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- Bonjour, Maryam. - Bonjour, Adnan.
- Bonjour, Nasser. - Bonjour.
Merci.
Je vous souhaite un bon voyage.
Mes félicitations à Sheikh Mohamed.
Merci beaucoup.
Fais attention.
APPEL ENTRANT
Bonjour.
- Annulé ! - Qu'est-ce qui est annulé ?
On vient de sortir pour aller à l'aéroport.
Pourquoi personne ne m'a averti plus tôt ?
OK, trouve un autre vol.
Tu sais à qui tu parles ?
Je suis Nasser, fils de Mohammad Al Muhannad.
Je te dis que j'ai un événement à Abu Dhabi ce soir.
Trouve-nous un vol !
Quoi ?
Le vol est annulé et pas d'autre vol avant demain.
Tu es content, non ? Et on fait comment avec papa ?
On trouvera un moyen.
Ça tombe à l'eau, papa.
Sur le point de partir,
on nous informe qu'il n'y a rien jusqu'à demain.
On voulait être avec toi, papa,
mais ça ne va pas être possible.
Alors, venez en voiture.
- En voiture ? Comment ça ? - Quoi ?
Venez en voiture à Abu Dhabi.
Une fois sur l'autoroute, vous verrez les panneaux d'Abu Dhabi partout.
Vous arriverez dans 8 heures.
Vous aurez même le temps pour une douche avant le mariage.
Ce mariage est important.
Pas seulement pour moi, non.
Il est important pour vous, nos vies et notre famille aussi.
Que l'âme de votre mère repose en paix.
Je tiens à ce que vous soyez là ce soir.
OK, ne t'inquiète pas. On sera à tes côtés ce soir.
OK. Au fait, Nasser,
tu as fait ce que je t'ai demandé ?
J'y travaille encore, papa.
Vraiment ?
Dis-moi dès le début si une chose simple est difficile pour toi.
Pourquoi me laisser compter sur toi et perdre mon temps ?
Si tu n'es pas en mesure de le faire, laisse-moi trouver quelqu'un d'autre, OK ?
D'accord.
Prends soin de la maison, Adnan.
On revient dans deux jours.
Ça fait longtemps que je n'ai pas fait un si long voyage.
Peut-être depuis Obhur à Jeddah.
Moi aussi.
Adnan aurait pu nous y conduise.
La route est longue.
Pourquoi le traîner avec nous et le faire lui aussi souffrir ?
C'est gentil de ta part.
Tu te comportes bien ce matin.
Je le suis chaque matin, chère sœur,
mais tu le découvres là.
Si je te voyais plus, je l'aurais remarqué.
Papa t'a assigné sur ce bâtiment aussi ?
Bien sûr.
Si un site de construction porte le nom Al Muhanad,
c'est que je suis personnellement concerné.
Ça doit être dur de travailler pour papa.
Maryam, je travaille avec lui et non pour lui.
As-tu arrêté de dessiner ?
Je me souviens qu'enfant tu étais si talentueux.
Tes dessins étaient si beaux.
Je pensais que tu allais travailler dans ce domaine.
Dessiner n'est pas un métier.
Enfant, tu disais
que tu serais un grand graphiste et qu'avec ton talent
tu réaliserais tes rêves. Que s'est-il passé ?
Tu me reprends sur une chose que j'ai dite quand j'étais enfant ?
Les rêves peuvent changer.
Travailler pour papa était un de tes rêves ?
"Avec" papa.
Oh, mon Dieu! J'espère qu'ils vont bien.
Tu vois ces scènes tous les jours à l'hôpital, non ?
Tu n'imagines même pas ce qu'ont voit aux urgences, Nasser.
Qu'est-ce que tu vois là-bas ?
Des crânes fracassés et des cadavres déchiquetés ?
Tu es tordu.
Statistiquement, un accident se produit chaque minute en Arabie Saoudite.
Imagine les blessures.
Je ne plaisante qu'à moitié. Je suis curieux de savoir ce que tu vois.
Ce que je vois est horrible…
J'ai parfois l'impression que ce que je vois
est pire que dans les guerres.
J'ai beau essayer de les plaindre
et voir ton point de vue, je n'y arrive pas.
Ils roulent à tombeau ouvert sur l'autoroute, au mépris des autres.
Ils s'attendent à quoi ?
Ils l'ont bien cherché.
Ils manquent de discernement.
