Mary and Max

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Mary And Max 2009 1080p BluRay DDP5 1 x265 10bit-GalaxyRG265
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Inspiré d'une histoire vraie

MARY ET MAX

Bienvenue à Mount Waverley 1er Prix des bourgades pimpantes 1972

AUSTRALIE 1976

Mary Dinkle avait les yeux couleur gadouille

et une tache de vin couleur caca.

On était samedi après-midi. Elle s'ennuyait.

Mary aussi aimerait avoir un ami pour jouer au dada.

Sa bague magique, cadeau d'un paquet de céréales, était grise.

D'après le tableau,

ça signifiait qu'elle était songeuse,

inconsciemment ambitieuse

ou affamée.

Ses seuls amis étaient les Noblet, de son dessin animé préféré.

Pas les vrais du commerce

mais des faux, qu'elle avait fabriqués avec des coquillages,

des noix d'eucalyptus, des pompons

et les os du poulet qu'on commandait le vendredi soir.

Elle fabriquait ses jouets.

Ses préférés étaient les "Ratatines",

des paquets de chips qu'elle avait ratatinés au four.

Le père de Mary, Noel Norman Dinkle,

travaillait à l'usine. Il fixait le cordon aux sachets de thé.

Mary avait dit à sa classe

qu'on lui donnait autant de sachets de thé qu'il voulait.

Son préféré, c'était Earl Grey.

Elle adorait dire "Earl Grey"

et aimerait, un jour,

épouser un homme nommé Earl Grey.

Dans un château en Écosse,

ils auraient neuf bébés, deux canards

et un chien appelé Kevin.

Noel aimait se détendre dans sa remise, boire du Baileys

et empailler des oiseaux accidentés.

Mary aurait voulu qu'il lui consacre plus de temps

et moins à ses amis morts.

Elle aurait aussi voulu avoir des frères et soeurs.

Sa mère lui avait dit qu'elle était "un accident".

Comment peut-on être un accident ?

Selon Grand-Poupa Ralph, on n'avait pas les bébés par hasard.

Les papas les trouvaient dans leur chope de bière.

Il sentait l'oignon au vinaigre

et avait été membre des Brise-Glace Frankston

pendant 51 ans.

Ils nageaient en hiver pour se sentir vivants.

Grand-Poupa Ralph disait que le froid durcissait ses tétons.

Il était mort l'année précédente, à 74 ans.

Son meilleur ami, Ken, avait dit un poème en son honneur.

"Né dans une grange sur les collines de Boronia,

Ralph eut une longue vie et d'une pneumonie, décéda."

Mary le regrettait

et se demandait pourquoi il avait cédé des pneus à Monie.

Beaucoup de choses l'intriguaient.

Surtout sa mère, Vera Lorraine Dinkle.

Mary avait toujours l'impression que Vera chancelait.

Vera aimait écouter les matchs de cricket en pâtissant.

Son ingrédient principal était toujours le sherry.

Elle avait dit à Mary que c'était un thé pour adultes

qui devait être testé en permanence.

Mary trouvait que sa mère testait le sherry

beaucoup trop souvent.

Mary ne comprenait pas non plus pourquoi sa mère "empruntait" tant.

Hier, elle avait emprunté des bâtonnets de poisson, allée 6.

Selon elle, tout glisser sous sa robe économisait des sacs en plastique.

Vera était décidément

une âme complexe.

Mary cessa de rêvasser

et mit son poulet de compagnie à l'abri.

Son père avait trouvé ce poulet sur l'autoroute.

Il était tombé d'un camion d'abattoir.

Elle le prénomma...

Ethel.

C'était l'heure des Noblet.

Elle adorait les Noblet

car ils étaient tous marron,

vivaient dans une théière et avaient une tripotée d'amis.

Rien de meilleur, se disait Mary,

que l'odeur d'un poulet mouillé,

le clapotis de la pluie sur le toit

et le goût du lait concentré sucré

qu'on mange dans la boîte en regardant son dessin animé préféré.

Pendant ce temps, à New York...

Câlins : 50 cents

Pendant ce temps, un certain Max Horowitz

regardait aussi les Noblet.

La petite télévision de Max avait l'image,

mais pas le son.

Sa grande télévision le son, mais pas l'image.

Il avait 44 ans et aimait les Noblet

parce qu'ils vivaient dans une structure sociale bien définie,

stable et conformiste,

et aussi parce qu'ils avaient une tripotée d'amis.

Max avait du mal à dormir.

Il avait passé la nuit devant la télé

à attraper de la nourriture pour poissons.

Il se dit que c'était sa 6e mouche, ce soir-là.

