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DES ÊTRES DANS LA NUIT D'ÉTÉ
Sirkka, c'est ton tour!
Alors, comment va la Mansikki? -0h, elle ne rumine toujours pas.
Si elle va pas mieux d'ici demain, j'irai chercher de l'aide.
Mais comment peux-tu partir dans ton état?
Je vais essayer de lui donner du gruau. - Laisse, je vais aller en chercher.
Regardez, la belle voiture là-bas! - Elle est super chouette!
Il semble qu'il y aura des invités ce dimanche à Teliranta.
Bonjour.
Je suis à la bonne adresse. - Quelle surprise!
J'arrive de la ville. - Comme promis, vous êtes venu nous voir.
Je n'avais pas du tout oublié, et ce samedi, l'occasion s'est offerte.
Je suis venu voir si le sauna est chaud. -0ui, il est prêt.
Grand-mère, je te présente l'invité dont je t'ai parlé.
Bonjour.
Je suis venu sans vous prévenir.
Ça ne semble pas trop chagriner Helka.
Bienvenue à Teliranta. - Merci.
Cette bière que fait Santra est vraiment bonne. A la vôtre!
Santra en faisait déjà du vivant de son père.
Elle était servante chez nous à l'époque.
C'est elle qui a procuré cette métaierie à son mari.
Ou comment ça c'est passé aujuste?
Bah, qui sait...
Chacun essaie d'arranger ses affaires du mieux qu'il peut.
Les enfants, au sauna, dépêchez-vous! - Et si les invités y allaient eux-aussi?
Je n'ai pas mis assez d'eau. Prenez votre bain à la maison.
Non, nous ne voulons pas vous déranger.
Alors, ma bière était assez forte? - Oh toi, tu la réussis toujours!
Celle que font les femmes de la maison n'ajamais ce goût!
Alors merci madame. - Je ne suis pas une dame.
Une métayère qui n'a même pas encore fini de payer sa métaierie.
0h, vous paierez quand vous pourrez.
Et que devient votre mari? Il travaille toujours sur les chantiers forestiers?
Oui, avec son cheval. Etje me demandais juste s'il allait rentrer pour dimanche.
Il est loin, à quelques milles d'ici.
Les radeaux seraient encore à Mahanala. - Bah, il ne viendra plus.
On ne saitjamais, et s'il venait?
Regarde, Nom de Dieu! - Bof, ça, c'était rien.
Vous auriez vu le Chinois à lafoire. Il faisait voler son poignard!
Comment ça? - Il y avait une femme blanche avec lui.
Elle devait être sa femme. Et elle était dos au mur comme ça.
J'en ai rien à foutre de ton chinois. Viens avec moi au village.
Non! Alors le mec a planté les poignards autour de sa tête.
La planche était pleine de couteaux!
C'était un sacré chinetoque, ce type! - Oh oui, sûrement!
Le couteau, ça c'est un jouet d'homme.
Aller bois, arrête avec tes histoires. - Mettälä, t'es pas rentré chez toi?
Santra va rester seule un samedi soir. - Tu m'as pas regardé?
Faire des kilomètres pour une femme! - Et maintenant entre les noeuds.
Ah ben celui-là, alors! - Aller viens, Nokia!
Je t'ai déjà dit que non, n'insiste pas! - Je ne suis pas du genre à mendier!
C'est le cheval qui gagne l'argent pour le paresseux!
Etje ne mendiejamais, même pas aux messieurs!
Et la mère louait sa fille et disait qu'elle était magnifique
La fille alla Voir un gars qui lui faisait tout le temps Ia cour
Quel sale type!
Quand on travaille l'été en ville, on a besoin de respirer à la campagne.
Oui, j'imagine. Encore que la ville ne manque pas d'attrait;
Au moins tant qu'on n'y habite pas. - Vous voyez souvent Helka en ville?
Depuis que ma nièce a perdu sa mère, Grand-mère chérit Helka plus que tout.
Oui, nous nous voyons assez souvent.
Helka voulait queje voie Teliranta dans toute sa splendeur en été.
Selon elle cet endroit est incomparable. Etje vois que c'est vrai.
