Buffet Froid

Buffet Froid (Buffet froid)

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Buffet froid 1979 FRENCH dTV
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Udgivet den: 2016-09-15
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De første 200 linjer.

- Qu'est-ce que vous regardez ? - Qui, moi ?

- Oui. Que regardiez-vous ? - Rien.

Si, vous regardiez quelque chose.

Je regardais votre oreille.

Qu'est-ce qu'elle a, mon oreille ? Vous êtes oto-rhino ?

- Non. - Bon. Ben alors, foutez-moi la paix.

Je trouve que vous avez une tête de comptable.

Je suis comptable.

- Bon. Alors, vous me suivez ? - Oui.

- Pourquoi ? - Besoin de compagnie.

Pour quoi faire ?

Pour parler. Les gens ne se parlent plus.

J'ai pas envie de parler.

D'ailleurs, vous ne m'êtes pas sympathique.

Vous avez tort. Je gagne à être connu.

Ça m'étonnerait.

Vous avez une tête à avoir des drôles d'idées.

Quel genre d'idée ?

Foutez-moi la paix !

Vous en avez pas, des drôles d'idées ?

Des idées de quoi ?

Ça vous arrive jamais d'avoir envie de tuer quelqu'un ?

Pardon ?

Je vous demande si ça vous arrive parfois

d'avoir envie de tuer quelqu'un.

- Qui ? - N'importe qui.

- Mais pourquoi ? - Sans raison. Une impulsion.

- Non. - Jamais ?

- Non. - Même pas dans le métro ?

Bof...

Pas vraiment.

- C'est pourtant facile. - Bof...

Mais si !

Vous avez votre couteau dans votre poche...

Hop, le couteau sort de la poche. Clic, la lame jaillit.

Tac, ça y est, le ventre est percé. Un quidam qui s'écroule.

Personne ne s'arrête. On croirait un clochard qui roupille.

Qu'est-ce que c'est, un quidam ?

Un anonyme.

Un mec sans importance dont la mort dérangera personne.

Vous pensez jamais à des trucs pareils ?

Non.

Alors, à quoi vous pensez ?

À votre couteau.

Il vous plaît ?

Pas du tout. Vous devriez le ranger dans votre poche.

C'est dangereux de jouer avec ce genre d'instrument.

Vous avez raison. Tenez, je vous en fais cadeau. Prenez-le.

J'en veux pas.

- Si, faites-moi plaisir. - J'ai pas besoin de couteau.

Moi non plus ! Si je le garde, je vais faire une connerie.

Je m'en fous, de votre couteau ! Je le mets là. Je le connais pas !

Vous devriez pas laisser traîner ça.

Ça pourrait donner une idée à quelqu'un.

Vous êtes pas un peu surmené, en ce moment ?

Ça risque pas, je suis chômeur.

Vous avez bien de la veine.

Non. Il y a rien de plus crevant que de se tourner les pouces.

Vous croyez peut-être que le travail repose !

Ça dépend du travail.

Le mien, il m'emmerde, il m'abrutit.

Le soir, je m'endors devant ma télé.

Moi, j'ose plus m'endormir. Quand je dors,

je fais des cauchemars épouvantables.

Quel genre ?

Je rêve que je suis poursuivi par la police.

- Pour meurtre ? - Évidemment !

Elle vous attrape ?

- Qui ça ? - La police !

Non, justement. Je la sens sur mes talons,

mais elle ne m'attrape pas. Elle me traque, toute la nuit !

Et je me réveille avec des sueurs froides.

Épuisé.

C'est pas une raison pour vous balader avec un couteau.

J'ai toujours eu un couteau.

- Pour quoi faire ? - Pour couper ma viande.

- Vous l'avez repris ? - Quoi ?

Votre couteau.

- Non. - Il n'est plus là !

Ça aura tenté quelqu'un, par les temps qui courent.

Ne montez pas dans le même wagon que moi !

Pourquoi ? On était en train de devenir copains !

Assassin !

Je vous dis que c'est un cauchemar ! Vous n'allez pas

me laisser tout seul !

Qu'est-ce que vous foutez là ?

Ben voilà ! J'ai un couteau dans le ventre.

Merde !

Mais c'est le mien.

Ben évidemment ! Quand les idées sont dans l'air...

- Quel salopard vous a fait ça ? - Un jeune.

- Avec un manteau. - Dans mon genre ?

Oui. À votre place, je me débinerais.

Mais c'est pas moi ! Ça peut pas être moi !

J'arrive ! J'étais pas là.

- J'ai pas dit que c'était vous. - Alors qui ?

