Man of Iron

Man of Iron (Człowiek z żelaza)

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Zveřejněno: 2016-10-31
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L'HOMME DE FER

L'espoir existe, lorsqu'on croit

que la Terre n'est pas un songe, mais un corps vivant.

Et que la vue, le toucher et l'ouïe ne mentent pas.

Et toutes les choses que j'ai connues ici,

sont comme un jardin vu de son entrée.

On ne peut pas y rentrer. Mais il existe, certainement.

Si nous regardions mieux et plus sagement,

nous pourrions voir, dans ce jardin du monde,

quelques nouvelles fleurs, et quelques nouvelles étoiles.

Certains disent que notre œil nous trompe,

et qu'il n'y a rien, juste une illusion.

Mais ce sont ceux qui n'ont pas d'espoir.

Ils pensent qu'en tournant le dos,

le monde entier cessera d'exister,

comme emporté par des mains de voleurs.

- Vous êtes satisfaite? - Je répéterai.

La censure va adorer.

- Peut-être qu'ils ne verront rien. - C'est MHosz!

Ils ont autre chose à faire. Les grèves! Le littoral est paralysé.

Demain on va paralyser ton émission!

- Mr. Winkel, c'est à vous. - Je suis toujours à l'heure.

Mais vous avez 4 femmes sur le dos. Il faut les préparer.

Tu penses qu'ils vont la retirer de l'antenne?

Ils vont la retirer. Et ta peau avec.

Je ne comprends pas.

Notre temps est fini.

Qu'est-ce que ça veut dire?

C'était très bien. Merci, Madame.

Dans un moment le studio sera à nous.

Mesdames, répétons, pour que tout semble naturel.

En tant que répresentantes des organisations féminines,

vous exprimez votre inquiétude concernant ces arrêts de travail.

- L'institutrice passe en premier. - C'est moi.

Parlez des bus et des automobilistes qui font le taxi.

J'ai marché 20 kilomètres.

Je ne comprends pas les chauffeurs d'autobus.

Mon devoir envers les enfants dont les pères font la grève...

- Ce n'est pas dans le texte. - Pardon. Dont les pères...

Du calme. Lisez-le.

Ont arbitrairement cessé le travail, c'est d'être présente a l'école.

Les automobilistes en profitent, en se faisant payer pour la course.

Salauds!

- Maintenant - les bananes. - C'est moi.

Merci pour votre compréhension.

Les bateaux attendent en rade et les bananes pourrissent.

Il s'agit des vitamines! Les enfants sont mal nourris.

- Monsieur le rédacteur, on vous demande. - Quoi?

Je veux ajouter quelque chose.

Nous, vos épouses et mères nous vous lançons un appel:

Retournez au travail.

Merci.

C'est urgent!

- Qu'est-ce qu'il y a? - On vous demande.

- C'est-à-dire? - Dis-lui.

Le chef veut vous voir. Tout de suite.

- Quel chef? - Le grand chef.

Réglez votre note au buffet, avant de sortir.

- Ça va si mal que ça? - Je ne sais pas.

Mundek, fais-le à ma place. Je t'en supplie.

- Qui a téléphoné? - La voiture attend en bas.

- Qui a téléphoné? - Le premier adjoint.

- Mon Dieu! - Peigniez-vous avant.

C'est une Fiat 132 bleu-marine.

Bonne chance.

Avec:

- Mr. Winkel? - Oui. On m'appelle.

- Montez. - J'ai interrompu mon enregistrement.

Excusez-moi, vous savez pourquoi on m'a convoqué?

Non.

Pardon.

J'ai mal à la gorge.

Images:

Un film de:

Attendez ici.

- Salut. - C'est M. Winkel.

- Sers-toi un verre et attends. - Non, merci. Problèmes de foie...

Attends quand même.

Tous les personnages de ce film sont fictifs et présentés

dans un contexte d'événements réels qui ont eu lieu récemment en Pologne.

Des propos réels et des documents s'incrustent dans les dialogues.

Les personnages ne doivent pas être associés à des personnes réelles

qui ont joué un rôle important dans le tournant de l'année 1980.

Salut.

- Tout va bien? - Je suis content.

C'est pour vous. Jetez un œil.

Voici le matériel.

L'argent. Cachez-le.

Signez ici.

N'oubliez pas. Ça reste entre nous.

M. Winkel?

Je suis venu vous chercher. Par là, s'il vous plaît.

Excusez-moi, vous savez...

- Pardon? - Non, rien.

M. Tomczyk, dites-nous comment la grève a commencé.

Le 14 août nous sommes venus au boulot en avance.

Deux autres gars et moi.

Nous nous sommes mis d'accord qu'on commençait le 14.

Nous avions 7 affiches.

Et environ 1500 tracts.

J'en avais 800 avec moi.

Je suis allé à l'atelier et j'ai mis l'affiche à la fenêtre.

J'ai lancé des tracts dans les vestiaires.

J'ai dit aux gars "on y va".

La veille je leur avais demandé s'ils allaient nous rejoindre.

