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KANAL - ILS AIMAIENT LA VIE
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Musique
Réalisé par
1944... Fin septembre.
L'Insurrection de Varsovie touche à sa fin.
La "Vieille Ville"
- Powisle, Czemiakow et Sadyba - sont déjà tombés.
Le Centre - Zoliborz et Mokotow- coupés l'un de l'autre et assiégés
par les troupes allemandes, sont en flammes.
Cette compagnie compte 43 hommes. Il y a 3 jours, ils étaient 70.
Voici leur commandant...
Le lieutenant Zadra.
Il les a enrôlés et il se sent responsable d'eux.
Voici son adjoint, le lieutenant Madry.
Il a su leur insuffler les principes de la discipline militaire.
Et voici leur agent de liaison, Halinka.
En partant de chez elle,
elle a promis à sa mère de s'habiller chaudement.
Eux aussi, ils ont dû promettre. Toutes les mères se ressemblent.
Le sergent-chef Kula. Il a une belle écriture.
Il tient les registres.
L'aspirant Korab souffre le martyr, sans son bain quotidien.
Mais les hommes du 3ème peloton ne s'en soucient guère.
Smukly... est l'adjoint de Korab.
Il rêve de construire des avions.
Et, enfin le dernier...
"L'artiste"... Le seul qui ne soit pas soldat.
Il a rejoint la compagnie hier seulement.
Voilà les protagonistes de cette tragédie.
Regardez-les attentivement. Ils vivent leurs dernières heures.
- Salut ! - Salut Zadra !
- Quelle ponctualité ! - Tu as été touché ?
- Non, c'est juste un éclat. - Quelle est la situation ?
Tu vois... On a été bombardé. C'était des Stukas.
Les boches ont attaqué 3 fois. Heureusement qu'ils dorment la nuit.
La vie par ici n'est pas très gaie.
Je dirais la mort, plutôt.
Je me serais bien installé pourtant.
Moi aussi, j'aurais voulu rester.
Jusqu'au jour du Jugement Dernier ?
Pour que les générations futures nous glorifient...
On ne se laissera pas prendre vivants.
À la polonaise, alors !
Tu m'étonnes, toi toujours si courageux...
J'en ai marre, tu comprends.
Que vais-je dire à mes gars ? Ils croient en moi.
Tu flanches. Ici, tu n'auras pas le temps de réfléchir.
Bartek voudrait bien se tirer mais il ne trouve pas par où filer.
Le cercle se resserre autour de nous.
Ils veulent en finir avec nous, avant d'attaquer le Centre.
C'est le 56e jour de l'insurrection.
- Quel enfer ! - C'est tout ce qui nous reste.
On se connaît. Vous me les avez données le 1er jour.
- Elles sont solides ? - Et comment !
Dommage qu'on me les enlève quand je serai mort.
Vous participez à l'insurrection, que va dire votre mère ?
Elle est morte.
- Cette blessure, c'est grave ? - Non, c'est rien.
Dommage que vous...
- Il y a un téléphone, ici ? - Il y en aura un.
Je pourrais avoir la rue Rakowiecka ?
Non, les Allemands sont là-bas.
Je sais... mais j'y habite.
- Permettez-moi de téléphoner. - Allez voir le commandant.
Là-bas ?
- C'était pas mal, ici ! - Un abominable salon bourgeois.
Des pistolets et des grenades contre des chars et des avions.
- Quand reviendra-t-on à la raison ? - Un ordre est un ordre.
Korab ! Poste les sentinelles et envoie une patrouille.
Six volontaires !
Pour toi, j'ai quelque chose de spécial.
- Attendez. Vous êtes musicien ? - Oui.
- Jouez-nous quelque chose. - Mais je...
Un Bechstein !
Enlevez-moi tout ça.
Vous connaissez "La Comparsita" ?
J'ai rêvé de toi cette nuit, Halinka.
On dansait le tango...
Quoi de neuf, Halinka ?
Mon lieutenant, vous m'aviez promis un pistolet.
Je ne veux pas rester les mains vides...
Si petit ? Je m'attendais à un parabellum.
Un parabellum ? Sans blague ! Tu tomberais à la renverse.
Celui-là est très bien pour toi. Tu peux tuer un homme à 2 mètres.
Arrêtez de pianoter. Jouez quelque chose... d'émouvant.
Je t'aurais trouvé mieux que ça... un vrai, pas ce drôle de pétard.
Drôle de pétard ? Et ton antique pétoire est mieux ?
- Tout est clair ? - Parfaitement !
Faites gaffe, hein.
Mon lieutenant,
pourrais-je téléphoner chez moi, rue Rakowiecka ?
