The Green Mare

The Green Mare (La Jument verte)

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Zveřejněno: 2026-07-29
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LA JUMENT VERTE

Cours !

La jument verte !

La jument verte !

- Hé ! - Qu'est-ce qu'il y a ?

Venez voir. La jument verte.

C'est la jument verte !

La jument verte !

La jument verte !

À Claquebue, sous Napoléon III, un jour une

jument verte naquit chez Jules Haudouin, paysan et marchand de chevaux.

Ce miracle apporta au père Haudouin gloire et richesse.

Les gens affluaient pour voir la jument verte, de tout le pays. Logique.

Ils venaient même de Paris. Cela en dit long.

Hé ! Monsieur !

- Savez-vous où se trouve la jument verte ? - Ah, vous aussi ? Allez-vous la repeindre ?

- Est-elle moins verte ? - Certainement pas !

Si verte que c'en est scandaleux. Cette bête va mourir.

Laissez-la mourir, avec son maître. Regardez, elle habite là.

Merci beaucoup.

Sale bête ! Pourquoi n'es-tu pas bleue ?

Bonne idée. Ce serait beau d'avoir son portrait.

Je veux la peindre dans un pré vert.

- Vert sur vert, on ne voit rien. - Si, je vais la peindre en rouge.

Mais elle est verte. Comment la reconnaissez-vous alors ?

- D'accord, verte alors. Mais le pré devient rouge. - Alors on la voit encore mieux.

- Aline ! - Oui, patron. J'arrive.

Conduisez ce monsieur, un peintre, auprès de la jument.

- Là, laissez-le faire ce qu'il veut. - Par ici, monsieur.

Pourquoi perdez-vous votre temps ?

Je perds mon temps, donc ça prend du temps.

Elle est belle, hein ?

- Faites-vous aussi des nus ? - Toujours, je peins des animaux après tout.

Vous ne voulez pas peindre une femme ?

Si, mais regardez, c'est votre portrait.

Votre bouche, vos yeux et votre cou, n'est-ce pas ?

Elle parlerait et rirait comme vous.

- Comment je ris ? - Écoutez.

Oh non ! Oh non ! Lâchez-moi !

Taisez-vous donc !

Taisez-vous.

- Ce dégoûtant, ça dépasse tout ! - Je faisais juste une pause.

Fainéant ! Dégagez, et vite !

- Votre servante... - Je m'occupe des servantes.

Débarrassez-moi de toute cette camelote.

- Je le garde. - Non.

Je garde ça comme paiement pour la chambre. Partez ou j'appelle les gendarmes.

Tu es quand même un brave. Cela ne m'a pas coûté un sou.

Mais la jument verte mourut à l'âge de dix ans,

et laissa Jules Haudouin, sa femme et ses deux fils désemparés.

Seul son portrait resta,

mais même cela suscita la jalousie des voisins, car elle était devenue une légende.

Honoré ! Le marteau.

Pauvre bête.

Pourquoi es-tu devenu vétérinaire si tu ne pouvais pas la guérir ?

À l'école, on n'apprend rien sur les maladies des juments vertes !

Allons, allons !

- Elle est morte subitement. - Allons.

Parfois, on dirait qu'elle va parler.

De quoi ris-tu ?

Pour rien.

Te voilà suspendue à la place d'honneur, beauté.

À côté de l'Empereur. Essaie de faire mieux que lui.

Oh, Jules !

Ce crétin menace de nous précipiter dans la guerre !

Malheureusement, Jules Haudouin ne se remit jamais de la mort de sa jument préférée.

Et mourut quelques mois plus tard.

C'est tout alors...

- Tu es venu. - Bien sûr.

Nous vous sommes reconnaissants.

Nous étions aussi là pour sa mère.

Nous ne vous reprochons rien. Il ne manquait plus que ça.

Ça vous fait quand même quelque chose.

Elle était quelque chose. Et il a eu de la chance.

Je vous souhaite la même chose.

Merci, Zèphe.

Bien sûr, ça n'arrive pas tous les jours qu'une jument verte tombe du ciel.

Le bonheur va à ceux qui le méritent.

La chance vient à ceux qui ont de la chance.

Dis, qu'est-ce que tu fais ?

Écoute, c'était juste une blague.

- Salaud ! Voleur ! - Gardez-le.

Vous pouvez garder celui-ci. Et celui-là !

- Tu as vu ça ? - Maman, allez !

Excusez-moi.

- Regardez. - Honoré ! Bravo, mon garçon.

Une Maloret, imaginez. Vous la voulez pour votre cabinet vétérinaire.

- Oui. "Chez la jument verte." - Non, elle s'ennuierait.

- Merci. - Tenez, à la place

je te donne ce joyeux gaillard à la place. Vous allez bien ensemble.

Mieux que votre République.

- Comme toi. - Maman...

Allez ! C'est enfin fini, les garçons ?

Jules mourut juste à temps ; sa crainte se révéla fondée,

la guerre arriva. L'Empereur avait bien arrangé les choses.

Je suis désolé, madame, mais la guerre reste la guerre. Nous avons besoin de chevaux.

Réquisitionnez tous les chevaux, et vite.

Si ton frère avait été là.

Ici, il était moins dangereux que dans la forêt.

Taisez-vous.

Francs-tireurs ! Des assassins qui tirent dans le dos.

