De første 200 linjer.
Regardez-moi.
Essayez de rester concentré, Monsieur Corvi.
Cervi...
Je m'appelle... Arturo Cervi.
Vous voyez, vous commencez à retrouver la mémoire.
"Les bons citoyens choisissent de porter des chaussures noires."
Si je vous disais que cette affirmation est fausse,
comment pourrait-on définir un bon citoyen ?
Où est mon mari ?
Je peux parler à mon mari ?
Calmez-vous.
Je suis ici pour vous aider.
Je veux l'entendre encore une fois, s'il vous plaît, faites-le parler.
Vous l'avez déjà écouté deux fois, malheureusement, nous devons avancer.
- Et c'est arrivé quand ? - Il y a trois mois.
Le quinze juillet.
On est en quelle année ?
Calmez-vous, tout va bien.
Je suis le docteur Levi, vous vous souvenez ?
Vous avez dormi durant très longtemps.
Est-ce que vous savez où vous êtes ?
Ce n'est plus de ton âge, David !
La situation n'était plus tenable.
Cent-quatre-vingts prisons abritaient environ 90 000 détenus.
Avec un personnel pénitentiaire en constant sous-effectif.
La mise en place d'Hypnos a évité l'effondrement du système.
Après la méfiance initiale, les gens l'ont compris et à présent,
seuls quelques agitateurs professionnels continuent encore de protester,
mais leurs manifestations n'attirent presque plus personne.
Cette réforme était nécessaire.
2 NOUVEAUX CENTRES OUVERTS LE MINISTRE COSTA PARLE
Et sans vouloir trop m'avancer, je crois pouvoir dire
que bientôt nous aurons totalement éliminé la criminalité.
Quelle situation à la con.
Aujourd'hui, ça fait un an.
Enfin, pour moi.
Je ne sais pas quand tu auras ce message.
Oui, une année entière sans maman.
Parce que tu l'as assassinée.
Ça y est...
Maintenant, j'arrive enfin à le dire à voix haute.
Laissez-moi lui parler ! Il faut que je lui parle !
Calmez-vous.
J'avais écrit une espèce de discours...
- S'il vous plaît ! - Respirez lentement.
Votre fille ne vous a pas encore pardonné.
Le fait qu'elle ait décidé de vous laisser un message, c'est plutôt bon signe.
Je suis innocent, vous devez me croire, docteur !
Monsieur Jamal, je suis ici pour évaluer votre état de santé, non pour vous juger.
Nous devons évoquer ensemble ce qui s'est passé.
Si vous avez des trous de mémoire, je vous aiderai. Ça va aller vite.
- J'ai combien à tirer, encore ? - Douze ans.
Pour le meurtre de votre femme, survenu le...
Je sais de quoi on m'accuse, merci.
Je suis tenu de vous le dire, c'est la procédure.
La procédure ?
C'est de la torture, putain !
Crime passionnel ?
Quoi ?
Tu sais que maintenant, un coup d'œil me suffit pour savoir ce qu'ils ont fait ?
Et tu sais que je peux rien te dire sur les détenus.
C'est ça, crime passionnel :
un type normal qui tout à coup perd les pédales et tue sa femme.
Tu veux piquer mon travail ?
Non, merci, ça ira ! Je m'occupe des corps et ça me va très bien comme ça.
Les âmes de ces pauvres diables, je te les laisse bien volontiers.
Comment ça, leurs âmes ? Tu me prends pour un curé ?
Ben, tu n'en es pas loin !
Eux, ils te confessent leurs péchés, et toi tu les fais expier.
J'aimerais bien que ce soit aussi simple que ça.
Celui-là jurait être innocent. Il avait même l'air sincère.
C'est dur de les rendormir quand ils te regardent dans les yeux.
Je te l'ai dit que tu te faisais vieux.
Tu es devenu trop sentimental pour ce boulot.
Viola ?
- Tu aimes bien ? - Comment ne pas aimer Beethoven ?
Bach ?
Arrête, c'est moi qui l'ai composé.
- Tu es un génie ! - Tu es un imbécile !
David.
Qu'est-ce que tu fais ?
C'est elle ?
Eh...
Excuse-moi.
Ce n'est pas ce que je voulais, crois-moi.
Je t'aime.
Oui, c'est ce que tu dis.
Fais attention, tu sais qu'en théorie...
Oui, en théorie je n'ai pas le droit d'être ici.
Oui ?
Okay, je serai là dans une minute.
Le voilà.
- Docteur Damiani ? - Oui ?
- Andrea Rinaldi. - Bonjour, enchanté.
- Excusez-moi de vous avoir fait appeler. - Je vous en prie.
J'espère que je ne vous ai pas dérangé.
On s'est déjà rencontrés. Je ne crois pas que vous vous en souveniez.
Techniques et modèles de psychothérapie. J'étais votre élève.
- Il y a une éternité. - À la fac, c'était l'étoile montante.
Quand on m'a dit qu'il était ici,
j'ai pensé : "non, impossible, ça doit être un autre !"
J'imagine que vous n'êtes pas venu pour évoquer le bon vieux temps ?
