Agnes and His Brothers (Agnes und seine Brüder)

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Agnes und seine Brüder

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Agnes Und Seine Bruder (2004) Z2 FR
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Zveřejněno: 2016-12-11
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UNE FAMILLE ALLEMANDE

Je n'ai pas connu ma mère.

Werner avait 11 ans quand je suis née,

mais il vivait avec sa propre mère à Munich.

J'ai toujours dû m'en remettre à la version de mon père.

À le croire, je suis l'enfant d'une certaine Renate Lehmhoff,

qui m'a mise au monde dans une voiture, au cours d'une fuite.

Mais aucune preuve ne vient authentifier cette histoire.

Mon père était ivre constamment,

comment savoir s'il m'a dit la vérité sur ma mère ?

Il m'a aussi raconté des histoires complètement hallucinantes.

Elle aurait été emprisonnée à Stammheim,

et on lui aurait défoncé le visage avec un extincteur.

Il dit toujours que je lui ressemble.

Mais il n'existe ni photos ni documents,

rien sur l'existence de ma mère.

Rien qui relate qu'un membre de la Fraction Armée Rouge

aurait été agressé avec un extincteur à Stammheim.

Il a peut-être imaginé tout ça un jour où il en tenait une bonne.

Je n'ai jamais osé en parler avec lui quand il était sobre.

Il y a tant de choses

qui ne sont pas résolues dans notre famille !

Faites attention !

À toi de faire attention. Je travaille ici, moi.

Connard.

Vous pouvez m'aider ?

Je m'en sors pas.

- Qu'est-ce que vous cherchez ? - Les "Polémiques" de Karl Kraus.

Vous êtes au bon endroit.

Je vais voir...

Krause, Krause...

Karl Kraus. Les "Polémiques". Les voilà !

Vous êtes génial, merci !

Je vous en prie, aucun problème.

- C'est bon, vous vous en sortirez ? - Oui, merci.

Si vous avez des questions... n'hésitez pas.

Bonjour !

Vous en êtes où, avec mes archives ?

Je suis désolé, je n'ai pas eu le temps.

- Trop de diversion ? - Non, qu'est-ce que vous insinuez ?

Il me faut ces archives aujourd'hui. Veuillez vous en charger.

Entendu.

Enculé !

Excusez-moi...

Je cherche des ouvrages philosophiques

qui traitent de l'Entité.

Désolé, j'ai pas le temps.

Vous travaillez bien ici ?

Fichez-moi la paix, demandez au guichet !

Tu as besoin d'aide ?

Non, merci.

- Tu étudies quoi ? - Littérature allemande.

Mais plus pour longtemps.

Ça te dirait...

d'aller prendre un café avec moi ?

Un café ?

C'est quoi ton plan, Bozo ?

Tu voulais pas aller boire un café ?

C'est qui, ce guignol ?

Arrêtez de me tenir la porte, Klebnitschek !

Excusez-moi, c'est une vieille habitude.

C'est bon.

Joschka !

Bonjour, M. Klebnitschek.

Vous avez encore besoin de moi ?

Non merci, Klebnitschek.

- Bon week-end ! - Non, je refuse !

- Prenez ça ! - Pas question !

J'insiste !

C'est le même cirque tous les week-ends !

Merci beaucoup, monsieur. C'est beaucoup trop.

Passez un bon week-end.

Ralf a gagné l'Oscar des Kodak Juniors .

Fantastique !

Tu ne veux pas monter le féliciter ?

Plus tard. Je veux d'abord sortir avec le chien.

Avec le chien...

Ah oui, il y a encore autre chose...

Je t'écoute.

La caméra digitale...

C'est non. Hors de question !

Celle de l'an dernier m'a coûté 3.000 euros !

Elle n'est pas compatible avec le nouveau système.

Il n'a qu'à utiliser l'ancien système.

Je peux partir maintenant ?

Salut.

Ralf !

Oui ?

Tu peux descendre quand je te parle ?

Quoi ?

Tu sais qui j'ai vu derrière ton champ de haschich ?

Non, qui ?

Un policier !

Et alors ? Ils se baladent...

- Et si tu moissonnais ton champ ? - Pourquoi ?

Parce que c'est illégal !

Et que ça peut me valoir une amende !

Ça m'a demandé vachement de boulot.

Recycle-toi, fais un boulot sensé !

C'est maman qui les arrose. Vois avec elle, d'accord ?

Change de ton ! Je pourrais bien tout faire raser.

Tu sors encore ?

