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FURYO
Debout, Lawrence !
Pourquoi me réveillez-vous si tôt, sergent Hara ?
Dépêchez-vous !
Que veut-il ?
Je vais le savoir.
Vous n'avez pas à lui obéir.
Je suis l'officier de liaison, je fais la liaison.
Que dit-il ?
Vous êtes bien décidé ?
Ça a l'air d'être important pour lui.
Je suis prêt.
Seul Lawrence comprend le japonais !
Je les aurai à l'il.
Salopards !
FURYO
Un incident inqualifiable s'est produit ! Je vais m'en occuper
sans en référer au capitaine.
Si vous voulez garder le secret, pourquoi me faire venir ?
Je veux que vous puissiez témoigner.
Savez-vous ce qui s'est passé ?
Qu'a-t-il fait ?
Ce Hollandais ?
Pas lui ! Il était en cellule pour un vol de bananes.
- Vous voulez dire le garde coréen ? - Bien sûr !
Allons, Kanemoto, dis-lui !
Explique à cet officier britannique !
Tu as trop honte pour le dire ?
Imbécile, tu vas parler ?
Vous avez compris, Lawrence ? Hier soir, pendant sa ronde,
il a ouvert la porte de sa cellule
et s'y est introduit.
Comment tu t'y es pris ?
Montre-nous comment tu t'es servi de ton canon
sur le cul de ce jeune blanc !
Tu ne parles pas bien,
alors montre-nous.
Détachez-le !
Fais-le !
Ton engin a trop rétréci ?
Si tu y arrives encore,
je te laisserai faire hara-kiri.
Sergent Hara, vous êtes fou ?
On n'a pas vu un véritable Japonais
si on n'a pas assisté à un hara-kiri.
Je ne veux pas voir ça !
Vous voulez me faire
haïr les Japonais ?
Je vais le faire !
Arrêtez, pour l'amour de Dieu !
Écartez-vous, Lawrence !
Vous ne l'avez pas assez humilié ?
Humilié ?
Un prisonnier qui s'est laissé violer !
Tu peux te lever ?
Laissez-le !
Tu es hollandais ?
Karel De Jong.
Assieds-toi, tu ne tiens pas debout.
On va arranger ça. Raconte-moi.
Au début,
il venait faire mon pansement.
Pendant trois jours, tous les soirs.
Il était très gentil.
Mais hier soir, soudain...
Capitaine Yonoi ! C'est le colonel Lawrence !
Venez vite !
Très bien, Kanemoto.
Je te donnerai le coup de grâce.
Arrêtez !
Regardez !
Le capitaine Yonoi !
Que se passe-t-il ?
Le sergent Hara va exécuter cet homme !
Cette affaire ne concerne que l'armée japonaise.
Pourquoi m'avoir fait venir ?
Qui vous a donné l'ordre ?
Je vais vous expliquer.
Ce n'est pas une exécution.
Ce garde, honteux de ce qu'il a fait,
a essayé de se suicider.
Une tentative de suicide ! Et vous ne me le signalez pas ?
- Par compassion de samouraï... - Compassion ?
Si sa mort passe pour un accident, sa famille recevra une pension.
Il est très pauvre. Il les fait vivre de sa solde.
Et quel crime ce civil a-t-il commis ?
Je vous le dirai en privé.
Sergent Hara...
On m'attend pour un procès militaire à Batavia.
À mon retour, vous m'expliquerez la présence de Lawrence ici.
Suivez-moi.
Le capitaine Yonoi.
Qu'il entre.
Capitaine Yonoi. Je participe au procès.
C'est un honneur d'avoir un homme de votre valeur.
Le président du tribunal, le colonel Fujimura.
Très honoré de vous assister.
Iwata. J'assiste aussi le président.
Vous connaissez la gravité de la situation à Java.
Votre tâche, capitaine Yonoi, est d'une grande importance.
Ce procès est très délicat.
Après enquête sur l'Anglais
Jack Celliers, je déclare la séance ouverte.
