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Merci, Fragancia. Merci d'être venue. Tu dois m'aider.
Je ne suis pas là pour t'aider. Je veux savoir ce que tu as fait à mon frère.
Mon ange.
Ma sœur, Fragancia…
Ne t'en fais pas pour moi.
Je vais bien, ici.
Les nuits sont tranquilles.
Si je suis sur mon dos, je devine les étoiles.
Comme un mirage lointain dans un monde différent.
Un monde très loin d'ici.
C'est l'heure.
Dites-moi ce qui s'est passé.
Vous êtes allée chez M. Persson à minuit pour voir Richard Persson.
Pourquoi ?
Nous avons le temps.
Vous ne me croiriez pas.
Pardon ?
Si je vous le dis, je veux que vous me croyiez.
Nous vous accusons d'un crime très grave, Fragancia.
- Peu importe mon opinion. - C'est tout ce qui compte.
Bien sûr… Je vous crois.
Dites-moi tout. Depuis le début.
Mon père, Fernández Fernández, a toujours voulu un fils.
Un vrai taureau.
El toro.
Mais c'est M. Fernández, de l'entrepôt.
Apparemment, tout le monde attend un petit ce soir.
Non, pas petit. Il n'y a rien de plus grand.
Qu'allez-vous avoir ? Un garçon ou une fille ?
Ce sera un toro. Enfin, un garçon, mon fils aîné.
- Et vous, M. Persson ? - Vous voyez le rideau, là ?
C'est de là que sortira le meilleur joueur de hockey du monde.
Croyez-moi.
Félicitations, messieurs. Un chacun.
- Attention. - C'est un vrai taureau.
- Il doit y avoir une erreur. - Non, pas d'erreur.
Cette platitude s'estompera.
Mais pas ça, en Europe, on appelle ça "une fille".
Désolée, on a dû se tromper.
Non, c'est parfait.
Fernández, c'est vrai. J'ai eu une fille.
- Une fille ? - La fille est à nous.
Donnez. Sale voleur d'enfant.
Occupez-vous de lui.
- Docteur ! - Il a glissé…
- Occupez-vous de votre fils. - Il m'a glissé entre les mains…
Mais Richard Persson survécut à la chute.
Oui. Les docteurs le sauvèrent avec une plaque métallique dans la tête.
Mais il fut toujours différent.
Depuis ce jour-là, on avait comme un lien.
Tu vas nous tuer avec toutes ces expériences.
Tu dois y croire pour arriver à quelque chose.
Ne l'oublie jamais, Fragancia.
Dis-moi une seule personne qui a été près de réussir.
- August Strindberg, à Paris. - C'était l'or des fous.
Glenn Seaborg a transmuté du plomb en or en un essai.
Et bientôt, ou pourra ajouter un autre nom à cette liste.
Fernández Fernández.
J'y suis presque, je le sens.
L'homme ne devrait pas tout savoir, c'est contre nature.
Contre nature ?
Que savons-nous des lois de la nature, Marianne ?
Je me souviens de mes nuits, enfant.
Ces nuits magiques.
Toutes les lois de la nature n'existaient pas.
Il n'y avait pas de distances.
Il suffisait de tendre la main
et on pouvait décrocher une étoile du firmament et la garder.
Comme on cueille un citron d'un citronnier en plein jour.
Ces imbéciles de l'entrepôt ont reçu des chaussures de la taille 46.
- On les vendra. - Qu'est-ce que tu en sais ?
Solvigg !
Pourquoi je paye tous ces gens ?
M. Persson exigeait beaucoup des gens, surtout de son fils.
Ce n'est plus comme avant.
Il ne devait pas être que le meilleur joueur de hockey.
Il devait diriger la fabrique de chaussures, qui était un héritage.
CHAUSSURES PERSSON CONFORT ET QUALITÉ
Bonjour.
À l'époque, mon père travaillait à l'usine.
Mais il rêvait d'être scientifique.
Pour lui, c'était une question de temps, qu'il devienne le premier homme
à produire chimiquement de l'or.
CENTRE SPORTIF
- Bonjour ! - M. Persson !
- Je veux inscrire mon fils. - Bien sûr !
Vous devrez attendre.
- La neige tiendra cette année ? - Je ne sais pas.
Sans neige artificielle, on devra s'adapter au temps.
Je m'en occuperai. Faites de mon fils le meilleur joueur de hockey de la région
et je ferai installer une patinoire.
- Une patinoire, ici ? - Oui.
- Comme ça… - Il faut manger avant de patiner.
…sinon, tu t'envoleras.
Les nouveaux peuvent essayer, en faisant attention.
Attendez ! Il y en a une autre.
Où est son équipement ?
Elle porte des patins.
Allez ! Debout ! Ça va ?
- Bon travail, Fragancia ! - Faites le tour !