D'ailleurs, à en juger par vos bagages, vous nous rejoignez ?
Le docteur Rinaldi va occuper ton poste, David.
Je commence dans un mois, mais, c'est mon premier poste en milieu carcéral.
Je suis venu un peu plus tôt pour voir votre travail sur le terrain.
Et vous avez bien fait. Faut apprendre des meilleurs.
Je regrette que vous l'ayez appris comme ça.
Je comptais vous le dire aujourd'hui, mais Rinaldi nous a tous pris de court.
Je ne m'y attendais pas du tout.
J'ai pourtant donné ma vie à cet endroit.
C'est bien pour ça que je me sens en devoir de vous protéger.
David, vous avez travaillé ici plus que n'importe qui d'autre,
et personne ne devrait être exposé aussi longtemps à autant de douleur.
Les conséquences qui en découleraient sont imprévisibles.
Vous me virez parce que vous avez peur
que je perde la tête ?
Il y a cinq ans déjà j'ai essayé de vous faire comprendre
que vous étiez trop qualifié pour ce poste.
J'ai découvert que derrière votre choix, il y avait des raisons personnelles,
et j'ai laissé couler.
Je sais que vous avez souffert, après la mort de votre femme.
Qu’est-ce que ça a à voir ?
David tu sais bien ce que je veux dire.
Tu as pris ton temps et maintenant il est l'heure de tourner la page.
Qu'est-ce que je suis censé faire ?
Ouvrir un cabinet ?
Je n'ai même pas été capable d'empêcher ma femme de se suicider.
Ta femme était dépressive. Tu as fait tout ton possible.
Faire son possible.
Voilà à quoi se réduit notre travail, c'est ça ?
Nous donnons aux gens des outils pour se connaître, pour vivre mieux,
mais on ne peut pas décider pour eux.
Et au réveil, les images sont toujours les mêmes ? Vous ne les changez jamais ?
Il faut qu'elles restent identiques.
Les détenus les choisissent avant l'hypernarcose.
Elles sont leur fil conducteur au cours des années.
Elles les aident à se rappeler qui ils sont, elles les rassurent.
Tu les verras quand même souvent paniquer.
Mais dans ce cas, le système baisse automatiquement
la fréquence des ondes cérébrales.
Madame Greco, est-ce que vous pouvez ouvrir les yeux ?
Tu peux m'emmener au journal, aujourd'hui ?
Anna, vous m'entendez ?
Vous n'allez pas à la rédaction, aujourd'hui.
Regardez autour de vous. Vous voyez bien que vous n'êtes pas chez vous ?
- Je suis en détention. - C'est exact.
Anna Greco,
vous avez été condamnée à neuf ans de sommeil pénitentiaire.
Vous avez droit à un réveil trimestriel,
sauf avis contraire du personnel médical.
Vous savez pourquoi vous êtes là ?
J'étais... en train de recueillir des informations
pour une enquête.
En effet, vous êtes journaliste,
mais ça n'a aucun lien avec votre détention.
Ce soir-là, vous avez dîné avec des amis. Vous vous en souvenez ?
Une soirée sur la plage.
Et puis il s'est mis à pleuvoir,
et quand ça a été le moment de vous en aller...
...vous avez pris le volant de votre voiture.
La chaussée était mouillée...
...et vous aviez bu quelques verres.
Il y avait...
Il y avait deux filles qui se sont...
presque jetées sous mes roues, ce soir-là.
C'étaient deux garçons.
C'est sur le trottoir qu'ils marchaient...
...quand vous avez perdu le contrôle de votre véhicule.
Je n'ai pas voulu ça.
Je n'ai pas voulu ça !
HYPNOS exécution du système
Quatre semaines ? Et après ?
Après, je ne sais pas. Il faut que je m'organise.
Je pourrais peut-être rester un peu chez moi.
À 300 kilomètres d'ici.
Ou bien je me disais que...
je pourrais essayer de vendre ma maison...
...et en chercher une ici,
qui soit assez grande pour contenir un piano, mais un vrai piano.
Laisse tomber, la musique ce n'est pas pour toi.
Tu ne voudrais pas venir chez moi, en attendant ?
- Ce n'est pas un problème ? Tu es sûre ? - Si j'en suis sûre ? Non.
Au contraire ! C'est maintenant que les problèmes vont commencer.
Maman, maman ! Il y a des poissons !
Tu t'es perdu, mon grand ?
Attends, viens, on va chercher ta maman.
Allez, viens avec moi. Viens.
HONTE AU MINISTRE COSTA
HYPNOS
Honte à toi ! Costa ! C'est un mensonge d'État !
HONTE AU MINISTRE COSTA ON VEUT DES RÉPONSES
Honte à toi !
Costa ! C'est un mensonge d'État ! Honte à toi ! Costa !
RÉVEILLONS-NOUS DE CE CAUCHEMAR
Bande d'assassins !
HONTE AU MINISTRE COSTA ON VEUT DES RÉPONSES
- Vous travaillez ici ? - Hein ?
Vous êtes un de ceux qui torturent les détenus ?
Je fais le maximum pour les aider, que vous le croyiez ou non.
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