Risky Business (Les risques du métier)

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Les risques du métier

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Udgivet den: 2018-12-21
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De første 200 linjer.

Catherine ?

Catherine !

Catherine, ouvre-moi.

Maurice !

Viens ! Dépêche-toi !

C'est Roussel. Il veut te parler.

C'est important. Ça regarde le maire.

"Le maire", "le maire".

J'ai plus le temps de faire mon boulot.

Ce sont pas les électeurs qui me feront vivre.

Salut. Oui, Maurice. Qu'est-ce que tu lui veux, au maire ?

Quoi ?

Non, mais t'es fou !

Bon, bon. J'arrive.

L'instituteur peut embrasser une fillette

sans pour autant penser à mal.

Il peut lui peloter les seins et tenter de la violer sans problème.

"La violer"... Faut quand même pas exagérer.

Quand il a commencé à l'embrasser, elle s'est pas rendu compte.

Elle a rien dit. Comment voulez-vous qu'elle réalise !

Puis ce salaud avait la main dans son chemisier.

Elle s'est débattue pour se dégager. Voilà. Tenez ! Regardez !

Catherine,

regarde-moi.

Ça s'est vraiment passé comme ça ?

Oui, monsieur Baudoin.

Maurice, tu vois Doucet en train de faire ça ?

Pourquoi elle inventerait une telle histoire ?

Vous n'allez pas me dire que vous croyez à cette histoire ?

Pour l'instant, je crois rien, Doucet.

Je m'informe.

Alors ? Qu'est-ce qui s'est passé exactement cet après-midi

entre la petite et vous ?

Que voulez-vous qu'il se soit passé ? Rien !

Tout ça, c'est à cause du briquet et des ragots du village.

Quels ragots ?

Quel briquet ?

Eh bien, il y a quelques jours, vendredi dernier, exactement...

Asseyez-vous.

D'habitude, je ne fume pas...

en classe.

Mme Doucet me l'interdit.

Elle a raison.

Un instituteur ne doit pas donner le mauvais exemple.

Mais aujourd'hui, pour inaugurer ce très joli briquet,

je vais faire une exception.

Toi qui sais tout, Josette,

explique-moi par quel miracle ce briquet est arrivé ici.

- Je ne sais pas, monsieur. - Tu es sûre ?

Oui.

- Et toi, bonhomme ? - Moi non plus, monsieur.

Mes enfants, c'est certainement

le plus joli cadeau que j'aie reçu de toute ma vie.

En tout cas, celui qui me touche le plus.

Mais ce n'est pas mon anniversaire.

Ni ma fête.

Alors ?

Alors pourquoi ce briquet ?

Hélène, explique-moi ça.

- Je ne sais pas. - Bien sûre ?

Je vous assure, monsieur.

Et toi, Brigitte ?

- Je ne sais pas, monsieur. - Bien sûr.

Si Hélène ne sait pas, tu ne sais rien non plus.

Et toi, Catherine ?

Moi, si je le savais, je vous le dirais.

Je te crois.

Alors qui me l'a offert, ce briquet ?

Personne ?

Eh bien, merci.

Merci, personne.

- Tu as une idée de son prix ? - Non. 20 ou 30 francs, je suppose.

Ce briquet-là, exactement le même,

j'ai failli te l'acheter il y a peu.

Comme tu perds toujours tout, j'ai renoncé à cause du prix.

- Il vaut 15 000 francs. - "15 000 francs" ?

- Anciens, naturellement. - Tu es sûre ?

Ça...

c'est embêtant.

Silence !

Nous avons un petit compte à régler tous ensemble.

Celui ou celle

qui m'a offert ce briquet

ne veut toujours pas se faire connaître ?

Personne n'a rien à me dire ?

Asseyez-vous.

Écoutez-moi.

Devant chacun de vous se trouve une enveloppe.

Ouvrez-la.

Gérard, combien d'élèves dans la classe ?

- 28, monsieur. - Exact.

Dans chacune de ces enveloppes, il y a 5 francs.

Qui pourra me dire en premier combien ça fait, 28 fois 5 ?

28 fois 5 ?

- 140, monsieur. - 140, exact. Bravo, Catherine.

140.

