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UN DOCUMENTAIRE NETFLIX
Dans la vie,
aider les gens m'a toujours procuré du bonheur.
J'ai donc pensé que ce serait une bonne idée
de devenir infirmier.
J'ai commencé par travailler de nuit.
J'étais…
complètement bouleversé.
J'avais l'impression
de ne pas pouvoir regarder
les gens souffrir.
Parfois, la seule chose que je pouvais faire…
c'était mettre fin à leur souffrance.
C'était plus fort que moi.
Flash info du New Jersey.
Toute la ville est sous le choc.
Un infirmier tuait des patients dans un hôpital
du comté de Somerset.
Il pourrait être le tueur en série le plus prolifique de l'histoire du pays.
MARS 2003
J'étais mère célibataire
et j'ai commencé à travailler à Somerset comme infirmière en soins intensifs.
Je déposais mes deux filles à l'école
et je roulais jusque dans le New Jersey.
C'était une jolie petite ville.
L'hôpital était au cœur de la communauté.
J'étais jeune. J'avais de l'énergie. Peut-être même un peu trop.
Une des infirmières en chef m'avait interdit de boire du café.
Amy était super.
J'aimais beaucoup quand on travaillait ensemble.
J'adorais les soins intensifs.
J'aimais cette sensation d'être là pour protéger ces patients.
Et de faire mon maximum pour m'assurer qu'ils aillent bien.
On côtoie la mort.
On fait véritablement face au danger.
C'est très difficile.
On devait compter les uns sur les autres.
Et Charlie était le collègue dont tout le monde rêve.
J'adorais travailler avec lui.
C'était un excellent infirmier.
Et il savait toujours quoi dire pour me faire rire.
On travaillait souvent ensemble, tous les trois.
On était "les trois mousquetaires".
C'était une bonne équipe.
Charlie.
CHARLES INFIRMIER
AIME LA TECHNOLOGIE… ENTRE AUTRES
"Un sentiment de communauté et les technologies les plus avancées."
Quand ça a été publié, je l'ai surnommé "l'égérie de Somerset".
Et c'était le cas.
Tout le monde a vu ce prospectus.
Tout le monde associait le centre médical de Somerset
à Charles Cullen.
Il a ce petit sourire en coin.
Et on voit sur cette image
qu'il est fier qu'on le prenne en photo
et qu'on lui demande son avis.
J'ai toujours eu l'impression
qu'il avait été harcelé.
C'est l'impression qu'il me donnait.
J'ai toujours eu envie de le protéger.
Mon frère, Florian, a toujours voulu être prêtre.
Je crois que les gens le trouvaient réservé.
Mais quand il s'agissait de choses qui lui tenaient à cœur,
il était très passionné.
C'était mon frère, mais aussi mon ami.
Un jour, il m'a appelée vers 2 heures du matin.
Il m'a dit : "J'ai du mal à respirer."
Et moi : "D'accord, je te retrouve à l'hôpital."
Il allait à Somerset.
Le médecin des urgences l'a vu.
Mais il était très, très essoufflé.
Ils ont dit qu'ils devaient l'intuber.
Je me souviens du révérend Gall
parce qu'il est resté un moment.
Et sa sœur
était toujours à son chevet.
Le médecin a dit :
"Il a tenu cette nuit.
"Laissons-lui du temps. Nous sommes optimistes.
"Il semble aller mieux.
"Son état est stable."
Je me souviens avoir dit : "Florian, je m'en vais."
Et il a eu un petit sursaut.
Comme s'il m'avait entendue.
L'état du révérend s'améliorait.
Il avait été transféré
du service des soins intensifs
à celui de cardiologie.
J'ai été choquée d'apprendre
qu'il avait fait un arrêt cardiaque,
parce qu'il allait beaucoup mieux.
CENTRE ANTIPOISON
Merci d'avoir appelé le centre antipoison du New Jersey.
Restez en ligne. Un spécialiste va vous répondre.
En quoi puis-je vous aider ?
J'appelle du centre médical de Somerset.
On se pose des questions sur une toxicité chez un patient.
On a reçu un appel, au centre antipoison, d'une infirmière, au sujet de la digoxine.
DIGOXINE
Elle est utilisée pour soigner l'insuffisance cardiaque.
Elle renforce les contractions.
Elle les rend plus fortes.
Mais à mesure que la dose augmente, votre rythme cardiaque ralentit.
Et vous mourez.