Bravo, Fragancia !
- Bravo, Fragancia ! - Relève-toi.
Bon travail !
- Il faut être prudent. - C'est quoi, ça ?
- Ça va ? - Ça ne va pas du tout !
- Tu as mal à la tête ? - Il ne faut pas laisser jouer les filles.
Ce qu'on ne savait pas, c'est que ça annonçait d'autres crises.
Richard allait devoir apprendre à vivre avec.
Je vois que Richard Persson apparaît plus tard
dans le rapport sur la disparition de votre frère.
Vous m'en parlez ?
On en reparlera.
Vous aviez quel âge quand votre frère est né ?
Presque sept ans.
Cette fois, ils ont eu un vrai taureau.
Non, ils ont eu bien mieux.
Un syndrome ?
- Qu'est-ce que c'est ? - Ton frère est très spécial.
- Tu devras nous aider avec lui. - Je promets de le faire.
- Comment s'appellera-t-il ? - Il s'appellera Jesús.
Jesús.
Cette voix, qui résonne dans les placards
et qui fait rage dans les courants des rapides,
voyageait depuis cent millions d'années.
C'est cette voix qui m'a dit que je n'avais rien à craindre.
Je savais que j'avais trouvé ma place.
Mais je savais aussi que ce n'était pas mon heure.
De temps en temps, ça arrive sur Terre.
Un enfant naît avec un cœur en or.
On pourrait penser que ça arrive à n'importe qui
qui se lave derrière ses oreilles et dit ses prières.
Ce n'est pas le cas. Il n'y a qu'une manière
de découvrir quel enfant de Dieu a un cœur en or.
- Comment ? - Ils coulent à pic dans l'eau.
- Ils meurent ? - Non, pas du tout.
Ils errent au fond de l'océan.
Et des lacs et des rivières du monde entier.
Ils mettent de vieilles chaussures sur les hameçons suspendus dans l'eau.
Maintenant, endors-toi, mon ange.
Jesús.
Jesús !
Jesús, attends !
Tu ne peux pas partir comme ça. Tu sais qu'on doit rester ensemble.
LE PALAIS DE PERSSON
Persson tint sa promesse et construisit une patinoire sur le terrain de sport.
C'était à Richard de lui rendre la valeur de l'investissement.
Je jouais toujours aussi.
Malgré la réticence de M. Persson d'avoir des filles dans l'équipe.
Dis à l'attardé de ne pas me regarder.
Mais Richard aimait que je sois là.
- Salut, Fragancia. - Salut, Richard.
- Allez ! - Vas-y, Richard !
Arbitre !
La plaque l'aidait à encaisser la plupart des coups.
- Ça suffit ! - Mais pas moi.
C'est un club sérieux, pas un terrain de jeux.
Il n'y a pas une règle qui empêche les filles de jouer ?
Mais peu après, les choses commencèrent à changer.
Quand Pettersson-Jonsson est arrivé en ville.
- Pettersson-Jonsson ? - Oui, Pettersson-Jonsson.
Le meilleur joueur de hockey du monde.
Bonjour !
- Pettersson-Jonsson. - Pettersson…
Mon père, le boucher, s'appelle Petter Jonsson.
Je suis son héritier, donc on m'appelle Petter's son Jonsson.
On patine ensemble ?
C'est la patinoire de mon père.
- Ah bon ? - L'usine est à mon père.
Et les maisons, les voitures, les oiseaux dans les arbres.
Tu comprends ce que ça veut dire ?
Oui. Ton père doit être le plus grand des menteurs.
Et toi, le plus idiot, vu que tu le crois.
Richard ne le supportait pas, bien sûr.
Je ferai de toi le meilleur joueur de hockey.
Je serai Piotr Fedorov et tu seras Slivovitz, le dragon.
Slivovitz s'approche du but à toute vitesse !
Il est prêt à tirer de toutes ses forces et…
Pettersson-Jonsson n'était pas le meilleur que sur la glace.
Je l'aimais aussi plus que tout.
Les filles sont marrantes. Tu as le même goût qu'un serpent.
Gamin ? J'ai à te parler.
Alors…
Oui. Pas mal.
Pas mal du tout. "Une saucisse, ça tapisse."
S'il insiste pour jouer au hockey, que ça me rapporte quelque chose.
Ça suffit, papa. Allez, Fragancia.
Ça, c'est Gordon Jones.
AILIER DROIT
Steven Cortsen et Bill Hike.
Et lui ?
Tu ne sais pas ? Goldie Bernhard, le meilleur attaquant au monde.
Regarde. Il a de vraies dents en or.
Tu la veux ?
Regarde.
C'est quoi, ça, Jesús ?
- Clé. - C'est beau.
Elles ouvrent quoi ? Je peux voir ?
La première clé…
mène au bonheur.
La deuxième clé…
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