J'en sais rien. J'ai pas fait tellement attention.

Vous pourriez ouvrir les yeux !

Est-ce que vous allez finir par me foutre la paix ? Je meurs !

Barrez-vous.

- Je peux pas vous laisser. - Mais si ! J'en ai vu d'autres.

Mais là, vous risquez plus de voir grand-chose.

C'est juste un mauvais moment à passer.

- Vous souffrez ? - Bizarrement, non.

Mais je me sens pas dans mon assiette.

Quel effet ça fait ?

Un peu comme... un lavabo qui se vide.

Hé !

- Vous me prenez pas mon pognon ? - Vous devez pas en avoir lourd.

Non. Mais c'est pas la peine que je l'emporte. Attendez.

Tenez !

Tenez !

Vous boirez un coup à ma santé.

Bon. Ben, d'accord.

Alors, bon voyage.

Merci. On va essayer.

Hé !

Vous récupérez pas votre couteau ?

Vous croyez ?

Je vous signale que vos empreintes sont sur le manche.

Pour la police, ce sera du gâteau.

Sans parler que vous pouvez être amené à en avoir encore besoin.

Il est efficace.

Tu fermes pas la porte, aujourd'hui ?

Je viens d'assister à un meurtre dans le métro.

Tiens. Donne un coup d'éponge à la toile cirée.

Un petit comptable. Il a ramassé un coup de couteau dans le ventre.

Tiens.

Ce qui m'inquiète,

c'est que je me demande si c'est pas moi qui l'ai tué.

Arrête tes conneries.

Tiens. Regarde.

Le sang est encore humide.

Tu ferais mieux de trouver du boulot.

Ce serait plus intelligent.

Tu manges avec ton manteau, maintenant ?

J'ai froid.

Ça fait pas très intime. On dirait que tu es en visite.

On est tous en visite.

On débarque, on fait un peu de tourisme et puis on repart.

Tu crois que ça vaut la peine d'enlever son manteau ?

Pour attraper la crève, prématurément ?

Je comprends rien.

Moi, je me comprends. C'est le principal.

Et toi ? Ça s'est passé comment, ta journée ?

Comme un lundi.

Tu prendras de la brandade ?

Oui.

Ah, dis donc... J'ai oublié de te dire le principal.

- Quoi ? - Devine.

Vas-y, dis-le.

On n'est plus seuls dans la tour. Il y a un nouveau locataire.

Sans blague...

- À quel étage ? - Je sais pas. Au-dessus.

Je suis le locataire du cinquième.

Je voulais vous souhaiter la bienvenue dans l'immeuble.

Vous êtes mon premier voisin.

Je suis content que vous soyez là. On va se sentir moins seuls.

- Vous êtes célibataire ? - Veuf.

Condoléances.

Moi, je suis chômeur. Et vous ?

Inspecteur de police.

- Ça tombe bien. - Quoi ?

Que vous soyez inspecteur de police.

Pourquoi ?

Parce que je viens d'assister à un meurtre dans le métro.

- Ah oui ? - Oui.

Le pauvre bougre, il a ramassé un coup de couteau dans le ventre.

- Ah bon ? - Ben oui.

Ce qui m'emmerde, c'est que le couteau, c'était le mien.

Et alors ?

Mettez-vous à ma place. Je me pose des questions.

Quelles questions ?

Je me demande si c'est pas moi qui l'ai tué.

Vous n'avez pas une tête à ça.

Je peux vous montrer le couteau !

Il est chez moi, dans la machine à vaisselle.

Des crimes et des assassins, je m'en farcis toute la journée.

Je suis pas en service, je mange.

J'ai déménagé, je suis fatigué, et vous m'emmerdez.

Alors, vous allez redescendre chez vous et essayer de m'oublier.

Pourquoi tu viens pas te coucher ?

Je fume.

Il est tard.

Tu vas pas passer la nuit à fumer cigarette sur cigarette.

Pourquoi pas ?

T'as pas sommeil ?

- Si, justement, j'ai sommeil. - Et alors ?

Quand tu sais que tu vas faire un cauchemar,

t'as pas tellement envie de dormir. Autant que je fume.

T'en veux une ?

C'est l'inactivité qui te met à cran.

Il te faudrait un bon boulot, bien abrutissant.

Ça te calmerait.

Pourquoi t'as abandonné tes recherches ?

À quoi sert de chercher du boulot ? Quand j'en cherche, j'en trouve pas.

Écoute...

Si tu viens te coucher, je te promets,

j'enlève ma chemise de nuit.

J'ai pas du tout la tête à ça, je t'assure.

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