The Chronicle History of King Henry the Fifth with His Battell Fought at Agincourt in France
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L'Histoire du Roi Henry V
et de la Bataille d'Azincourt en France par William Shakespeare
sera jouée par les hommes de Lord Chamberlain
au Théâtre du Globe, en ce jour le 1er mai 1600
Théâtre du Globe
Des oranges !
L'histoire du Roi Henry V et de la bataille d'Azincourt
Si j'avais une Muse de feu
prête à s'élever vers le ciel radieux de l'invention !
Si j'avais un royaume pour théâtre, des princes acteurs
et des monarques spectateurs de la scène sublime!
Alors Harry le belliqueux prendrait l'aspect de Mars,
à ses talons, comme des chiens en laisse,
Famine, Epée et Feu mendieraient du service.
Pardonnez aux esprits plats, serviles
qui ont osé sur cette indigne estrade
mettre en scène un si grand sujet !
Les vastes champs de France tiendront-ils sur ces planches ?
Où entasserons-nous sur cet 0 de bois les casques
qui semaient l'effroi à Azincourt ?
Nous stimulerons votre imagination.
Supposez que dans l'enceinte de ces murs,
soient confinées deux puissantes monarchies.
Leurs fronts altiers se touchent presque,
mais un océan étroit et périlleux les sépare.
Devant nos imperfections, faites travailler votre pensée :
quand nous parlerons de chevaux,
voyez-les planter leurs fiers sabots dans un sol consentant
car c'est votre pensée qui équipera nos rois.
Portez-les çà et là, enjambez les époques,
resserrez les événements de maintes années
en une heure de sablier!
Pour vous y aider, acceptez-moi comme le Choeur de cette histoire.
Moi qui, tel un prologue, prie votre humble patience
d'écouter gentiment
et de juger complaisamment notre pièce.
Antichambre du palais du Roi Henry V
Mon Seigneur, je vous le dis,
on présente à nouveau ce projet de loi
qui, en la onzième année du règne précédent,
allait passer contre nous
si les troubles et l'agitation de l'époque
ne l'avaient mis hors de question.
Mais comment nous y opposer maintenant?
Réfléchissons. S'il passe contre nous,
nous perdons la moitié de nos possessions
car tous les biens temporels que les dévots
ont donnés par testament à l'église
nous seraient arrachés : tel est le projet.
Une sacrée gorgée !
Cul sec!
Comment y remédier ?
Le roi est plein de bonté et de justes égards.
Et adorateur de la Sainte Eglise.
Le train de sa jeunesse ne le présageait pas.
Il s'adonnait à de vaines occupations,
fréquentait des illettrés vulgaires et creux
et passait son temps en banquets, débauches et jeux.
Jamais on n'observa chez lui nulle étude.
Ainsi le prince a caché sa méditation
sous le voile du désordre.
Elle a poussé comme l'herbe en été, plus vite que la nuit.
A peine le souffle avait-il quitté le corps de son père
que déjà sa folie, gangrenée en lui,
sembla mourir aussi.
Sir John Falstaff...
et toutes ses fréquentations avec...
Il fut banni...
sous peine de mort à rester éloigné de sa personne...
à plus de 16 km!
Oui, à cet instant même, la réflexion survint tel un ange
et fouetta hors de lui Adam et ses péchés.
Jamais homme ne fut sage si soudainement.
Jamais changement ne fut si radical que chez ce roi.
Ce changement est une bénédiction.
Mais, mon bon seigneur, comment parer à ce projet de loi ?
Sa majesté y est-elle favorable ?
Il semble indifférent. Peut-être balance-t-il de notre côté ?
J'ai fait une offre à sa majesté,
concernant la France,
de donner une somme plus grosse que le clergé
n'ait jamais remis à ses prédécesseurs.
Comment l'offre fut-elle accueillie ?
Sa majesté la reçut avec faveur mais le temps manqua pour écouter.
Je vis que sa grâce l'eût fait
de ses titres sûrs à certains duchés
et plus généralement, à la couronne et au trône de France,
titres qu'il tient d’Edouard, son arrière-grand-père.
Quel incident vous a interrompus ?
L'ambassadeur français à cet instant demanda audience.
Et je crois que l'heure est venue de l'entendre.
Est-il quatre heures ?
Oui.
Entrons pour connaître son ambassade.
Mais je peux deviner son énoncé
avant que le Français dise un seul mot.
Je vous suis, j'ai hâte de l'entendre.
Où est le vénéré Seigneur de Canterbury ?
Il n'est point ici.
Faites-le quérir, cher oncle.
Faut-il appeler l'ambassadeur, sire ?
