Die ersten 200 Zeilen.
AUDIENCE DU SENAT AMERICAIN
Silence dans la salle.
Le témoin est prié de décliner son identité.
Emily Crane.
- Où habitez-vous, Mlle Crane ? - A New York.
Veuillez parler dans le micro.
Excusez-moi. A New York.
- Où travaillez-vous ? - Au service photo de Life magazine.
Etes-vous membre du conseil de l'association "Sentinelles de la liberté ?"
- Oui. - L'assignation vous enjoint-elle
d'apporter tous les livres, archives et documents
- relatifs à cette association ? - Oui.
Les avez-vous apportés ?
- J'ai une déclaration... - Veuillez répondre a la question.
Ce sera fait...
Nous examinerons votre déclaration en temps utile, Mlle Crane.
"Notre association se consacre aux libertés civiles..."
- Nous connaissons votre... - "Politiquement, nous ne..."
Nous connaissons votre association. c'est pour cela que vous êtes ici.
- "Sans aucun préjugé religieux..." - Refusez-vous...
Refusez-vous de remettre au comité les pièces citées dans l'assignation ?
Elles mentionnent le nom de gens qui nous ont aidés ou que nous avons aidés.
- Je refuse de leur... - Excellente publication.
Life magazine. Vous êtes d'accord ?
Oui.
Tirée à des millions d'exemplaires.
La couverture photographique d'évènements mondiaux,
et c'est vous qui choisissez les images. Impressionnant.
- Je ne décide pas de ce qui paraît. - Mais vous pouvez le suggérer.
Le travail du témoin à Life n'a rien à voir ici.
Je ne vois pas le rapport.
Reconnaissez-vous ces pétitions :
pétition de Stockholm pour la paix, désarmement mondial, à bas la bombe ?
Vous les avez toutes signées. Très jolie écriture.
- C'est votre signature ? - Cela n'a rien à voir avec l'enquête.
Et vous les avez aussi fait signer, je crois ?
Savaient-ils ce qu'ils signaient ?
Je n'ai jamais menti à personne!
Comment une jolie femme comme vous les a-t-elle persuadés ?
Je m'élève contre ces questions !
- Ces questions sont spécieuses. - Le témoin a la possibilité
de déformer des informations vues par des millions d'Américains.
C'est ridicule!
Elle a refuse de remettre ses dossiers
à ce comité comme requis dans son assignation.
Nous avons un droit légal d'accès à ces dossiers.
Vous voulez salir les gens.
Vous refusez donc de nous remettre ces documents.
Je ne vous donnerai pas leur nom.
Je crois qu'une citation s'impose.
J'agis contre mon gré, Mlle Crane,
mais vous ne nous laissez pas le choix.
La loi est très claire.
Vous ne voulez pas revoir votre position ?
Je le regrette sincèrement.
Je propose de déclarer le témoin coupable d'outrage au Congrès
et de porter l'affaire devant le Sénat. Tout le monde est d'accord ?
Motion adoptée.
La séance est levée.
Allons-y... Joyeux anniversaire...
Sénateur Byington.
Joyeux anniversaire
Joyeux anniversaire, sénateur Byington
- Joyeux anniversaire... - Quelques clichés de la famille.
La voilà.
Il paraît que c'est le printemps mais moi, je me gèle.
Moi, ça va.
Dans ton pays, moins 20, c'est la canicule.
Au moins, dans mon pays, les gens sont chaleureux.
C'est un froid sec. C'est différent.
Oui. Le nez gèle et tombe.
Je mets le chauffage.
Ça aura l'air louche, un moteur qui tourne à l'arrêt.
Et alors ? Ils appelleront les flics ?
Voilà pour toi.
- Jour de paie. - Merci, Tommy.
C'est quatre fois mon salaire, Warren.
- Vois ça comme une prime. - Ce n'est pas une prime, hein ?
Tu n'étais pas censée l'avoir avant d'être au courant.
Alors vas-y, dis-moi.
Ce n'est pas moi qui ai décidé.
Réorganisation du service, réduction des dépenses.
Tu les connais, Là-haut...
On a toujours été honnêtes l'un envers l'autre.
Ils ne peuvent pas aller contre l'opinion publique.
C'est eux qui la font, l'opinion.
Tu ne pouvais pas coopérer, bon Dieu ?
Ton putain de témoignage. Et puis quoi ?
Tu ne connais pas le climat? Tu avais de l'avenir, ici.
Merci de m'avoir dit la vérité.
Ça reste entre nous.
Mlle Crane, agent spécial Cochran, FBI.
On voudrait vous parler.
Je n'ai rien à dire.
Elle tient le coup.
Pardon.
Pardon. Pourriez-vous me dire où est cette rue ?
Elle est comme cette rue. comme ça.
- Parallèle ? - Oui, parallèle.
Tournez au coin, première à gauche.
Merci.
- Oui ? - Bonjour.
- Je viens pour l'annonce. - Trop tôt. L'annonce disait 15 heures.
S'il vous plaît!
Bon.
