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«Le hasard est capricieux» me disais-tu.
C'était la première fois que je restais sous l'eau
dans la baignoire de la maison.
En apnée... submergée.
J'avais trouvé mon endroit favori.
J'avais seulement 4 ans.
Mais je pouvais retenir ma respiration un long moment.
Tu avais 19 ans.
Et tu me donnais le bain comme chaque après-midi.
Il n'est rien arrivé, mais la frayeur ne t'a jamais quittée.
Car, plus jamais tu ne m'as quittée des yeux, Yari.
Yarisa. – Oui.
Joli prénom. – Merci.
J'espère qu'on te reverra.
Regarde celles-ci, elles sont belles.
Elles sont encore pleines de sable. Lavez-les bien, s'il vous plait.
C'est très aimable, merci. – De rien.
Par chance, tu es avec nous.
Vous me conseillez quoi? – Les œufs, ma jolie.
Non.
T'as commandé quoi? – Jambon et fromage.
Ok, donne-moi un de ceux-là alors.
Je me fiche de suivre mes parents,
de quitter Saint-Domingue,
si tu restes avec nous.
Pour ma famille, venir ici est un début.
Mais pour toi, c'est un retour.
Contente de te voir, Santa. Que fais-tu dans le coin?
Damaris. – Tu es mince ma parole!
J'ai vu Flora hier, elle ne m'a pas prévenue.
Tu l'as vue? – Pas encore.
Tu vas adorer la coupe de cheveux de ta fille.
Oui, Damaris. – Elle est belle!
Je t'embête pas plus longtemps.
On se voit plus tard. Contente que tu sois revenue.
Être revenue te fait peur.
Et quand tu es comme ça, effrayée,
tu me le fais payer.
Ne flingue pas ton futur par peur!
Comme si tout était une erreur.
Comme unies par le seul accident de ton apparition chez nous
quand je suis née.
Dis-moi, Yari.
Réponds.
Dis-moi que ce n'est pas seulement ça...
Le hasard.
Pourquoi j'apprends ta présence par les messes-basses de Damaris?
Elle m'a dit t'avoir croisée.
Ils ont décidé au dernier moment de bouger, il y a quelques jours.
Donc t'étais déjà là depuis un moment, et rien.
Seulement 5 jours, j'allais te le dire.
Bon sang, Maman. C'est pas possible.
Viens me voir.
Bon, si tu ne veux pas venir, c'est moi qui vient.
Hors de question, Mallory.
C'est mon lieu de travail.
Tu sais que je n'aime pas ça.
Tu attends le week-end.
Ils savent que t'as une famille, non?
Chérie, il y'a des gens.
Qui est-ce? Ta fille?
Madame Laura. – Bonjour.
Bonjour. Est-ce que je peux venir voir ma mère?
Bien sûr que oui.
T'es seule?
Oui.
On se voit plus tard, bye.
Yarisa!
Ok, on se la coule douce à la plage
mais ça me les brise que les gens continuent à dire de la merde.
Boucle-là. Regarde ce qui s'est passé hier au Brésil, en Argentine, en Colombie.
Il y a beaucoup de pères de famille bloqués.
Et pour rien, pour des petits contrats inférieurs à 10 milliards.
Changez de sujet, messieurs.
On est tranquilles.
Je veux que tu me dises quand on pourra rentrer.
Pendant ce temps, on est bien ici. – Madame! Celles-là vont dans le fond?
Je vais pas arrêter maintenant.
C'est pour l'événement de samedi?
Oui oui.
Le député est sur l'île.
Dites-moi si vous avez besoin de quelque-chose.
Il doit passer un bon moment.
Passe-moi ça.
Tu nous rends visite à la plage mais sans maillot de bain?
Prête m'en un.
Que je te prête le mien?
Et tu crois que ce petit corps rentre dans un de mes maillots?
Et Diego?
Il va bien.
Ah... J'ai entendu qu'il était dans le coin.
Vraiment? Je savais pas. – Tu ne savais pas.
Tu me l'apprends.
Il va être là, c'est ça?
Peut-être.
Mmh mmh...