Non, mon cousin.
Avant de l'entendre, ôtons-nous d'un doute
sur des sujets qui nous préoccupent touchant la France et nous.
Dieu et ses anges gardent votre trône sacré
et vous y laissent longtemps !
Nous vous remercions.
Mon docte seigneur, exposez-nous
en toute justice et en conscience
si cette loi salique des Français
doit ou non faire obstacle à nos prétentions.
Au nom de Dieu,
prenez garde de réveiller le glaive endormi :
car jamais deux tels royaumes n'ont combattu sans répandre du sang
dont chaque goutte innocente est dévastatrice pour une courte vie.
Alors écoutez-moi, gracieux souverain, et vous, pairs,
qui devez votre vie, votre loyauté et vos services à ce trône impérial.
Nul obstacle
aux prétentions de Votre Altesse sur la France,
si ce n'est celui tiré de Pharamond :
In terram Salicam mulieres ne succedant
Nulle femme ne succédera en terre salique
Et la terre salique, prétendent les Français,
serait le royaume de France.
Mais leurs propres auteurs affirment justement
que la terre salique est en Allemagne,
entre les cours du Sala et de l'Elbe.
C'est là que Charles le Grand
réduisit les saxons,
laissant derrière lui quelques Français établis,
lesquels, dédaignant les femmes allemandes,
en raison de leurs moeurs dissolues,
émirent alors cette loi
que la femme n'hériterait jamais sur la terre salique,
qui s'appelle à présent Meissen en Allemagne.
Il apparaît donc bien
que la loi salique ne fut pas inventée pour le royaume de France.
Les Français ne la possédèrent point
jusqu'à la 121 ème année
qui suivit le décès du roi...
Pharamond,
considéré à tort comme fondateur de cette loi.
Le roi Pépin, qui déposa Childéric,
fit valoir, comme héritier légal descendant...
de Blitilde !
Laquelle était fille du...
roi Clotaire, ses prétentions à la couronne de France.
Hugues Capet également, qui usurpa la couronne...
au duc Charles de Lorraine, seul héritier mâle
de la vraie race et lignée de...
Charles le Grand,
qui n'eut pas la conscience tranquille,
en portant la couronne de France, avant de se dire que...
la noble... la noble...
la noble...
Reine Isabelle, sa grand-mère,
descendait en droite ligne de Dame...
de Dame Hermengarde, fille du susnommé Charles, Duc de Lorraine.
Ainsi donc, aussi clair qu'est le soleil d'été,
tout paraît reposer sur les droits et titres des femmes,
de même pour les rois de France jusqu'en ce jour.
Pourtant, ils veulent brandir la loi salique
pour s'opposer aux prétentions de Votre Altesse par les femmes.
Puis-je en droit et conscience y prétendre ?
Que la faute repose sur moi, redouté Souverain !
C'est écrit dans le Livre des Nombres :
quand le fils meurt, l'héritage revient à la fille.
Gracieux Seigneur, défendez votre dû.
Regardez vos puissants ancêtres !
Allez, redoutable Seigneur, au tombeau de votre aïeul !
Invoquez son esprit martial ! Et votre grand-oncle, Edouard,
- le Prince Noir. - Vos frères, rois de ce monde,
espèrent que vous allez vous dresser comme firent les lions de votre sang.
Ils savent que Votre Grâce a juste cause et pouvoir.
Jamais roi d'Angleterre n'eut plus riche noblesse ou plus loyaux sujets,
que ceux dont les coeurs, laissant leurs corps en Angleterre,
campent dans les plaines de France.
Laissez leurs corps les rejoindre
pour conquérir votre dû par le sang, l'épée et le feu.
A l'appui de quoi, nous, seigneurs spirituels,
lèverons pour Votre Altesse une somme plus grosse
que le clergé n'en remit jamais
à aucun de vos ancêtres.
Allez quérir les messagers du Dauphin.
Nous sommes résolus, avec l'aide de Dieu
et la vôtre, nobles muscles de notre puissance,
la France étant à nous, elle se pliera devant nous
ou nous déposerons nos os dans une urne indigne,
sans tombeau, ni mémorial.
Nous voici prêts à connaître le bon plaisir du Dauphin
car on nous dit que votre message vient de lui et non du Roi.
Permettez-nous d'exposer librement
ce dont nous sommes chargés ?
Ou faut-il seulement résumer le propos
du Dauphin et de notre ambassade ?
Nous ne sommes pas un tyran, mais un roi chrétien.
Dites sans contrainte quelle est la pensée du Dauphin.
La voici donc en bref.
Votre Altesse, par son récent message en France,
réclamait des duchés
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