L'argent de poche

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Prvních 200 řádků.

- "Cher Raoul. Je suis en voyage avec mon père.

Nous nous sommes arrêtés à Bruère-Allichamps,

qui est exactement le centre de la France.

Je vais pour la 1re fois en colonie de vacances. Et toi ?

J'espère que ce sera mixte.

Ta cousine qui t'embrasse, Martine."

Musique cocasse

- Le sol est granitique et imperméable,

et les ruisseaux, les rivières et les lacs

y sont nombreux. Raoul Briquet,

tu n'écris rien. Apporte-moi ce que tu tiens.

Les enfants ricanent.

Ah, je connais ce truc, c'est Bruère-Allichamps !

Viens ici.

Je vous explique.

C'est une petite ville, ou plutôt un village,

qui se trouve exactement

au centre de la France.

Ils ont fait un petit monument

qui est sur la carte, regardez.

Tu vois, au fond ? - Oui.

C'est amusant…

Je voudrais recopier,

pour tout le monde, regardez, l'adresse,

exactement comme elle est écrite sur la carte.

Alors… "Raoul…

Briquet.

HLM Béranger, Thiers.

Puy-de-Dôme, France.

Europe.

Univers."

Les enfants rient.

Qui est allé à Bruère-Allichamps ?

Laurent Riffle, viens.

Tu peux t'asseoir, Raoul.

Dis-nous pourquoi tu es allé à Bruère-Allichamps.

Mon papa est coiffeur,

et il y avait une réunion

de tous les coiffeurs. - Un congrès ?

- Ils ont mangé toute l'après-midi, je m'ennuyais.

Je suis sorti me promener dans le jardin.

Qui d'autre ?

- Moi, Monsieur. - Mathieu ? Raconte-moi.

J'y suis pas allé, Monsieur.

Rires

T'es gonflé !

Pourquoi tu lèves le doigt ? - Y a marqué "Thiers",

et il devrait y être marqué "Thiers 63 300".

Tu connais le code.

On frappe à la porte.

Restez assis, les enfants.

Lydie, qu'est-ce qu'il y a ? - Tu m'as pas donné les clés

et les déménageurs attendent.

Les enfants chuchotent.

- Tiens. - Merci.

- Bon, à ce soir. - À ce soir.

Ricanements

Brouhaha

- Ta gueule, tête de con ! - Tête de morue !

Tu me reverras, tête de rat !

Chez moi, tête de chamois.

Rue Marbeuf, tête de bœuf. Rue Marceau, tête de veau.

"L'Avare", de Molière.

Alors, Fougery, toujours en retard ?

Tirade d'Harpagon…

Acte 4, scène 7

jusqu'à la ligne 15.

Desmousceaux, récite "L'Avare".

Je ne l'ai pas appris.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Alors ? - Je ne l'ai pas appris.

- C'est insensé, vous deviez l'apprendre ?

OUI, MADEMOISELLE.

- Vous l'avez tous appris ? - OUI, MADEMOISELLE.

- Alors ? - Je ne devais pas être là,

je n'ai même pas le texte.

Tu n'as pas de texte ? Tiens.

Tu as 5 min, tu écoutes et je t'interroge.

Brouhaha

Prévadiès, dis-nous le texte.

- "Au voleur, au voleur, à l'assassin, au meurtrier.

Justice, juste Ciel.

Je suis perdu, je suis assassiné.

On m'a dérobé mon argent." - Allez, assieds-toi.

Froment, essaye. - Je sais plus.

Rires

- Tu t'es arrêté où ? - Je sais pas.

T'as commencé quand…

Jusqu'à "N'est-il point là ?"

- C'est tout ? On avait jusqu'à la ligne 15,

"Je suis enterré."

Je suis pas contente du tout.

On va essayer Faillet ? - "Au voleur,

à l'assassin.

Justice, juste Ciel. Je suis perdu, assassiné.

On m'a coupé la gorge, dérobé mon argent.

Qui peut-ce être ? Qui est-il ?"

Bon, c'est pareil,

il faudrait mettre plus de différence

et parler un peu moins vite.

