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Chers compatriotes,
le parti néolibéral est la seule force, en Colombie,
à ne pas craindre les narcotrafiquants.
- Leurs trois méthodes... - Leurs trois méthodes...
pour lutter contre l'extradition sont...
la corruption,
l'intimidation par le biais de la violence,
et l'extorsion.
Nous sommes face à un terrible fléau.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je m'assure qu'il dit bien ce qu'il faut.
C'est toi qui l'as écrit, tu devrais savoir.
Tiens, je t'ai apporté ça.
C'est quoi ?
Des chaussettes neuves.
Je sais que ça te détend, d'en mettre des neuves.
- Comment va Galán ? - Bien.
Il devrait moins se focaliser sur l'extradition des narcos.
Il y a plein d'autres sujets.
Il a un sacré cran.
On dit que les hommes courageux meurent jeunes.
Dans ce cas,
on n'a pas à s'inquiéter pour toi. Je me trompe ?
Passe-moi les chaussettes.
Tu dois quitter Bogotá au plus vite.
Il y a un orphelinat à Cumaral, loin de la guérilla et des narcos.
Et après ?
On te fournira un passeport.
Depuis l'étranger, tu pourras témoigner contre Escobar.
Tu as fui ton pays, mais moi, je fuirai pas le mien.
Je veux juste que tu restes en vie.
Tu couches avec tous tes indics ?
Je suis pas sous ta responsabilité.
Si Pablo Escobar te met la main dessus,
t'es morte.
Sauf si je le tue en premier.
C'est une bombe à retardement.
Elle seule peut relier Escobar au massacre du Palais.
Mais si on la livre, elle risque de disparaître.
- T'es prêt à courir le risque ? - Non.
C'est quoi, ta solution ?
On la cache le temps que ça se calme.
- On lui accorde l'immunité. - Et nous ?
On ira en taule si on nous chope avec elle.
Si ta femme ramène encore une bombe humaine,
qu'elle te la refile à toi.
Tu te la tapes ?
Coucher avec une communiste ?
Ce serait totalement antiaméricain.
Des renseignements
confirmant qu'Escobar a orchestré le siège du Palais ?
Non. Peña prétend avoir un indic qui pourrait témoigner dans ce sens,
mais on ignore son identité.
Je ne vois que deux personnes.
L'une d'elles est Elisa Alvaro,
copine d'Alejandro Ayala.
L'autre est Ernesto Sobrino,
un prêtre radical
qui a recueilli des fugitifs du M-19 à Los Altos.
Votre indic est l'un d'eux ?
Mme l'ambassadeur,
ce renseignement résulte d'une écoute officieuse.
On a intercepté une discussion entre narcos.
Quoi ? Quels narcos ?
Sûrement Pablo Escobar.
On en est presque sûrs, mais...
la ligne était mauvaise. Ils appelaient du Panama.
Du Panama ?
Ils savent que Galán soutient l'extradition.
Ils vont pas attendre d'être envoyés aux USA.
Manuel Noriega offre une sphère de sécurité aux narcos
et des points d'expédition pour la cocaïne.
Ils déplacent leur trafic au Panama ?
C'est des conneries.
Pardon, madame.
D'un côté, vous dites qu'Escobar fricote avec les communistes,
et maintenant, qu'il fricote avec Noriega.
C'est l'un ou l'autre.
Madame,
Noriega nous aide à combattre le communisme
en Amérique Latine depuis 20 ans.
Je ne tolérerai en aucun cas que la DEA salisse son nom.
Il y avait de quoi rire.
La droite, la gauche...
Pour Noriega, ce n'était qu'une question d'argent.
Quand Bush dirigeait la CIA, Noriega prétendait haïr les cocos
pour mieux cacher aux USA qu'il trafiquait de la drogue.
Quand Noriega a compris qu'il gagnerait encore plus
à faire équipe avec les communistes, il a retourné sa veste.
On a envahi le Panama
et on a arrêté "Face d'ananas".
Mais ça, c'est après. Pour l'heure, l'ami et l'allié
était un atout de la CIA qui recevait de l'argent de Bush.
Et des narcos.
Pablo avait liquidé la moitié de la Cour suprême.
À présent, il offrait de rembourser la dette nationale contre une amnistie.
Il avait le mal du pays.
Quelle merde !
