De første 200 linjer.
J'en peux plus. J'ai les pieds en compote.
- Quelle satané grève ! - Et ta conscience sociale ?
- Et toi, t'en as une ? - Bien entendu.
- Et t'as pas mal aux pieds ? - Mais si !
Bonsoir, Madame. L'ascenseur est en panne
Comme d'habitude !
Mon Dieu, il est vraiment tard !
Comment ça va, Michel ? Monsieur est là ?
- Oui, Madame... - Tout est prêt ?
- Je crois, Madame. - Je jette un coup d'œil à la table.
C'est parfait. Prends ça, range-le.
- Tu as fait tes devoirs ? - Oui.
Mais qu'est-ce que tu as ? Viens.
- J'ai besoin de te parler. - Oui, Michel.
- Salut, Georges ! - Que t'est-il arrivé,
- pour que tu arrives si tard ? - Oui. Je sais, c'est la grève.
Place d'Argentine, c'était la pagaille,
On m'a déviée par une série infinie de ruelles !
Je voulais te dire que j'ai dû inviter Tante Margareth et son fils.
Ce soir ?
Que pouvais-je faire ? Elle a appelé, tu étais sorti.
Elle est à Rome pour trois jours. Je ne savais pas quoi dire.
On n'aura pas d'autres occasions.
Je vois que tu as une sympathie particulière pour Andréa et ses idées.
Peut-être devant sa mère, il évitera d'exciter la foule.
Au moins, toi, dépêche-toi, j'ai besoin de changer de robe !
Raconte, qu'as-tu fait de toute ta journée ?
Rien.
Qu'entends-tu par rien ? Sonne Cesira, s'il te plaît.
- Tu m'écoutes, maintenant ? - Oui, mais fais vite.
Entrez !
Cesira, je ne sais plus si je t'ai dit dans la cuisine...
de préparer quelque chose de léger pour Mme Casati ?
Mafalda a fait bouillir le poisson qu'elle a acheté pour le petit.
Parfait. Merci. Tu peux y aller, Cesira.
- Maman, tu m'écoutes ? - Oui, vas-y.
Mais retourne-toi, je dois me changer.
- Alors, que voulais-tu me dire ? - Désormais, je ne te dirai plus rien.
Tu veux vraiment me rendre folle. Allez, qu'est-ce qu'il y a ?
J'ai été seul toute la journée.
Ton répétiteur n'est pas venu ?
Non. Aujourd'hui, il n'est même pas venu.
Je ne sais, peut-être à cause du manque de transports.
Déjà la semaine dernière, il a raté deux jours de suite.
Tu sais qu'il ne se sentait pas bien.
Demain, je l'appelle,
et on lui envoie la voiture. Es-tu content ?
- Non. - Alors que veux-tu d'autre ?
J'aime pas mon répétiteur, Il parle trop et toujours de trop près.
Il sue et rit, il ne me plaît pas.
Tu voudrais être avec ta nourrice, de nouveau, n'est-ce pas ?
Mais tu es un homme maintenant et il te faut un homme comme toi.
Ah, mon Dieu, cette Cesira !
Cesira !
Prépare vite ma robe blanche et mes chaussures !
Oui, désolée, mais avec cette agitation.
- Bonsoir. - Bonsoir, Madame.
- Avez-vous mis le Champagne au frais ? - Oui, oui.
- On a sonné. Va ouvrir. - Tout de suite, Madame.
En attendant, vas-y, Georges.
Je suis prête dans un instant.
- Bonne nuit, Michel. - Au revoir.
- Bien, que disions-nous ? - Où as-tu été aujourd'hui ?
J'ai été... Comment, que veux-tu dire par, "Où as-tu été aujourd'hui" ?
Est-ce des questions à poser à sa mère ?
Écoute-moi bien, Michel. On doit vraiment parler.
Il est inadmissible qu'un garçon comme toi, qui a tout ne soit
jamais content, toujours nerveux comme un pleurnichard.
On en reparlera plus tard.
