De første 200 linjer.
La confession aura lieu à la chapelle.
C'est un homme très malade. Le docteur conserve peu d'espoir.
LES FELUETTES
Je croyais le rencontrer en privé.
Pensez aux paroles d'Isaie:
"Tu ouvriras la porte à ses prisonniers."
Ne les privez pas de votre bénédiction.
Où est-il?
Votre dernière confession remonte à...
L'aumônier m'a dit que vous aviez un aveu à faire.
Il a parlé de paix et de pardon.
Les jours sont très longs ici. Temps d'apprendre le sens des mots.
Si on commençait?
Vous avez changé... beaucoup.
On a fait du théâtre ensemble au collège.
Il y a longtemps que j'ai oublié.
C'était avant le procès et tous les mensonges.
Et mon inculpation pour meurtre. - Je dispose de peu de temps.
Monseigneur, je vais commettre le péché de la vengeance.
Que se passe-t-il? II va y avoir un sacrilège.
Et beaucoup de souvenirs interdits. Et de remords.
Je ne peux réparer les torts de la Cour.
Je suis évêque en non pas juge.
La porte est coincée! - Elle est pas coincée.
Gardiens! - C'est arrangé.
Je suis venu pour vous confesser.
L'aumônier a parlé de pardon. - C'est très brave d'être venu.
En 1912 on répétait "Le Martyre de Saint Sébastien",
la dernière production du père Saint-Michel.
J'étais saint Sébastien.
L'ami du saint était joué par son ami, le comte Vallier de Tilly.
Tu te souviens du jour où tu étais en retard?
Amusez-vous bien, monseigneur Bilodeau!
César a dit: "Amenez-le au bois d'Apollon,
liez-le au tronc d'un beau laurier, puis décochez toutes vos flèches
contre son corps nu.
Oui, mon cher ami, oui, mes archers, c'est ce que je veux.
Ce sera beau.
César a dit: "Coupez ses cheveux,
que j'en pleure."
Où est votre amour? Vous m'aimez et vous n'exaltez pas mon mystère.
Je vous dis, que je vais revivre.
Seigneur, tuer notre amour! - Si jamais vous m'aimâtes...
Si jamais vous m'aimâtes...
Qui va m'attacher? - Les archers.
Où ils sont? - Ils sont en retard.
C'est eux aussi qui lancent leurs flèches, non?
Oui, je dois régler comment. C'est un détail.
Vallier, attachez Simon.
22 flèches lancées à dix pieds, c'est un détail?
C'est comme pour
"L'Ascension de saint Alphonse".
Il s'est retrouvé à l'infirmerie parce que la porte du ciel était clos.
Continuez!
Les flèches... - Poursuivez!
Chacun doit tuer son amour pour qu'il revive...
...sept fois plus ardent.
Si jamais vous m'aimâtes, que votre amour je le connaisse à mesure de fer.
L'ami s'élance alors sur son maître.
Comment?
Langoureusement. - Ça veut dire quoi?
Comme Marie Magdalena sur Jésus. Ou Lazare sur le Christ.
Lazare après sa résurrection!
Pas comme un cadavre!
Vous croyez que ça plaira, des gars qui se caressent sur la scène?
II y a un renouveau de romantisme partout dans le monde.
Pourquoi pas à Roberval?
Je veux montrer que le désir de l'homme n'a pas de limites.
Que l'homme peut rejeter les règles établies
et affirmer son droit à la subjectivité.
Au théâtre, on peut être amoureux, jaloux, fou,
tyran ou possédé.
On peut tuer sans le moindre remords.
C'est tout pour aujourd'hui. - Déjà?
Je suis attendu au bureau du père supérieur. Une réunion de parents.
On se revoit demain.
Qu'est-ce que tu fais? Détache-moi.
Ainsi, je m'avance vers toi avec fougue et passion
et j'étreins ton corps.
Cesse tes folies! - Dis-moi que tu m'aimes.
Je me sens bien avec toi. - Que tu m'aimes!
Fais pas la fille! Je t'ai dit que je me sentais bien avec toi.
O tremblements de mon âme!
Je sens mon âme et l'arbre trembler jusqu'au bout des racines.
Mon ami, tu as ton arc? Presse-le d'abord contre ma bouche.
Qu'il touche mes lèvres et mon âme.
Assez!
Monseigneur.
Laissez-moi partir et je vous disculperai.
Refuser quelqu'un la confession!
La confession? C'est une mascarade! Et vos voeux?
J'ai fait voeu de dire la vérité. - Ça suffit!
Ça suffit! - Ça va pas, Bilodeau?
Ma mère m'a défendu de prendre part à la piece.
Quelle perte pour le théâtre! - A tant jouer, vous devenez malades.
Malades?
Dieu a fait brûler Sodome et Gomorrhe.
Il a dit: "Si un autre homme fait ça,
il aura le même châtiment."
Par toi et le père Saint-Michel...
cette ville deviendra une autre Sodome.
Fiche-nous la paix!
Vous faites de moi une caricature.
