The Crime Is Mine

The Crime Is Mine (Mon Crime)

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De første 193 linjer.

: Ah !

Ah !

- Mademoiselle Pauline, je vous ordonne de m'ouvrir !

Je suis nue, monsieur Pistole,

je sors de mon bain.

Revenez un jour où Madeleine sera là.

- Vous me devez plus de 3 000 francs de loyer

pour les cinq mois écoulés.

Alors, payez-les-moi ou je casse cette porte !

Je vais casser cette porte !

Oh, je vais casser la porte.

Tiens, voilà. Je casse la porte !

Entrez !

Ah bah tout de même !

Je vais vous expliquer.

- Non, je suis pas là pour une explication,

je suis là pour un règlement ! - Asseyez-vous, s'il plaît.

- Oui. - Avez-vous une automobile, monsieur Pistole ?

Oui, une petite Citroën.

Car y a quand même des locataires qui me payent !

Bon. Vous est-il déjà arrivé

de la laisser deux mois de suite au garage ?

- Oh, y a quatre ans, quand je me suis cassé la jambe.

- Oh ! Mon pauvre ! Laquelle ? - Celle-là.

Vous cherchez à détourner la conversation !

Pas du tout.

Durant ces deux mois, avez-vous payé vos impôts ?

- Pas pour la voiture. Je les devais pas.

- Eh bien, monsieur Pistole, pendant deux mois,

juillet et août, nous ne nous sommes pas servies de votre appartement.

Nous étions avec Madeleine à Pressigny-sur-Saône.

L'appartement est resté vide, comme qui dirait au garage.

Voilà donc déj 1 200 francs qu'il faut nous soustraire.

- Oh bah, ça fait... - Quoi ?

Je sais qu'au fond, vous êtes un brave homme,

mon cher monsieur Pistole, et je vous aime beaucoup.

Voilà pourquoi vous allez nous donner un peu de temps

pour les 1 000 francs que nous reconnaissons vous devoir.

- 3 000 francs ! - Monsieur Pistole,

je m'adresse à votre coeur et je lui dis...

- Non, vous lui direz rien du tout !

Gardez vos plaidoiries d'avocat pour le palais, maître Mauléon.

Je ne suis pas sensible à l'éloquence.

En revanche vous avez raison, je suis un brave homme.

Aussi, je vais vous faire expulser au plus vite

avant que vous ne me deviez en plus

les 600 francs du mois prochain. - Attendez !

Savez-vous où est mon amie Madeleine en ce moment ?

- Non, mais ça ne m'intéresse pas.

- Eh bien, elle est allée rencontrer M. Montferrand !

C'est quoi ça Montferrand ?

Pfff ! Évidemment !

Sorti de l'immobilier, vous ne connaissez rien.

M. Montferrand est le plus grand producteur de théâtre de Lyon,

Paris, Bruxelles.

Figurez-vous qu'il a convoqué Madeleine

pour sa nouvelle pièce, Le Calvaire de Suzette !

- Et dites-moi, depuis combien de temps

êtes-vous inscrite au barreau, vous ?

Un an.

- Et depuis un an, vous n'avez encore jamais plaidé ?

- Moi ? Je n'arrête pas. Voilà une demi-heure que je plaide !

- Bon, écoutez, mademoiselle Pauline,

moi, je veux bien attendre encore 48 heures.

Mais si lundi vous m'apportez pas mes 3 000 francs...

- Ah, Madeleine ! - Ah !

- Oh, Pistole, vous venez encore nous demander de l'argent ?

- Oh, il ne manquerait plus que je vous en apporte !

- Pourtant, on en aurait bien besoin.

- Ça n'a pas marché ? - Non.

Qu'est-ce que je vous disais ?

Bon, direction le commissariat.

- Ce que les hommes peuvent être ignobles. Des cochons !

- Oh, eh bien, je vous en prie ! Allez-y ! Insultez-moi !

Excusez-la, monsieur Pistole,

c'est normal qu'elle soit un peu nerveuse.

- Oui, bien moi, je suis exaspéré !

Quatre fois

que je vous réclame mes loyers !

Quatre fois que vous vous fichez de moi !

- Il t'a pas offert de rôle ? - Si.

Une soubrette, 10 000 francs par mois.

- 10 000 francs ? Mais alors pourquoi cette tête ?

- À ton avis ? - Hum ?

- Il m'a trouvée tellement à son goût

qu'il m'a proposé, en plus du rôle,

de le rejoindre deux fois par semaine pendant une heure.

- Au théâtre ? - Mais non, idiote !

Dans sa garçonnière, avenue Frochot.

Je comprends mieux !

Bon. 10 000 francs par mois pour deux heures par semaine,

ça fait plus de 1 000 francs l'heure.

- Tu m'excuseras, mais je n'ai pas calculé.

En tout cas, j'ai refusé

et quand je me suis levée pour partir...

