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Cors de chasse.
Un peu de thé chaud ?
-Clifford, vous devriez faire donner le relais des chiens.
-Hilda, laissez-moi donc diriger mon équipage comme je l'entends.
Ce que j'en disais...
-L'animal se dirige vers les mares. -Merci.
-Pour moi, c'est un cochon qui va se faire prendre.
-Je crois aussi, mais c'est une belle chasse.
Très belle chasse.
Aboiements, cris des chasseurs au loin.
-On attend quoi ? -Le signal de Sir Clifford.
Tu ne restes pas pour la curée ? -Moi ? Non.
Une sirène d'alerte retentit.
Veuillez m'excuser.
-Que se passe-t-il ? -Un accident à la mine.
Poursuivez sans moi, je vous en prie.
-Excusez-moi, Lady Chatterley, on a besoin de nous.
-Où est votre mari ? -Il est descendu.
C'est grave ?
-On a déjà remonté un mort et trois blessés.
-Comment est-ce arrivé ? -Une galerie s'est effondrée.
Vous savez, quand on prospecte un nouveau filon,
..un boisage qui cède, ça arrive.
Laissez-nous entrer !
-Je vous l'avais dit, que nous courions un accident.
Qu'est-ce que vous vouliez faire ?
Des forages à 600 mètres ?
Ils tombent toujours à côté.
J'avais raison, Constance.
Nous tenons le plus important gisement de la région.
Personne ne voulait me croire.
-Les ouvriers ne comprennent pas qu'on prenne des risques pareils.
-Ce sont les risques de leur métier.
Cela fait partie des règles du jeu.
J'en sais quelque chose.
L'obus qui m'a broyé les jambes pendant la guerre..
..faisait partie aussi des règles du jeu.
Faites aux familles les condoléances..
..au nom de la compagnie.
Lady Chatterley passera voir les femmes.
-Dommage qu'il soit pas crevé au fond, celui-là.
*Jazz.
Si j'ai bien compris,
..ce nouveau puits va s'ouvrir au milieu de ton parc ?
Je l'installerai où il le faudra.
-Alors tu vas me faire gagner beaucoup d'argent.
-Parrain, nous serons la compagnie la plus forte du groupement.
Je le voulais, j'y suis arrivé, depuis mon fauteuil à roulettes,
..avec les jambes mortes.
C'est vrai que j'ai eu Constance.
-Constance, vous n'êtes pas obligée de vous conduire en héroïne..
..pour le restant de vos jours parce que le hasard de la guerre..
..a fait de votre mari un héros.
Vous ne m'écoutez plus... A quoi pensez-vous ?
A rien, je dansais.
Vous disiez ?
-Qu'il est affligeant de voir ce beau corps..
..vivre une existence de nonne.
Je conçois que vous ayez pour Clifford une grande tendresse,
..mais l'essentiel de l'amour vous manque, Constance.
Je ne me pose pas la question.
Citation en latin. -Tu es resté très fort en latin !
-C'est une merveilleuse phrase : quand Orphée et Eurydice..
..sont enfin morts tous les deux, il ne craint plus de la perdre.
Constance, pouvez-vous m'apporter mon exemplaire d'Ovide ?
Leslie et moi nous perdons dans nos citations.
J'y vais.
-Allez la rejoindre, et parlez moins.
-Constance est merveilleuse avec toi.
Vous savez ce qui est curieux ?
Quand elle est absente, j'ai froid aux jambes.
-Décidément, vous me suivez pas à pas.
Constance...
Non, Michaelis, je vous en prie.
Constance...
Mais enfin, Constance.
Jamais un homme ne pourra... ? -Écoutez-moi.
Quand Clifford est revenu de la guerre,
..j'ai fini par me révolter contre le sort qui me privait..
..de ce que vous appelez "l'essentiel de l'amour".
J'ai écouté un homme qui tenait le même discours que le vôtre.
Mais j'ai très vite renoncé : je n'y trouvais pas de plaisir,
..et je n'aime pas tricher.
A présent, je suis tranquille.
Mais il m'est désagréable d'être considérée comme un objet de pitié,
..ou comme une proie désignée.
Maintenant, s'il est nécessaire à votre vanité de m'avoir embrassée,
..eh bien faites-le.
-Non, Constance. Pas dans ces conditions.
Voyez, ce n'était pas bien grave.
Devenez l'amant de ma soeur. -Mais je l'ai été.
-Allez dormir, Lewis. Bonsoir. -Bonsoir Madame. Bonsoir Monsieur.
Bonsoir Lewis.
-Vous n'êtes pas trop fatigué ? -Non, absolument pas.
-Vous êtes d'une résistance extraordinaire.
