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Les Studios Gorki de Moscou
Les Studios "Za igrailni filmi" de Sofia
En hommage à Hans Christian Andersen
ONDINE
Scénario Victor VITKOVITCH et Grigori IAGFELD
Réalisateur : Vladimir BYTCHKOV
Directeur de la photographie : Emile WAGENSCHEIN
Décors K. ZAGORSKI et B. SAPOUNDJIEV
Musique de Evguéni KRYLATOV
Sous-titres français : A.KARVOVSKl
Ne fais pas des yeux comme ça !
Tiens-toi droite !
À la fin, quoi ?
Dans les rôles
Ondine : Vika NOVIKOVA Sulpitius : Valentin NIKOULINE
La princesse : Galina ARTIOMOVA Le prince : Iouri SENKEVITCH
L'aubergiste : Galina VOLTCHEK
Le chevalier : Stéfan ILIEV Le Lippu : Mikhall POUGOVKINE
Jacqueline : S. MOÏSSÉENKO Léonela : M. TCHOUDINOVA
Le pêcheur : S. PEITCHEV
Où allez-vous comme ça, Demoiselle ?
À Sjoninborg, Monsieur.
Dis-moi donc,
sais-tu ce qui nous est arrivé un jour, à toi et à moi ?
À tous ceux-là ?
Certes, c'était il y a très longtemps !
Quand nous n'existions pas, ni toi, ni moi, ni eux.
Je ne comprends pas très bien...
C'était il y a très longtemps, quand il n'y avait pas de diligences,
et les navires s'appelaient des caravelles...
As-tu entendu parler des ondines qui peuplent la mer ?
- Celles qui font couler les bateaux ? - D'où sais-tu ces choses-là ?
Ah, oui, oui !
Moi, je sais tout. Et sur toi aussi, tout.
Tu ne me crois pas ?
Écoute alors...
Très loin d'ici,
il y a une grande mer.
Et dans cette mer, il y a des poissons et des...
rappelle-toi, peut-être as-tu connu aussi ce temps-là ?
Les jours succèdent aux jours,
Nous naviguons au long cours.
Et la mer bleue nous enseigne
Que pour l'alcool et l'ennui
On loge tous à la même enseigne.
Le grain ne nous fait pas peur,
Une bonne pinte de rhum
Ragaillardi, le bonhomme !
Pour te secouer un peu,
Les éléments se déchaînent.
Grise-toi, chante, mon vieux,
Et pense à celle qui t'aime.
Hélas, les cieux ont juré ta mort,
En vain elle t'attend au port...
Le vent ne cesse de fraîchir,
Tangue, roule le navire.
Ni Dieu, ni feu pour notre salut,
La chance ne nous sourit plus.
Vide un dernier carafon,
Tu vas couler par le fond.
Adieu, maman, adieu amis,
Nous ne rentrerons pas au logis.
De noir et non de blanc seront mises
Celles qui nous étaient promises.
Mais à quoi bon se désespérer ?
Cœur de marin est bien accroché !
Les vagues veulent nous faire un sort ?
Pardi, rions encore plus fort !
Juste Dieu !
Les ondines !
Chacun garde son poste ! Personne ne les regarde !
Personne ne vous a priées, engeance du diable !
Seigneur Jésus-Christ, sauvez nos âmes !
Réveille-toi !
Mais réveille-toi donc !
Ciel ! Le prince Antoine de Saint-Gothard !
Pas possible, le premier parti de Normandie aurait-il péri ?
Je crois qu'il respire...
Les pages !
Il a déjà refusé à trois prétendantes.
C'est vrai que toutes ensemble elles ne valaient pas son petit doigt.
Il doit hériter de sa tante Marianne.
Je crains que cet héritage ne l'attende déjà plus.
Vous m'avez sauvé la vie.
Par la Vierge Marie !
- Qu'y a-t-il ? - Une ondine !
- Dis pas des bêtises. - Une ondine, je te dis !
Tu as déjà entendu une ondine chanter comme ça ?
C'est peut-être le prince ?
Étoiles, mes amies, aidez-moi...
Chuchotez-lui que je l'attends...
Mon prince chéri.
Je n'irai nulle part !
Le voilà, c'est lui !
La route au chevalier Adalbert !
Petite, viens ici !
Gentille brise, aide-moi...
Va trouver le prince, chuchote-lui que je l'attends...
La vie est belle, il a raison
Celui qui fit cette conclusion !
D'où viens-tu ?
Parle, dis quelque chose.
