Marius

Marius

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Marius 1931 1080p BluRay x264-NODLABS
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x264
1080
نشرت في: 2016-09-13
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أول 200 سطر.

Musique calme

Musique joyeuse

… Cloches

… …

Musique intrigante

Musique joyeuse

Musique calme

Marius.

Oh, Marius ! - Oh, Fanny.

À quoi tu penses ?

Peut-être à toi.

Menteur, va !

Tu crois que je pense jamais à toi ?

- Tu penses à moi quand tu me vois.

Allez, paye-moi le café.

Chut. Profitons que mon père dorme.

- Dis, Marius, pourquoi t'es pas venu danser hier au soir ?

Où ça ?

- À la Cascade. On danse tous les dimanches.

- Tu vas à la Cascade ? - Oui.

Y a des gens très bien. - Qui ça ?

André, M. Bouzique, Victor.

J'ai dansé toute la soirée avec Victor.

- Il a l'air aussi bête en dansant qu'en marchant ?

- Que tu es méchant ! Mais pourquoi tu viens pas là-bas ?

- Je sais pas danser. - Je t'apprendrai.

J'y tiens pas.

Où tu es allé ?

Je suis allé me promener,

respirer l'air du soir sur la jetée.

- Tout seul ? - Oui. J'ai rencontré M. Brun.

- Il est revenu ? - Hier matin.

Qu'a-t-il fait à Paris ?

- Il est allé suivre des cours. De commis, il est passé vérificateur.

- Ils gagnent beaucoup, les vérificateurs ?

- M. Brun ? Rien que pour faire blanchir les cols,

il lui en faut, rappelle-toi !

Sifflet de paquebot

Et voilà Saïgon.

Comment le sais-tu ?

C'est le sifflet du Yara.

Sifflements

Marius !

Ça siffle. - C'est le Yara.

- Imbécile, c'est le percolateur. - Oh, pardon.

Il souffle.

Tu offres le café ?

- Oui. - Bon.

Tu en veux une tasse ?

- Non. - Pourquoi ?

- Si on boit tout gratis, il restera plus rien pour les clients.

- Vous allez pleurer pour un café ?

- Non, c'est pour la manière ! - Laquelle ?

- Boire le magasin pendant que je dors.

Pour l'affront, t'as réussi.

Un affront ? Quel affront ?

- Si je peux pas offrir un café, que suis-je ?

Un enfant qui doit obéir à son père.

- À son âge ? - Oui !

C'est à 32 ans que mon père me donna son dernier coup de pied au derrière.

De mon temps, on avait du respect, de la tendresse.

- À coups de pieds. - Y avait moins d'ingrats.

- Si ma mère me giflait, je sais pas ce que je ferais.

T'irais pleurer dans un coin !

Si ton père pouvait te donner une calotte, ça te ferait pas de mal.

Rires Tu peux rire !

Les enfants vous empoisonnent la vie.

Dis, je te fais la moitié du travail.

- Parlons-en : c'est quand on a besoin de toi que tu n'es jamais là.

Je suis toujours au comptoir.

- C'est la vérité. - De quoi tu te mêles, toi ?

Et quand tu es là, tu travailles avec un tel dégoût.

Tu es triste, tu es pâle. On dirait un antialcoolique.

- Je suis peut-être un neurasthénique ? - Toi ?

- Et alors ? - Où tu l'aurais attrapé ?

Hé ! Ça vient comme ça.

- N'essaie pas de monter le coup à ton père.

Va vendre tes clovisses au lieu de baver.

J'y vais !

- Tu es mou et paresseux. Tu es le portrait de ton oncle Émile.

Il passait jamais au soleil, car traîner son ombre le fatiguait.

Tu es un rêvasseur et tu connais pas ton métier.

- Je le connais pas ? - Non !

Tu ne le connais pas, ton métier, là !

Tu sais pas encore doser un mandarin-citron !

Quant au Picon-citron-curaçao de la maison, n'en parlons pas !

Hier, le père Cougourde est venu et il s'est plaint.

C'est pourtant pas difficile, voyons. Regarde !

Tu mets un tiers de curaçao.

Fais attention. Un tout petit tiers.

