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Les Inconnus dans la Maison 1942
Komentář od TAKTAKHATEM

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Zveřejněno: 2020-08-06
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Il pleut sur la ville...

... Sur les toits qui dégoulinent...

... Et sur les jardins inondés...

Il pleut sur la ville...

Les silhouettes des arbres s'estompent...

... Derrière le voile tremblant de la pluie silencieuse.

Il pleut sur la ville.

La province frissonne et se ferme sous l'averse.

Il pleut sur la ville, et au milieu de ce déluge...

... La cathédrale à l'air d'un navire battu par la tempête.

Dans les petites rues, les enseignes reçoivent l'eau du ciel.

Vous avez vu l'énorme chapeau rouge de chez Bluchet tout dégouttant de pluie.

L'averse redouble...

Les ruisseaux débordent...

Les passants se hâtent sans détourner la tête.

Et...

Voici le chronomètre géant de chez Tellier qui ruisselle de partout.

Un peu plus loin, vous allez voir la tête de cheval doré...

... De la boucherie hippophagique.

La voilà...

... Triste et morne.

Elle si fière quand elle étincelle au soleil.

Mais aujourd'hui, tout s'éteint sous la douche glacée.

Il pleut sur la ville.

Ce qui siffle ainsi derrière les maisons.

C'est le train omnibus qui remonte sur Paris.

Avec à peine 10 voyageurs dedans.

Au coin de cette rue pour notaires et avoués.

Voici la maison des Loursat...

... Des Loursat de Saint-Marc.

Dans la salle à manger du 1er étage...

Me Hector Loursat mange son potage en face de sa fille, Nicole.

Me Hector Loursat n'est ni avoué ni huissier, il est avocat.

Avocat in partibus, car voilà 20 ans qu'il ne plaide plus.

Il a renoncé au barreau le jour où sa femme l'a quitté pour un autre.

Il a renoncé à vivre, par la même occasion.

Angèle, la suite.

Fine...

Fine !

Ça y est !

La corde est encore coincée !

Décoincez-la, vieille sorcière.

Angèle, un peu moins de bruit, s'il vous plait.

C'est pas ma faute si tout est déglingué !

On demande pas votre avis !

Ben ! Je le donne !

Et gratis encore !

Rien ne marche dans cette baraque !

Tout est pourriture et dégoûtation.

J'en ai plein le dos !

Comme vous partez ce soir, vous n'aurez plus longtemps à souffrir.

Heureusement que je m'envole !

Et à tire-d'aile, encore.

Je tiens pas à être ici si la toiture vous tombera sur la figure.

Vous allez vous taire et prendre vos cliques et vos claques !

Si je veux !

Monsieur n'aime pas les scènes !

Qu'il les aime, je m'en bats l'oeil !

Ça m'empêchera pas de lui dire ses quatre vérités à lui aussi.

C'est un vieil ivrogne.

S'il avait du sang dans les veines au lieu du pinard.

Il me prendra par les épaules et me jettera dehors !

Mais voilà...

Il est bien trop trouillard ! N'est-ce pas, maître, mon cher maître ?

C'est fini, hein ? C'est fini ? - Non, c'est pas fini !

Vous n'insulterez pas mon père plus longtemps !

Votre père ?

Elle est bien bonne !

Vous connaissez seulement votre père ?

Il est loin, s'il court encore. - Vous mentez !

Si vous croyez pas.

Demandez à ton vieux son avis sur la question, il vous renseignera.

Maintenant, vous allez filer immédiatement.

Oh, doucement ma toute jolie !

Vous me faites pas peur vous non plus.

Je pourrais causer si je voulais.

Je suis montée au grenier l'autre jour. Vous avez oublié de fermer la porte.

Ah ! J'en ai vu des choses.

Et des drôles !

Alors, un bon conseil, bouclez-la... motus.

D'ailleurs, c'est pas vous qui me chassez. C'est moi qui m'en vais.

Parce que j'en ai soupé de vos manigances !

Parce que je tiens pas à aller en prison, moi !

Va-t'en ! - Ah ! Vous, la ferme !

Va-t'en !

Idiote !

Si on peut même plus rigoler...

Nicole...

Pauvre petiote !

Est-ce que ton père devra pas être là ?

C'est fini, l'orage est passé.

La maison retombe dans son silence...

... Pareille à toutes celles du quartier.

Et les heures passent.

Il est bientôt minuit.

