle a prié pour mon chien.

Alors, j'ai prié aussi.

Et je crois qu'elle a souri.

Mais Lucas traînait déjà pas mal autour d'elle.

Genre, joli coeur et tout.

Et toujours sa petite gueule de beau mec.

"Tu veux que je t'aide à porter tout ça jusqu'à chez toi ?"

Et ses potes se marraient derrière.

Je me disais que s'il la touchait avec ses doigts pleins de sang,

je les lui casserais un par un.

Après, j'ai eu 20 ans

et je suis parti au service militaire.

J'ai quitté tout ça.

D'abord, je n'ai plus voulu être un petit gros qu'on massacre.

J'ai commencé à vouloir gonfler.

Tout ce qui traînait me servait d'haltères.

Mon père aurait été fier.

J'aurais pu jeter ses ballots de foin d'une main,

à m'en couper les doigts.

Avec mon gabarit, ils ont insisté pour que je fasse plus que prévu.

Je suis parti en Afrique.

La Légion.

Ça, c'était bien.

Et puis, un jour, l'armée nous a perdus dans le désert.

Enfin, pas vraiment. C'était un exercice.

Mais j'ai cru que j'allais mourir.

Plus rien à boire. Presque plus rien à bouffer.

On n'était plus que des bêtes.

C'est là que j'ai pris ma décision.

-Allez, monsieur. Soyez raisonnable. Venez par là.

Doucement.

Soyez gentil. Soyez gentil.

Venez, doucement. Soyez gentil.

-J'avais plein de copains, quand j'étais jeune.

On formait une bande.

Une vraie bande de cons. On se marrait bien.

C'était un peu moi, le chef.

On avait nos souffre-douleur,

des mecs qu'on coursait dans toute la ville.

On les déculottait. On se foutait de leur gueule.

Il y avait Marc, aussi.

Avec lui, on y a été trop fort.

D'habitude, on le cognait

et moi, je regardais en m'en foutant un peu.

Et puis on rigolait.

Et puis un jour, mes potes ont buté son chien.

Il avait voulu que ce gros chien nous saute dessus.

Et lui, il s'est mis à remuer la queue,

à vouloir jouer avec nous.

Alors, ils sont allés le titiller un peu.

2, 3 coups dans le ventre.

Mais le chien est mort tout de suite.

C'était un vieux chien.

On a vidé cette pauvre bête, comme on faisait avec les poulets.

Et l'autre, il pleurait.

Alors, on a tout déversé sur lui.

C'était dégueulasse.

Je suis rentré chez mon père et j'ai vomi.

L'alcool, d'abord.

Puis j'ai essayé de vomir tout ce qu'on avait fait.

J'ai hoqueté comme ça toute la nuit.

Après, avec les potes, c'était plus pareil.

Ça nous a tous secoués.

Marc ne sortait plus.

On a essayé de faire comme si rien ne s'était passé.

Mais ça s'était passé.

On faisait toujours les cons entre nous,

mais on foutait la paix aux autres.

Et puis Marc est parti à la Légion.

On ne l'a plus revu.

On a presque réussi à croire qu'il avait jamais existé.

On a fait nos vies.

Les potes sont allés à l'usine.

Moi, je suis resté avec mon père, à la ferme.

Et puis je me suis marié avec la petite.

Ouais.

"La nouvelle", comme on l'appelait.

Elle était venue de la ville avec son père.

C'était la plus jolie du village.

Ça a pas été facile, de...

Comentarios

No comments yet. Be the first to leave one.

Keep it about this subtitle — sync, quality, typos.500 characters left