- Bonjour Michel, où est maman ? - Je suis ici.
Bonjour chérie, ça va ?
- Vite, les Orange sont déjà là. - J'arrive.
Il faut que je vous raconte ce qui s'est passé,
chez les Antonelli. C'est vraiment fou.
Vous êtes ravissante. Laissez-moi regarder. Très belle.
- Bonsoir. - Bonsoir, comment allez-vous ?
- C'est un plaisir de vous revoir. - Bonsoir.
Regarde ce que Richard a apporté à Michel !
Magnifique. Merci. Il va être ravi. C'est si gentil à vous, Richard.
- Voici, tante Margaret. - Tante Margaret. Comment allez-vous ?
- Bonsoir, Irène. - Bonsoir.
Elle a meilleure mine, vous ne trouvez pas ?
Oui, elle a maigri un peu. Je vous présente, Mme Orange.
- Monsieur Chandler. - Enchantée.
Monsieur Orange. Vous vous rappelez de Luciana ? Madame Casati...
- et son fils Andréa. - Asseyez-vous, tante Margaret.
Georges, montre donc la locomotive à Michel.
Vas-y, il n'est pas encore couché.
Que voulez-vous prendre ? Vous êtes déjà servie.
- Tante Margaret, un verre ? - Rien, merci.
- Alors un Vermouth, juste un doigt. - Un Vermouth. Et toi, Andréa ?
- Rien, merci. - Rien ?
- Non, rien. - Bien, merci. Et moi, je vais...
- Luciana, que veux-tu ? - Un Martini sec.
Bonne idée, je t'accompagne ! Ah, Michel !
Regarde ce que M. Orange t'a apporté. Dis bonjour à tante Margaret.
Comme tu as grandi ! L'année dernière tu étais ainsi !
Mais tu as les yeux un peu cernés, peut-être trop d'études.
- Oui, il est un peu maigre. - Michel ?
- As-tu salué, Mme Orange ? - Bonsoir, mon chéri !
- Te souviens-tu de ton cousin ? - Comment ça va ?
- Bien. - Remercie M. Orange.
Merci.
N'est-ce pas merveilleux ? Es-tu heureux ?
Maintenant, salue tout le monde et sois gentil.
- Bien, tout le monde est servi ? - Oui, merci.
Resterez-vous longtemps à Rome, Tante Margaret ?
Jusqu'à ce que mon mari résolve ses affaires.
- On essaye la locomotive ? - Et pourquoi pas ? Allez !
Où allez-vous tous deux ? Vous voulez vous amuser, seuls ?
Allons-y, ensemble.
- Attendons qu'elle s'arrête. - Votre verre.
- Merci. Marche arrière. - Regarde, c'est amusant.
Oui, ça l'est.
- Madame, le dîner est servi. - Allons, à table.
Vous voulez passer ?
- C'est amusant, même pour des adultes. - S'il vous plaît, asseyez-vous
Tante Margaret, Richard, et comment va l'appétit ?
Toi, assieds-toi là, Richard ici,
et Andréa à ma gauche.
Alors, Georges...
Non, je me trompe. Tante Margaret en tête de table,
Et Richard à sa droite et Georges ici. Asseyons-nous.
Excusez-moi de m'être trompée. Je me trompe toujours.
Tante Margaret.
Ces situations me confondent. Je m'organise mal et...
- je fais toujours une erreur. - Ne te préoccupe pas.
- Vous êtes en Italie depuis longtemps ? - Oui, depuis de nombreuses années.
J'ai étudié à Florence avec ma sœur, la mère de Georges.
Et puis j'ai épousé un italien, Vladimir Casati.
- Votre fils travaille en Italie ? - Oui, ici à Rome.
- Et que fait-il ? - Journaliste pour la presse.
Ainsi il est journaliste.
Donc il peut nous dire si nous aurons la guerre ou la paix.
- Je dirais la paix. - Vous êtes trop optimiste.
Que Dieu vous bénisse. Cependant, je crois qu'il y aura une guerre.