Oui, quand Dieu nous accorde ce temps. - Les paysans sont à sa merci.
Nous revenons du sauna. - La vapeur était bonne?
Oui. Sauf qu'il n'y en ajamais assez pour notre Selma.
Elle supporte mieux la chaleur que nous. - Bah, c'était rien du tout.
Par contre, Helka brûlait de partir. «J'étais pas plus pressée qu'avant!
Votre chambre est prête. Les filles vous montreront.
Merci, je vous ai dérangée. - Pas du tout.
Bon, il est temps d'aller se coucher.
Qu'en pensez-vous, les filles? - Pas encore. La nuit est si belle!
Oui, vous ferez du bruit en rentrant juste quand je serai endormie.
Bon, nous, on va se coucher, bonne nuit. - Bonne nuit.
N'empêchez pas la maisonnée de dormir.
On ne tardera pas. Bonne nuit mamie. - Bonne nuit.
Dormir par une nuit pareille!
N'est-ce pas?
Regardez le lac. Ce coucher de soleil annonce une bellejournée demain.
Vous ne me croyez pas? - Si.
Vous n'arrivez pas à dormir? - Je n'en avais même pas envie.
Regardez ce crépuscule.
C'est comme s'il jouait doucement un air.
Je ne sais pas... C'est étrange.
Comme à la fête du printemps quand nous jouions. -Je m'en souviens aussi.
Je comprends enfin ce que c'était.
Cejour-là, cette même atmosphère magique émanait de vous.
Bien qu'il soit si tard, tu ne nous en veux pas, Santra?
Bien sûr que non. - Merci et bonne nuit.
Merci, à vous aussi.
Bon, ben salut!
Bien, on s'arrangera plus tard. - D'accord, faisons comme ça.
J'avais oublié de te payer la bière.
Il doit en rester, de la bière, non?
Ne sois pas fâchée, Santra.
Quand je reviendrai,
J'effacerai une traite de ce que tu me dois pour la métaierie.
Qu'en dira ta femme?
Il reste de la bière?
On verra bien.
Où a disparu mon mari? - II était là il y a une minute.
Non, sinon ils vont revenir ici.
Alors une autre fois.
Il faut queje vous laisse.
Bonne nuit, Arvid.
Bonne nuit.
Jukka, tu aurais dû...
Tu aurais dû rentrer chez toi.
Maman, on peut aller chez les Virtanen?
Allez-y, puisque vous avez mangé.
Onyva.
Hé, les enfants!
N'allez raconter à personne ce qui se passe à la maison,
même si on vous questionne. Rappelez-vous ça.
Qu'est-ce qu'elle voulait dire? - Ces types qui buvaient chez nous hier.
C'était curieux de se réveiller sans entendre les bruits de la ville,
juste le chant des hirondelles. Il y en avait plein.
Depuis quej'habite ici, elles ont toujours eu le même nid.
Depuis plus de 60 ans. - Tes hirondelles sont très âgées.
Je suis la dernière? -0ui, sans doute.
Vous chuchotiez encore dans le salon quand le soleil s'est levé.
Teliranta est une vieille propriété? - Elle nous appartient depuis 300 ans.
Elle se transmet de père en fils.
Qu'arrivera-t-il après moi? Je n'ai que mafille, Selma.
Selma travaille aussi bien qu'un garçon dans les champs.
Elle s'occupera bien du domaine. - Elles voulaient rester célibafiaires.
Selma habiterait ici et Helka sur ses terres.
Mon terrain est vers la rivière, je n'y suis pas encore allée cet été.
Et si on y allait tous, il fait si beau! - Ne dis pas de bêtises, c'est trop loin.
Allez-y, vous les jeunes. - Si tu veux, j'irais volontiers.
Bien sûr, il faut que tu voies ça.
Madame, des ouvriers du flottage sont revenus chercher du lait.
Je viens tout de suite.
Les flotteurs vont repartir vers un autre lac.
Alors, on a trait la vache ce matin? - Evidemment!
Je suis pas comme les flotteurs qui faites la grasse matinée le dimanche.
