De første 200 linjer.
Bonjour, mon petit pommier,
ou tout simplement, mon pommier.
Car tu es un grand arbre, maintenant.
Tu avais la même taille que moi,
le jour où je t'ai planté.
Avec mon père, on se promenait souvent le long de cette rivière.
Je t'ai planté
le 25 avril 1986.
Tu as raison, Valery.
Tout le monde a un nom. Tu en as même donné un à ton chat.
Mais on ne peut pas donner de nom aux arbres.
Pourquoi ?
Parce qu'ils ne nous appartiennent pas.
Emmène-moi en voyage.
Où ça ?
On dit qu'Odessa est une belle ville.
Odessa ?
Oui, on pourrait aller à Odessa.
Où elles vont ?
Où ?
Tu sais, Valery,
chaque année, elles parcourent des milliers de kilomètres.
Et elles reviennent toujours au même endroit.
Toujours.
Elles se trompent jamais ?
Non, jamais.
Terminus, Centrale Nucléaire Lénine.
NOUS SOMMES LES FORGERONS DE NOTRE BONHEUR !
Arrête !
Arrête, je te dis !
Le 1er Mai, la ville de Pripiat
invite tous ses citoyens à l'inauguration
de son parc d'attraction .
Un concours de poésie sera organisé par les membres du Komsomol
en présence du 2e secrétaire du Parti.
- Encore une ? - Oui.
Vous avez assez bu !
Dima, regarde de quoi tu as l'air !
Tu es tout sale.
Je me sens bien comme ça.
J'espère que demain tu mettras une chemise propre.
Tu portes toujours la même chemise.
Elle me porte bonheur.
Donne-moi ça !
C'est la dernière.
Dima, dis-lui.
Écoute un peu, toi...
Il m'interdit de fumer.
Anya, je me sens bien.
Allez, viens !
Mais qu'est-ce que tu as ?
T'es malade ?
Avance, tu m'entends ?
Quelle rosse !
Obéis, on te dit ! Arrête de t'agiter !
Tu vas t'en prendre une, tu vas voir !
Pourquoi tu abois comme ça, toi ?
Allez, viens.
Qu'est-ce qui se passe ?
Et merde !
Vous allez où ?
- Je suis garde forestier. - Votre itinéraire ?
- Je passe toujours par ici. - Vos papiers. La route est fermée.
Qu'est-ce qui se passe ?
Rien. Avancez !
Rentre chez toi.
Des cerises, s'il vous plaît.
Attention !
Tous nos vœux !
À la gloire de notre patrie,
qui nous donne du pain, du travail et l'électricité !
Je suis à fond !
Vous êtes déjà tous là ? Maman !
Félicitations !
Un baiser !
Un,
deux,
trois,
quatre,
cinq,
six,
sept,
huit,
neuf,
dix !
Je vous aime tellement !
Si vous saviez...
Musique !
Au bout de la rue scintille la mer bleue
Le châtaigner est en fleurs
Et Konstantin prend sa guitare
Il fredonne une douce mélodie
Je ne peux pas parler pour tout Odessa
La ville est si grande
Mais dans les vieux quartiers
On adore Konstantin le marin !
J'aimerais remercier tous nos amis qui sont ici aujourd'hui.
Et...
j'aimerais évoquer la mémoire de mon père.
Je suis sûre qu'il serait heureux pour nous.
Tu es qui, toi ?
Papa !
On va nous livrer 12 réacteurs.
Des RBMK ?
Papa, viens voir mon arbre.
Mets ton blouson !
Ils ont quelle puissance ?
1000 mégawatts.
Sergueï m'a montré les plans.
Papa, mon arbre est mort.
On en plantera un autre.
On commence quand ?
Dans un mois.
C'est ce que Moscou a planifié.
Eh bien, dis donc !
Un peintre solitaire
Vivait seul avec ses toiles
Il s'éprit d'une actrice
Qui raffolait des fleurs
Pour elle, il vendit sa maison
Et toutes ses toiles
Et avec tout cet argent
Il lui acheta un océan de fleurs
Des millions de roses rouges
Tu peux les voir de ta fenêtre
Des millions et des millions De roses rouges...
Son amour fera de ta vie Un océan de roses
Qu'est-ce qui se passe ?
Il faut que je te parle. Viens par là.
- Tout va bien ? - Oui.
Viens.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Il y a un feu de forêt.
Je dois y aller.
Quoi ? C'est impossible !
Ils peuvent pas se passer de toi, aujourd'hui ?
J'ai pas le choix.
Bien sûr que si !
N'y va pas.
Je peux pas risquer de perdre mon boulot.
Tu y vas ?
Tout se passera bien.
- Tu t'en vas ? - Ça ira.
N'y va pas. Pas aujourd'hui.
- Je reviendrai vite. - Pas aujourd'hui !
Je t'aime.
- Où tu vas ? - Je dois partir.
Où tu vas ?
Qu'est-ce que tu as ?
Il est parti. Aujourd'hui !
Le jour de notre mariage,
ton père est allé jouer aux cartes toute la soirée.
Mais après...
Assieds-toi donc.
Assieds-toi.
On va boire un peu de vodka.
Allez, trinquons.
À ton bonheur.
Des millions de roses rouges
Tu les vois de ta fenêtre...
Mon Dieu ! Vite !
C'est un fa pointé ! Concentre-toi.
Voilà, c'est bien.
Mange.
Chez ma sœur, à Gomel, ils font 3 h de queue, au supermarché.
Tiens, prends ça.
Évidemment.
On est des privilégiés, à Pripiat.
Dis donc, toi !
Oui ?
Je ne comprends pas. Qu'est-ce qui se passe ?
Pourquoi ?
Quoi ?
Quand ça ?
Mais tout était normal, en ville, ce matin.
Quoi ?
Qui les a laissé faire ?
Il faut l'annoncer à la radio et à la télé.
Et prendre des mesures d'urgence.
Comment ça, confidentiel ?
C'est impossible ! Vous êtes fous !
Comment ?
Léna, ferme les fenêtres.
Mets des serviettes sous les portes.
Donne de l'iode à Valery.
Qu'est-ce qui se passe ?
Il y a eu un accident à la centrale.
Quoi ?
La nuit dernière, deux idiots d'ingénieurs ont fait des essais
pour augmenter la puissance énergétique.
J'attends les ordres.
Ne t'affole pas, c'est peut-être pas si grave.
On verra.
Vous devez partir, vous ne pouvez pas rester ici.
Et toi ?
Les ingénieurs doivent attendre les ordres.
Il faut prévenir les gens, Alexeï.
Léna, je n'ai pas le droit de parler.
Je dois rester ici. Tu comprends ?
Non, je ne comprends pas !
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