De første 200 linjer.
Allez, Lucy, décroche.
Décroche.
- Salut, c'est Lucy. - Ah, salut, Lucy.
Bonjour, répondeur.
C'est moi, Tom.
Tu me remets ?
On s'est croisés il y a 15 jours. Tu as essayé de me draguer, au bar.
Voilà, je me suis dit
qu'il y a un festival ce week-end, en Irlande.
Je vais y aller, et j'ai pensé que peut-être...
Je te rappelle.
Salut, c'est Lucy.
A propos de ce week-end, je voulais pas dire juste toi et moi.
C'est pas du tout un rencard.
On sera tout un groupe à camper.
Alors... amène des potes.
Si tu en as. Au cas où on s'entendrait pas.
Mais ça serait pas le cas. Si tu venais.
Si un homme nuit à un innocent,
le mal lui retombera dessus et l'insensé sera anéanti.
Ou pas.
Y a quelqu'un ?
Vite, sortons d'ici. Ferme la porte.
Chouette pub.
J'ai compté 12 hommes,
7 chiens,
pas de femmes
et moi.
Comme le festival débute pas ce soir et qu'il y a pas de concerts,
j'ai une petite surprise.
J'ai réservé dans un hôtel.
Petite canaille !
Je vois qu'on a commencé les préliminaires.
On devait aller au festival ce soir. C'était ça, le plan.
J'ai des amis là-bas qui campent
et qui pensent qu'on est en route.
C'est l'anniversaire de nos 15 jours.
- Je me suis souvenu. - Ça n'existe pas.
C'est un bel hôtel.
Dans la boîte à gants, il y a des infos dessus.
Jette un coup d'œil.
"Votre coin de paradis sur l'île d'Emeraude."
C'est pour ça que je l'ai choisi.
Je t'ai pas dit, mais tu es très jolie ce soir.
Allons-y.
- Tu es sérieuse ? - Oui.
On doit attendre ici jusqu'à 7 h
puis quelqu'un viendra nous montrer le chemin.
C'est ce qui est prévu.
Et si j'avais dit non ?
Je trouvais que c'était romantique.
C'est lui ?
J'imagine.
Bien. Attends.
Je me suis fait draguer en allant aux toilettes.
Ah oui ?
Le barman trouvait
que j'avais l'air d'un solide beau brin de fille.
Quel bagout.
Quoi ? Tu veux que j'y retourne ?
Que j'aille lui dire deux mots ? Je lui dirai ma façon de penser.
Je le sortirai et je lui collerai une beigne.
Quand tu étais aux toilettes,
un type m'a bousculé
et a renversé mon verre sur mon nouveau pull.
Je me suis retrouvé à payer ma tournée.
A tout le pub ?
Pourquoi ?
Il m'a bousculé et renversé mon verre dessus.
Alors j'ai dit : "Excusez-moi ?"
Il a dit : "C'est pas ma faute". J'ai dit : "Ni la mienne".
C'est devenu un peu bizarre.
Il a proposé de payer un coup mais à ce stade,
j'ai déclaré que j'allais payer ma tournée.
Pour calmer le jeu.
J'aime l'amour, pas la bagarre.
Quoi ?
Ça a été un plaisir !
Tom, arrête ! Il aurait pu te voir.
Ça se fait pas !
C'est bizarre, quand même.
- Tu veux que je t'aide ? - C'est bon.
- J'ai les mains sales. - T'approche pas.
Satellite perdu, recherche
Abrutis.
C'est les gars du pub ?
Je crois.
Faut que je passe un coup de fil.
En fait, je sais pas où je suis. Tom a réservé dans un hôtel.
Alors, je serai pas là ce soir.
Je lui ai parlé.
Il est triste, ce champ.
Comment un champ peut-il être triste ?
Je sais pas. Il est triste, c'est tout.
Regarde, il y a un arbre en colère.
Et de la gadoue inquiète.
- Quoi ? - J'ai roulé sur un caillou mal luné.
Arrête.
D'après le plan, c'est par là.
La pancarte dit par là.
On devrait vérifier.
On devrait suivre les pancartes.
On peut jeter le plan.
Défense d'entrer
C'est écrit : Kilairney House Hotel.
A gauche.
Bon, j'y vais.
J'ai cru voir quelqu'un.
C'est la fin de l'histoire ?
Tu n'as pas ton plan ?
Tu suis les pancartes ?
- J'ai gagné ! - Je t'accorde un peu de temps.
Je vois pas ce qui est écrit.
Ça dit : Kilairney House.
C'est pas très visible.
Par là.
C'est...
C'est pas normal.
Que dit le plan ?
Je vois pas
avec ce putain de rond orange.
On a suivi les pancartes.
J'appelle l'hôtel.
Il dira de suivre les pancartes.
Faisons demi-tour, on appellera si on revient ici.
Excusez-moi, on a une réservation
pour ce soir.
On a suivi les pancartes.
On a suivi les pancartes mais on s'est perdus.
On sait pas où aller.
Ça fait un petit moment qu'on cherche.
Eh bien, il y a...
Il y a 3 pancartes, je dirais.
C'est ce qu'on a fait mais là, ça dit de faire demi-tour.
J'essayais de suivre le plan
mais ça coïncidait pas avec les pancartes.
Allô ?
Ça a coupé.
- Y a plus de tonalité. - Je fais demi-tour.
Il parlait quand ça a coupé.
J'essaye de rappeler.
J'y vais.
C'est parti.
Non, attends.
Ça répond pas.
Il y a plus de réseau.
La Land Rover ! Attends, arrête-le.
Ça doit être par là.
- Comment ça ? - Il venait de ce côté.
- Et alors ? - Il venait probablement de l'hôtel.
Non, il nous a laissés avant qu'on passe la barrière.
Il est sûrement passé prendre quelqu'un et là, il repart.
Il repart chercher quelqu'un d'autre.
Kilairney House Hotel. A gauche.
Ils disaient que l'hôtel se trouvait dans un endroit reculé.
Ça doit être...
Comment on a pu revenir ici ?
On a dû se tromper.
On s'est pas trompés.
On a suivi les pancartes.
Retournons au pub. Ils enverront quelqu'un nous chercher.
OK, on fait ça.
On est pas arrivés par là.
- On retourne sur nos pas. - C'est impossible.
On voit pas bien à cause des arbres.
Tom, on tourne en rond.
Allez, Lucy, on y est presque.
- Comment ça, on sait pas où on va. - Mais si.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je vais aller vérifier
si je le vois de l'extérieur.
Tom ?
C'est moi.
Quoi ?
- Allez. - Tu m'as tiré les cheveux ?
Non.
Dépêche-toi.
Tu as peur ?
On est pas perdus, soit dit en passant.
Vraiment ?
Mais si on l'était...
ce serait la faute d'aucun de nous deux.
Monte dans la voiture, vite.
Dépêche-toi. Monte !
Les clés sont pas là.
- Comment ça ? - Elles sont pas dans la voiture.
Elles sont pas dans ta poche ?
Non, elles sont pas dans ma poche.
Elles doivent être par là.
Si tu dis les avoir laissées dedans, elles y sont.
- Bordel de merde ! - Tom, putain !
Les voilà.
- Elles ont tout le temps été là ? - Je sais pas.
Je sais pas pourquoi j'avais si peur, là-bas.
Tu avais peur aussi.
Tu étais...
J'ai cru qu'il y avait quelqu'un
tapi dans les bois à m'attendre, pour me sauter dessus.
J'ai sûrement pris les clés en sortant de la voiture.
Je les ai prises avec moi et elles sont tombées...
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