The Man from Nowhere

The Man from Nowhere (L'homme de nulle part)

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Pierre ChenalLhomme de nulle part
En kommentar af pukachou
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Udgivet den: 2010-04-22
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De første 200 linjer.

Rire.

Mon p'tit mari, embrasse-moi.

Mais...

Ta mère sera d'accord, au moins ?

Bien sûr, gros nigaud !

Alors, viens !

Au revoir, Romilda. - Au revoir.

Écoute, euh... J'allais oublier.

Maman m'a toujours dit...

...qu'un jeune ménage avait besoin de 50000 lires au moins,

...pour s'établir. Comme je n'ai pas de dot,

. je crois qu'elle sera exigeante là-dessus.

Tu peux en parler à ta mère ? - Mais oui.

- Oui ? - Oui, oui !

Je vous salue, ma tante. La vie est belle !

La vie est belle ?

Imbécile !

On entre.

Bonjour, maman !

Qu'est-ce que tu as ?

Tu as l'air soucieuse. - C'est une idée, mon chéri.

- Ah bon ! Parce que je suis si heureux, aujourd'hui !

Maman, embrasse-moi.

J'épouse Romilda.

Comme ça ?

Tout de suite ?

Tout de suite.

Comme tu es pressé, mon chéri.

Ces choses ne se traitent pas à la légère.

- Je ne les traite pas à la légère, je me suis engagé.

- Quand vous marieriez-vous ? - Le temps d'envoyer les faire-part.

- Tu sais que Romilda, enfin, sa mère, est gênée.

Très gênée. - J'épouse Romilda sans dot !

Ah ?

- J'apporterai tout, c'est bien plus simple.

J'ai promis... - Combien ?

50000 lires.

C'est pas trop ?

Tu ne seras pas gênée ?

Mais non, mon chéri.

Mais non, pourvu que tu sois heureux !

Tu es heureuse ?

Romilda ?

Bien sûr, maman.

Tu le sais bien.

Tu n'en as pas l'air.

Si, j'en ai l'air.

Tu as bien spécifié 50000 lires ?

Hein ? - Oui.

Ce n'est pas assez ?

C'est très bien.

Embrasse-moi, mon enfant.

Ambiance joyeuse.

- En ma qualité de directeur du "Petit Écho de Miragno",

...je vous souhaite tout le bonheur qui...

Enfin, tout le bonheur que...

Tout le bonheur possible !

Éclats de rire.

Car vous êtes unis comme la vigne l'est à l'ormeau.

Le jeune ormeau, c'est vous, Mathias.

La vigne grimpante, c'est vous, Romilda !

Tintements.

Ah, la vigne capiteuse,

...d'où l'on tire ce vin que je bois à votre santé,

...parce que...

Parce que... je meurs de soif !

Éclats de rire.

L'orchestre joue.

Très bien, mon cher directeur,

...votre image du jeune ormeau et de la vigne grimpante !

- Merci. Le jeune ormeau sera vite étouffé par la vigne grimpante !

- Une vigne qui n'est pas une vigne vierge !

Bravo, mon cher !

Voilà du bon journalisme !

- C'est gai, ici. On se marie, on danse.

En attendant, v'là une petite note, pour les mariés.

La facture de champagne. - Viens à la fin du mois.

- A la fin du mois, vous serez plus ici.

- Qu'est-ce que tu dis ? - C'est mon patron qui le dit.

Qu'est-ce qu'il a dit ?

- Que M. Malagna s'installerait ici à la fin du mois.

- Tu permets ? - Oui.

- Mme Mathias Pascal, m'accordez-vous cette mazurka ?

Je suis fatiguée.

Oh non... - Allons !

Vous en mourez d'envie. - Taisez-vous.

- Quand on a dansé la gigue ensemble dans la campagne,

...une mazurka, ça se refuse pas. - Tais-toi.

- M. Mathias ? - Qu'est-ce que c'est ?

Pardon.

Une facture, déjà ?

Vous ne perdez pas de temps !

Venez avec moi.

Romilda éclate de rire.

Romilda ? Tiens, sois gentille.

Paye le mousseux.

- Avec quoi ? - Avec quoi ?

Tu n'as pas déjà acheté pour 50000 lires de chapeaux ?

- Il est bête ! Maman a l'argent. - Ta mère ?

Oui, elle nous le garde.

Eh bien, venez avec moi.