Je t'ai posé une question !

Tu veux venir avec moi ?

Non !

Rudi, qu'y a-t-il ?

Tu sais bien que je ne fais que danser.

Je veux gagner ma vie, moi aussi.

Laisse tomber. Bonne nuit !

- Tu veux une bière ? - Une bière ?

Tu m'as préparé à manger ?

Tu m'as déjà préparé à manger en l'espace de 2 ans ?

- Pas une seule fois ! - J'ai essayé.

Fous-moi la paix ! Tu te lèves pas à 4 h 30 le matin !

Je suis désolée.

Ferme la porte !

À quoi bon ces visites à la con ?

- C'est notre père. - Arrête, avec tes "notre père" !

Je t'en prie,

ne remets pas sur le tapis cette histoire avec Agnès.

Justement, je ne suis venu que pour la régler.

Il n'y a rien à régler.

- Alors pourquoi tu es comme ça ? - Arrête !

Je suis comment ?

Tu sais très bien de quoi je parle.

J'ai bien vu qu'il se faisait peloter par le paternel !

Ça m'a valu trois ans de thérapie !

Pourquoi tu ne veux pas en parler ?

Parce qu'il n'y a rien à dire ! Tu vois pas que t'es ridicule ?

- Tu me trouves ridicule ? - Oui !

À la télé, on voit que des idiots qui disent avoir été abusés.

Par le curé, par leur père, par un prof ! Par leur chien, même !

T'as toujours été un conformiste. C'est la clé de ta réussite.

Qu'est-ce que tu cherches ?

- Il vaut mieux que je descende. - Bien.

C'est mieux comme ça.

Je risquerais de lui exploser sa sale tronche !

- T'arrives pas à l'assumer, hein ? - À assumer quoi ?

Votre relation...

Tu brasses toujours de nouvelles salades.

Il y a 2 ans, tu l'accusais d'avoir voulu tuer ta mère.

Il savait qu'elle avait pas de quoi payer son loyer !

Il le savait, mais il ne lui a rien donné !

Sans moi, elle aurait crevé dans la rue !

Je ne l'ai jamais vu abuser d'Agnès.

Et j'ai 9 ans de plus que toi. J'aurais dû le remarquer !

Ta femme te tromperait, tu remarquerais rien !

Peut-être, mais j'assumerais. Je reste normal !

Toi, tu inventes un tas d'histoires. Tu es malade !

Quand tu n'arrives pas à assumer, tu accuses les autres.

Par exemple ?

- Quand tu pissais au lit ! - C'était de la rébellion.

Comme quand t'étais punk ou alcoolique.

Tes démêlés avec les flics.

Pour lui, t'es un loser !

Quand t'étais petit, il t'aurait pas montré sa grosse queue

en te disant "Touche-moi ça" ?

Certainement pas ! Tu confonds avec tes pornos !

Bon, je descends.

Saluez-le et dites-lui que je lui chie à la gueule !

Silence ! C'est Agnès et Werner. Vous les connaissez !

- Comment tu vas, mon enfant ? - Bien, merci.

Où est Hans-Jörg ?

Il est malade, cloué au lit.

On doit te saluer de sa part.

- Vous voulez du café ? - Volontiers.

Heinz...

tu veux bien nous faire du café ?

Et amène le gâteau.

Ça sent bon !

C'est une recette de Poméranie.

Excusez-moi...

c'est l'odeur du gâteau.

Heinz pleure souvent sans raison.

Ça va, la santé ?

Le toubib dit que je me fais vieux.

Et toi, ça va le boulot ?

Tu as sûrement entendu parler des divergences au sein du parti.

Pas facile d'introduire des réformes...

Autrefois, quand tu pleurais,

on te posait sur l'armoire de la chambre

et on sortait.

Dire que maintenant, tu passes à la télé !

C'était pour quoi, déjà ? J'ai oublié...

La législation européenne sur la consigne des conserves.

Heinz habite ici avec toi ?

Non.

Je sais ce que pense ton frère.

Tu parles de Hans-Jörg ?

Il a pas fait un séjour chez les dingues ?

Non, quelle idée !

Il est pas normal.

Il tient ça de votre mère.

Personne ne te méprise, mon garçon.

Tu le méprises, toi, Heinz ?

Ça fait longtemps que je n'ai plus peur que tu me méprises.

Je m'en fiche.

Je vous raccompagne jusqu'à la porte.

Tu veux monter revoir ta chambre ?

Qu'est-ce qu'elle y ferait ?

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