De første 200 linjer.
Rire.
Mon p'tit mari, embrasse-moi.
Mais...
Ta mère sera d'accord, au moins ?
Bien sûr, gros nigaud !
Alors, viens !
Au revoir, Romilda. - Au revoir.
Écoute, euh... J'allais oublier.
Maman m'a toujours dit...
...qu'un jeune ménage avait besoin de 50000 lires au moins,
...pour s'établir. Comme je n'ai pas de dot,
. je crois qu'elle sera exigeante là-dessus.
Tu peux en parler à ta mère ? - Mais oui.
- Oui ? - Oui, oui !
Je vous salue, ma tante. La vie est belle !
La vie est belle ?
Imbécile !
On entre.
Bonjour, maman !
Qu'est-ce que tu as ?
Tu as l'air soucieuse. - C'est une idée, mon chéri.
- Ah bon ! Parce que je suis si heureux, aujourd'hui !
Maman, embrasse-moi.
J'épouse Romilda.
Comme ça ?
Tout de suite ?
Tout de suite.
Comme tu es pressé, mon chéri.
Ces choses ne se traitent pas à la légère.
- Je ne les traite pas à la légère, je me suis engagé.
- Quand vous marieriez-vous ? - Le temps d'envoyer les faire-part.
- Tu sais que Romilda, enfin, sa mère, est gênée.
Très gênée. - J'épouse Romilda sans dot !
Ah ?
- J'apporterai tout, c'est bien plus simple.
J'ai promis... - Combien ?
50000 lires.
C'est pas trop ?
Tu ne seras pas gênée ?
Mais non, mon chéri.
Mais non, pourvu que tu sois heureux !
Tu es heureuse ?
Romilda ?
Bien sûr, maman.
Tu le sais bien.
Tu n'en as pas l'air.
Si, j'en ai l'air.
Tu as bien spécifié 50000 lires ?
Hein ? - Oui.
Ce n'est pas assez ?
C'est très bien.
Embrasse-moi, mon enfant.
Ambiance joyeuse.
- En ma qualité de directeur du "Petit Écho de Miragno",
...je vous souhaite tout le bonheur qui...
Enfin, tout le bonheur que...
Tout le bonheur possible !
Éclats de rire.
Car vous êtes unis comme la vigne l'est à l'ormeau.
Le jeune ormeau, c'est vous, Mathias.
La vigne grimpante, c'est vous, Romilda !
Tintements.
Ah, la vigne capiteuse,
...d'où l'on tire ce vin que je bois à votre santé,
...parce que...
Parce que... je meurs de soif !
Éclats de rire.
L'orchestre joue.
Très bien, mon cher directeur,
...votre image du jeune ormeau et de la vigne grimpante !
- Merci. Le jeune ormeau sera vite étouffé par la vigne grimpante !
- Une vigne qui n'est pas une vigne vierge !
Bravo, mon cher !
Voilà du bon journalisme !
- C'est gai, ici. On se marie, on danse.
En attendant, v'là une petite note, pour les mariés.
La facture de champagne. - Viens à la fin du mois.
- A la fin du mois, vous serez plus ici.
- Qu'est-ce que tu dis ? - C'est mon patron qui le dit.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Que M. Malagna s'installerait ici à la fin du mois.
- Tu permets ? - Oui.
- Mme Mathias Pascal, m'accordez-vous cette mazurka ?
Je suis fatiguée.
Oh non... - Allons !
Vous en mourez d'envie. - Taisez-vous.
- Quand on a dansé la gigue ensemble dans la campagne,
...une mazurka, ça se refuse pas. - Tais-toi.
- M. Mathias ? - Qu'est-ce que c'est ?
Pardon.
Une facture, déjà ?
Vous ne perdez pas de temps !
Venez avec moi.
Romilda éclate de rire.
Romilda ? Tiens, sois gentille.
Paye le mousseux.
- Avec quoi ? - Avec quoi ?
Tu n'as pas déjà acheté pour 50000 lires de chapeaux ?
- Il est bête ! Maman a l'argent. - Ta mère ?
Oui, elle nous le garde.
Eh bien, venez avec moi.
- Puisque vous acceptez d'être le banquier de vos enfants,
...voici déjà un créancier.
- Qu'est-ce que c'est ? - Le champagne de la noce, madame.
