The Punishment (Osânda)

The Punishment (Osânda) (Osânda)

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Udgivet den: 2016-09-12
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De første 200 linjer.

Ce film est inspiré du roman de Victor Ion Popa.

Rien que des pauvres gens...

Comment t'appelles-tu, soldat ?

Preda. Manlache Preda.

Je rentre chez moi, père Petrache.

LA CROIX

Je vais tirer, tu m'entends ?

- Qu'est-ce que je t'ai fait ? - Pourquoi ne payes-tu pas ?

- Payer quoi ? Je n'ai rien bu. - Je ne donne rien, sans argent.

- Qui te parle de boire sans payer ? - C'est ma règle...

Ceux que je ne connais pas payent d'abord. Je me suis assez fait avoir.

Fiche le camp ou je t'abats comme un chien ! Pochard !

Tire donc ! Je suis si grand que tu n'as même pas besoin de viser.

Tire !

Elle n'était pas armée ?

Tu as de la chance d'être en uniforme.

Quelle chance, en effet...

Suis-moi à la gendarmerie ! On causera tous les deux là-bas.

Tu m'as peut-être chassé de son auberge...

... mais aucune balle au monde ne me fera bouger d'ici.

- Tu marches, ou je tire ! - Ainsi soit-il.

- Tire ! Je ne bouge pas. - Fils de pute !

Obéis ou je tire !

De quel droit insultes-tu ma mère ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?

Tire ! Allez ! Qu'est-ce que tu attends ?

Ion !

Que se passe-t-il ?

Monsieur, ce déserteur s'est soûlé et veut faire scandale.

Gendarme, quelle est donc ta loi ? Le mensonge ?

Voici ma feuille de démobilisation.

Et maintenant dites-moi : Est-ce que j'ai l'air soûl ?

Qui es-tu et d'où viens-tu ? Je ne te connais pas.

Je viens du front, de l'enfer.

Alors pourquoi ne rentres-tu pas chez toi, bonhomme ?

- Qu'est-ce que tu viens faire à l'auberge ? - Pourquoi vous fâchez-vous ?

J'ai voulu offrir une tournée générale, un jour comme aujourd'hui.

Ça fait douze ans que je n'ai pas vu ma maison, Monsieur.

- Comment t'appelles-tu ? - Manlache Preda.

Où étais-tu pendant ces douze ans ?

Dix ans au bagne, de 1907 jusqu'à 1917,

et sur le front ensuite.

Trois fois rien, Monsieur, n'est-ce pas ?

- Où vas-tu ? - Chez moi, dans les marais.

Monte avec le cocher ! On te déposera près de chez toi.

Et toi... Occupe-toi plutôt des voleurs qui ont pris mon cheval !

Si je porte plainte à Bucarest, ça ira mal pour toi.

C'est bien les boyards, ça ! L'homme qui a tué son oncle à la hache...

Oui, mais sans ça il attendrait encore son héritage.

Quelqu'un t'a demandé ton avis ?

- Sers-moi plutôt un verre d'eau-de-vie ? - Bon.

- Prends ! - Merci. Ce n'est pas la peine.

- Mes respects, Madame ! - Au revoir !

Si tu as besoin de quelque chose, tu sais où me trouver.

Ton oncle se retournerait dans sa tombe...

... s'il savait comment tu traites son assassin.

Je sais ce que je fais.

Du calme, mes chiens ! Je ne suis pas un étranger.

Tu m'as oublié, femme.

C'est moi.

Manlache...

Je suis libre maintenant. Je viens du front.

Me voilà de retour.

Ne pleure plus ! Occupe-toi du repas !

Tiens ! Un peu d'argent...

Pardonne-moi, Manlache !

Pardonne-moi, Manlache ! Je n'ai pas pu t'attendre !

C'était trop dur ! Mon Dieu que c'était dur !

Je n'ai pas pu t'attendre. Pardonne-moi !

Qu'est-ce que tu as fait de la terre ?

Tu l'as vendue ?

À qui ?

Au boyard.

Pardonne-moi, Manlache !

C'est pas ce qu'on avait dit, Monsieur !

Va-t'en, voyou ! Je ne veux plus te voir !

C'est pas ce qu'on avait décidé.

Qu'est-ce qu'ils foutent ici, ces bandits ?

Pourquoi ne fais-tu pas attention ? ldiot ! Je vais te mettre à la porte !

Je ne peux faire confiance à personne !

- Tu veux que je te donne du travail ? - Je ne viens pas pour ça, Monsieur.

- Alors pourquoi ? - Pour ma terre.

Ta terre...

Ta femme me l'a vendue.

Tous les papiers sont en règle.

Mais si tu veux travailler en échange de cette terre...

- D'accord, Monsieur. - Très bien. Je m'en réjouis.

Allons-y, ma chérie !

Alors Manlache, on lèche les bottes de ceux qu'on tuait autrefois ?

Écoute-moi bien, lordan ! C'est ton nom, n'est-ce pas ?

Quand je suis parti, tu n'étais déjà pas bien malin.

Je vois que tu n'as pas changé.

Ne juge pas les autres !

S'il te plaît, accepte-le !

Je ne peux pas, chef.

Arrête de m'appeller "chef" ! Dis-moi Ion ! Je suis un homme, moi aussi.

Je ne peux pas accepter, Ion.

Si je le fais, demain vous voudrez que je vous laisse entrer dans ma maison.