140 francs,

le prix du briquet.

Vous avez compris ?

Je distribue à chacun de vous 5 francs.

Et nous sommes quittes.

- D'accord ? - Oui.

- On peut dépenser ? - Naturellement.

Vous en aurez bientôt l'occasion.

- Qu'est-ce qu'il y aura, dimanche ? - La fête !

Encore 5 francs ?

Qu'avez-vous fait ? Vous avez dévalisé une banque ?

Merci, monsieur.

- Elles sont bonnes ? - Oui, monsieur.

Sensationnelles !

Vous faites marcher les affaires, avec vos billets.

Et pour le briquet, vous ne savez rien ?

Non.

Si on offrait un briquet de ce prix-là à mon mari,

je me poserais des questions.

C'est à partir du lendemain que le comportement de Catherine a changé.

Allons, les enfants. Du calme.

La fête est finie. Revenons aux choses sérieuses.

Pour commencer, le classement du mois.

Encore un, et ce sera fini pour cette année.

Gérard, tu distribues.

Oui, monsieur.

Ce mois-ci,

les filles ont encore battu les garçons.

Pas de beaucoup, non. D'un demi-point.

Première :

Hélène Arnaud.

17.

C'est bien. Tu as bien travaillé.

Deuxième : William Gérard. 16,5.

Tu te maintiens.

Troisième : Sylvie Bourgeon. 16.

Quatrième : un autre garçon.

Georges Couchevelou.

Cinquième : Catherine Roussel.

Toi, Catherine, tu as perdu 3 places.

Ça ne m'étonne pas.

Alors, Catherine,

ça vient, ces affluents de la Loire ?

Tu ne peux même pas m'en citer un ?

Non.

Tu n'as pas appris ta leçon, alors ?

Non, monsieur.

Tant pis pour toi.

Zéro.

Catherine !

Catherine Roussel, c'est à toi que je parle.

Tu n'as pas fait le problème. Pourquoi ?

Tu n'as pas su ?

Non, monsieur.

Zéro.

Le deuxième en 4 jours.

C'est beaucoup, pour une bonne élève.

Ça t'intéresse, de savoir ce qui se dit sur le briquet ?

- Oui. - Je le tiens de notre bouchère,

qui s'est fait une joie de me l'expliquer.

Le briquet, c'est Catherine Roussel qui te l'a offert.

- "Catherine" ? - Oui.

Elle t'a fait ce cadeau car elle est amoureuse de toi.

La preuve qu'elle est amoureuse de toi,

c'est qu'elle a une photo de toi dans son cartable.

Voilà. Tu en sais autant que moi.

Bon. Ça suffit.

Il est l'heure. Allez-y.

Toi, Catherine, tu restes là.

Au revoir, les enfants. À demain.

Au revoir.

- Au revoir, monsieur. - À demain.

Il faut que nous parlions un peu, toi et moi.

Catherine,

j'ai l'impression qu'il se passe de drôles de choses là-dedans.

Et je voudrais bien savoir quoi.

Pourquoi n'as-tu pas fait ton devoir ?

Explique-moi ça.

Je n'ai pas su.

J'aimerais que tu me regardes, quand je te parle.

Tu n'as pas su, ou tu n'as pas voulu ?

- Je n'ai pas voulu. - "Pas voulu."

Pourquoi donc ?

Parce que ça ne sert à rien.

Ça ne sert à rien de faire ses devoirs ?

C'est nouveau, ça.

Et pourquoi, s'il te plaît ?

- Parce que. - "Parce que" quoi ?

Tu ne veux pas répondre ?

Non.

C'est toi qui m'as offert ce briquet ?

Non.

- Pourquoi vous offrir un briquet ? - Il n'y a aucune raison.

Seulement si les gens le disent, c'est à cause de la photo.

Tu as une photo de moi ?

Oui.

Où est-elle ?

Là-dedans ?

Pas la peine de chercher, vous trouverez pas.

- Elle est chez toi ? - Ça ne vous regarde pas.

Ça se trimballe avec une photo de moi et ça me regarde pas ?

Et tes parents, ça les regarde ?

Range tout ça. Je te ramène chez toi.

Et nous finirons bien par la trouver, cette photo. Allez.

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