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Au large de Kanagawa - Japon
Tout comme l’amour du Seigneur est sans limites,
Sa colère, elle aussi, est infinie.
JANVIER 2118
Mes frères, frappez de Sa colère les maux du monde.
Pardon.
Professeur…
Il n’y a plus d’échappatoire.
Contact perdu avec l’équipe de sécurité. Il y a urgence.
Je compte sur toi, Kôgami.
Bien reçu.
Je dois me retirer ! Passe devant, Kôgami !
Tu l’as tuée ?
Elle m’attendait.
T’as merdé, Kai.
Toutes mes excuses.
On n’a pas le choix.
On passe au plan B.
Leurs renforts arrivent.
Il faut partir.
Je vais faire diversion.
« Selon les prophéties
faites précédemment à ton sujet…
je t’adresse ce commandement.
En gardant la foi,
mène le bon combat. »
Kôgami, quelle est la situation ?
Désolé…
Ils nous ont eus.
Tôkyô - Ministère des Affaires sociales Tour Nona
On dit qu’avec le système Sibyl,
le système judiciaire n’est plus utile.
Est-ce bien vrai ?
AKANE TSUNEMORI
Qu’est-ce qui vous inquiète, exactement ?
Abolir les lois signifie renier le droit international.
Quand le Japon devra faire face au monde…
C’est un succès pour les Nations de l’Asie du Sud-Est.
Le système Sibyl
est reconnu comme le nouveau garant de l’ordre mondial.
Dans ce cas, que ce soit au Japon ou en dehors,
le système judiciaire devient inutile.
Faut-il la laisser parler,
M. Shindô ?
Oui.
Son teint est plus clair que le tien.
Nous devrions écouter l’avis du ministère de la Justice.
Eh bien…
Abolir le système judiciaire et dissoudre le ministère de la Justice,
tout cela semble un peu excessif.
Le concept d’État de droit
est devenu obsolète dès que Sibyl a fonctionné !
Cette décision
ne doit pas être prise ici à huis clos.
Il faut tenir compte de la volonté du peuple.
Le peuple a déjà accepté le système.
Vous manquez de respect au ministère des Affaires sociales.
Non.
Le Japon développe une économie prédatrice
et exploite ses voisins pour s’enrichir,
voilà ce que je critique.
Mort confirmée.
C’est un non-sens !
Le commerce des armes est utile pour maintenir la paix dans le monde !
Je vous en prie, calmez-vous.
C’est le genre de débats chaotiques qui avait cours avant Sibyl.
Faire passer le Japon avant tout devient trop risqué.
Parmi les propos de Mlle Tsunemori,
je suis d’accord sur ce point.
Vous tous également, je pense.
En fait, cette réunion
devait accueillir une invitée capable de clarifier les relations du Japon
avec le reste du monde.
Je ne la vois pas.
Exact.
Elle n’a pas pu arriver à temps.
Veuillez m’excuser.
L’Agence de la Sécurité maritime nous a signalé
un cargo étranger, le Grootslang.
Ils sont tous morts à bord, aucun survivant.
Il y aurait eu une fusillade.
Une fusillade ?
Dépêchez-vous.
Ce n’est pas le moment de jouer à la politicienne.
Bien.
D’accord pour les Affaires étrangères.
À plus tard.
J’arrive tout de suite.
J’ai clos la réunion.
Je suis désolée.
Il s’agit d’une urgence ?
Oui, un incident sur un navire étranger.
S’agirait-il…
du Grootslang ?
Comment le savez-vous ?
L’invitée de notre réunion était à bord de ce navire.
Le professeur Milcia Stronskaya.
Une autorité mondiale en économie comportementale et statistiques.
Elle venait d’achever le modèle de base d’une simulation.
Une simulation ?
On appelle son étude « le document Stronskaya ».
Elle permet de prédire les effets de Sibyl sur le reste du monde.
Les Nations de l’Asie du Sud-Est ont validé cette étude.
Je comprends ce que tu ressens.
Où l’aviez-vous rencontrée ?