L'infirmière avait un patient
qui n'avait pas pris de digoxine depuis deux jours,
mais dont le taux continuait de monter.
Je lui ai dit que ce n'était pas normal.
C'était le 16.
Le 28, dans le même service, on a eu une autre toxicité.
- Le même service ? - Oui.
Je pense à une erreur de labo.
Il est décédé.
Je lui ai dit : "Autre chose d'étrange ?
"Des patients souffrant d'hypoglycémie peut-être ?"
Nous avons en effet eu deux patients
qui en ont fait , de façon inattendue.
On a commencé à paniquer.
C'est entre vos mains.
Vous devez avertir la police.
DEUX JOURS PLUS TARD
Au centre médical de Somerset, la sécurité passe avant tout.
Je peux avoir Nancy ?
Je voulais savoir ce que vous aviez décidé de faire.
La direction a décidé de s'en occuper.
Ils ont appelé nos avocats.
Et ils m'ont demandé de n'en parler à personne de l'extérieur pour l'instant.
Vous ignorez s'ils ont contacté les autorités ?
Oui, je l'ignore.
Et j'en ai peut-être déjà trop dit.
Et après, silence radio. On n'a plus eu de nouvelles.
TROIS MOIS PLUS TARD
Le vendredi 3 octobre,
j'ai reçu un appel du procureur du comté de Somerset
au sujet d'un décès survenu au centre médical de Somerset.
Mon inspecteur d'astreinte
était Danny Baldwin.
Il venait d'arriver dans notre service.
J'ai stressé, car j'étais nouveau.
Je voulais faire du bon travail pour montrer que j'étais à ma place.
On n'a pas été invités à une réunion. On nous a ordonné d'y aller.
Il y avait de l'électricité dans l'air.
J'étais en présence de membres haut placés de l'hôpital.
Les administrateurs et leurs avocats
s'étaient penchés sur le décès de plusieurs patients.
Mary Lund, la gestionnaire des risques,
était notre interlocutrice au sein de l'hôpital pour cette affaire.
Le centre hospitalier avait mené une enquête interne
autour d'incidents impliquant des patients de l'établissement
dont les analyses étaient anormales.
ANALYSES ANORMALES
Les deux premiers étaient des taux de glucose faibles.
HYPOGLYCÉMIE
Les deux suivants étaient des taux de digoxine élevés.
DIGOXINE STÉROÏDE CARDIOTONIQUE TOXIQUE
FLORIAN GALL - DÉCÉDÉ
Nous avons demandé à voir les conclusions de leur enquête.
PREMIER JOUR D'ENQUÊTE
Le lendemain, on a reçu le rapport d'enquête de Mary Lund.
Je m'attendais à un gros dossier.
C'était un document écrit par un avocat.
C'était très succinct.
Ils n'avaient découvert
aucune activité suspecte.
Ils citaient un infirmier diplômé : Charles Cullen.
Mais ils avaient écarté la piste d'actes criminels.
Il était inutile de prévenir les autorités.
On a tout de même procédé à une vérification de routine.
Il avait été arrêté deux fois.
Pour conduite en état d'ivresse dans les années 80
et violation de propriété.
DEUX ARRESTATIONS TROUVÉES
J'ai contacté la police de Palmer
pour essayer d'obtenir un peu plus d'informations.
Pendant que j'étais au téléphone, j'entendais mon interlocuteur
fouiller dans ses classeurs.
Et apparemment, sur le dossier
était collé un post-it.
Il était écrit dessus que quelques mois plus tôt,
la police de Pennsylvanie avait demandé
les mêmes renseignements que moi
sur Cullen.
Il y avait le nom et le numéro d'un policier de Pennsylvanie.
J'ai contacté l'agent Egan de la police de Pennsylvanie.
Il m'a informé qu'il enquêtait sur Charles Cullen
pour un problème de stock de médicaments au Saint Luke's Hospital.
Dans notre métier, on apprend que rien n'arrive jamais par hasard.
S'il n'y avait pas eu ce post-it,
cette affaire n'aurait jamais éclaté comme ça.
Cullen était peut-être impliqué…
et il s'occupait toujours de patients.
On devait faire vite.
Cullen est devenu l'objet principal de notre enquête.
Avec Danny, on a rencontré
des gens qui lui étaient proches.
On a interrogé des membres de sa famille.
On a appris que Charles Cullen était un homme intelligent.
Un père aimant qui s'occupait de ses enfants.
Même s'ils ignoraient la nature de notre enquête,
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