De første 200 linjer.
Bonjour, Ivano.
La première rose rouge Est déjà éclose
Et apparaissent discrètes
Les délicates violettes
Déjà, la première hirondelle Est revenue
Dans le ciel limpide Elle commence à faire des tours
Annonçant le retour des beaux jours
Ouvrez les fenêtres Au nouveau soleil
Voici le printemps
Laissez entrer Un peu de cet air pur
Avec le parfum des jardins Et des prés fleuris
Ouvrez les fenêtres Aux nouveaux rêves
Jolies jeunes filles Au cœur amoureux
Vous rêvez sans doute Du rêve le plus précieux
En demain réside le bonheur
Dans le ciel Parmi les nuages d'argent
La lune vous attend déjà patiemment
Ouvrez les fenêtres Au nouveau soleil
Voici le printemps
Fête de l'amour
Arrête.
Je vais te cogner.
Ça suffit, maintenant.
Fils de pute !
Asseyez-vous.
Qu'est-ce que t'as dans le crâne ?
- Pourquoi ? - Tais-toi.
T'as encore cassé la chasse d'eau.
Je t'en foutrais !
Essaie de faire plus attention.
Mangez.
- Pousse-toi. - C'est à moi.
Pousse-toi.
Marcella, mange assise.
- Et toi ? - J'ai des choses à faire.
Moi aussi.
Vite, il faut que j'aille au travail.
Une minute.
Tu as fini tes devoirs ?
Tant pis pour toi, tu auras un coup de trique.
- Deux cancres. - J'ai rien fait !
Si j'allais à l'école, je serais douée.
Sergio y va, c'est un garçon,
et ça coûte 2 000 lires.
Tu as 2 000 lires, toi ?
Alors t'y vas pas.
Tu devrais me remercier,
grâce à moi, tu as un métier.
Contente-toi de rapporter de l'argent
et d'aider ton incapable de mère.
J'apporte de l'argent et j'aide maman.
Bien.
Mais c'est ton devoir.
Allez, on y va.
Dis-moi,
ce crétin de Giulio va finir par se déclarer ?
- Je sais pas. - Explique-moi.
C'est du sérieux ou du chiqué ?
Allez-y, il est tard.
Oui.
- Tiens, t'as rien mangé. - J'en ai pas besoin.
J'ai besoin de rien.
Tâche de faire un truc bien, aujourd'hui.
Au revoir, Ivano.
Delia, t'es où ?
J'arrive, papa.
Delia !
Tu lambines, ma parole !
Vous voulez m'affamer ?
Bonjour, M. Ottorino.
Attention !
MARDI 14 MAI
Où est mon fils ?
Bas les pattes, c'est pas le jour.
Comme tu y vas !
Quand on se mariait entre cousins, on avait pas ces soucis.
Mon fils a voulu épouser une étrangère, et voilà le résultat.
Il est où, Ivano ?
Parti au travail.
Sans me dire au revoir ?
Il ne le fait jamais, cet ingrat,
après tout ce que j'ai fait pour lui.
Je lui ai tout appris :
à lacer ses chaussures, à se raser.
Qui l'a emmené aux putes la première fois ?
- Vous, M. Ottorino. - Moi.
J'attends pas un "merci",
mais au moins un "au revoir".
Et dire que je lui ai donné la maison.
Elle a été saisie, vous l'avez perdue au jeu.
Et alors ?
C'est le geste qui compte.
Mais bon, je lui ai appris un métier.
Lequel ?
Pilleur de tombes.
Ce métier-là...
Quand il était gamin, on faisait un trou et on le jetait dedans.
Ivano remontait avec des vases, des statuettes.
Il avait du talent, un vrai chat.
Ça, c'est un beau métier.
Toujours les grands mots.
Les fascistes achetaient tout,
des gens respectables, élégants.
Ils aimaient mettre des antiquités dans leur salon.
Ça brassait de l'argent.
J'ai prêté à tellement de gens.
On vous a arrêté 5 fois, vous étiez toujours sur la paille.
N'importe quoi !
Mon épouse vivait comme une reine.
Votre épouse s'est jetée du 5e étage par désespoir.
Tu sais ton problème ?
C'est que tu parles trop. Va falloir apprendre à te taire.
T'es une brave fille, mais apprends à te taire,
à fermer ta bouche.
Les garçons, c'est pas bientôt fini ?
Quels crétins !
Si je préviens mon mari, vous allez le sentir passer.
Bonjour, Alvaro.
Bonjour, Delia.
Allez voir Ottorino, en cas de besoin.
Comptez sur moi, je m'en occupe.
Ce pauvre vieux.
Je l'aime beaucoup.
J'aurais aimé que ce soit mon père.
Remerciez Dieu.
IL RESTE ENCORE DEMAIN
Oui, merci.
Ma chère Delia, nous vous attendions.
Je vous accompagne à papa.
- Adelina, dépêchez-vous. - Bien, madame.
Allons-y, mesdemoiselles.
Voilà.
Je vous en prie, Delia.
Vite, il est tard.
Delia, je dois vous dire
que le remède fait déjà effet, je me sens bien mieux.
Oui, vous avez repris des couleurs. Avant, vous étiez jaune.
Et votre père, il va mieux ?
Non, c'est mon beau-père.
Pour aller mieux, il faudrait l'opérer du cerveau.
Avec les personnes âgées, la patience est de rigueur.
Voilà.
Vous avez une main de velours.
Merci, monsieur.
- Pour vous, c'est facile ? - Il suffit de choisir qui décide.
Non, qui en a la carrure.
Vous êtes le reflet d'une culture antique.
Il faut des nouveaux visages.
Ce sont les valeurs qui comptent.
Non, les objectifs communs
dans l'intérêt de la collectivité.
Chérie, tais-toi,
ne parle pas de choses qui te dépassent.
Va plutôt donner ses 20 lires à madame.
Bonjour.
Mais c'est 30 lires.
Tes certitudes nous ont trahis.
Bonjour.
Voilà.
COUPONS DE TISSU 300 LIRES
4 soutiens-gorges : 200 lires et 2 porte-jartelles : 60 lires.
Ça fait 260 lires.
Merci.
Mme Franca, si vous avez d'autres retouches, je suis là.
Tricots de laine, votre linge élimé, vos bas...
Pour qui vous me prenez ? Je jette mes bas filés.
Je vous envie. J'ai passé l'occupation avec des accrocs.
Au revoir.
Tu es en retard.
- Pardon. - Va à l'atelier.
Oui.
Nous sommes d'accord.
Au revoir et à jeudi.
- Merci. - Au revoir.
Jeune homme, observe, tu dois avoir les gestes sûrs.
Delia, montre-lui.
On a changé la baleine cassée de ce parapluie.
Tu prends la toile,
tu enfiles ça dedans
et tu insères les embouts un à un.
Tu as vu ? C'est simple.
Tu vois ?
Tu comprends quand je parle ?
La baleine et les embouts ?
Nous voilà bien.
Delia, tu pourrais l'aider !
C'est ma faute, maintenant.
Allez, petit, réveille-toi.
Faut que j'apprenne pour qu'il me paie plus que 40 lires.
Comment ça, 40 lires ?
Monsieur, je peux vous poser une question ?
Je travaille ici depuis 3 ans, j'étais là pendant les bombardements.
Pourquoi il gagne déjà plus que moi ?
C'est un homme, voyons.
Tu m'as fait peur !
Delia, enfin !
On aurait dit une bombe.
Pourquoi on peut pas prendre l'ascenseur ?
Pour peu qu'on croise des gens et que ça les gêne.
Ça les dérange pas qu'on fasse leur linge.
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