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Attends.
Coup de feu.
Viens.
*Police nationale, j'écoute.
Je viens de tuer un homme. *Votre nom ?
Stéphane Feuvrier.
*Ca s'est passé où ?
Chez nous, au château Marbuzet. *On arrive.
Téléphone.
Allô ?
Bonjour, madame Feuvrier.
Je vais le prévenir immédiatement.
- M. le président, je vous interpelle.
Les méthodes de l'avocat général, qui affirme
que ma cliente est coupable,
ne peuvent qu'influencer le jury.
Il me semble que vous-même, vous avez...
la possibilité... De votre épouse.
Merci.
La séance est levée.
Les débats reprendront demain, à 14 h.
Stéphane vient
de tuer un homme.
Qui ?
Wadek Aslanian.
Où ça ?
A la maison.
Qu'est-ce qu'il y faisait ? Je sais pas.
Tu l'avais déjà rencontré ?
Non.
Et Stéphane ?
Elle visitait les prisons.
Tu veux que je prenne le volant ?
Où est-elle ? Sa chambre.
La police va arriver.
Allez les attendre.
J'aimerais que tu la défendes.
Merci, Paul.
Raconte-moi.
Il a essayé de me violer.
- Qu'est-ce qu'il faisait chez vous ?
La police va arriver. Que faisait-il chez vous ?
Comment avez-vous pu connaître Aslanian ?
Je fais partie d'une organisation de bienfaisance.
L'année dernière, quelques-uns d'entre nous ont été invités
à un spectacle donné à la prison.
Une pièce de théâtre.
Il y avait d'autres invités ?
Il y avait même 2 vedettes de cinéma.
Le spectacle a beaucoup plu.
J'ignorais qu'il était l'auteur et le metteur en scène.
Je l'ai félicité.
J'ai fait sa connaissance.
Je l'ai revu, sur sa demande expresse.
Il m'a raconté son histoire.
La police aurait monté une machination contre lui.
Pourquoi ?
Ils le haïssaient.
A l'institution, nous avons un avocat.
Il s'est chargé d'étudier le dossier.
Notre avocat a conclu qu'Aslanian avait probablement raison.
De toute façon, il y avait doute.
Le doute devait lui profiter. Je ne m'en suis plus occupée.
J'ai appris comme tout le monde qu'il avait été gracié et libéré.
Nous nous sommes rencontrés par hasard à l'association.
Il m'a remerciée.
On m'a dit qu'il avait besoin d'aide.
On a fait ce qu'on a pu.
Je l'ai revu plusieurs fois.
Tout à l'heure, il m'a appelée, catastrophé,
me demandant de le recevoir d'urgence.
J'ai hésité.
Je n'aurais jamais dû accepter.
Il s'est présenté il y a 2 heures.
Vous ne pouviez pas le recevoir à l'institution ?
Il téléphonait d'à côté. Ca me semblait si grave...
Cécile et Madeleine étaient sorties.
Il a pu les voir sortir ?
Peut-être.
Il est entré.
Il avait bu.
Il s'est mis à tourner autour de moi.
Il essayait de m'embrasser, de me prendre la taille.
Je l'ai mis à la porte.
Il refusait de sortir.
J'ai eu peur. J'ai couru vers le téléphone.
Il me l'a arraché des mains.
J'essayais de fuir, crier.
Ca le faisait rire.
J'ai hurlé.
Il m'a sauté dessus,
m'a bâillonnée, traînée jusqu'à la chambre.
Il m'a battue à coups de poing.
Il m'a jetée sur le lit.
Là, il a essayé de me violer.
Je me débattais, ça ne servait à rien.
Je me suis rappelé le revolver dans la table de chevet.
J'ai réussi à l'atteindre.
J'ai tiré.
Vous avez déchargé votre arme.
Pourquoi lui éclater le crâne ?
Il était mort.
Je ne me rendais plus compte de rien.
Vous avez changé de vêtements ?
