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Islander (Insulaire)

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De første 195 linjer.

Pourquoi suis-je né sur cette île?

Quand on est enfant, on se pose ce genre de question.

Pourquoi je vis dans un endroit si différent du reste du monde?

Un petit point...

qui n'apparaît même pas sur les cartes.

Et le reste du monde est immense pour nous.

Mon arrière-grand-père,

Alfred von Rodt, est arrivé au Chili à une époque très difficile.

Il fallait avoir des couilles pour venir vivre ici.

C'était l'isolement complet du continent.

Il fallait avoir un certain niveau de folie pour faire ce qu'il a fait.

Arriver sur une île où il n'y avait quasi rien et créer quelque chose.

C'était un rêveur. Un peu comme nous, mais au 19e siècle.

Il s’est appelé lui-même "le dernier Robinson". Il est arrivé ici sans rien.

Il a créé une communauté très particulière avec des personnes,

des familles, des citoyens du monde.

Il a créé une communauté.

Nous sommes fascinés...

Fascinés par la difficulté d’arriver à un endroit

que l'on imagine avec une vision occidentale.

Une île paradisiaque avec des palmiers...

et des dauphins...

A l’époque de nos grands-parents, les colons, c’était différent.

C’était un lieu abrupt - et il l’est toujours -

pas adapté à l’être humain,

avec un climat très rude.

Ils ont dû s’adapter à l’île.

Et ils nous ont transmis ce message.

C’est à nous de nous adapter à l’île, à son environnement.

Une des choses qu'il nous a transmises,

c’est qu’il a tout essayé.

Il a tenté de réaliser ses rêves, créer un foyer,

une famille.

Et il est mort ici.

Il aurait pu rentrer en Suisse,

comme d’autres colons qui étaient venus avec lui.

Mais il est resté ici.

Nous sommes ce que nous sommes grâce à eux.

Grâce à leurs efforts, à leur détermination.

À leur conviction que cette île va au-delà du matériel,

que c’est un mode de vie.

Ils ont décidé que la manière de vivre ici

serait différente de celle du continent.

Vivre dans un tel endroit, avec ses avantages et ses inconvénients,

et créer une société complètement différente...

c’est ce qu’ils nous ont légué.

- Mon amour, comment ça va? - J'ai bien avancé.

- On s'occupe de la plante? - Ok!

Il faut que tu la portes...

- C’est laquelle? - Celle-là.

- Où sont les outils? - Je vais les chercher.

Mon amour, tu dois encore discuter avec Jon pour ton billet d'avion.

J'ai un billet pour le 25.

Ma mère m'attendra à Santiago.

- De là on part à Rancagua. - Tu vas direct à Rancagua?

Oui, en fin de journée. Santiago, c'est toxique.

Il n’y aura plus qu'à attendre et acheter tout pour le bébé.

La douce attente.

- Ta maman en est déjà gaga? - Oui, complètement!

Et moi, alors?

Toi, tu arrives après. Avant la naissance de la petite.

- Voilà Margarita! - La plante s'appelle Margarita?

- Il va falloir en prendre soin. - Faudra lui mettre un tuteur.

Celui-là...

Ou c’est trop?

Tout ce qu'on fait ici,

cultiver son jardin, construire sa maison,

on l’a appris d’eux.

On l’a appris des premières générations qui sont arrivées ici,

au prix de grands sacrifices, pour créer un futur.

On est ici grâce à eux.

On doit continuer à aller de l’avant.

Tant que notre île subvient à nos besoins, on doit continuer.

Les générations futures auront leur propre destin.

- Ils vont t'envoyer sur le continent! - Toi aussi!

Oui, mais moi, on va me mettre dans un foyer.

Je vais te dire quelque chose à l'oreille.

Ton équipe de foot, elle est nulle!

Voici une langouste commerciale.

Une femelle.

Elle a une petite poche pour les œufs.

Elle les sort avec sa patte quand ils sont prêts.

Espérons qu'on en ait beaucoup comme celle-là!

Un bisou.

Le petit est à qui?

Il doit être à une grande vache. Celle qui a les cornes pointues.

La tachetée?

Oui. C’est son veau, il est tout petit.

Mais on peut quand même le marquer. Qu’est-ce qu’il a comme marque?

Non, non. La marque n’est pas... Il faut le marquer.

On ne peut pas le laisser ainsi, sinon on va le confondre avec un des nôtres.

Il faut dégager la gorge.

Qui fait la marque?

Pourquoi vous lui coupez l'oreille?

On ne lui coupe pas l'oreille!

On va lui faire une marque, comme une petite boule.

- Ça ne lui fait pas mal? - Non.

Bien sûr que si!

Tu te sens mieux?

La présidente a appelé les gendarmes, ils vont envoyer de l’aide.

Le village est totalement détruit. Complètement détruit!

Pour le moment, on ne connaît pas l’ampleur des dégâts.

Ni le nombre des victimes.

Après le tsunami, pour participer à la reconstruction

plein de gens sont arrivés sur l’île.