On paye des millions de dollars
et pas moyen de bouffer correctement. C'est quoi, ce bordel ?
Tu vois,
le problème, c'est pas la bouffe. C'est Noriega.
À la première occasion,
il nous vendra aux gringos.
Vous inquiétez pas,
on conclut un accord et on rentre chez nous.
Payer la dette colombienne en échange de l'amnistie ?
Je préfère encore aller en Espagne.
Moi, je propose
qu'on rentre et qu'on les canarde.
Non. La guerre, c'est pas bon pour les affaires.
On va négocier avec eux, comme prévu.
Tu sais, Gustavo,
on n'en serait pas là si Pablo avait pas tué des politiques.
Alors on fait quoi ? Vas-y, dis-moi.
Tu préfères qu'on reste là, à se lamenter ?
Tu sais quoi, Pablo ?
Je me demande si tu les as pas butés
parce qu'ils voulaient pas de toi.
Fais gaffe à ce que tu dis, petit con.
Le gouvernement colombien a refusé notre offre pour l'amnistie.
Habituez-vous à la nourriture.
C'est risqué, de rentrer.
Ils ont rejeté notre offre pour l'amnistie.
On va peut-être devoir rester.
Je déteste cet endroit.
On peut aller ailleurs.
On dit que c'est beau, la Suisse.
En Suisse, on est personne, Pablo.
À quoi ça sert, tout ce fric, si on peut pas être chez nous ?
Si on rentre,
je devrai me battre.
Fais ce que t'as à faire, mon amour.
La décision était prise.
Une décision qui bouleverserait la Colombie.
Tu es en tête des sondages.
L'élection est gagnée d'avance.
Alors pourquoi continuer à provoquer les narcos ?
Je veux que mon pays vive en paix.
Si je le fais pas, qui le fera ?
Tu les mets au pied du mur.
J'ai un gilet pare-balles.
Je doute qu'un gilet pare-balles
suffise à assurer ton avenir.
Ne t'inquiète pas.
Il y aura un avenir.
Luis Carlos Galán se rendit à un meeting à Soacha, le 18 août,
contre l'avis de son directeur de campagne, César Gaviria.
Les balles l'ont touché en dessous du gilet. Il est mort sur le coup.
Ce bref et glorieux moment d'espoir
s'est évanoui sous les balles de l'assassin.
En signe de deuil, à la campagne,
chaque foyer a allumé une bougie.
Dans les villes, des milliers de gens ont défilé en silence
pour protester contre la violence des narcos.
Le meurtre de Galán résonnait comme la fin de l'espoir de paix.
Je veux la vérité.
Galán est mort.
C'est toi qui l'as fait tuer ?
Sans même nous en parler, salopard.
- Je veux rentrer, Fabio. - Rentrer ?
Pour quoi faire ? Pour se faire mitrailler ?
Tu parles d'association et tu te la joues solo.
Galán était notre seule menace.
Plus personne ne va s'opposer à nous.
Et tu sais pourquoi ?
Parce que personne n'a de couilles comme nous.
Allez, on rentre.
Pablo avait raison.
Qui aurait les couilles de succéder à Galán ?
Un homme d'une parfaite honnêteté.
Le peuple se lève pour réclamer justice.
Je prie Dieu que ce sacrifice permette enfin...
à la société de réagir et de s'unir.
Elle doit soutenir le gouvernement
ainsi que les institutions.
Mais elle doit aussi exiger un travail plus efficace
et ne pas se laisser intimider par les sicarios,
par les enlèvements, ou toute autre manifestation de violence.
Mon père,
Luis Carlos Galán,
restera dans la mémoire des Colombiens
pour avoir donné l'alerte contre les narcos.
Les balles des assassins
n'arrêteront pas ce que mon père a commencé.
Là où il est tombé,
un autre prendra sa place.
Je souhaite dire
au Dr César Gaviria,
au nom du peuple colombien et de ma famille,
que nous lui confions les idéaux de mon père
et qu'il aura notre soutien
pour devenir le président dont la Colombie a besoin.
Dr César Gaviria, sauvez la Colombie !
Dr César Gaviria, le nouvel espoir de la Colombie.
En optant pour l'extradition, les narcos déclareraient la guerre.
Dans le cas contraire, le pays serait régi par les narcos.
Téléphone !
Ils n'ont qu'à laisser un message.
La messagerie est pleine.
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