Vous avez déclaré vous appeler Jack Celliers.
Est-ce exact ?
Pourquoi pas ?
Que voulez-vous dire ?
Répondez !
Vous appelez-vous Jack Celliers ?
J'ai répondu à cette question une centaine de fois.
Le procureur veut-il lire l'acte d'accusation ?
L'accusé, Jack Celliers,
est major dans l'Armée britannique.
Après la capitulation des Alliés en Indonésie,
le 10 août 1942,
il a été parachuté au cur de Java avec quatre hommes.
Ils ont déclenché la guérilla.
En particulier, le 16 octobre,
dans la jungle entre Palabuhanratu et Sukabumi,
ils ont attaqué une colonne japonaise...
En conséquence, il est passible de la peine de mort
selon la section 1
du chapitre 5 du Code.
Que plaidez-vous ?
Non coupable. Je ne suis pas un criminel,
mais un soldat dans l'armée de Sa Majesté.
Il y a un mois, je suis descendu des montagnes
et me suis rendu au colonel Utsumi.
J'ai été interné à Sukabumi,
mis en cellule pendant trois jours.
Puis le lieutenant Ito m'a interrogé.
Je lui ai donné mon nom et mon grade.
Le lieutenant m'a demandé :
"Est-ce vrai ?"
"Bien sûr. J'appartiens à l'Armée britannique."
Vous n'auriez pas donné un faux nom ?
Je vous demande :
Un homme qui va mourir mentirait-il ?
Un soldat japonais donnerait un faux nom.
Mais un soldat japonais ne se laisserait jamais prendre.
Il préférerait mourir.
Mais je ne suis pas japonais.
Pourquoi avez-vous refusé de répondre à d'autres questions ?
Parlez-nous de votre passé.
Mon passé ne regarde que moi.
Pour quelle raison vous êtes-vous rendu ?
Vous venez de le lire.
Vos hommes ont menacé de massacrer les villageois.
Combien d'hommes aviez-vous ?
Aucun.
- Menteur ! - Je ne mens pas !
Mes quatre hommes ont été tués en attaquant la colonne. J'étais seul.
Vous avez commandé des soldats indigènes.
Tôt ou tard, nous les trouverons.
Avouez donc votre crime.
Je n'ai jamais commandé à des indigènes.
Pourquoi n'ai-je pas d'avocat ?
Quel genre de procès me faites-vous ?
Tout ça n'est qu'une farce sinistre.
Rayez tous ces commentaires !
M. Le Président, puis-je l'interroger ?
"Être ou ne pas être."
Telle est la question, major Celliers.
Selon le procureur, vous avez été parachuté à Java.
Sur ordre de qui ?
Du commandant en chef des forces de Sa Majesté en Inde.
Pas du commandant de Java ?
Vous savez que je suis arrivé en août.
Le commandant de Java a été capturé en mars.
Vous le savez, capitaine...
Capitaine Yonoi.
Cet homme a obéi au commandant en chef en Inde.
C'est un soldat régulier.
Nous devons le traiter en prisonnier de guerre.
Nous n'avons pas de preuve.
Je crois qu'il dit la vérité.
Que vous a-t-on demandé à votre capture ?
Comment vous alliez mener la guérilla avec cinq hommes ?
On a dû penser que j'étais une avant-garde...
de l'invasion de Java.
Ils voulaient des dates et des lieux.
Qu'avez-vous dit ?
Qu'ils devaient être braques.
Qu'ils devaient être fous.
Et ensuite ?
Ils ont arrêté de me nourrir et se sont mis à me battre.
Pouvez-vous le prouver ?
Remettez votre chemise !
C'est tout !
Nous allons décider du verdict.
La cour se retire.
Quand ça dure aussi longtemps, ça veut dire le peloton d'exécution.
Mais ces temps-ci,
les jeunes officiers aiment essayer leurs sabres
sur des cous blancs.
Le verdict est différé.
Nous attendrons d'autres instructions.
Debout !
Bonne journée pour se raser.
Vous avez de la famille qui vous attend ?
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