Mais ça n'a aucun rapport avec ça.
Le sourire sur ton visage en dit long. – Oui, il vient, sûr.
Tu as besoin de me dire quelques petites choses. – Oh.
Tu me raconteras tout à ton retour. – Je peux pas tout te raconter!
Ah? – C'est un ami.
On ne me la fait pas, non.
Un ami? – Mmh mmh.
Ta façon de le regarder?
Quoi?
Comme quand moi je te regarde.
Comme ça?
Je le regarde pas comme ça. – Ok, d'accord.
Je t'ai vue faire parfois. – Je le regarde normalement. Regarde.
Salut. – Salut.
Ma chérie!
Tu arrives tôt! – Oui, ça va?
Je pensais que tu arrivais à 9 heures.
En effet.
Entre. Désolée pour le bazar.
Essaie.
Les deux mains.
Montre-moi. – Comme ça.
T'es là depuis 5 jours déjà.
Mallory.
Je me suis déjà absentée plus que ça.
Tu aurais pu me le dire.
Tu savais que je travaillais.
C'est pas une excuse, ça.
Tu aurais pu appeler et me dire «je suis là».
T'es venue ici pour que je m'en aille?
Non, je veux juste savoir pourquoi tu m'as rien dit.
Tu crois que je sais pas qu'il y a quelque chose que tu veux pas révéler?
Dis-moi. Parle-moi.
Parce que moi je sais.
J'ai peur.
Peur?
Oui.
De moi, de toi, de Flora.
Peur? – De...
D'arriver ici et de ne plus y avoir de famille.
Mais pourquoi tu dis ça?
Tu es ma mère, peu importe ce que tu fais.
Moi je t'aime dans tous les cas.
Ce que t'as grandi.
Ne le refais plus. Tu dois me prévenir, ok?
Ton odeur préférée?
Noix de coco.
Tu sens la noix de coco.
Vrai. C'est une huile que j'ai achetée. J'adore... pour son odeur de coco.
Ça sent très bon.
Merci. Toujours la coco, folle de coco.
Je te ramène chez toi.
Non, je descends là où tu t'arrêtes. Je marcherai ensuite, t'inquiète.
C'est pas loin – Raison de plus, je t'y conduis.
Tu fumes?
Tiens. Appuie sur le bouton.
C'est pas mauvais.
Y'a un goût de gâteau.
C'est de la vanille.
C'est bon.
Tu te souviens? On était venus ici il y a longtemps, et Yarisa t'avait amenée.
Dis-moi.
T'étais trop petite pour t'en rappeler.
Dis toujours.
On t'avait amenée à la plage et tu y chassais des crabes.
Tu te souviens? Tu avais attaché un bout de pain à une ficelle.
Et tu l'avais mis dans le trou des crabes, dans le sable.
Et quand le crabe attrapait le pain,
tu remontais la ficelle.
Et quand le crabe sortait, Bam!
Oui, je m'en souviens. – Tu les prenais par les fesses.
On attrapait les pinces pour ne pas être mordus.
Tu te rappelles? – Oui.
T'avais tellement peur. T'aimais pas ça.
J'ai toujours voulu essayer ce truc.
Ah, putain de chien! – Putain, Álvaro!
Mon Dieu. – Ce chien est plus bourré que moi.
Je crois que tu vas conduire ce soir, Sara.
Ça te dit de venir? – Hein?
À la fête.
Ça va être bien?
Ça va être super bien!
Sara, Sara!
C'est toi qui conduis!
Tu me ramènes à la maison.
T'es fou, Álvaro.
Ça se passe bien? – Oui.
Tu penses quoi de la soirée?
C'est cool.
Allez!
C'est ma tournée ce soir!
Plus fort! Plus fort!
Saute, saute!
Saute!
Saute!
Hey, tu t'ennuies?
Non, je cherchais un chien qui allait vers là-bas.
Je vois aucun chien.
Si, il est venu de la fête, et il est passé par là.
Il avait l'air saoul. T'as pas vu?
Non. – Sérieux?
Non.
Vraiment?
Et quoi de neuf? Tu devais pas aller étudier à l'étranger?
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