Urbaniak ?

- "Au voleur, à l'assassin, au meurtrier.

Justice, juste Ciel. Je suis perdu, assassiné.

On m'a coupé la gorge, dérobé mon argent."

Pas mal, mais mets plus de nerfs.

Il est dans tous ses états, Harpagon.

Christophe, cette fois-ci.

- "Au voleur, à l'assassin, au meurtrier.

Justice, juste Ciel…"

- "Je suis perdu." - "Je suis perdu, assassiné.

On m'a coupé la gorge.

On m'a dérobé mon argent."

- Qu'est-ce que tu fais là, mon garçon ?

Tu fais pas partie de l'école.

Comment tu es venu ? Tu es venu en voiture ?

C'est tout de même pas un hélicoptère qui t'a amené !

Tu es sourd ?

Un papier de la mairie.

Ils nous envoient des nouveaux en juin ?

Allons voir le directeur.

Il n'est pas là. On t'a pas donné d'autre papier ?

Allons voir M. Richet.

- "Qui peut-ce être ? Où est-il ? Qu'est-il devenu ?

Que ferais-je pour le trouver ?" - Desmouceaux,

tu nous le dis ?

- "Au voleur, à l'assassin, au meurtrier.

Justice, juste Ciel. Je suis perdu, assassiné.

On m'a coupé la gorge, dérobé mon argent."

C'est pas mal, pour 5 minutes.

Si tu l'avais appris

hier, tu saurais plus. Bon, tu t'assois.

Rouillard, à toi.

"Au voleur, à l'assassin,

au meurtrier. Justice, juste Ciel. Je suis perdu,

je suis assassiné." - Bon, arrête.

Tu le sais, mais on dirait que tu comprends pas, toujours

sur ce ton !

Écoute-moi.

"Au voleur, au voleur !

Au meurtrier, à l'assassin !

Justice, juste Ciel…

Je suis perdu, assassiné !

On m'a coupé la gorge !"

Tu comprends ? Recommence.

- "Au voleur, à l'assassin, au meurtrier.

Justice, juste Ciel."

- Tu es peut-être têtu, mais moi aussi.

On y passera la matinée, s'il le faut,

alors dis-le convenablement. Tu recommences.

- "Au voleur, à l'assassin, au meurtrier.

Justice, juste Ciel. Je suis…"

Brouhaha

Asseyez-vous.

Mlle Petit, voilà Julien Leclou.

C'est un nouveau, mais il est trop grand pour moi.

Il y a une place libre,

tu vas t'asseoir.

Le directeur m'en aurait parlé. Sûrement une erreur.

Le concierge vient de me l'amener.

Que fait-on ?

Demandons au directeur.

- T'habites où ? - Vallée Miraux.

Y a que des usines, là-bas.

Et des maisons, puisque j'y habite.

- Garrel, tu es responsable de la classe jusqu'à mon retour.

Chut !

Je vais faire l'entrée, comme le vrai Harpagon !

"Au voleur, à l'assassin, au meurtrier !

Justice, juste Ciel, je suis perdu !

On m'a coupé la gorge, dérobé mon argent !

Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ?

Que ferais-je pour le trouver ?

Où courir, ne pas courir ?

N'est-il point là ?

Arrête, rends-moi mon argent, coquin !

Oh, c'est moi. Mon esprit est troublé,

et j'ignore où je suis, qui je suis, ce que je fais.

Hélas ! Mon pauvre argent !

Mon ami, on m'a privé de toi.

Puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support,

ma consolation, ma joie ! Tout est fini."

- Ils se débrouillent bien, chez vous.

Vous leur donnez des cours d'art dramatique ?

Oui, j'ai de bons éléments.

- M. le directeur, on venait à propos de Leclou.

Le nouveau va chez Mlle Petit.

- Je ne sais pas s'il est au niveau des miens.

Et s'il ne suit pas ?

- Je ne connais pas son niveau, mais confidentiellement,

c'est un cas social.

Musique douce

- Bonsoir, papa. - Bonsoir, Patrick.

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