La Feluette t'a corrompu. - Je m'appelle Vallier!
Monsieur le comte débarque ici sans un sou.
Les prêtres paient ses études et il nous vole nos amis.
Fous le camp! - Avant je t'admirais, Simon.
Je t'aurais suivi au séminaire.
Maman dit que t'es beau comme un saint. Personne se doute...
Se doute de quoi?
Vos répétitions dans le grenier...
vos bains de minuit, vos promenades en forêt...
Tu es amoureux de Vallier! - Dis pas ça!
Amoureux du Feluette! - Dis pas ça!
Son bras!
Vous me faites peur!
J'veux pas être comme vous.
J'vais te faire goûter à l'enfers. - Non!
Ce sera beau.
J'veux pas!
Des profondeurs j'appelle votre amour terrible.
Encore! Votre amour terrible!
Ce sera une première comme Robeval n'en a jamais vue.
C'est audacieux comme spectacle. Belle façon de rompre la monotonie.
Pas de bonjour, M. Bilodeau?
Son personnage l'habite encore.
Les archers seront-ils aussi martyrisés?
C'est génial de bousculer ainsi les conventions du théâtre!
Quel étrange garçon!
Bonjour, mère, - Bonjour, M. Le comte.
C'est triste d'être enfermé. La Méditerranée est d'un bleu!
Vous voulez parler du lac.
Une Parisienne doit arriver en ballon.
Une Parisienne? En ballon? - Une vraie Parisienne!
Comme dans un rêve? - Non, comme on en voit à Paris.
Roberval a survécu à la visite inattendue de Edison en du fils...
...de la reine Victoria. Puis le tsar. Pourquoi pas une aviatrice?
Une descendante de Pilâtre de Rozier,
l'inventeur de l'aérostat.
L'hôtel l'a fait venir à des fins publicitaires.
Je suis le seul à pouvoir le sauver. Je sais qu'il souffrira.
Seigneur, ne soyez pas trop dur avec lui.
Tu te souviens d'Edison? Et du tsar?
Du ballon de Mlle de Rozier? - Non.
Tu te souviens de l'hôtel Roberval. Tu y travaillais!
Messieurs, rafraîchissons-lui la mémoire!
Je m'appelle Jean Bilodeau. Je suis né en 1894
à Roberval au bord du Lac Saint-Jean, célèbre pour ses eaux dorées.
Roberval était un village canadien-français typique,
fier de son église, de son couvent, de son petit port,
de son école de garçon
où Simon et moi étions meilleurs amis.
J'étais très jeune quand j'ai décidé de devenir prêtre.
Les jours s'écoulaient sans incident, sans tragédie,
jusqu'à ce que ces aristocrates français arrivent au village.
Puis l'hôtel a ouvert ses portes à ses clients riches et dépravés.
Jamais je n'oublierai l'arrivée de cette femme en ballon. Jamais.
Qu'est-ce qui se passe?
Bonjour, Monsieur Doucet.
Bonjour, Comtesse. - On dit qu'elle est de Paris.
Vraiment, mon ami, faites dégager. - J'y vois.
Pour pêcher la ouananiche? - Un connaisseur!
Elle est magnifique. - Merci. Vous êtes à l'hôtel?
Non, nous vivons ici, depuis deux ans.
La baronne de Hüe et mon mari, le baron Geoffroy de Hüe.
Comte Vallier de Tilly. - Et un grand acteur tragique!
Comtesse Marie-Laure de Tilly.
Ravie! - Et moi encore plus.
Vous venez de Paris? - Un long voyage!
Parlez moi de mon mari. - Mère!
Je le connais? - Mais tout Paris le connaît!
M. Doucet, qu'ont-ils dit?
D'attendre que le ballon ait atterri.
Le fils du cocher est aussi un acteur-né.
Je les ai vus répéter une scène à l'école.
Si... moderne... Vallier déclarait: "Amour, amour!"...
...et Simon - votre fils, M. Doucet -
embrassait passionnément le jeune Bilodeau.
Je ne cite peut-être pas bien.
Il lui parlait tout près du visage...
et le saint, entendant mal à cause des voix célestes...
l'archer doit se pencher tout près.
Il y a erreur sur la scène.
Ou tu minimises la mise en scène du père Saint-Michel.
Simon embrassait Bilodeau avec une fougue...
à faire rougir toutes les dames de Roberval - d'envie!
Où est Simon?
Les parent insistent! La pièce est annulée. Ma décision est finale.
La répudiation du rationnel.
L'intoxication du divin La révolution du sacré...
libéré des contraintes des Saintes Ecritures.
Ils ne comprennent pas.
Je n'ai pas entraîné ton père au grenier.
Où tu étais?
J'étais au vestiaire. - Tu avoues que tu étais à l'école?
Au procès tu as dit, que tu étais chez toi, malade.
Pardon monsieur, vous êtes docteur? - Oui, en effet.
J'aimerais vous voir pour un consultation.
Par ici on a seulement un docteur vieux, qui a la langue longue.
Trois fois par jour?
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