AVOCAT RAED SUIVI DE DOSSIER
Trouve faux témoignages, non-citoyens pas souci
- Nasser ! - Quoi ?
Concentre-toi sur la route, s'il te plaît.
OK.
Quel imbécile.
Pourquoi conduit-il aussi vite ?
Eh bien…
Comment on appelle ça ?
- Karma ? - Karma.
Un petit dérapage en ton honneur, mec !
Attends ! Et s'il avait vraiment besoin d'aide ?
Quelqu'un s'arrêtera pour l'aider. Ce n'est pas notre problème.
Tu vas vraiment te maquiller maintenant alors qu'on entre dans le désert ?
Ce n'est pas du maquillage, idiot. C'est du khôl.
Ça protège les yeux contre la poussière et le soleil.
- Tu en veux ? - Merci ,mais non merci.
Même le prophète en mettait.
Maman me l'avait acheté à Médine.
C'est mon cadeau préféré de maman.
Fais attention avec ce truc.
Sérieux, fais attention.
Si on se prend un dos d'âne, tu peux te crever un œil !
Si tu conduis bien, ça n'arrivera pas.
Tu te souviens de la chanson que maman nous chantait en voyage ?
Celle de Abady ?
- Oui ! - C'est quoi les paroles encore ?
C'était de Abady El Gohar.
"Une longue route."
"Une longue route", ouais !
- Quoi ? - Et…
- J'ai oublié les paroles. - Moi aussi.
Maman me manque tellement.
À moi aussi.
Tu crois qu'elle manque aussi à papa ?
Bien sûr, mais pas le jour de son mariage.
Il ne parle jamais d'elle.
Tu sais que papa n'est pas du genre à exprimer ses sentiments ni à parler.
Toi aussi tu ne parles jamais d'elle.
Je pense toujours à elle, Maryam.
Je me souviens toujours d'elle et je prie pour elle.
Mais quand j'essaie de me souvenir d'un truc avant son cancer…
Tout est flou.
C'est pourquoi tu dois parler d'elle, Nasser.
C'est la vérité.
Comment peux-tu ne te souvenir que de son cancer ?
Chaque fois que tu parleras d'elle de nouveaux détails te reviendront.
Crois-moi.
Tu as peut-être raison.
Et nous ? On vit sous le même toit et ça fait des mois que je ne t'ai pas vu.
Je sais, Maryam.
Tu sais qu'on ne s'est pas assis seuls depuis ses funérailles ?
Je bosse sans arrêt.
Tu sais que je suis très occupé.
Pas une minute à moi.
Moi aussi je travaille tout le temps, Nasser.
Si on n'a pas le temps de se voir, pour qui en aura-t-on ?
Nasser, c'est à toi que je parle.
Je t'écoute, mais je dois gérer un truc urgent pour le boulot.
J'aurais aimé que tu viennes à l'hôpital…
Je voulais qu'on lui dise ensemble.
Nasser, je le lui ai dit.
Qu'est-ce que tu lui as dit ?
Je lui ai raconté ce qu'on a fait à Jeddah.
- Vraiment ? - Oui.
Qu'a-t-elle dit ?
Que les enfants font des choses par accident.
Et que Dieu nous pardonnera.
Voilà le gars qui te faisait pitié. À fond encore.
Super. Moi qui me sentais coupable.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je le laisse passer.
Mais qu'est-ce que…
Nasser !
Non, il exagère là.
Laisse-moi ! Dégage !
Nasser !
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je vais régler ça.
- Excuse-toi. - C'est lui qui doit s'excuser.
Excuse-toi et partons, s'il te plaît !
Quoi ?
Tu as un problème ?
Désolé, mais c'est toi qui me collais.
Désolé, OK ?
Sors de la voiture pour régler ça si tu veux.
Nasser !
Nasser !
Ne bouge pas.
- Ça va un peu brûler. - Fais attention.
Doucement.
Respire.
Ce gars est fou. Il doit être saoul.
Appelons la police.
C'est inutile. Si on doit attendre et leur parler,
on va être en retard pour le mariage.
Vas-y doucement !
Arrête de pleurnicher.
Facile à dire pour toi.
Merci beaucoup.
Je t'en prie.
- Tu veux que je conduise ? - Non.
Je peux le faire, ça va.
- Le plein de 95, s'il vous plaît. - OK.
Vous auriez vu une Jeep blanche passée par ici ?
Non.
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