De første 88 linjer.
LA REVUE DE CHARLOT
Comprenant trois films de Charles Chaplin
UNE VIE DE CHIEN
CHARLOT SOLDAT
LE PÈLERIN
Trois comédies sans paroles
Bonjour, je suis Charlie Chaplin.
Voici ce qu'était Hollywood en 1915,
avec ses orangers et citronniers baignés de soleil,
avant la visite des trois cavaliers de l'apocalypse :
le pétrole, le cinéma et l'aviation,
qui ont déraciné les arbres fruitiers
pour les remplacer par des usines et des studios de cinéma.
J'étais un des coupables.
Je voulais un studio, et vite.
Aux États-Unis, on fait les choses vite.
Comme par magie, je l'ai eu.
Ce n'est pas le lieu de naissance de Shakespeare.
C'est bien un studio de cinéma.
Ici, vous voyez mon arrivée.
J'ai l'air bien plus jeune.
Ça remonte à dix ans au moins !
Je vous montre les coulisses.
A l'époque, je n'avais jamais de scénario.
On partait d'une idée et on inventait.
Mlle Edna Purviance, ma partenaire.
Elle a pris un peu de poids pendant la construction du studio.
Cette scène nous a donné du mal. Nous avons dû répéter 50 fois.
A la 32e, le petit homme est devenu un poids mort.
C'était très pénible pour mon bras.
Je vais vous ramener au bon vieux temps du cinéma muet.
Il n'y aura pas de parole, pas de sons réalistes.
Ça gâcherait le film.
J'ai composé deux heures de musique,
que j'espère plus agréables que des bruits de pas sur le gravier
ou un bavardage, comme je fais en ce moment.
Musique et action, une sorte de ballet comique.
Et maintenant, je me retire derrière mon rideau de silence.
UNE VIE DE CHIEN
L'aube.
Scraps : un bâtard pur sang.
On recherche : hommes forts pour travail dans les égouts.
On recherche hommes pour brasserie.
Dans un quartier louche.
Une jeune chanteuse chante une vieille chanson.
"Souris et fais de l'œil, ils consommeront mieux."
"Je flirte."
"Et la dame ?"
"II y a des étrangers parmi nous."
Retour à la Lanterne verte.
"Nous nous installerons à la campagne."
Quand les rêves se réalisent.
Le film suivant est une comédie sur la Première Guerre mondiale.
Vous voyez ici des scènes des combats réels,
tirées des archives de l'Imperial War Museum.
La guerre était différente à l'époque.
Des mois dans les tranchées,
à se morfondre dans des abris et dans la boue,
jusqu'à l'heure fatale
où on sortait, baïonnette au canon, pour capturer la tranchée ennemie.
La moitié s'en sortait,
l'autre moitié, non.
Ni bombes atomiques, ni missiles téléguidés.
Des canons, des baïonnettes et des gaz toxiques.
C'était le bon vieux temps.
Voici CHARLOT SOLDAT.
CHARLOT SOLDAT
Le peloton des maladroits.
"Rentre les pieds."
Au front.
L'ennemi.
Un repas tranquille.
"Fais comme chez toi."
Plus tard.
La relève.
Le mot de passe : "II pleut."
Des nouvelles du pays.
"Ça doit être pour toi."
Du fromage.
"A la victoire !"
L'heure de se coucher.
"Ne fais pas de vagues!"
Au matin.
"A l'attaque dans 15 minutes!"
La tranchée conquise.
Le 13 ne porte pas toujours malheur.
"Comment as-tu pu en prendre treize ?"
"Je les ai encerclés."
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