En quittant la salle à manger.

Loursat est venu s'enfermer ici, dans sa tanière surchauffée.

C'est comme ça tous les soirs.

Depuis 20 ans, il ne veut plus connaître que ses bouquins poussiéreux.

Et le vieux bourgogne qui tiédit au coin du feu.

Angèle avait raison : Me Loursat boit.

Vous le voyez boire.

Il ne peut pas ne pas boire.

Tiens, qu'est-ce que je vous disais ?

Un autre verre.

Vous avez entendu ?

On aurait dit un claquement de fouet.

Pourtant, ça ne vient pas de la rue.

Nicole...

Nicole...

Nicole...

Qu'est-ce que c'est ? - Ouvrez.

Un instant.

Qu'est-ce que vous voulez ?

Vous n'avez rien entendu ?

Je dormais.

Il y a quelqu'un à la maison.

Vous croyez ?

J'ai l'impression qu'on a tiré un coup de feu.

Vous voyez qu'il n'y a personne. Vous avez encore trop bu.

J'ai trop bu ?

Il y a bien quelqu'un qui a allumé la lampe.

Une cigarette... qui fume encore.

C'est la boisson, hein ?

Il est sûrement mort.

Qui est-ce ? - Comment voulez-vous que je le sache ?

Je vais téléphoner à Rogissard.

Pourquoi mêler votre cousin à cette histoire ?

Vous oubliez qu'il est aussi procureur de la République ?

Si vous connaissez cet individu.

Il serait peut-être plus intelligent de le dire tout de suite.

Je ne sais rien.

Hein ?

Et celui qui est descendu tout à l'heure, non plus ?

Bon...

Comme vous voudrez.

Allez vous habiller, ils ne tarderont pas à arriver.

Allô ?

Allô !

Donnez-moi le 144.

Allô ?

Allô ?

C'est vous, procureur ? - Oui.

Oui, qui est à l'appareil ?

Loursat ?

C'est vous, Hector ?

C'est Hector !

Non non ! Je disais à Laurence : "C'est Hector."

Comment ?

Je viens de trouver un macchabée chez moi.

Oui, un macchabée !

Il dit qu'il a trouvé un macchabée... Enfin un cadavre chez lui.

Quoi ?

Donne-moi ça !

Dans un lit du 2e étage.

Le bonhomme est encore chaud.

Il a juste claqué quand je suis arrivé.

J'ai l'impression qu'il s'agit d'un crime.

C'est à vous de le découvrir.

Et voilà je vous fournis de quoi vous distraire.

Moi, je ne peux pas faire plus.

Comment ?

Je comprends pas.

Il est encore yoyo.

Ah ! Non ! Pas encore tout à fait !

Mais ça va venir.

Rassurez mon aimable cousine. Et présentez-lui mes hommages nocturnes.

Il a l'air de jubiler.

Ah... !

Je me demande si c'est pas une blague. - Il en est bien capable.

Tu y vas ? - Ah, madame, il faut bien !

Si c'est pas une blague, c'est une tuile et puis une grosse.

On voit que ça n'est pas vrai.

Il est ivre, alors ça l'amuse.

Ah ! celui-là !

En voilà 20 ans que je fais des pieds et des mains...

... Pour éviter des histoires.

Il faut que ce soit ton cousin qui gâche tout !

Ah ! non, non.

Tu aurais dû m'avertir avant de m'épouser.

Quand on a un Loursat dans sa famille... on prévient.

Nous sommes mariés avant la catastrophe. Hector était encore normal.

La "catastrophe" ? Quoi la catastrophe ?

Puis tout ça, parce qu'il était cocu !

Il n'y a pas que lui, il y en a d'autres qui l'ont été.

Et ils n'ont pas fait tant de simagrées.

Gérard, je croyais qu'on parlait plus de ça. - Mais non !

Je ne le cite pas en exemple spécialement.

Je pensais à sa soeur...

... À Marthe Dossaint.

Tiens, en voilà, alors là !

En voilà une qui a compris son devoir de femme.

Quand elle a vu que son mari courait les jupons.

Est-ce qu'elle s'est lamentée ?

Est-ce qu'elle a mis la ville au courant de ses malheurs ?

Pas du tout.

Elle a tout de suite engagé des petites bonnes très gentilles...

... Pour garder son mari à la maison le plus possible.

À cause de son fils.

Alors, voilà une Loursat.

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