Prvních 200 řádků.
Angèle...
Y a pas un peu de café ? - Oui, père.
Ah, merci.
Donnes-en un peu à Saturnin, va...
Qu'est-ce que tu avais à te disputer ce matin avec Felix ?
Il m'a encore amené sa truie pour le verrat.
Moi, je veux plus, ça fait quatre fois qu'il l'amène.
Que ça peut faire s'il paie ?
Justement, il veut pas.
Il m'a donné cinq sous la 1re fois.
Puis hier il est revenu, m'a dit comme ça, tu sais.
C'est pas bon, c'est à refaire.
J'ai dit, qui te l'a dit ?
Il m'a dit : je le sais. Et comment tu le sais ?
T'es pas dans la peau de ta truie.
Tu peux pas savoir ce qui s'y passe !
Alors, il insiste, il insiste, moi j'ai dit oui.
Enfin, il laisse la truie encore deux jours.
Puis ce matin, voilà qu'il revient... avec la truie !
Alors j'ai dit, écoute Félix.
Ça se peut que ta truie soit folichonne.
Et que tu l'amènes ici pour son plaisir.
Moi, mon verrat, je veux pas qu'on me le fatigue.
Ta truie c'est une cochonne.
Elle va nous le tuer, notre verrat, je veux plus.
Alors, il me dit, ton verrat, il est bon à rien.
Il a dit ça ?
Eh ben, il en trouvera souvent des verrats comme le nôtre !
Alors moi, j'ai dit :
Mon verrat, c'est une bête courageuse.
De premier ordre, forte et tout.
Alors il m'a dit, ton verrat, il est faible des reins.
Ah, c'est pas vrai, t'es un menteur.
Alors, il m'a dit, t'es un enfant de l'assistance publique.
Ça, c'est vrai, je suis l'enfant de l'assistance publique.
Et c'est Maître Clarius qui m'a élevé et je lui dois tout.
Et je veux pas qu'on dise du mal d'aucune personne de la famille.
Calme-toi, Saturnin !
Mais bois ton café.
Alors il me dit comme ça, ton verrat, c'est pas un homme.
Je dis, ça, je le sais que c'est pas un homme.
Et puis comme il est détourné de dos.
Je lui ai foutu un coup de pied au derrière.
À Félix ? - Ah non !
À la truie... à la truie, oui.
Alors, il m'a couru derrière pour me frapper.
Je suis rentré où il y avait le verrat.
Alors lui, il n'a pas pu me rattraper, il est parti.
Hé ben, t'as bien fait, va !
Et puis, s'il est pas content de notre verrat.
Il n'a qu'à s'en occuper, lui, de la truie !
Où tu vas, Angèle ?
Je vais chez tante Phrasie aux Douces pour chercher les poulets.
Et en revenant, je ferai les commissions au village.
Tu as la liste ? - Oui, mère.
Qu'est-ce que tu ajoutes ?
Votre tabac, père...
Un paquet ou deux paquets ?
Deux paquets... Deux.
Elle est belle...
Vous fumez trop...
Saturnin...
Je fume trop ?
Eh... Non...
Pourquoi tu dis non ?
Puisque tu sais que je fume trop.
Je sais pas, moi, Maître.
Alors, ça te fait rien de pas dire la vérité ?
Oh, vous savez, pour moi... la vérité, c'est ce qui vous fait plaisir.
Grand couillon, va !
La Philomène, donne-lui encore un peu de café, va.
Moi, je vais profiter de la voiture et je vais jusqu'au pré.
À ce soir !
Angèle, attends-moi.
Tu me poseras au pré.
Aller, au revoir petite.
Au revoir père !
Tâche de rentrer avant la nuit. - Oui, père.
Demoiselle, Demoiselle.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Demoiselle...
J'ai pris le raccourci, à toute vitesse, pour te dire un secret.
Encore un.
Mais qu'est-ce qu'il y a ?
Voilà ce qui se passe.
Il y a un quelqu'un qui est venu me voir.
C'est celui de la Badauque.
Le fils...
Elzéar ? - Oui, oui, Elzéar.
Alors, il est venu me voir.
Et il me dit... : Saturnin.
J'ai dit : oui.
Alors, il me dit : Saturnin !
J'ai dit : oui.
Et alors, il me dit...
Saturnin !
Non, non...
Il me dit : Saturnin !
Je suis malheureux.
J'ai dit : tant pis !
Alors, il me dit : tu t'en fous.
J'ai dit : ouais, je m'en fous.