- J'espère en la paix. - Je ne vois pas comment. Ai-je tort ?
J'ai mes propres idées à ce sujet.
Vous vous y connaissez en politique, moi je n'y comprends rien.
Avez-vous été à ce concours hippique ?
Excusez-moi un instant. Je veux qu'il m'explique pourquoi il est si optimiste.
Car en ce monde nous sommes nombreux, Madame, à souhaiter la paix.
Yvonne, ma chère il vaudrait mieux de changer de sujet.
- Andréa est un homme de gauche. - Socialiste ?
Non, pire que ça, je le crains.
Madame, Michel m'a demandé de vous appeler. Vous feriez mieux d'y aller.
Excusez-moi. Je vais voir ce que l'enfant veut,
vous permettez ? À la paix ! Santé !
J'ai déjà résolu maints problèmes mais ce garçon reste une énigme.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Je me sens mal.
- À l'estomac ? - Oui, il me fait très mal.
- Où ? Où as-tu mal ? - Partout. Aïe.
Ici ?
Ce n'est rien, tu vas très bien. Fais pas ton cinéma habituel.
- Tu n'es plus un enfant ! - Je n'arrive pas dormir. Reste un peu.
Là, je ne peux pas, j'ai des invités... Ne sois pas bête, dors maintenant.
Va-t'en, je ne veux plus te voir ! N'as-tu pas honte ? Tu es toute nue.
C'est encore Michel.
Va voir si tu peux le calmer.
Cesira, dis-lui de se calmer et de dormir. Dis-le-lui de ma part.
Il y a longtemps qu'il est nerveux.
Il a eu une gouvernante de sa naissance jusqu'à il y a 6 mois,
quand Georges s'en est séparé. C'est peut-être la raison.
Il serait préférable pour un enfant de cet âge d'aller au collège.
Michel n'est pas un enfant comme les autres, il est très sensible,
même pour moi sa mère, c'est très dur de le comprendre.
Alors vous pouvez imaginer la difficulté qu'ont les autres.
Chérie, les systèmes éducatifs d'aujourd'hui ont beaucoup progressé.
Certes, nos collèges en Suisse sont merveilleux.
À mon avis, l'isolement, c'est ce qui nuit aux enfants.
Je pense exactement pareil. Regardez le fils de Chandler,
il est dans un collège et s'y trouve divinement...
- Oui, il s'est très bien adapté. - Il a juste un an de plus que Michel.
L'an dernier, il est venu seul en avion de Boston.
- Et il paraissait heureux et content. - Il a traversé l'Atlantique en avion ?
- N'avez-vous pas eu peur de l'envoyer ? - Non, il s'est beaucoup amusé.
Oui, je comprends. Mais n'oubliez pas que pendant la guerre,
lorsque Georges servait dans l'armée, Michel et moi étions en Angleterre,
sous les bombardements, nous réfugiant ici et là.
Madame, l'enfant s'est blessé !
- Où ? - Il est tombé dans les escaliers !
Michel !
Ce n'est rien, rien. Ne vous inquiétez pas, Madame.
- Michel ! - Ce n'est pas grave, calmez-vous.
Cesira ! Les clés de voiture !
Les clés sont dans la poche du manteau.
Tout droit, toujours tout droit !
À l'hôpital du Saint-Esprit, à côté du château Sant'Angelo !
Ce n'est pas grave. Il a une fracture du fémur.
Il a vomi mais on peut écarter une commotion cérébrale.
Là, il est au bloc opératoire, sous anesthésie générale.
- C'est presque fini. - Je veux qu'Alessandrini le voit.
- Je vais essayer de le rappeler. - Monsieur veut passer un coup de fil.
Vous pouvez l'accompagner ?
Pauvre Irène.
Michel !
- Docteur... - Tout va bien, Madame
Courage, Madame, ne pleurez pas. Tout ira bien.
Je suis désolé, mais ces choses-là arrivent très souvent aux enfants...
pour ceux qui les gardent. Elle veut parler au médecin de garde.
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