De første 200 linjer.
Deux ans avant la guerre de Sécession
quelque part au Texas
Qui c'est qui brinquebale dans le noir ?
Dis ce qui t'amène ou je te colle un pruneau !
Calmez-vous, messieurs.
Je ne vous veux aucun mal.
Comme vous, je ne suis qu'un voyageur épuisé.
Bon soir bien froid, messieurs !
Je cherche deux frères négriers du nom de Speck.
Serait-ce vous ?
Qui c'est qui demande ?
Moi.
Dr King Schultz, et voici mon cheval, Fritz.
Quel genre de docteur ?
Dentiste.
Êtes-vous les frères Speck ?
Et avez-vous acheté ces hommes à Greenville ?
Et alors ?
J'aimerais m'aboucher avec vous.
Parle normalement.
Je suis navré.
Pardon, l'anglais n'est que ma deuxième langue.
Vous auriez en stock, m'a-t-on amené à croire,
un spécimen que je tiens à acquérir.
Salut, mes pauvres !
L'un de vous
aurait-il résidé à la plantation Carrucan ?
Moi, je viens de là-bas.
Qui a dit ça ?
Ton nom ?
Django.
Alors, tu es bien celui que je cherche.
Sais-tu qui sont les frères Brittle ?
Qui sont-ils ?
Big John...
Ellis...
Roger.
On l'appelle aussi Lil' Raj.
Ils sont régisseurs à la plantation Carrucan.
Étaient.
Dis-moi,
tu reverrais un de ces trois messieurs, tu le reconnaîtrais ?
Lui parle pas comme ça.
Comment ?
Comme ça.
Mon bon, j'essaie simplement d'établir...
Parle normalement, bordel !
Restons calmes.
Je ne suis qu'un client qui conduit une transaction.
M'en fous. On vend pas.
Du vent.
Ridicule ! Bien sûr qu'ils sont à vendre.
Dégage.
Mon bon,
vous laissez-vous emporter
par la dramaturgie du geste,
ou me visez-vous à de funestes fins ?
Dernier avis, le dandy.
Soit.
Navré pour votre cheval,
mais je tenais à vous éviter tout geste irréfléchi.
Putain de fils de pute !
T'as tiré sur Roscoe !
Et t'as tué Ace !
J'ai tiré sur votre frère après qu'il m'a menacé.
Et je crois avoir...
cinq témoins qui peuvent en attester.
Tu m'as pété la jambe !
Sûrement.
Si vous pouviez bêler un peu moins fort,
j'aimerais finir d'interroger
le jeune Django.
Je reprends.
Tu reverrais les frères Brittle, tu pourrais les reconnaître ?
Adjugé, vendu !
Alors, M. Speck ?
Combien pour ce jeune Django ?
Bien déplaisants, ces fers.
Peux-tu me tenir ça un instant ?
Django, grimpe sur ce cheval.
Et je serais toi,
je prendrais ce gros manteau que notre regretté Speck a laissé.
Nègre !
Touche pas au manteau de mon frère !
Putain de merde !
Cent...
dix...
vingt...
et cinq...
pour ce jeune Django.
Et comme il n'en a plus besoin, j'achète
la rosse de votre frère.
De plus, M. Speck,
je crains qu'il ne me faille un acte de vente.
En avez-vous un ?
Va au diable, dentiste !
Je m'en doutais.
Pas de souci,
j'ai tout ce qu'il faut.
Ceci tiendra bien lieu d'acte de vente.
Quant à vous, mes pauvres...
À mon avis,
si vous vous demandez que faire maintenant,
vous avez le choix entre deux options.
Un :
moi parti,
dégagez de sa monture le Speck qui reste
et portez-le jusqu'à la ville.
Elle est bien à 50 km en rebroussant chemin.
Deux :
ôtez vos fers,
prenez ce fusil,
brûlez-lui la cervelle, enterrez-les tous les deux,
puis partez pour une région moins rétrograde.
À vous de choisir.
Et si, par hasard, il y a parmi vous des férus d'astronomie,
l'étoile qui indique le nord, c'est celle-ci.
Attendez, les gars !
Discutons !
Faut être raisonnable dans ce genre de situation !
Je suis pas un salaud, je fais que mon boulot !
Blueberry...
je t'ai pas filé ma dernière pomme ?
Emmenez-moi chez le toubib à El Paso et je vous ferai libérer.
Prenez-en deux ce soir
et puis demain matin...
Un nègre à cheval !
Pourquoi nous dévisagent-ils ?
Ils ont jamais vu de nègre à cheval.
Bonjour, tavernier !
Deux bières pour deux voyageurs épuisés.
C'est encore un peu tôt. On n'ouvre
que dans une heure. Et juste pour le petit-déjeuner.
À quoi tu joues, boy ?
Sortez-moi ce nègre !
Tavernier !
N'oubliez pas, alertez le shérif, pas le marshal.
Hélas.
Nous devrons nous-mêmes jouer les barmen.
Assieds-toi, mon garçon.
Vous êtes vraiment dentiste ?
Malgré ce chariot,
je n'ai pas pratiqué depuis cinq ans.
En ce moment, j'exerce un nouveau métier.
Chasseur de primes.
Sais-tu ce que c'est ?
Tout comme le négrier fait trafic de vies humaines,
le chasseur de primes fait dans le cadavre.
L'État met la tête d'un homme à prix.
Je traque cet homme, je le trouve, je le tue.
Puis je transporte son cadavre pour le remettre aux autorités.
Plus facile à dire qu'à faire, parfois.
Je montre le cadavre aux autorités, preuve que c'est bien moi qui l'ai tué.
Sur quoi, elles me versent la prime.
Bref, comme dans la traite d'esclaves, on vend des corps.
C'est quoi, une prime ?
Une sorte de récompense.
Vous tuez des gens et on vous récompense ?
Certaines gens, oui.
Des gens pas bien ?
Moins ils le sont, plus grosse est la prime.
Ce qui m'amène à toi.
Et cela, j'avoue, me met face à une sorte de dilemme.
D'un côté, je méprise l'esclavage.
De l'autre...
j'ai besoin de ton aide
et si tu ne peux pas me la refuser, tant mieux.
Donc, pour l'instant,
je vais utiliser ce foutu système à mon avantage.
Néanmoins, cela dit,
je me sens coupable.
Donc,
je souhaiterais que nous fassions un pacte.
Je cherche les frères Brittle.
Mais dans cette quête, je pars avec un léger handicap.
Je ne sais pas la tête qu'ils ont.
Toi, si.
Pas vrai ?
Je sais la tête qu'ils ont.
Bien.
Alors, voici le pacte :
on part ensemble à leur recherche.
On va où ?
Deux d'entre eux sont régisseurs à Gatlinburg.
Où, je l'ignore.
On va donc visiter toutes les plantations de Gatlinburg.
Dès qu'on les trouve,
tu me les désignes et je les tue.
Si tu fais ça,
je m'engage à te donner ta liberté plus 25 $ par Brittle,
ce qui fait 75 $...
Et, tombant à pic,
voici le shérif.
OK, les gars,
fini de rigoler.
Suivez-moi.
C'est bon !
Pas de panique.
Retournez à vos occupations.
Ces loustics seront bientôt partis.
No comments yet. Be the first to leave one.