Merci.
Au moins, vous avez le cran de venir en avance.
- Vous n'avez pas peur d'être renvoyée. - J'ai besoin de ce travail.
Venez.
Lisez-moi ça.
"Mais il n'y avait personne,
"personne pour voir la frêle petite jeune fille de 19 ans
"dont les cheveux étaient plus noirs que l'aile du corbeau
"et les yeux, étrangement, de la couleur
"du ciel au crépuscule d'un jour de moisson."
Ça suffit.
Vous ferez l'affaire.
Vous avez une voix relativement cultivée.
- Etes-vous allée à l'université ? - Oui.
- Un diplôme ? - Oui.
- Avec mention. - Ma vue commence à baisser.
Je veux quelqu'un pour me faire la lecture.
Vos horaires de travail dépendront de mon état de santé.
- Le salaire est de 50 S par semaine. - Ce n'est pas beaucoup.
La porte est derrière vous.
Vous serez nourrie.
"...je n'emporterai que quelques vêtements.
"Je te laisse tout,
"même l'enfant à qui tu as appris à me haïr.
"'Lynn ne...', commença Court, mais la porte s'ouvrit,
"poussée par Lynn. 'Laisse-la partir, papa', cria-t-elle,
"'c'est vrai que je la hais. Oui !"'
...deux semaines environ.
Qu'il ne sorte en aucun cas.
Le Dr Teperson a dit que c'était trop dangereux.
Il en a assez de rester ici.
- Il voudrait savoir, pour ses assistants. - Dites au Dr Teperson qu'ils arrivent.
Rome ne s'est pas construite en un jour. Allez-y, traduisez.
Les assistants arrivent.
Je le lui garantis.
On a eu un petit problème pour les faire sortir.
Mais c'est réglé.
D'accord ?
- Vous n'aviez pas parlé de ce groupe. - Je leur rends service.
- J'ai certifié qu'ils s'agissait de réfugiés. - Oui, de la vieille Europe.
- Qui sont-ils, des savants atomistes ? - Il n'y en a plus. Ce sont des chercheurs.
- Quel genre ? - Dans la recherche. c'est tout.
Quel genre de recherche ? Où ?
Ne vous inquiétez pas.
- Ce sont des techniciens. - C'est-à-dire ?
Tubes a essai, prélèvements sanguins. Vous croyez que je n'ai pas vérifié ?
- Ils n'ont rien à se reprocher. - Pourquoi ce secret? Les faux noms ?
Ils travaillent dans un domaine crucial pour la sécurité nationale. Voila tout.
Je vous ai fait confiance, Ray.
Vous croyez que j'en abuserais ? Votre réputation n'en souffrira pas.
Il ne s'agit pas de ma réputation.
Il s'agit d'un présidentiable cher au cœur du pays.
Votre ambition est noble, sénateur. Je vous aiderai a la réaliser.
Le reste n'a que peu d'importance.
Si c'étaient des criminels de guerre...
Ce n'est pas le cas. Je vous l'assure.
Bonjour. On s'est rencontrés l'autre jour.
Vous vous souvenez ? Je vous ai demandé une adresse.
- Parallèle. - Ah oui.
J'ai trouvé la maison. Merci.
Vous habitez le quartier ?
L'autre jour, je cherchais un travail a cette adresse.
- De lecture. - Vous êtes lectrice ?
Je lis à haute voix. Pas ce livre. Celui-là, je le lis par plaisir.
Je peux voir ?
Bien sûr.
"Dickinson." Dickinson ?
- Je devrais le connaître ? - c'est une femme. Un merveilleux poète.
On m'a donné son nom.
- Vous vous appelez Dickinson ? - Non. Son prénom, Emily.
Connaissez-vous M. Edgar Allan Poe ?
Je m'entraîne a parler anglais avec ses poèmes, pour le son.
"Au tintinnabulement qui jaillit, si musical,
"Des clochettes, clochettes, clochettes."
- Je trouve ça très beau. - Oui, c'est très beau.
- Où avez-vous appris l'anglais ? - Un peu partout.
- Pendant la guerre ? - Pendant, après.
Vous êtes interprète ? c'est votre métier ?
Qu'est-ce qui vous fait penser ça ?
Je vous ai entendu traduire, l'autre jour.
C'était involontaire. La fenêtre était ouverte. L'autre criait...
- Qui ? - Le Dr Teperson.
- Un grand... - Vous l'avez vu.
- Sans... - Vous comprenez l'allemand ?
- Non, je... - Vous connaissez ce nom, Teperson ?
Non. Je devrais ?
Merci pour votre Dickinson.
- Vous traduisez pour M. Salwen ? - Je ne connais pas...
- Mais je vous ai vu... - Vous faites erreur.
Veuillez m'excuser. Au revoir.
- Je ne sais rien d'elle. - Vous avez parlé longtemps.
De poésie. Elle est lectrice.
Qu'a-telle dit d'autre ?
Rien. Je vous l'ai dit.
Elle porte le nom d'Emily Dickinson.
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