Cela a eu un impact social énorme!

Plein de "plasticos" ont débarqué!

Beaucoup de gens sont arrivés.

Nous vivons sur un tout petit territoire.

Seulement 4% de l'île sont habitables.

Sur Robinson Crusoé, seulement 4% sont habitables.

L’île est comme ça, nous on vit là. Et tout le monde doit cohabiter.

Nous sommes prisonniers à l'intérieur d'un grand parc national

et on ne peut pas habiter ailleurs, à Puerto Inglés ou à Villagra.

On ne peut pas s’en aller parce qu'on déteste telle ou telle personne.

Non, on doit vivre ici. Le territoire est tout petit.

Les ronces ont encore repoussé...

Comment c’était, à l’époque de nos grands-parents?

Est-ce qu’il y avait déjà autant de ronces?

Non, ils les ont amenées pour faire des clôtures pour le bétail.

Je pense que ceux qui ont amené ces plantes invasives

ne savaient pas ce qui allait se passer. Ils n'ont pas fait exprès.

Il y a des ronces partout...

J’aimerais une île couverte de plantes et d'arbres endémiques. Pas ça!

Il y a aussi un autre problème.

La population a beaucoup trop augmenté,

et l’île ne peut pas accueillir autant de monde.

Si tu profites de ce que l'île t'apporte, tu dois faire quelque chose.

Nous, on fait quelque chose. On lui rend la pareille.

On aide l’île, parce qu’elle est en train d’étouffer.

Juan Fernandez, Juan Fernandez, ici le navire Antonio.

Juan Fernandez, Juan Fernandez, ici le navire Antonio.

Ici le port de Juan Fernandez. Bonjour à vous.

Bonjour, ici le navire Antonio.

Nous vous informons de notre arrivée sur l'île à 16h.

Nous avons 12 passagers et 9 membres d'équipage, capitaine inclus. Terminé.

Bien reçu. Merci pour l'information.

Bonne route. Terminé.

Terminé.

La première chose qu'on décharge, après le gaz et les véhicules,

ce sont les produits frais.

C'est ce que les gens attendent le plus:

les légumes et les fruits frais.

Il y en a très peu sur l'île. Pommes, poires, bananes, raisins...

- Il n'y en a pas là-bas? - Très peu.

Tous les gens travaillent dans la langouste.

Le matin, ils se lèvent tôt et ils vont travailler en mer.

Maintenant que c'est l'hiver,

ils partent tous travailler, et le village est presque vide.

Il n'en peut plus.

- Ils sont où? - Là-bas.

Avec Chito.

Vas-y, vas-y. Saute lui par-dessus!

Recule! Recule!

Pour créer du changement, il faut prendre les choses en main.

Il faut savoir qu’entre 2010 et aujourd’hui,

la population a augmenté de 35%.

L'accessibilité est meilleure, que ce soit depuis l'île vers le continent

ou du continent vers l’île. L’accès est plus facile.

Les gens qui arrivent adorent l’endroit et veulent s’installer,

pour profiter des avantages de l’île,

Ce n'est pas tout le monde

qui peut passer le week-end dans des paysages pareils!

On n’arrive pas à subvenir aux besoins de tous.

En vivant ici, on est privilégié.

Moi, je vais être sympa jusqu'à ce que je ne le sois plus!

Des gens arrivent, et après trois jours, ils prennent un terrain et s'installent!

Moi, je pense qu'on doit créer un statut spécial pour l’île.

Que les gens viennent ici pour travailler.

Qu'ils viennent construire quelque chose

et qu'ils s'en aillent et ne reviennent pas! Il y a trop de gens, ici!

Vouloir protéger l'île et maintenir notre niveau de vie,

ce n'est pas discriminer les gens de l'extérieur,

mais la capacité de charge de l'île

ne permet pas une explosion démographique.

Il faut changer un article dans la Constitution.

Créer une politique insulaire pour chaque territoire spécial.

- Il manque une loi sur l'immigration... - Pour ça, il faut un statut spécial!

Le débat se politise lorsqu'on parle de régulation de la migration.

Ce n'est pas qu'on ne veut pas partager, mais il n'y a pas assez à partager.

Il faut préserver ce que nous avons

pour que le reste du monde et nos enfants puissent en profiter.

C'est là qu'on n’est pas d'accord. On ne doit pas partager!

Aux gens qui viennent travailler ici,

personne ne leur demande leurs antécédents.

Parfois, il y a des délinquants.

Tu ne peux pas réglementer ça. Il faudrait une frontière!

C'est une question de migration, comment peux-tu la contrôler?

Les ouvriers du bâtiment qui arrivent, même les flics s'en méfient!

Ils les surveillent dans la rue. Ils leur collent des amendes.

Les ouvriers du bâtiment?

Oui. Parce qu'ils foutent le bordel!

C'est notre objectif: créer une politique basée sur la réalité locale.

Le rêve est encore vivant.

C’est de créer un modèle, un modèle de bonheur,

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