Quoi ?

Il s'est jeté sur moi.

Il m'a prise à bras-le-corps, il m'a embrassée...

j'ai crié, nous nous sommes battus.

- Mon Dieu ! - Il m'a renversée sur le divan.

Je l'ai mordu.

Il a poussé un hurlement.

Il avait un regard de fou, comme si ça l'amusait,

comme si je l'excitais.

Alors, j'ai couru de toutes mes forces et je me suis enfuie.

Ma pauvre Madeleine...

Quelle histoire !

Alors pourquoi tu n'arrives que maintenant ?

J'ai marché.

J'avais besoin de respirer, de réfléchir.

Je suis tellement écœurée, découragée !

Moi qui croyais enfin m'en sortir, avoir un vrai rôle,

dans une bonne pièce.

- L'important, c'est que tu aies échappé

aux avances de cette ordure de Montferrand

et que tu aies refusé d'être sa maîtresse !

Tu n'as pas de rôle, d'accord,

mais toi, au moins, tu as un amoureux pour te consoler.

Oui, tu as raison, j'ai André.

Tellement différent.

Lui au moins, il n'a jamais pensé

à faire de moi sa maîtresse. - C'en est même inquiétant.

Tu crois vraiment qu'il a l'idée de t'épouser ?

Moi, je trouve qu'il aurait pu nous aider à payer le loyer.

- Tu es folle. Il n'a pas le sou.

- Le fils des pneus Bonnard ? - Oui, son père a des millions.

Mais il ne lui donne que 2 000 francs par mois.

- Mais alors, pourquoi ne travaille-t-il pas ?

- Tu sais bien, André n'est pas un actif, ça l'ennuie.

Mais qu'est-ce que ça peut faire ?

J'en gagnerai de l'argent, moi.

Et puis il me le rendra à la mort de son père.

Son père est mourant ?

- Pas vraiment. - Ces fils de famille !

Tout le monde travaille autour d'eux.

Il n'y a qu'eux qui ne fichent rien.

Vraiment, pfff... - Pauline.

Nous avons fait la connaissance d'André ensemble

et c'est de moi dont il est tombé amoureux.

Je trouve mesquin de ta part de lui en garder rancune.

- De toute façon, que je sorte avec toi

ou avec une autre, c'est jamais moi qu'on préfère.

- Tu exagères. - Non.

Y a les femmes qui sont nées pour les histoires d'amour

et celles à qui on vient les raconter.

C'est mon cas.

Je suis la confidente, comme dans les tragédies.

- André. - Bonjour, ma petite Madeleine.

- Entrez. Pauline est là.

- Mais ne vous en faites pas, elle s'en va ! Bonjour, André.

- C'est pas moi qui vous fais partir au moins ?

- Oh, non, j'ai à faire. - Où vas-tu ?

- Chez Boutrin, l'homme d'affaires véreux du 2e étage.

La concierge m'a dit qu'il allait être arrêté,

il va sûrement avoir besoin d'un avocat !

- Méfie-toi, il a peut-être un divan chez lui.

- Ne t'en fais pas, je sais mordre moi aussi !

Suivez-moi n'ayez pas peur.

- C'est quoi cette histoire de mordre et de divan ?

- Oh, rien qui vous concerne, heureusement.

- Ma petite Madeleine, chaque fois que je viens,

je suis ému comme un collégien.

Épris du désir de vous apporter que du bonheur.

Restez dans ces sentiments

et je serai la plus heureuse des femmes.

- Et je désire encore mieux pour vous. Autre chose.

- Quoi donc, mon Dieu ? - Eh bien,

le luxe, le confort, la belle vie.

Quand je sonne, c'est vous qui venez ouvrir.

Ça me fait plaisir, parce que je vous vois vite,

mais tout de même !

- Je n'ai pas besoin de domestiques

pour vous aimer, André.

On pensera à tout cela quand on sera riches.

- Eh bien, Madeleine, on va l'être.

- Votre père est mort ? - Quoi ?

Mais non, le pauvre homme. - Je vous demande pardon.

- Mon père est taillé pour vivre 100 ans.

Pour que l'argent vienne, il faut nous résigner

à nous y prendre autrement. - Nous résigner ?

Au vol ?

Au chantage ?

À la fausse monnaie ?

- Mais non, vous avez de ces idées aujourd'hui !

Madeleine, mes affaires vont beaucoup plus mal

que ce vous croyez. J'ai 400 000 francs de dettes.

Je n'ai plus de crédit nulle part.

Papa me donne juste de quoi perdre aux courses.

La vie est devenue impossible. - Ah, oui, impossible !

- Depuis deux mois que je vous aime,

je souffre de me contraindre, de me surveiller sans cesse,

de m'imposer une réserve. - Elle ne me déplaît pas.

- Moi, elle m'exaspère. Tout mon coeur s'élance vers vous

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