T'as vu comme elle est fière? - Je suis commeje suis!
Vous avez demandé à la patronne? - Mais c'est vous qu'on est venus voir.
C'est mon copain qui s'occupe du lait.
Bonjour madame. Nous voilà de retour.
Mais nous repartons cette nuit.
Oui, il vous faut du lait pour le café. Vous partez cette nuit?
Combien de bidons avez-vous? Quelques uns. Et des bouteilles.
Elle va encore mal, on a besoin d'aide.
Si j'allais chercher le vétérinaire. - Non, ce n'est pas encore nécessaire.
Je vais aller voir Madame Teliranta.
Tu auras la force de ramer? Et si moi... Qu'est-ce que tu racontes?
Sois prudente!
Je suis fascinée par l'idée quejadis il y avait une maison ici.
Un solitaire qui cherchait la paix. Le lieu s'appelle la religieuse.
Enfant, je voulais devenir nonne.
Je pensais me retirer ici pour toujours. - Et maintenant, que penses-tu?
Pourquoi aurais-je changé d'avis? - Ton rêve d'enfant ne s'est pas réalisé.
Si tu étais nonne, que deviendrais-je?
Tu serais confesseur dans mon couvent. - En effet.
Je n'ai pas trouvé de fraise mûre. - Non, c'est trop tôt.
Le seigle n'a pas commencé à mûrir. - Quand même pas.
Si, j'ai vérifié ce matin. Un cinquième des épis sont encore verts.
Mais tu parles comme un fermier.
Avec toi, c'est comme si j'avais toujours vécu à la campagne.
Comment pourrais-jejamais partir d'ici?
Est-ce que tu m'aimes? - Comment puis-je ne pas t'aimer?
Bonjour, Jalmari. - Bonjour, madame.
J'ai interdit à Hilja de partir... - C'est moi qui vite aurai besoin d'aide.
Faut-il que je parte de suite? - Pas encore, maisje te dirai quand.
Bonjour mesdemoiselles, où allez-vous si élégantes?
Ce soir il y a bal champêtre. - Ah bon?
Bonjour madame. Pourriez-vous me dire laquelle de ces baraques est Pajula?
Moi, une madame... C'est la deuxième sur la gauche.
Ah ben, c'est tout près.
Et vous, vous allez loin? - Je vais voir mafille.
Elle est mariée à Eemeli Viihtalainen. Ils ont une terre dans le pays en bas.
C'est assez long. -A votre âge, vous allez vous tuer à faire un tel trajet.
Le bus ne va pas tarder à passer. Bon voyage, adieu!
0h, la la. Je ne peux pas prendre l'argent de monsieur!
Le propriétaire est là? - Non, j'ignore où il est parti.
Alorsje peux venir plus près. - Oh, il y a de la place.
Les flotteurs sont encore là pour longtemps?
On s'en va cette nuit. On te manquera?
Il y a encore des radeaux en amont? Quelques-uns, je crois.
Mais on s'en fiche. Je suis aussi bien que ces hommes d'en haut.
Qu'est-ce quej'en sais comment tu es?
Si je te rejoins cette nuit, tu en sauras plus demain, non?
Ça dépend, si tu demandes gentiment.
C'est pas ta belle, au moins? -Bah, même si elle l'était, y en a assez pour deux.
T'en fais pas. C'était rien de sérieux.
En fait, comme on est dimanche, je suis venu te demander si t'as de la gnole.
Ouais, je dois en avoir.
Et il a de l'argent? - Je paie comptant!
0h, je demandais! Alors allons-y tout de suite.
L'Amérique, quel pays! Je le sais, j'y suis allé.
On râcle l'or avec un couteau en bois. AII right!
Tu me crois? - Pourquoi je te croirais pas?
Et les maisons! Elles sont comme latour de Babel!
Pis les gens se plaignent pas comme ici dès qu'un moustique les pique!
Pff merde, je fous le camp en Amérique!
Ce vieux pays ne peut pas nourrir son homme.
Tu crois pas queje vais partir? - Mais pourquoi tu crois ça de moi?
Et maintenant ce mec part pour la côte!
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