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Réveille-toi, mon enfant.
Ah les jeunes, aujourd'hui...
Ça sort toute la nuit et ça dort toute la journée.
Réveille-toi.
Tu dois voir ton patron, non ? Tu vas être en retard.
Je me demande bien
ce que tu feras quand je serai morte.
Avec cette attitude, tu ne garderas pas ton travail.
Grand-mère, je te l'ai dit, je ne veux pas enseigner.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Il faut que tu prennes ta vie en main.
Bonjour !
Oui ?
Je peux vous aider ?
Je suis l'instituteur qui vient de Gedu.
Je dois voir la secrétaire aujourd'hui.
Je la préviens.
Nous avons plus d'un millier d'enseignants.
Mais vous êtes le moins motivé de tous.
Ne vous fâchez pas.
Vous avez fait quatre des cinq années de service obligatoire.
Voulez-vous toujours servir l'État ?
Madame, au fil du temps,
je me suis rendu compte que ce n'est peut-être pas ma vocation.
Ça suffit !
Les gens comme vous, je les connais.
Vous avez conscience
que vous n'avez pas rempli votre contrat ?
Il vous reste encore une année.
Madame, c'est écrit "Lunana".
Oui, Lunana.
Vous ne vous plaisez pas à Gedu.
L'école de Lunana cherche un instituteur.
C'est l'idéal pour vous, non ?
Allez-y.
Mais Lunana, c'est à Gasa, non ?
L'école de Lunana est la plus reculée du Bhoutan,
et probablement du monde entier.
Le bonheur national brut recherché par l'État
réclame que nous assurions l'éducation de chaque enfant,
qu'il habite en ville ou dans le village le plus reculé.
Madame,
je ne pense pas en être capable.
Et en plus, j'ai le mal d'altitude.
Le mal d'altitude ?
Vous êtes bhoutanais !
C'est pas l'altitude, le problème, c'est votre attitude !
Arrêtez de vous trouver des excuses et allez-y.
En raison de l'isolement et du froid,
l'école ferme au début de l'hiver.
Assurez vos cours, vous reviendrez après.
- Ça doit pas être si atroce. - Han ?
Ça doit pas être si atroce.
Il paraît que c'est magnifique, là-haut.
À Lunana ?
Tu sais comment c'est ? Ils n'ont même pas l'électricité.
Et c'est à huit jours de marche.
Pourquoi tu tiens à aller en Australie ?
Tu as un bon boulot.
Et tu veux y renoncer ?
Je veux accomplir des choses, mon pote.
Comme quoi ?
Tu lâcherais un poste de fonctionnaire pour être chanteur à l'étranger ?
C'est pas difficile d'avoir un visa ?
C'est réglé.
Je dois le recevoir et le renvoyer d'ici 3 mois.
Et ta grand-mère ? Tu vas la laisser toute seule ?
Mesdames et messieurs !
Mon grand ami Ugyen voudrait vous chanter une chanson.
T'inquiète pas pour ma grand-mère.
Ugyen !
Ramène-toi !
Ça va aller.
Vous allez bien ?
Au fait, mon visa pour l'Australie...
je te le donnerai
avant de partir à Lunana.
Tu pourras le faire suivre à l'ambassade de Delhi ?
Ne t'en fais pas, je m'en occuperai.
J'apporte à manger.
- Bonjour, grand-mère. - Tiens, c'est Tandin.
Tes parents vont bien ?
Oui, tout le monde va bien.
Tu as maigri, non ?
Oui, un peu. J'essaie de garder la forme.
Dans le temps, un bon parti, c'était un homme grand et fort.
Aujourd'hui, elles les préfèrent maigrichons.
Ugyen, tu voulais dire quoi, ce matin ?
Ugyen, je te parle.
Grand-mère, je te l'ai dit.
Je ne veux pas travailler pour l'État.
Qu'est-ce que tu racontes ?
N'importe qui d'autre serait fier, mais toi, tu veux démissionner ?
Tu as perdu tes parents très jeune.