Devait-il aller au lit compter les moutons ou...

manger un dernier hot-dog au chocolat ?

Il essaya les deux.

Sans succès.

Cela faisait 6 heures et 12 minutes que Henry VIII avait rendu l'âme.

La mort de Henry avait chamboulé la vie de Max.

Elle avait perdu toute symétrie.

Plus tôt il aurait un nouveau poisson, mieux ce serait.

Demain, il irait chez le marchand acheter un nouveau Henry.

Henry IX.

PARTI DÉJEUNER

Jour de shopping. Mary attendait patiemment que sa mère

"emprunte" quelques enveloppes.

Pour passer le temps, elle comptait les objets marron.

Le ruban adhésif, les élastiques,

et un bottin avec la photo

d'une dame debout sur un lac marron, la main en feu.

Les gens ont des noms bizarres en Amérique,

se dit Mary Daisy Dinkle.

De drôles de noms comme Rockefeller et Finklestein.

Elle se demanda à quoi ils ressemblaient,

quel âge ils avaient,

s'ils étaient mariés, portaient des lunettes

ou avaient trouvé des bébés dans leur bière.

Peut-être qu'en Amérique, on les trouvait ailleurs.

Ils buvaient beaucoup de cola.

Et si les bébés sortaient des canettes ?

Mais non...

ils ne passeraient pas par le trou.

Mary eut une idée.

Elle allait écrire à un Américain pour lui demander

d'où venaient les bébés.

Elle choisit un certain M. Horowitz.

Cher monsieur M. Horowitz,

je m'appelle Mary

Daisy Dinkle

et j'ai huit ans,

trois mois et neuf jours.

Ma couleur préférée est le marron

et ma nourriture préférée est le lait concentré sucré,

suivi de près par le chocolat.

J'ai un poulet appelé Ethel

qui ressemble à ça.

Il ne pond pas d'oeufs, mais ça viendra.

Ma mère aime fumer, le cricket et le sherry

et mon père aime jouer dans sa remise avec des oiseaux morts.

D'où viennent les bébés, en Amérique ?

Des canettes de cola ?

En Australie, on les trouve dans les chopes de bière.

Voici un dessin de moi.

Je rate toujours les oreilles, mais je réussis bien les dents.

Ce serait génial que tu me répondes et qu'on soit amis.

Amicaleusement, Mary Daisy Dinkle.

P.S.

J'espère que tu aimeras la barre de chocolat que j'envoie.

C'est un Cherry Ripe.

Au revoir, lettre ! N'oublie pas de répondre.

Max détestait le jeudi,

jour de sa réunion aux Hyperphages Anonymes.

Ce soir-là, il s'était senti particulièrement mal à l'aise

parce qu'il avait mangé deux hot-dogs au chocolat en chemin.

LE CHOCOLAT N'EST PAS UN GROUPE ALIMENTAIRE

Manger du chocolat était interdit.

DIEU DÉTESTE LES GROS

La soirée avait été d'autant plus insupportable

que Marjorie Butterworth lui lançait d'étranges oeillades.

Max comprenait mal les signaux non verbaux.

Le flirt lui était aussi étranger que le jogging.

Il trouvait la plupart des gens très déroutants.

Il était loin d'imaginer

que sa soirée allait devenir encore plus déroutante et énigmatique.

Il lut la lettre de Mary quatre fois.

Puis, il fit ce qu'il faisait toujours

face à un événement inhabituel et oppressant.

La fragile existence de Max

était, une fois de plus, déstabilisée.

Après être resté à la fenêtre 18 heures d'affilée,

il prit enfin une décision.

Chère Mary Daisy Dinkle,

merci pour la lettre.

Je l'ai ouverte et lue à 21 h 17,

après mon cours aux Hyperphages Anonymes.

J'essaie de maigrir

parce que mon psychiatre, le Dr Bernard Hazelhof,

préconise "un esprit sain dans un corps sain".

Il dit que mon esprit n'est pas très sain.

Ton dessin

est une représentation visuelle intéressante de toi-même.

Je n'ai jamais rencontré d'Australien.

Tout d'abord, je vais répondre à ta question.

Malheureusement, en Amérique,

les bébés ne sortent pas des canettes de cola.

J'ai demandé à ma mère, à 4 ans.

Elle a dit qu'ils sortaient

d'oeufs pondus par des rabbins.

Si on n'est pas juif,

pondus par des nonnes catholiques.

Si on est athée,

pondus par de misérables prostituées.

C'est de là que viennent les bébés en Amérique.

Je vis avec un poisson,

des escargots

à qui j'ai donné le nom de célèbres physiciens,

une perruche

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