C'est vrai, tu ne sais pas parler.
Si je ne vois pas le prince, j'en mourrai.
Retourne chez toi.
Papa est mort d'inquiétude,
tes sœurs n'arrêtent pas de pleurer.
Les nurses ça existe chez vous ?
Les nurses, je demande ? Difficile à trouver ?
Et puis tu as une queue, je suppose...
Tu vois. Et tu parles de prince.
Si je ne le vois pas, j'en mourrai...
La route au docteur ! Le prince a manqué se noyer !
Je pense que ton prince n'est pas à la fête en ce moment.
Il faut vous secourir.
Reste ici.
Tu entends ? Ne bouge pas d'ici.
Un hanap de bière.
On a ramené un tonneau de bière dans nos filets,
en face du rocher.
Rends-moi ça !
Où trouver une sorcière ?
Pour qui me prends-tu !
Ai-je l'air d'un valet de l'inquisition ?
Silence.
Qu'est-ce qu'ils ont ?
Le roi est mort, ils ont tous filé.
Le peu qui est resté, c'est de la piétaille.
- Un petit coin merveilleux. - Ça c'est encore rien...
Je ne te dis que ça.
Qu'as-tu besoin d'une sorcière ?
C'est pour une ondine... qui a fugué.
- Qu'est-ce que tu me chantes ? - Que j'aille pas en paradis si je mens.
Et toi tu as eu le coup de foudre ?
Tu n'es pas folle ?
Tu ne connais pas encore ça, mais ça ne saurait tarder.
Tu t'appelles Sulpitius, dis-tu ?
Chez vous, personne ne me connaît.
Ça c'est toi qui le dis.
Un désœuvré qu'on rencontre sur tous les chemins.
Bon, ça va. Et la sorcière ?
Mon garçon, tu as de la chance.
Je suis une sorcière.
Il va falloir attendre la nuit.
Tu dis plus de queue mais une paire de jambes et un cœur ?
- Pourquoi faire, un cœur ? - Pour être heureuse.
- Parce que tu es heureux, toi ? - Je n'ai pas à me plaindre.
Tant pis pour toi.
Un prince...
elle ferait mieux de rester tranquille là où elle est.
- Et ça va lui coûter. - Elle n'est pas sans fortune.
Tu gardes les coquillages pour toi.
Tu as de bien jolis cheveux.
J'aurais aimé en avoir de pareils.
Ça en boucherait un coin à plus d'une. Tu me les donnes ?
Si tu veux.
Répète voir une autre fois.
Si tu veux.
Quelle jolie voix ! Exactement celle qu'il me faut.
- Et quoi encore ! - Toi, on t'a pas sonné.
Comment veux-tu qu'elle parle au prince ?
Ça, je m'en moque.
Tu as assez des cheveux.
Bon, admettons.
Mais tu vas voir ça,
quand je t'aurai fait des jambes à la place de la queue.
Le plus petit pas te fera aussi mal que si tu marchais sur du verre.
- C'est pas vrai... - Autrement je ne peux pas.
Mais ce n'est pas tout.
Si ton prince en marie une autre,
ton cœur se déchire et tu es morte.
- Tu refuses ? Comme tu veux. - Attends !
J'accepte tout.
Attends, tu n'as pas tout dit.
Si quelqu'un se sacrifie pour elle...
Si quelqu'un donne sa vie pour toi, tu ne mourras jamais.
Tu seras éternelle, comme le rêve !
Mais des idiots qui feraient ça, ça n'existe pas.
Va voir à l'auberge et attends-nous.
Tonnerre ! J'ai des visions ?
C'est... c'est... une ondine !
- Recommence pas, Le Lippu. - Puisque je l'ai vue !
Une jolie paire de jambes, oui ?
Qu'y a-t-il ?
Qu'est-ce qui toque ainsi ?
C'est ton cœur qui bat.
Comme chez le prince.
Allez, avance. Sur la pointe des pieds.
Prends ton mal en patience.
C'est encore rien... tu verras, ton cœur !
Tout le mal vient des ondines.
La grêle, la sécheresse, la peste, les sarrasins...
Ce prince qu'on a repêché dans la mer, hier.
Pourquoi son navire a fait naufrage ? À cause d'elles. À cause des ondines.
- D'où le sais-tu, toi ? - Je sais tout.
Ma mère porte le lait au château.
- N'ouvrez pas ! - Arrière !
La voilà ! L'ondine !
Va donc faire un petit somme !
La jeune beauté est livrée.
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