Ma famille doit y être. Je peux ?
Demandez au standard de me donner le numéro 4-02-18.
On va vérifier.
Zadra. Salut ingénieur ! Toujours en vie ?
Vous n'avez plus de vitres ?
Moi, j'ai oublié à quoi ça ressemble.
Bien heureux déjà d'avoir un toit. Pouvez-vous me donner le 4-02-18 ?
C'est chez les Boches, rue Rakowiecka.
On voudrait vérifier.
J'attends.
L'ingénieur dit qu'il n'y a personne.
Wanda ?
C'est moi, Michal.
Comment ça va ? Je vous cherche partout.
- Où es-tu ? - Euh... Avec les insurgés.
- J'ai rejoint un groupe. - Ça continue, l'Insurrection ?
Oui, j'ignore par quel miracle.
- Comment vous allez ? - Ils sont chez nous.
- Ils emmènent les gens ? - Je ne crois pas.
Ils les brûlent, entassés dans des caves.
Wanda ! Mon Dieu !
- Je te passe la petite. - Papa !
Zosia !
C'est papa !
Reviens vite. Pourquoi ils tirent tout le temps ?
Zosia !
Ils viennent nous chercher, Michal.
Wanda !
Allô ? Wanda !
Wanda !
Allô ?
Mon Dieu ! Elle a raccroché !
Tout le monde est à son poste.
Smukly !
- Que dois-je faire maintenant ? - Va dormir.
Halinka ! Viens, on va se trouver un coin pour la nuit.
Mon lieutenant !
Je vous signale qu'il me manque les papiers du peloton de Korab.
À quoi bon tenir des registres...
- Ça va bientôt commencer. - Les papiers, c'est important.
- Il y aura sûrement des morts. - Bien sûr qu'il y en aura.
Et puis foutez-moi la paix.
Smukly ! Tu vois quelque chose ?
Rien ! On a fini de ramasser les patates dans le champ.
Espérons que ces patates... leur serviront à quelque chose.
Si les Stukas reviennent, tout ça va être réduit en poussière.
Tu es prêt ? Ils commenceront sûrement avant 8h.
Pas avant que je me rase.
J'ai 10 bandes de cartouche de mitrailleuses.
- Quel âge as-tu, Korab ? - 23 ans.
À cet âge, on ne tient pas tellement à la vie.
Ce sont nos derniers jours, tu sais.
Je sais.
Mais on leur en fera voir avant.
Magriette est de retour ?
- Qu'est-ce que tu as ? - Rien.
Tu sais t'en servir ? Attention !
T'es cinglé ?
- C'est pas difficile. - Fais gaffe !
J'y vais. Les Allemands auront bientôt fini de déjeuner.
Qu'est-ce que tu nous joues ?
Il est désaccordé.
Il y a trop de musiciens ici.
- J'y vais. - Fais pas l'imbécile.
Ce serait dommage... un tel artiste.
Tu n'y connais rien, toi.
- Oh, pardon. - Entre ! Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu pourrais te lever.
- Ce n'est pas le moment... - Tu parles à un officier.
C'est justement le moment. Et même le dernier moment.
Nous... nous aimons.
Comment va Magriette ?
Jacek, je suis là.
J'espère que je ne pue pas trop, j'ai laissé mes godasses à la porte.
Ne traîne plus dans les égouts. Tu devais rentrer hier.
Tu t'inquiétais ?
Non, je ne m'inquiète plus pour toi, mais Zadra voulait te voir.
T'es jaloux ?
Moi ?
Pas du tout. Mais pourquoi tombent-ils tous amoureux de toi ?
Je ne fais rien pour ça. Je souris à Zadra comme à tout le monde.
Il paraît que tu l'as dans la peau.
Je suis comme je suis, Je n'y peux rien.
Tant pis.
Tu aurais dû rester dans le Centre, tu as tant...
d'amis là-bas.
- On va tous crever ici. - Je sais.
Regarde ce que je t'ai apporté.
Du véritable thé anglais. Et des cigarettes.
Tu sais que je ne fume pas.
Où as-tu dégoté ça ?
Par ma tante.
Ta tante. Tiens, tiens...
Jacek, je ne suis rentrée que pour toi.
Pour moi ? Intéressant. Et pourquoi ?
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Parce que je suis ton agent de liaison.
Tu sais qu'ils vont concentrer leur assaut ici ?
Arrête de te raser.
Lave-toi, tu empestes.
Tu bronzais toute nue ?
J'étais à Zalesie tout le mois de juillet et le 1er août...
Le vent m'a ramenée à Varsovie.
À Zalesie, tu habitais aussi chez ta tante !
Ça commence.
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