Avec quoi le paierais-je ?
Romilda m'a dit que...
- Je ne distrairai pas un centime des 50000 lires !
Cet argent est sacré.
Mais nous vous autorisons.
- Vous m'autorisez ? - Oui.
Ah ! Il est tordant.
- C'est bien joli, mais... mon champagne ?
Qui va le payer ?
Je vous en prie, Malagna, payez.
Cette scène est ridicule. - Je ne puis rien faire.
Si vous m'aviez écouté... - Comment ?
- Pour le mariage, nous avons dû hypothéquer vos derniers biens.
- Même le domaine de l'Épinette ? - Tout, madame.
Mais alors, nous sommes ruinés ?
Quoi ? Ruinés ?
Vous êtes... Nous sommes ruinés ?
C'est le bouquet !
Vous le saviez ! Vous nous avez roulées !
- J'ignorais que nous devions tant d'argent.
- Qui bénéficie de l'hypothèque ? - J'ai cru bien faire.
- C'est lui, le blaireau, le chacal !
Jean-foutre systémique ! Oh, le charognard !
Il est revenu, mais je n'étais pas là, tu as signé, imbécile !
- Mais j'en ai assez ! Je ne vous connais pas, moi !
Oh ! Chac... Chac...
Le chacal ! Le...
Voyou !
- Puisque c'est vous qui avez la galette...
- Entendu, je paie le champagne, c'est régulier.
Il ricane.
- Évidemment ! C'est pas le domaine de l'Épinette, ici.
Vous l'avez laissé vendre...
- Je ne voulais rien devoir à personne.
A personne, chère madame ?
Il ne fallait pas emprunter !
- Je suis très touchée. Je vous remercie...
...de l'hospitalité... - L'hospitalité !
On n'allait pas vous laisser à la rue !
Romilda !
Laisse Mathias se servir lui-même.
Tu es sa femme, pas sa bonne.
Vous l'avez drôlement élevé, votre fils.
Un feignant ! Vous en avez fait un feignant !
- Mathias est si jeune... - C'est en chassant des papillons...
...qu'on nourrit 4 bouches ? Vous ne répondez pas ?
Vous nourrirez votre famille de sauterelles ?
Romilda pouffe. - Ah, madame !
Je travaillerai.
Ha ! A quoi ?
Excusez-moi.
Travailler, travailler...
S'il croit trouver un imbécile pour l'employer !
Mathias soupire.
Tu as du chagrin, Mathias.
Sois tranquille, tout s'arrangera, va.
Mme Pescatore est un peu vive.
Mais au fond, c'est peut-être un coeur excellent.
Maman...
- D'ailleurs, tu n'as pas épousé la mère !
Hein ?
Et puisque Romilda t'aime...
Va la retrouver, mon chéri.
Va.
Bonsoir, Romilda.
Bonsoir.
Quoi, tu veux pas m'embrasser ?
Si. Tiens.
Maintenant, laisse-moi, je suis épuisée.
- Écoute, Romilda... - Tu m'ennuies !
- J'ai pas de conseil à vous donner, Mathias,
...mais les nouveau-nés ne se nourrissent pas d'insectes.
Attention. Romilda éclate de rire.
Mathias rit jaune.
Il pleure.
Elle a raison !
Bonjour, monsieur le maire.
- Mon cher Mathias, vous avez de la chance.
- Vraiment, vous auriez quelque chose ?
Oui, tenez, asseyez-vous.
Vous aimez les livres ? - Les livres ?
- Oui, les grands, les gros, les bouquins de toute sorte !
Nous en avons plus de 60000 dans la bibliothèque.
Vous entendez ? 60000, qu'il faut classer, arranger, cataloguer.
Voulez-vous vous en charger ? - Mais...
- Le bibliothécaire est trop vieux, je le mets à la retraite.
Ça vous convient ?
Le fossile vous mettra au courant. Vous serez bientôt...
...le grand manitou de la culture de Miragno !
Eh bien, j'accepte, M. Le maire.
Mais, pourrais-je savoir dès maintenant le...
- Combien vous gagnerez ? - Oui.
- Bon. Êtes-vous exigeant ? - Oh, non...
Mais... Je vous donnerai, tenez...
60 lires !
- Euh... - Ça va ?
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