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Sir Percy, regardez là-bas. Sir Percy, regardez!
Oh, tant pis!
Suivez-moi, messieurs.
Shuttleworth, tu as conduit
admirablement.
Et si quelqu'un affirme le contraire, n'en crois pas un mot, entendu?
Franchement, Louise.
Vous êtes fâché contre moi, Percy.
Je ne puis le supporter alors je vais rebrousser chemin.
Je ne suis point en colère, ma chère Louise.
Comment peut-on vous tenir rigueur de quoi que ce soit?
Dois-je vous rappeler que c'est votre anniversaire?
- Est-ce obligé, Percy? - Mon Dieu, 80 printemps!
C'est magnifique.
Je vous présente mes vœux les plus sincères!
Nous de même.
Joyeux anniversaire, mère.
- Qui est-ce? - Gilbert.
- Gilbert comment? - Ton fils Gilbert.
Oui, bien sûr, celui que je ne reconnais jamais.
Ai-je d'autres fils ici présents?
Non, ils sont tous à l'intérieur.
Désolée de ne pas t'avoir remarqué.
Je t'ai vu mais tu es passé inaperçu.
Quelle charmante vieille dame!
Je suppose, oui.
Bonne nouvelle. Mon éditeur est aux anges.
Il veut que j'entame votre biographie sans plus tarder.
Lady L...
"Le Portrait d'une grande dame".
Tel sera le titre de mon ouvrage.
Je me ferai un honneur de mettre mes modestes talents
à votre disposition, chère dame.
Ma chère Louise.
- Pourquoi cet air affligé? - J'adore la musique.
Pouvez-vous faire le silence, s'il vous plaît?
C'est sous cette coupole...
Sous cette rotonde...
Qu'Edwin Garland Daubeny Fitzmaurice...
Dane Brown...
Neuvième duc de Lendale...
affronta les Têtes rondes
en l'an de grâce
et prononça ce glorieux discours...
Je veux du gâteau!
Et prononça ce glorieux discours...
Je veux du gâteau.
Il veut du gâteau. Dépêchez-vous.
Nous avons en notre compagnie Louise, citoyenne française...
Je suis sûr qu'elle excusera ma formulation.
Pourtant, cette femme venant d'un horizon différent
et possédant d'autres coutumes,
a épousé un Lendale,
devenant ainsi une fervente partisane de leur cause,
comme si elle appartenait elle-même à cette ancienne lignée.
J'ai dans la main un télégramme de Buckingham Palace.
Mme la duchesse, vous remarquerez que ce message est adressé
à une personne que l'Angleterre connaît sous le sobriquet...
de Lady L...
Mes chers amis.
Tournez-vous légèrement, Mme la duchesse.
- Esquissez un sourire. - Olaf, évitez le cou.
Il n'y a qu'un seul détail que je ne puisse nier
dans l'hommage flatteur de notre estimé Percy:
ma nationalité française!
Naturellement, ma famille fait ma plus grande fierté.
Lors du panégyrique de Percy, j'ai compté quatre généraux,
un amiral, un évêque, un ministre de la Couronne,
un gouverneur de la Banque d'Angleterre...
Et quelques brebis galeuses sans lesquelles
aucune famille digne de ce nom ne serait complète!
Fixez la caméra
d'un regard espiègle.
Bien sûr, un seul être me procure une sensation d'apaisement:
le jeune Alfred.
Alfred sait ce qu'il veut: il tient de sa grand-mère.
Moi aussi, je désire du gâteau, Alfred.
Alfred et moi souhaitons tous les deux du gâteau.
Ces revues ne tarissent pas d'éloge, cher cœur, mais vous le méritez.
Tatler Magazine.
Field, l'éditorial de la revue Horse and Hound.
Le Times.
- Je n'ai pas feuilleté le Times. - Ils ne vous mentionnent pas.
Mais c'est leur manière de vous rendre hommage.
Bien joué.
Vous aimez l'Angleterre, n'est-ce pas, Percy?
Ah, l'Angleterre!
Vous savez, Louise, c'est avant tout un état d'esprit.
Cette merveilleuse notion intangible,
chère à nos cœurs, qui semble nous échapper peu à peu.
Comme je l'ai écrit.
Plus d'une fois, Percy. C'est pour cela qu'on vous a fait chevalier.
Je suppose, oui.
Voilà, Mme la gouvernante.
- Faites courir ce polisson. - Merci infiniment.
N'oublions pas que ce n'est qu'un jeu.
Ah, les apparences!
Elle a beau vouloir gagner à tout prix, elle feint l'indifférence.
C'est typiquement anglais.