Quand je travaillais au Bureau de l’Immigration.
J’aurais aimé te la présenter.
J’ai entendu dire que vous aviez permis l’accueil d’immigrés.
Et que vous aviez soutenu le système judiciaire.
C’était très compliqué.
Certains suggéraient sérieusement
que la meilleure solution était de tuer tous les réfugiés.
Ouverture des frontières et système judiciaire vont de pair.
Tu sais pourquoi ?
Car la plupart des immigrés ont vécu des conflits.
Sibyl accepte difficilement leur arrivée
et sans suivre le droit international, impossible d’ouvrir le pays.
Exactement.
Alors que le monde se reconstruit, le Japon prend du retard.
Comment avez-vous fait pour que l’immigration soit acceptée ?
D’abord, contrairement à toi,
j’ai évité de me mettre tout le monde à dos.
Oui…
Tu es inspecteur depuis trop longtemps.
Tu devrais viser plus haut.
Je mets beaucoup d’espoir en toi.
En moi ?
Comment pourrait-il en être autrement ?
Ton teint reste toujours clair, même quand tu doutes de Sibyl.
J’admets la valeur de ce système.
Mais je crois en quelque chose d’autre.
Tu as raison. Et ça me plaît.
C’est le Bureau de la Sécurité publique
qui a le droit d’investigation sur le territoire japonais !
Les Affaires étrangères n’ont rien à foutre ici !
Écoutez, nous voulons que tout se passe calmement.
Fermez-la ! Je veux rien savoir !
Frederica ?
C’est un plaisir de vous revoir.
Bonjour.
Yabuki, Bureau de Coordination du ministère des Affaires étrangères.
Les détails sont confidentiels
mais ce navire est impliqué dans une affaire nous concernant.
Laissez-nous enquêter.
Le Bureau de Coordination…
Je suis sur place. Tout le monde est là.
Directrice Kasei !
Inspecteur.
Laisse le ministère enquêter. Que tes hommes se retirent.
Je vous donnerai les détails au bureau.
Tu l’as localisé ?
Oui, mais c’est compliqué de le récupérer.
Sans filet de secours…
tu l’as laissé aller trop loin !
On manque de temps.
Une fois la machine en route, impossible de l’arrêter.
On accepte de se retirer ?
Ordre de la directrice.
Vous n’auriez jamais dû venir avec ce ponte !
Une invitée du directeur Shindô était sur ce bateau.
Le professeur Stronskaya.
J’ai vu que plusieurs corps semblaient être des militaires.
Mais ils étaient en mauvais état, difficile d’en dire plus.
Parmi eux, il y avait une seule femme.
Ce doit être votre professeur.
Confirmer son identité va prendre du temps.
Pourquoi ?
On l’a décapitée après l’avoir tuée.
Sa tête est introuvable.
Sa tête ?
J’ai copié les données de l’ordinateur dans la chambre du professeur.
Elles sont en cours d’analyse.
Inspecteur.
J’ai trouvé ça.
Cette arme est enregistrée.
Elle appartient au Bureau de Coordination du ministère.
Les Affaires étrangères la protégeaient.
Et ils avaient affecté des agents armés sans nous prévenir.
Belle manœuvre !
Frederica et Yabuki sont très rusés.
Ça pue, autant que les ordures !
Dites…
Je vous conseille de surveiller vos propos.
Il porte un appareil auditif très sophistiqué.
Vous saviez qu’elle avait été assassinée.
Oui, Yabuki me l’avait dit.
Vous l’aviez invitée en secret, avec l’aide des Affaires étrangères.
Pourquoi ?
Si je le dis, ça ne sera plus un secret.
Inspecteur.
L’analyse des données est terminée.
Le professeur a envoyé un seul message le jour de l’attaque.
Au Japon ?
Oui.
Au professeur Jôji Saiga.
C’est rare que tu m’appelles.
J’ai une question à vous poser, professeur.
Que se passe-t-il ?
Jôji, ça fait longtemps.
Qu’est-ce que vous faites ici ?
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