Je ne veux pas qu'on se dispute.

Pourquoi est-ce que je te dégoûte ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?

Rien. Et vous ne me dégoûtez pas, mais...

Qu'est-ce que tu allais dire ? Parle ! C'est égal.

Je n'aime pas votre façon de me regarder.

Je suis seule. Je n'ai personne au monde.

J'ai appris à suivre mon instinct, même si je me trompe.

Comprenez-moi.

S'il te plaît...

- Je ne peux pas. - Prends-le ! S'il te plaît !

Je ne peux pas l'accepter.

Je vous remercie.

- M. Manlache ! - Est-ce que je peux entrer ?

Bien sûr ! Entrez !

- Tu te souviens de moi ? - Evidemment.

Vous étiez enchaîné à papa. Vous l'aidiez à marcher.

- Et ta mère ? - Elle est morte, elle aussi.

Et toi ?

- Tu vis toute seule ? - Toute seule, Manlache.

Pardonnez-moi, je n'arrive pas à vous dire Monsieur...

... même si vous avez les cheveux blancs avant l'âge.

Tu peux vivre seule comme ça ?

Avec une hache sous l'oreiller, on peut.

Bien sûr qu'on peut. Pourquoi pas ? Même seule comme ça.

- Tu sais pourquoi je suis venu ? - Vous êtes là.

Peu m'importe pourquoi.

On m'a dit que ta chienne avait eu des chiots.

Bonne race, si c'est la chienne dont je me souviens.

Je voudrais que tu me donnes un chiot, quand ils auront ouvert les yeux.

Vous n'avez pas assez de chiens chez le boyard ?

Les chiens du domaine. Moi, avec mon travail...

... je n'ai personne à qui parler.

Vous voulez entrer ? Entrez !

Et voilà.

Il s'est éteint en 1910, à Noël.

Il est mort d'un coup.

ll m'a dit: "Manlache, ça y est !"

- Ne pleure pas ! - Je ne pleure pas. J'ai oublié.

Ensuite, je l'ai enterré et je t'ai écrit.

Vous ne buvez plus ?

Non. J'ai perdu l'habitude.

En fait, je n'ai jamais eu le temps d'y prendre goût.

- Et puis, ça me monte à la tête. - Ça ne fait rien. Buvez donc !

Quand ça monte à la tête, on oublie tout.

- Comment le sais-tu ? - Je le suppose.

Quel âge as-tu ?

25 ans. Je suis une vieille fille.

- Pourquoi tu ne t'es pas mariée ? - Je n'ai pas trouvé l'homme qu'il me fallait.

Et le gendarme ? Qu'est-ce qu'il veut ?

Moi.

- Tu es sa maîtresse ? - Moi ? Avec lui ?

- Tu ressembles à ton père. - C'est vrai ?

Espérons que Dieu te donnera une meilleure vie que lui.

Je dois m'en aller.

Je t'apporterai le chien. Je sais déjà lequel : Filou.

- Filou ? Pourquoi ce nom ? - Parce qu'il est méchant.

Manlache !

- Quoi ? - Tu reviendras ?

Je viendrai.

Derrière la grande colline, ô Seigneur Dieu...

Un fier soleil s'est levé, ô Seigneur Dieu...

Pourquoi t'es-tu arrêté de chanter ?

Tu as oublié les paroles ? - Non. - Alors ?

Comme ça.

Mais si je te donne un sou, tu chantes ?

Tiens ! Le voilà !

- Mais tu chantes. - Oui.

Alors viens près de moi et je t'écoute !

Derrière la grande colline, ô Seigneur Dieu...

Un fier soleil s'est levé, ô Seigneur Dieu...

- C'est tout. - C'est tout ?

- Oui. - Qui sont tes parents, gamin ?

- Je suis le fils de Ioana. - Ah! Le fils de Ioana...

Et si j'allais la trouver pour lui dire: "Ioana, vends-moi ton fils Nicusor ?"

- Moi, je m'appelle Vasile. - Vasile... Beau prénom !

Alors, tu viendrais avec moi, Vasile ? Qu'en penses-tu ?

Pourquoi donc ? J'ai de l'argent. Je t'achèterais des bottes,

je t'inscrirais à l'école... Pourquoi tu ne veux pas ?

Non ! Laissez-moi !

Je sais bien qui vous êtes ! Manlache, celui qui revient du bagne !

Je te l'ai apporté.

Tu t'es approchée comme un chat. Tu m'as fait peur.

Pour si peu ?

Regarde ! Je n'ai pas oublié. Il a le palais tout noir.

Manlache, tu sais ce que je voudrais ?

Quoi ?

Que les choses soient toujours comme maintenant.

Comment ça ?

Je ne sais pas expliquer. Comme maintenant.

Tu devrais songer à te marier.

Épouses-moi, toi !

Dieu tout puissant ! Quelles sottises te passent par la tête !

Je ne plaisante pas.

Ne te moque pas de moi !

Moi, me moquer de toi ? Qui se moquerait d'un homme comme toi ?

La vie.

Pourquoi n'es-tu pas revenu me voir ?

- Tu aurais voulu que je vienne ? - Oui.

Tiens, tiens ! L'ours est sorti de sa tanière.

Prudence, ma fille ! Il a passé pas mal de temps en prison.

Il te fera pleurer.

Je ne pleure pas si facilement, Madame.

D'ailleurs, qu'on soit paysanne ou grande dame, on passe toutes par là.

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