Un tiers de citron.

Tu vois ?

Un bon tiers de Picon.

Tu vois ?

Et alors, un grand tiers d'eau.

Voilà.

Et ça fait quatre tiers.

- Et alors ? - Dans un verre, y a que 3 tiers.

Ça dépend de la grosseur des tiers !

Non, ça dépend pas.

- Pourquoi ? - C'est de l'arithmétique, ça.

- Avec l'arithmétique, ne cherche pas à détourner la conversation.

Et la goutte sur le goulot, c'est de l'arithmétique ?

- Quelle goutte ? - La goutte qui coule sur le goulot.

C'est pourtant pas difficile ! Regarde, tu verses comme ça,

en faisant un quart de tour. Hop !

Avec le bouchon, tu la remets dedans.

Mais toi, tu fais ça en amateur.

Alors évidemment, la goutte coule sur l'étiquette.

Et voilà pourquoi ces bouteilles sont plus faciles à prendre qu'à lâcher.

Il rit.

Ça te fait rire ? - Toi aussi, tu riais.

Je ris de ma patience. De ma patience !

Il imite le tambour.

- Demain matin à 9 h, tout le monde sur le pont. Ouvrez le ban.

Quartier-maître Piquoiseau,

au nom du gouvernement de la république,

je vous fais chevalier de la Légion d'honneur.

Fermez le ban !

… - Oh dis, Piquoiseau !

Ça te prend souvent ? - Oh !

Y a un traître à bord !

Amiral Escartefigue, je vous casse.

Vous restez aux fers jusqu'à Manille.

L'amiral Escartefigue est dégradé.

Brouhaha enfantin

L'amiral Escartefigue est dégradé ?

Il rit.

Capitaine ! Capitaine !

Capitaine !

Capitaine !

Nous ne partons pas ?

- Y a du monde ? - De l'autre côté, deux font signe.

Comment ?

Ils font comme ça.

- C'est peut-être des Napolitains qui se parlent.

Non, ils font des gestes de passagers.

J'irai voir ça tout à l'heure.

Bien.

- En attendant fais monter la pression

et donnes-y des coups de sifflet.

Bien !

- 3 coups, autrement, tu me manges toute la vapeur.

Bien, capitaine.

Et n'ouvre pas trop le sifflet !

Bien, capitaine !

- Parce qu'après, on peut plus le fermer.

- Les gens n'ont plus besoin de traverser le port ?

- Le pont transbordeur me fait du tort.

Avant cette ferraille, mon bateau était trop petit.

Maintenant, ils vont au transbordeur.

C'est plus moderne que le "fériboite" et ils n'ont pas le mal de mer.

- Des gens ont le mal de mer sur votre bateau ?

- Oui. - Qui ?

- Moi. - Pour une traversée de 100 m ?

- 100 m ? Y a 206 m d'une rive à l'autre !

- Arrête. - Mais dis, je connais bien le voyage.

Je le fais 24 fois par jour depuis 30 ans.

30 ans !

Dites, M. Escartefigue,

ça vous embête de voir passer les autres ?

- Quels autres ? - Les autres bateaux.

Qui prennent le port en long et pas en travers.

Pourquoi ça me ferait quelque chose ?

Ils vont loin.

- Ouais, et d'autres fois, ils vont profond.

- Et le soir, pour la dernière traversée, avec toutes ces lumières,

il vous est jamais venu l'envie

de tourner la barre et de mettre le cap sur la haute mer ?

- Sur la haute mer ? Tu deviens fada, mon pauvre Marius.

Oh, non. Je vous ai bien deviné.

Qu'as-tu deviné ?

Que vous souffrez de ne pas sortir.

- Moi, je souffre ? - Oui, vous !

Et quand vous venez boire ici avec MM. Philipeaux et Caderousse,

revenus du Brésil ou de Madagascar, et qui vous parlent de là-bas,

je vois que ça vous fait quelque chose.

Ça me fait plaisir de les voir revenus.

- Pas plus ? - Pas plus.

Écoute, Marius, je suis fier d'être marin et capitaine,

maître à bord après Dieu,

mais Madagascar, tu peux pas te figurer à quel point je m'en fous !

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