Ils ont dit: "si les autres y vont". Je voulais être sûr.

Ils voulaient nous rejoindre, car Madame Ania a été licenciée.

Il y avait une affiche ici, qui parlait justement de ça.

Quelqu'un l'a arrachée.

"Réintégration d'Anna Walentynowicz, augmentation de 1000 zlotys

allocation de vie chère". C'étaient les 3 postulats.

Et puis les autres gars sont arrivés au boulot.

J'ai dit: on va à la section K-3, c'est là que la grève a commencé.

J'ai dit que les autres avaient commencé, même si je ne le savais pas.

On a rassemblé 20 - 30 personnes. Il fallait encore en encourager 170.

On arrive a K-3. Les gars avaient des supports pour des affiches.

On a collé notre affiche et on s'est rendu à la direction.

Les gens arrivent pour voir ce qui se passe.

Les gars de K-3 avaient effectivement démarré.

Le personnel de la direction vient et demande ce qui se passe.

Et nous on dit: "on va discuter".

Il y avait une grande foule autour de la direction.

Mais on attendait Lech Watçsa.

On a élu le comité de grève. Ça a duré jusqu'à 10h -11h.

La foule grossit. Les gens viennent nous rejoindre.

On fait ensemble encore un tour des chantiers, avec les autres.

Et puis on revient vers le bureau de la direction.

Soudain je vois Lech Waœsa sauter par la grille.

Il n'a pas été au boulot car on l'a licencié.

Il vient vers nous et commence à parler aux ouvriers.

Aucun de nous ne savait bien s'exprimer face aux gens.

Il dit: "J'ai travaillé ici pendant 10 ans. On m'a viré.

Vous me connaissez". Les gens écoutaient.

Ce mec a commencé la grève au chantier naval.

Il s'appelle Maciek Tomczyk.

Un bâtard. Mais avec des origines spécifiques.

- Vous voulez le revoir? - Non, merci.

Son père illégitime aussi faisait la grève il y a 10 ans.

Nous avons affaire a une belle tradition contre-révolutionnaire.

C'est clair? Pourquoi vous me rendez ça?

C'est un outil de base pour votre travail.

Quoi?

Je ne comprends pas.

Quand ça commencera, on tiendra Tomczyk par le cul.

Ça donnera naissance a une légende. Nous on va la démolir.

On le fera justement grâce à votre reportage.

Je ne suis pas reporter.

Pourtant, ils vous ont choisi. Pas mal.

Moi, je n'aurais jamais une telle idée.

Vous savez qui vous a tiré d'affaire en 1971?

Pas vraiment.

- C'était moi. Vous voyez? - Je ne savais pas.

Vous ne me connaissiez pas, mais moi je vous connaissais.

Confirmez la réception de la voiture.

Le comité de grève interdit même la vente d'alcool.

C'est la prohibition.

Mais on va se débrouiller.

Tenez.

- Ça va vous servir. - Merci.

Ils l'interdisent, mais les Polonais ne s'entendent pas quand ils sont sobres.

Varsovie ne se rend pas compte que la situation est si sérieuse.

Ils ne font que des bêtises.

Ici, à Gdansk il manque des gens raisonnables. Que des sensibles!

Ils s'embrasseraient volontiers avec ce comité de grève.

Mais il n'y a qu'une seule règle: Nous ne partageons pas le pouvoir!

Vous savez quoi? C'est une contre-révolution.

Il faut l'appeler comme ça.

On doit entrer sur le chantier on doit y enfoncer un coin.

Mais moi, je ne suis qu'un bonhomme avec un magnétophone.

Vous pouvez faire beaucoup. Je vous connais. Je compte sur vous.

On va les brouiller et les faire sortir dans la rue.

- Vous pensez que... - Je le sais!

On ne joue pas à quitte ou double!

Varsovie doit comprendre qu'il faut enfin agir.

Si on ne fait pas l'ordre ici, ils le feront à notre place.

Qu'est-ce que nous gagnerons?

Et si on prouve à Varsovie que c'est un danger mortel?

Vous avez une idée?

Oui. Il faut mettre la pression à Varsovie.

Faire sortir la racaille dans la rue, comme il y a 10 ans.

- Et s'ils ne sortent pas? - Ils sortiront.

Et si quelqu'un éliminait ce Tomczyk?

Il y aurait une explosion, une confrontation...

Appelez une ambulance!

Et la paix.

Le directeur a souvent ces attaques depuis qu'il a perdu son poste.

J'ai eu peur que...

Vous êtes très courageux. Venir ici, en ce moment...

Je ne comprends pas. Pourquoi?

Vous avez bien vu. C'est dangereux.

Les coups tombent des deux côtés.

Comment ça?

Vous n'aimez pas les ouvriers?

Moi? Non.

Ça va bientôt chauffer ici.

En tout cas, je vous aurai prévenu.

Je vous en prie.

Nous avons une réservation au nom de Winkel.

Votre carte d'identité, SVP.

Chambre 1303.

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