- Puisque vous acceptez d'être le banquier de vos enfants,

...voici déjà un créancier.

- Qu'est-ce que c'est ? - Le champagne de la noce, madame.

Avec quoi le paierais-je ?

Romilda m'a dit que...

- Je ne distrairai pas un centime des 50000 lires !

Cet argent est sacré.

Mais nous vous autorisons.

- Vous m'autorisez ? - Oui.

Ah ! Il est tordant.

- C'est bien joli, mais... mon champagne ?

Qui va le payer ?

Je vous en prie, Malagna, payez.

Cette scène est ridicule. - Je ne puis rien faire.

Si vous m'aviez écouté... - Comment ?

- Pour le mariage, nous avons dû hypothéquer vos derniers biens.

- Même le domaine de l'Épinette ? - Tout, madame.

Mais alors, nous sommes ruinés ?

Quoi ? Ruinés ?

Vous êtes... Nous sommes ruinés ?

C'est le bouquet !

Vous le saviez ! Vous nous avez roulées !

- J'ignorais que nous devions tant d'argent.

- Qui bénéficie de l'hypothèque ? - J'ai cru bien faire.

- C'est lui, le blaireau, le chacal !

Jean-foutre systémique ! Oh, le charognard !

Il est revenu, mais je n'étais pas là, tu as signé, imbécile !

- Mais j'en ai assez ! Je ne vous connais pas, moi !

Oh ! Chac... Chac...

Le chacal ! Le...

Voyou !

- Puisque c'est vous qui avez la galette...

- Entendu, je paie le champagne, c'est régulier.

Il ricane.

- Évidemment ! C'est pas le domaine de l'Épinette, ici.

Vous l'avez laissé vendre...

- Je ne voulais rien devoir à personne.

A personne, chère madame ?

Il ne fallait pas emprunter !

- Je suis très touchée. Je vous remercie...

...de l'hospitalité... - L'hospitalité !

On n'allait pas vous laisser à la rue !

Romilda !

Laisse Mathias se servir lui-même.

Tu es sa femme, pas sa bonne.

Vous l'avez drôlement élevé, votre fils.

Un feignant ! Vous en avez fait un feignant !

- Mathias est si jeune... - C'est en chassant des papillons...

...qu'on nourrit 4 bouches ? Vous ne répondez pas ?

Vous nourrirez votre famille de sauterelles ?

Romilda pouffe. - Ah, madame !

Je travaillerai.

Ha ! A quoi ?

Excusez-moi.

Travailler, travailler...

S'il croit trouver un imbécile pour l'employer !

Mathias soupire.

Tu as du chagrin, Mathias.

Sois tranquille, tout s'arrangera, va.

Mme Pescatore est un peu vive.

Mais au fond, c'est peut-être un coeur excellent.

Maman...

- D'ailleurs, tu n'as pas épousé la mère !

Hein ?

Et puisque Romilda t'aime...

Va la retrouver, mon chéri.

Va.

Bonsoir, Romilda.

Bonsoir.

Quoi, tu veux pas m'embrasser ?

Si. Tiens.

Maintenant, laisse-moi, je suis épuisée.

- Écoute, Romilda... - Tu m'ennuies !

- J'ai pas de conseil à vous donner, Mathias,

...mais les nouveau-nés ne se nourrissent pas d'insectes.

Attention. Romilda éclate de rire.

Mathias rit jaune.

Il pleure.

Elle a raison !

Bonjour, monsieur le maire.

- Mon cher Mathias, vous avez de la chance.

- Vraiment, vous auriez quelque chose ?

Oui, tenez, asseyez-vous.

Vous aimez les livres ? - Les livres ?

- Oui, les grands, les gros, les bouquins de toute sorte !

Nous en avons plus de 60000 dans la bibliothèque.

Vous entendez ? 60000, qu'il faut classer, arranger, cataloguer.

Voulez-vous vous en charger ? - Mais...

- Le bibliothécaire est trop vieux, je le mets à la retraite.

Ça vous convient ?

Le fossile vous mettra au courant. Vous serez bientôt...

...le grand manitou de la culture de Miragno !

Eh bien, j'accepte, M. Le maire.

Mais, pourrais-je savoir dès maintenant le...

- Combien vous gagnerez ? - Oui.

- Bon. Êtes-vous exigeant ? - Oh, non...

Mais... Je vous donnerai, tenez...

60 lires !

- Euh... - Ça va ?

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