Perfide étrangère, vous avez percé un de nos plus grands secrets.
Je n'ai que faire de ceux
qui font semblant de mépriser les apparences.
La société repose sur elles.
Je me réjouis que vous partagiez mon avis.
Venez.
- Où m'emmenez-vous? - Dans ma maison d'été.
Vous êtes sûre?
Vous n'avez laissé personne y mettre les pieds depuis...
Depuis la mort de Dicky.
Je veux que vous soyez le premier.
Êtes-vous amoureux de moi, Percy?
Vous savez que oui.
Je ne suis pas pour vous une mère de substitution?
Que vous êtes cruelle.
Mère s'est éteinte l'an dernier à l'âge de 98 ans.
Elle a failli être centenaire!
Je suis trop jeune pour la remplacer mais je ferai de mon mieux.
Entrez.
Je n'ose guère.
C'est obligatoire si vous voulez rédiger mes mémoires.
Je vous apprendrai deux ou trois choses sur les apparences.
Fermez la porte, Percy.
Puis-je ouvrir les rideaux?
Profitons des uniques rayons de soleil de l'année.
Allumez donc la lumière.
Grand Dieu! Vous ne dormez quand même pas ici?
Avec qui?
Vous êtes incorrigible!
Veuillez m'excuser.
Qu'est-ce que c'est?
Une bombe.
Percy, vous me donnez le tournis.
Ce n'est pas la bombe qui me gêne
mais cette lumière rouge.
Je n'y suis pas habitué.
Laissez-vous aller.
Elle est certes de mauvais goût mais n'y résistez pas
si vous voulez tout savoir sur les véritables apparences.
Vous êtes prêt?
Je suis née sous le nom de Louise Baldinucci
dans le village de Pietra Bianca en Corse.
Vous êtes corse? Comme Bonaparte?
Je l'ignorais.
Napoléon et moi sommes originaires de villages voisins
mais je lui ai damé le pion
en envahissant puis en conquérant l'Angleterre de mon propre chef.
Mais avant de faire main basse sur l'Angleterre, comme lui,
j'ai dû conquérir la France.
Cette lumière rouge pique votre curiosité, n'est-ce pas?
Je vais vous expliquer.
Mes parents arrivèrent à Paris quand j'étais dans les langes.
Ils vivaient dans l'indigence
si bien que dès ma plus tendre jeunesse, je devins blanchisseuse
pour une maison en particulier.
Si je ne m'abuse, c'est souvent le cas, non?
Ce n'était guère une maison conventionnelle.
Je perds le fil.
Un établissement peuplé de filles de tous gabarits et nationalités.
Une institution pour jeunes filles...
C'est ainsi qu'on appelle cela dans votre pays?
Eh bien, un jour où les clients tardaient à faire leur apparition...
Des clients?
Grand Dieu, vous voulez dire que vous travailliez dans un...
Je n'ose y croire.
Éteins ta cigarette!
Mesdemoiselles, retournez dans vos chambres.
Pas vous, Louise. Restez ici.
Elle ne travaille pas ici, c'est une blanchisseuse.
J'ai mes raisons, Bichette.
Il continuera à nous brimer
tant qu'on n'aura pas formé de syndicat.
Ça suffit!
Vive l'amour institutionnalisé!
L'amour institutionnalisé! Puis quoi encore?
Le droit de vote aux femmes, tant que tu y es!
Louise, c'est votre jour de chance.
Ne regarde pas par la serrure.
Louise, Son Excellence a jeté son dévolu sur vous.
Ambroise Gérôme, le ministre de l'intérieur...
- N'est-ce pas formidable? - Oui.
Entrez.
Discrétion garantie.
Je devrais vous féliciter pour votre beauté
mais c'est la Nature qu'il faut remercier.
- Voyons, Louise. - Je vous en prie.
Dois-je comprendre que vous me trouvez amusant?
Peut-être mes flatteries sont-elles un tantinet excessives
mais je les dois à une éducation extraordinairement raffinée.
- Votre Excellence... - Elle m'appelle déjà par mon nom.
Détrompez-vous, je ne travaille pas ici.
Je suis blanchisseuse.
M. Lecoeur me fait patienter 1 h avant de me tendre mon reçu.
Il essaie de me convaincre de rejoindre sa maison
en me présentant à de vieux messieurs.
Pourquoi me fuyez-vous?
Je ne tiens pas à attraper votre rhume.
Le meilleur vin est celui qui met notre patience à l'épreuve.
C'est un péché de le consommer hâtivement
mais quand il est chambré...
- Je ne vous comprends pas. - Ça ne m'étonne pas.
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