Si toi tu es malheureux.
Moi, je suis bien heureux. Alors je m'en fous.
Ah, c'est pas gentil, ça.
Ah oui ! Alors, il me dit :
Saturnin, tu veux savoir pourquoi je suis malheureux.
J'ai dit : non.
Il m'a dit : alors je te le dis quand même.
Alors je lui dis : puisque tu me forces, dis-le-moi.
Eh ben, il m'a dit : voilà, j'aime Angèle, je l'aime.
Et je veux me la marier.
Eh ben ! Je lui dis : marie-toi-la.
Alors il me dit : Saturnin...
Il faut que je la demande à son père.
Mais avant de la demander, je veux savoir si ça lui plaît.
Alors moi, je lui dis :
Tu sais... tu es pas bête, toi.
Alors il me dit :
J'ai compté sur toi pour que tu lui demandes.
Alors, je te le demande, et voilà.
Il est gentil, Elzéar.
Oui, il est gentil.
Il est riche ?
Oh ! Riche !
Il a quelques champs, une bonne ferme, c'est vrai.
Mais après tout, c'est une ferme.
Qu'est-ce que tu veux que ça soit ?
Ah oui ! Une ferme, c'est une ferme.
C'est qu'une ferme.
Hé ben !
Et moi, je suis née dans une ferme.
Oui, mais toi, tu es pas pour y rester toute la vie.
Toi, tu es une vraie princesse.
Il te faut pas un paysan.
Qu'est-ce qu'il me faut ?
Oh ben toi, il te faut...
Un Monsieur qui porte le col tous les jours. Avec la cravate à ressort.
Avec les souliers coupés ici, tu sais ?
Enfin, un Monsieur de la ville, quoi.
Je n'en vois jamais.
Si tu venais avec moi, à Aubagne.
Quand je fais les grandes provisions, tous les mois, tu sais.
Il y en a, hein !
Il y a le fils du quincaillier.
Il y a le fils du bureau de tabac.
Il a vingt-cinq ans peut-être.
Oh, il a plein de poils sur les mains.
Avec des dents grosses comme ça.
Il est superbe.
Nous en reparlerons de ça un autre jour.
Alors, pour l'Elzéar, je dis non.
Non, je t'ai pas dit de lui dire ça !
Oui, enfin, bon !
Puisque tu veux que je dise non, je dirai non.
Ah ! Dis-lui ce que tu voudras.
Je suis bien heureuse comme je suis.
Bon, je vais à la vigne couper un peu des sarments.
Adieu, demoiselle, à ce soir. - Adieu, Saturnin, à ce soir.
Dis donc, tu as vu la gosse ?
C'est une poupée comme ça qu'il me faudrait à moi !
T'es pas dégoûté, toi !
Cette fille-là, qu'est-ce que tu en ferais ?
Tu ne gagnes pas assez pour la nourrir. - O, pauvre santon !
C'est pas pour la nourrir que je la voudrais.
Ça serait plutôt pour qu'elle me nourrisse.
Dis donc, il est jeune le gavot de la montagne !
Eh ! Cette cochonnerie de travail.
Ces tracteurs, ça pue, ça fait trop de bruit.
C'est pas fait pour moi et non !
C'est pas une vie.
Il faut être l'andouille née de l‘andouille pour s'accoutumer.
C'est bon pour toi.
Mais moi, je suis de la Marsiale, je sais nager.
Ce qu'il me faudrait, tu vois...
C'est une femelle dans le genre de celle-là.
Ça, mon vieux... c'est de l'or.
Tu y paierais pour 500 balles de fringues d'étalage.
Des dessous d'attaque.
Un promenoir à l'Alcazar...
Et allez-y au boulot !
Un jour dans l'autre...
Ça te rapporterait dans les 300 balles, tous frais payés.
Petite...
Où il est ton vélo ? - Derrière les fusains.
Je le prends jusqu'à ce soir. - Bon.
Allez les amis... je fais un tour.
Où il va comme ça ? - À la chasse aux femelles.
Oui...
J'ai comme une idée...
Que c'est la première fois qu'il travaille, ce type-là.
Il a dû faire quelque chose de sale.
Et s'il a changé d'air pendant quelque temps.
C'est peut-être à cause de la police...
Bien possible.
Oh, oui ! Ça pas de nerf...
C'est creux comme un mauvais radis, ça sait même pas tenir une pioche.
Et toujours à s'en prendre au Bon Dieu...
Comme si c'était lui le responsable...
Avec ça, il se fait des accroche-cœurs.
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