-Vous avez entendu les gens, quand nous avons quitté la mine ?
Oui, j'ai entendu.
-"Dommage qu'il ne soit pas crevé au fond."
Ils souhaitent tous que je crève, ils ne pensent qu'à ma mort.
Comme ça, ils pourront reprendre la mine.
Il aurait fallu que j'aie un fils.
-J'ai toujours regretté de ne pas avoir un enfant de vous.
Nous avons eu tout, sauf cela.
Il était beau, notre amour,
..depuis ce premier jour, quand nous nous sommes avancés..
..l'un vers l'autre en souriant, sans nous connaître,
..jusqu'à ce matin gris de la guerre,
..quand je suis revenu sur cette petite voiture.
Vous avez posé votre main sur mon bras, sans rien me dire.
Tout était impossible, ce jour-là,
..mais vous avez tout rendu possible,
..en posant votre main sur moi.
Est-ce que je vous ai assez dit merci, Constance ?
Mon chéri...
J'en arrive à me demander..
..s'il ne serait pas souhaitable que vous ayez un enfant..
..d'un autre homme.
Je vous ai heurtée, mon amour. Je vous fais de la peine.
Non, je... Je suis surprise.
-Mais... Vous me comprenez ? -Oui, je vous comprends.
Évidemment,
..la chose n'est pensable que pour des gens très évolués,
..tels que nous.
Notre amour ne serait pas en cause, au contraire.
-Je ne sais pas, je suis incapable d'imaginer.
Je vais dormir, maintenant.
Bonne nuit, ma chérie.
Bonsoir.
Vous ne m'embrassez pas ?
Si.
Réfléchissez.
Vous verrez que j'ai raison.
...
Quand pourrons-nous commencer les travaux ?
-Dans un mois. Les experts commencent les repérages demain.
Votre nouveau garde est un homme difficile :
..prévenez-le, qu'il ne leur tire pas dessus.
-Lady Chatterley, qui monte ce matin en forêt, doit l'avertir.
Grondement de tonnerre au loin.
Elle frappe.
Grondement de tonnerre.
Excusez ma tenue, Madame.
-Ça ne fait rien. Les ingénieurs vont avoir à faire dans le parc.
Bien, je les laisserai passer.
L'orage approche, je crois..
..que ça va tomber.
Vous devriez venir vous abriter. -Merci, j'ai le temps de rentrer.
Vos étriers sont trop courts.
Merci.
Vous aviez raison.
-Je le savais. Je suis du pays, je connais le temps.
-Ne prenez pas la peine, je vous en prie.
Flash, couché !
-J'adore les chiens. -Il va vous salir.
Flash, couché !
Vous faites quoi ?
-Les nids pour les poules qui couveront les oeufs de faisan.
Dans le sable ?
-Les faisanes font leur nid dans la terre, le sable remplace...
L'orage est passé, Madame.
-Je peux rester un moment ? Ça ne vous gêne pas ?
-Madame n'a pas à me demander de permission.
-Et je peux vous demander celle de revenir quelquefois ici ?
Ici, je travaille, Madame.
Ça ne me dérange pas.
-Sir Clifford veut que j'élève des faisans,
..mais je peux les élever ailleurs, si Madame a besoin de cette cabane.
-Je n'ai absolument pas besoin de cette cabane.
Je disais ça...
Oh...
Vous voulez de l'aide ?
Oui, je vous en prie.
Laissez-moi voir.
Là, vous souffrez ? -Oui, beaucoup.
Vous avez dû..
..vous fêler quelque chose.
L'humérus, probablement. On devra vous mettre un plâtre.
-Vous avez aussi des connaissances médicales ?
-J'ai été soldat. La guerre m'a appris bien des choses.
La solitude aussi.
Je vais vous remettre à cheval et vous raccompagner.
Allez. Allez, viens !
Votre jument a fait une faute ?
-Non, c'est moi. J'ai hésité devant l'obstacle.
-Eh bien, ma chère, nous voilà tous les deux invalides.
-Heureusement que le garde-chasse était là.
-Je ne le connaissais pas. Quand l'avez-vous engagé ?
Il y a trois mois.
Son père était forgeron-chef à la mine.
Lui aussi a été mineur.
-Il a été nommé officier pendant la guerre.
C'est maintenant un déclassé.
Mais c'est si difficile de trouver un bon garde.
Son seul défaut, c'est sa femme.
-Oui, ils sont séparés. -Elle vit avec le reste du pays.
Il faudra faire une radio,
..mais il est à peu près certain que l'humérus est cassé, Madame.
-Je suis désolée, Clifford. Qui va s'occuper de vos jambes ?
C'est bientôt fait, Mme Bolton ?
Tout de suite, Sir Clifford.
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