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UN FILM DE HARK BOHM RÉALISÉ PAR FATIH AKIN
Doucement.
Ils larguent juste un peu de lest.
Oh…
Doucement…
Allez, on s’y remet.
Tu auras du beurre demain.
Merci.
Salut, Kröger.
Bonjour, Tessa.
Bonjour.
C’est eux ?
Les premiers.
Il en arrive encore un millier, de Silésie et de Prusse-Orientale.
Où vont-ils loger ?
Dans les hôtels vides.
Deux pour chacun de nous.
Qu’est-ce que tu veux faire ?
Les Russes sont à 50 km de Berlin.
Au moins, ça mettra fin à la foutue guerre d’Hitler.
Ils parlent allemand ?
Ils sont Allemands.
Bonjour.
Bonjour…
Le lait, maintenant !
Tu as peur ?
N’y touche pas.
Bonjour, Maman.
Bonjour, tante Ena.
Tu as bien travaillé ?
J’ai laissé le lait des petits sur la table.
Que ferait-on sans toi, mon fils ?
Demain, j’aurai du beurre.
Du vrai beurre ?
Oui.
Si seulement on avait aussi du pain blanc et du miel…
- Maman ? - Oui ?
Hermann peut aller au salon ?
Pourquoi ?
Pour emprunter un livre.
- Lequel ? - Moby Dick.
S’il ne l’abîme pas.
Va le chercher.
Grand-père Arjan dit toujours :
"Bois beaucoup, tu seras bien ivre. Lis beaucoup, tu seras bien instruit."
Trahison biologique.
C’est mon père qui a écrit ça.
C’est lui ?
TRAHISON BIOLOGIQUE FAITS PASSÉS, PRÉVENTION FUTURE
- Ton père a tout écrit ? - Oui.
"Les Hageners" 500 ans d’histoire familiale"
- C’était notre maison. - À Hambourg ?
Elle a brûlé pendant les bombardements.
Tu y étais ?
Non, on était en route pour Amrum.
Voilà celui que tu voulais.
Il s’appelle Hermann, comme moi.
Hermann.
Pas d’oreilles d’âne.
Il faut ramasser plus de bois flotté, Nanning.
D’accord.
Papa va rentrer, maintenant ?
- Pourquoi tu dis ça ? - Parce que la guerre est presque finie.
Qui t’a dit ça ?
Je l’ai entendu.
- De qui ? - Tout le monde le dit.
C’est Hermann qui t’a dit ça ?
Non.
Grand-père Arjan l’a peut-être dit à Hermann.
Ce n’était pas Hermann.
J’ai vu les réfugiés arriver avec Kröger.
Alors, c’est Kröger qui l’a dit ?
Non.
Un des réfugiés ?
Non.
Alors, qui ?
- Laisse-le tranquille. - Mêle-toi de tes affaires.
Alors, qui a dit que la guerre serait bientôt finie ?
Celui qui dit ça poignarde nos soldats dans le dos.
Tu sais pourquoi ?
Nos soldats se battent pour la patrie.
Pour nous.
Beaucoup y laissent la vie.
Ou un bras, comme Tewe, le boulanger.
Et maintenant, on dit que tout est perdu, que tout ça ne servait à rien ?
C’est ce que tu veux ?
Non.
Ces traîtres doivent être sévèrement punis.
Pour que les autres y réfléchissent à deux fois.
Hille ?
Tu comprends ?
Oui.
Alors…
ce n’était pas Kröger, ni les réfugiés…
Hille ! Ça suffit.
C’était Tessa.
Cette grande gueule de Tessa. La rapporteuse…
Va dire au chef de groupe Schneider ce que Tessa a raconté.
Laisse le garçon en dehors de ça.
- Il doit apprendre son devoir. - Nanning…
Tu restes ici et tu fais tes devoirs.
Et toi, tu vas te coucher, te reposer.
- Hille ! - Lâche-moi.
Assieds-toi d’abord.
Traîtres.
Pardon, Hille. Je ne voulais pas te gifler.
Salut, le continental !
Salut, Sam Gangsters !
Qu’est-ce que tu fais dans la prairie en pleine nuit ?
Je cherche des ennemis.
Et si t’en trouves ?
Tu sais qui t’a donné ce couteau en dent de baleine ?
Quoi ?
Le couteau. Qui te l’a donné ?
Oncle Theo.
Dégage, l’école est pleine.
C’est pour les Amrumers, pas les Polacks.
Bande de trouillards qui se chient dessus.
Toi non plus, t’es pas un Amrumer. Va avec eux.
Quoi… ? Je suis autant Amrumer que toi.
Et tu viens d’où ?
- Ça te regarde pas. - De Hambourg !
Et ton père ?
Hambourg !
Tu parles même pas l’öömrang. Reste avec les Polacks.
Richard est un crétin.
Il n’y connaît rien.
Viens, on rentre.
Ce n’est pas l’endroit où tu es né qui compte, mais d’où tu viens.
Ta lignée.
Voilà mes parents.
Ils se sont mariés à New York.
Ton oncle Onno est né là-bas,
et il vit maintenant à Föhr.
Mais c’est un Amrumer.
Regarde ces voitures.
C’est là que je suis né. Sur ce bateau.
En rentrant vers Amrum.
Oui, tu es né à Hambourg,
mais par moi, ton sang amrumer remonte à neuf générations.
Tu viens d’une famille de baleiniers.
On est dans la maison de tes ancêtres. Comment pourrais-tu ne pas être Amrumer ?
Qui sont ces gens ?
Oncle Theo.
Celui qui m’a donné le couteau ?
Je te l’ai dit ?
Sam Gangsters.
Reste loin de lui.
Et la femme, c’est qui ?
Maman.
Maman arrive, mon cœur.
Repose ça.
Salut, mon cœur.
- Maman. - Oui, bébé.
On va à la cuisine.
Je suis Amrumer depuis neuf générations !
Et alors ?
On y va.
Allez.
Voilà , pousse !
Tu en auras plus si tu y arrives.
Pousse !
Heil Hitler.
Madame Bendixen, vous avez sapé le moral des troupes devant deux jeunes Hitlerjugend.
Ils sont membres des Jeunesses hitlériennes ?
Le fils Hagener, oui.
Vous devriez le savoir.
Vous connaissez la peine pour ce délit ?
Non.
Vous vous croyez intouchable
parce que j’ai besoin de vos pommes de terre.
Mais les réfugiés sont aussi agriculteurs.
Je vous remplacerai.
Et vous passerez en justice. C’est acté.
Bonne journée.
Nanning ?
Prends tes affaires.
Et dégage.
Je veux pas de rats chez moi.
Va-t’en !
Tel père, tel fils !
Pas de beurre ?
Tessa t’a renvoyé.
Va chercher de l’eau, s’il te plaît.
Des canons, pas du beurre.
On tartine pas des canons.
Tessa n’est pas la seule ferme d’Amrum.
Personne ne veut plus de ton fils.
Il reste des fermiers respectables.
Mais ils ne veulent pas d’un mouchard.
On annonce du QG du Führer…
Monte le son.
Cet après-midi, notre Führer, Adolf Hitler,
au poste de commandement de la chancellerie,
a combattu le bolchévisme jusqu’à son dernier souffle,
et est tombé pour l’Allemagne.
Le 30 avril, le Führer…
Je te tiens.
Hille, viens.
- Nanning ! - Le bébé arrive, vite !
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