Tu as fini tes études
et tu as un bon travail.
Je te pensais à l'abri.
Tu pars à l'étranger, c'est ça ?
J'ai vu ta candidature.
On n'est plus que tous les deux.
Pourquoi tu veux quitter la maison ?
Le ministère veut m'envoyer à Lunana.
Tu sais où c'est, au moins ?
Tu sais comment c'est ?
Peu importe où ils t'envoient, tu dois y aller.
Enfin, fais ce que tu veux.
Tandin, porte-toi bien.
Il te faut de bonnes chaussures pour grimper.
La semelle est épaisse.
Et elles sont imperméables.
Pas mal, hein ?
Oui, elles sont imperméables.
Le Gore-Tex, vous connaissez ?
C'en est.
- Vous êtes sûre ? - Absolument.
À 200 % ! Si vous me croyez pas, demandez à Brad Pitt et Leonardo.
C'est ce qu'ils portent.
On capte jusqu'à Gasa.
Je t'appellerai d'ici là.
Après, je ne pourrai plus te joindre.
Je sais tout ça.
Et puis, ce n'est que pour quelques mois.
L'année prochaine,
on ira sur cette plage... comment elle s'appelle, déjà ?
La plage de Bondi !
Comme dans l'émission de télé réalité.
Bon, grand-mère...
T'en fais pas pour moi.
Tashi.
Bon voyage.
Tiens, une noix d'arec.
J'en mange pas, c'est dégueulasse.
Ça t'aidera à lutter contre le froid.
Prends.
À bientôt.
Gasa ! On est arrivés à Gasa !
Bonsoir.
- Vous êtes Ugyen Dorji ? - Oui. Et vous ?
Michen. Je viens de Lunana.
Le chef du village m'envoie vous accueillir.
Il sait qui je suis ?
Évidemment.
Vous savez, tout le village vous attend avec impatience.
Dites-moi si je peux faire quelque chose pour vous.
Je prends votre sac.
Donnez-moi ses bagages.
On va passer la nuit ici.
Demain matin, on partira pour Lunana de bonne heure.
Allons à l'intérieur. Je nous ai commandé à dîner.
Merci.
Votre repas.
C'est comme ça à Gasa.
Les coupures d'électricité
sont fréquentes et imprévisibles.
Vous êtes un pro du portable.
Prenez une noix d'arec.
Vous n'êtes pas amateur ?
Non, vraiment pas.
Je vous présente Zam, Maja et Kasha.
Et mon ami Singye.
- Bonjour, monsieur. - Bonjour.
Lui aussi vient de Lunana.
Je suis désolé
pour le retard.
Le chef du village voulait qu'on fasse des provisions
pour que vous ne manquiez de rien pendant votre séjour à Lunana.
Des provisions ? Vous avez acheté quoi ?
Du lait en poudre,
du sucre et des produits de toilette.
Il paraît que les citadins ne peuvent pas se passer
de papier toilette.
Alors, on s'inquiétait pour vous.
Nous, on se contente de feuilles d'arbre.
La montée est pénible ?
Ça sera facile.
Six jours de promenade le long de la rivière.
Après, il y a une petite côte.
Une fois arrivés en haut, c'est une jolie balade.
Vous aurez envie que ça ne s'arrête jamais.
Allons-y.
Oui ?
Vous avez dit que ce serait une balade au bord de la rivière.
C'est le cas.
Mais...
ça fait plus de trois heures qu'on grimpe.
C'est bientôt fini.
C'est facile.
D'accord.
C'est quoi, ça ?
Vous avez dit qu'il y aurait une descente.
Ça n'a fait que grimper.
La descente commencera un peu plus loin.
Vous répétez tout le temps la même chose.
Si on vous avait dit que le chemin montait tout du long,
ça vous aurait découragé et semblé plus difficile.
Vous êtes de sacrés baratineurs !
Vous m'avez dit que ça allait redescendre.
J'ai beau me donner à fond,
y a jamais de descente !
Ne vous fâchez pas.
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