Je me sentais trop sale dans les autres.
Vous portiez des bas ?
Des collants ? Des sous-vêtements ?
J'ai failli les brûler tellement ils me dégoûtaient.
J'ai aussi des marques
sur les cuisses, le ventre, les seins.
Vous voulez voir ?
Le viol est-il arrivé à accomplissement ?
Il y a eu pénétration ?
J'ai réussi à le tuer juste à temps.
J'aurais peut-être dû attendre un peu.
Paul doit faire la preuve que ta riposte était
proportionnée à la violence dont tu as été victime.
Pardonnez-moi.
Sirènes de police.
Ne touchez à rien.
Docteur, il est mort.
Bonjour, messieurs. Bonjour.
Mort instantanée, par balle.
Messieurs, désolé de vous revoir dans ces circonstances.
Madame. Chef.
Venez voir qui c'est.
Cette crapule d'Aslanian.
Vous avez déclaré au téléphone l'avoir tué.
Oui.
Prenez des vêtements.
Vous m'emmenez en prison ?
A l'hôtel de police et au dépôt, le temps de la garde à vue.
Mais après ?
Tout déprendra du juge d'instruction.
Je peux être assistée de mon avocat ?
Pas à ce stade.
Vous allez me passer les menottes ?
Ce ne sera pas nécessaire.
- Il a essayé de violer ta mère. Accompagnez-la dans sa chambre.
Viens, Cécile. Viens.
Tu ne peux
qu'attendre.
Dépense en frais tout ce qui sera nécessaire.
Evalue tes honoraires en conséquence.
Il faut une libération rapide et un acquittement.
Pour une fois, l'argent de la famille sera utile...
Sirènes.
Vous vous appelez ?
Stéphane Marie-Paule Feuvrier,
née Perrier, à Paris, dans le 11e.
J'ai été orpheline très tôt.
J'ai été élevée par ma grand-mère.
Des études ?
J'ai passé mon baccalauréat. J'ai fait des études de droit.
J'ai reçu un héritage de ma grand-mère,
mais j'ai dû travailler pour étudier.
Et votre mari ?
Son frère est chirurgien. J'ai eu un accident.
On m'a transportée par hasard dans son service.
Il a recollé les morceaux.
J'ai rencontré
Georges à l'hôpital.
Nous sommes tombés amoureux. Voilà.
Vous avez une fille ? Cécile. Elle a 16 ans.
Elle est en 1re à Sainte-Marie.
Où avez-vous connu Aslanian ?
En prison.
D'où vous l'avez fait sortir. Non, l'avocat de l'institution.
Madame...
vous avez été un instrument dans sa guerre contre nous.
Nous devrions vous haïr. Nous vous avons haïe,
malgré l'estime que nous portons à votre époux.
Mais pour votre geste de tout à l'heure,
il vous sera beaucoup, beaucoup pardonné.
Bonjour, madame.
Navré de vous rencontrer dans ces circonstances.
*Wadek Aslanian est mort,
le truand qui redistribuait son butin aux pauvres.
Considéré par les uns comme l'ennemi public numéro 1,
par les autres comme un Robin des bois,
il a terminé sa carrière par une provocation.
Il a été tué par la femme qu'il essayait de violer.
C'est cette femme qui l'avait fait sortir de prison.
Celui à qui la police attribue des cambriolages partout en France,
dont celui du casino de Nice,
était un voleur solitaire en guerre contre la police.
Au bureau, tu me dis "vous".
N'oublie pas.
Il y a plusieurs messages. Merci.
Mademoiselle ?
Je dois faire un point avec Christophe.
Vous pourriez me sortir les dossiers en cours ?
Bonjour.
Le frère Zaoui vous remercie pour son non-lieu.
Il veut vous inviter à dîner.
Passez-le dans mon bureau.
Un instant.
Allô ? Oui.
Non, merci. Ecoutez, Zaoui, je défends les truands,
je prends leur argent, mais je ne dîne pas avec eux.
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