Si tu veux tuer des soldats, habille-toi en soldat.

- Honoré est impulsif. - S'il tire un coup de feu,

on est tous foutus, maman, fusillés.

Taisez-vous. Le voilà.

C'est votre fils, madame ?

Oui, monsieur l'officier. À votre service.

Bien. Je l'emmène comme otage.

- Hé, Toucheur. Ça va ? - Non.

- Nous n'aurions pas dû venir. - Mais nous y sommes.

- Aucune raison de rester. - C'est vrai.

Nous entendons leur musique.

Le vent vient de là-bas.

Ils essaient donc de nous encercler.

On se replie donc. Donne ton fusil, file.

Attendez l'ordre, bon sang !

Attendez-moi !

Attendez-moi !

Attendez-moi, bon sang !

Attendez-moi !

Arrêtez ! Arrêtez !

Non, pas par là ! Pas par là !

Pas chez moi ! Pas chez moi, salaud !

- Tu as vu Toucheur ? - Oui, il a pris la fuite aussi.

- Il est entré chez toi. - Bon sang !

Tu en as besoin de deux ? Tu es un dur à cuire.

- Tiens, prends-en un. - Hé, dis donc !

- Qu'as-tu fait d'Honoré ? - Le voilà.

Tu es fou ? Un franc-tireur ici ?

- Et toi alors ? - Je ne me cache pas chez les autres.

Nous reviendrons après la guerre. Oh ! Voilà les mangeurs de paille.

- Mon Dieu ! - Que faisons-nous ?

Dans ma chambre, sous le lit. Vite !

- Regarde, c'est là. - Merci.

On y va !

Qu'y a-t-il ?

- Nous avons été trahis. - Non, pas possible ?

- Si, Zèphe nous a trahis. - Oh, ce salaud... Ce salaud...

Salaud, tu peux le dire. Ne tremble pas comme ça, ressaisis-toi.

Je ne peux pas faire autrement.

Il y a des francs-tireurs dans la maison.

- Qu'est-ce qu'ils font ici ? - Aucune idée. Fouillez tout !

Laissez-les chercher. Il n'y a pas de francs-tireurs ici.

- Où est la chambre ? - Il n'y a personne dans la chambre.

- Alors montons. - Il n'y a personne de toute façon.

Alors nous montons quand même.

Si je dois mourir, ce ne sera pas ici en bas.

Oh non ! Pas ça !

Oh ! Pas ça quand même !

Non ! Ce n'est pas possible.

Cette fois, je ne tremblerai pas.

Nous n'avons rien trouvé, adjudant.

Adjudant ?

- Et ? - Rien trouvé.

- Ah ! Vous êtes vieux. - Eh bien...

Ce n'est rien. Après tout, c'est la guerre.

Ne me regardez pas comme ça. Qu'ai-je fait ?

- Si jamais tu racontes... - Que raconter ?

Une femme qui s'est sacrifiée pour nous.

Je ne sais pas ce que tu veux dire.

- Sont-ils partis ? - Oui, ils sont partis.

Eh bien, nous voilà. Nous étions au grenier.

- Ils ne sont pas montés. - Non.

Fais donc une omelette ou quelque chose comme ça.

Nous avons tous les deux faim. Pas toi ?

Oui, moi aussi.

La mère n'avait aucun regret ; elle n'avait rien fait de mal, on l'avait forcée.

Pourtant, elle alla se confesser. « Avez-vous éprouvé du plaisir ? » demanda le curé.

"Certainement", répondit-elle. Le curé dit :

"Cela change tout si vous avez éprouvé du plaisir."

Elle dut donc expier amèrement.

À tel point que la pauvre femme mourut en six mois.

À son enterrement apparut le vieux Maloret.

Zèphe était là aussi.

Avec sa femme Anaïs.

Pourtant, Zèphe causa sa mort prématurée.

Mais il ne regrettait rien.

Mais un an plus tard, chacun son tour, Zèphe Maloret dut enterrer son père.

Les frères Haudouin et toute leur famille rendirent une visite de courtoisie.

Les familles ne se battaient pas, mais elles ne pouvaient pas se sentir.

Et puis 20 ans passèrent. Mais que sont 20 ans dans une querelle de famille ?

Hé, Parisienne, tu viens te reposer ici ?

Je ne vous avais pas vue. Tournez-vous, Honoré. Excusez-moi.

Pas d'excuses. La visite d'une jolie fille est toujours la bienvenue.

Ce n'est pas une tenue pour recevoir des compliments.

Plutôt pour autre chose. Regardez.

Et si je te faisais payer le droit de passage ?

Je m'y opposerais. Vous pourriez être mon père.

Exactement. Si j'étais ton père, tu ne résisterais pas, dit-on.

- Si vous croyez ce qu'on dit. - Oui. Les Maloret sont tous comme ça.

De père en fils.

Plutôt de père en fille, je dirais.

Que fais-tu ? Pourquoi frottes-tu la cuisine ?

- Ton frère vient dimanche. - Il ne mange pas par terre.

Le vétérinaire aime que sa maison soit propre.

"Sa maison" ?

Tu ne l'as pas vendu ?

Pas vraiment vendu, il m'a racheté ma part.

Parce que je lui devais apparemment de l'argent.

Il règle bien ses affaires. Pas comme quelqu’un que je connais.

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