Die ersten 200 Zeilen.
THE ADDICTION
L'opération a commencé tôt le matin.
Les soldats américains avaient l'ordre de détruire l'ennemi.
Ils ont investi le village
et ce qu'ils ont fait a choqué le monde entier.
Sensible à l'opinion public,
l'administration a désigné un coupable et l'a condamné.
Une justice bien aveugle avait été rendue.
La conscience outragée de la société
était provisoirement satisfaite.
C'est le pays entier qui était coupable. On ne peut condamner un seul homme.
On ne peut pas emprisonner un pays entier.
Il fallait un bouc émissaire, par malchance il a payé pour les autres.
Ce n'est pas une question de malchance.
Pourquoi y était-il ? Qui lui a donné une arme ?
On dit qu'il a tué femmes et enfants.
Combien de bombes ont fait le même carnage ?
Combien de maisons détruites ? Qui a été condamné pour cela ?
Que veux tu que je te dise ? Le système est imparfait.
Les gens voulaient juste manifester leur dégoût,
et ce de façon légitime.
Je ne dis pas que c'était illégitime
mais on ne peut pas accuser un homme seul
pour tous les crimes de guerre. C'est ridicule.
Tu vas où ?
- Je vais voir mon frère. - Moi je vais par là, au revoir.
- Belle nuit. - Oui.
Regarde moi et dis moi de m'en aller.
Ne me demande pas, dis le moi.
S'il vous plait...
Ne me faite pas de mal.
Tu crois que cela va m'arrêter ?
S'il vous plait...
Bienvenu au club.
Tu veux savoir ce qui va se passer ? Tu verras bien...
Nous allons communiquer son signalement
à toutes les patrouilles.
Si vous la croisez dans la rue, appelez-nous.
Si on la coince, vous viendrez l'identifier.
C'est tout ?
Estimez-vous heureuse d'être encore en vie.
L'un des aspects du déterminisme
est le fait que les impies n'ont pas conscience de leurs péchés.
Ils n'en ont pas conscience car ils nient l'existence du Mal.
Ils sont voués à l'Enfer,
ils ne connaissent pas le repentir,
ni la conversion.
La rédemption, la recherche de la grâce n'existe que pour les croyants...
La culpabilité a un aspect salvateur,
souffrir est une bonne chose.
Nous devons ressentir la culpabilité et la souffrance
afin de trouver le pardon.
La culpabilité signifie que Dieu influence notre destin,
seuls les fous refusent de l'accepter.
A présent, reprenons le texte page 36...
Kathleen ?
Reprenons page 36...
Kathleen, c'est moi qui m'occupe de vous
Vos analyses ne mentionnent rien de grave,
votre blessure ne révèle aucun signe d'infection.
Il est trop tôt pour déceler le virus du SIDA,
si cela vous préoccupe.
Nous pensons plutôt que vous souffrez d'une anémie chronique,
exacerbée par le choc traumatique.
Nous allons vous garder quelques jours. Vous resterez sous perfusion.
Vous serez bientôt sur pied. Des questions ?
Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à sonner.
- Où étais-tu ? - A l'hôpital.Je me sentais pas bien.
Tu n'as pas l'air dans ton assiette.
Tu suis un traitement ?
Les médicaments sont une métaphore de l'omnipotence.
- J'ai des antibiotiques. - Prend les.
Bien sûr.
- Qu'est-ce que tu regardes ? - Rien, rien.
- Ça va ? - Oui.
Tu as lu le dossier pour le séminaire ?
Oui et toi ?
Non, qu'ils attrapent le cancer
et reviennent nous parler de libre arbitre.
Comment peux-tu lire et manger en même temps ?
C'est quoi ton problème ?
Il faut être dingue pour faire une thèse sur ces imbéciles.
C'est ça ou le CAPES, c'est la seule alternative.
- Tu es allée voir l'expo ? - Non.
- Tu veux y aller ? - Oui.
Je te retrouve après mon cours.
Ceci est l'œuvre des allemands, il n'y a pas d'erreur possible.
Ils ont délibérément fait des expériences
sur des docteurs, des écrivains, des musiciens...
A présent, je connais la moitié de la vérité,
C'est une moitié de plus que ce qu'ils ont admis.
L'adage de Santayana est un mensonge :
"Qui ne tire de leçon de son histoire est condamné à la répéter",
C'est faux... il n'y a pas d'histoire.
Ce que nous sommes est a nous à jamais.
Notre seul problème
est de juguler ce fléau qui ne cesse de croître.
"L'Être et le Néant", "L'Être et le Temps",
"Idées", "De la Maladie à la Mort" de Kierkegaard.
"La Volonté de Puissance" de Nietzsche.
Pour la semaine prochaine, lisez les 120 premières pages
de "L'Être et le Néant" de Sartre. Des questions ?
Le cours est terminé.
On m'a dit que tu n'allais pas bien.
- Ça va mieux ? - Oui, merci.
- On se voit toujours à 19 heures ? - Oui.
Apporte tes travaux.
OK
- On pourra grignoter quelque chose. - Parfait.
- Tu es sûre que ça va ? - Oui.
Qu'importe ce que je fais, que je verse le sang ou non.
C'est la violence de ma volonté contre la leur.
Ça ne va pas ? Tu n'as rien dis de la soirée.
Le silence a 2 aspects. L'un selon Sartre
L'autre selon Max Picard.
Pourquoi suis-je silencieuse ? - Par jeux ?
Ai-je dis quelque chose qui t'a contrarié ?
- Vous êtes trop égoïste. - C'est vrai, mais qu'est-ce qui cloche ?
Écoute il est tard.
Nous devons travailler.
Certaines choses sont plus importantes que d'autre.
D'ailleurs, c'est toi qui fuis la philosophie spéculative, non ?
Je suis en train d'accepter ma vie,
d'appliquer les théories sur ma propre existence.
Nous en viendrons à ma thèse en temps voulu.
Cette musique est vraiment triste.
Ça me déprime, allons-y.
- Je ferais mieux de rentrer. - S'il te plaît, viens.
La soirée ne fut pas une partie de plaisir.
Viens.
- Tu veux boire quelque chose ? - Qu'est-ce que tu as ?
Ce que tu veux.
Attends, j'ai quelque chose pour toi.
La dépendance est merveilleuse,
elle fait bien plus pour l'âme qu'une thèse de doctorat.
Tu veux me faire plaisir ?
Donne moi ton bras.
J'veux du fric et de la chatte, putain !
Ces putes, c'est que de la merde.
- J'vais baiser n'importe quoi. - Salut poupée, tu vas où ?
- Comment tu t'appelles ? - Black, tu vois ?
T'as le feu au cul ou quoi ?
Écoute moi, on va se revoir.
J'bouge pas, tu vois.
L'odeur est ici pire que dans un charnier.
C'est un cimetière.
Des rangées de tombes délabrées. Des épitaphes vicieuses et diffamatoires.
Et nous sommes tous collés ici comme des mouches.
- Ça va ? - Je relis.
Moi aussi
- Tu étudies quoi ? - L'anthropologie.
- Tu aimes ça ? - Que faire d'autre ?
"L'homme est la mesure de toute chose"
Protagoras, non ?
Qu'est-ce que tu étudies ?
Le doux lait de l'adversité : la philosophie.
- Tu n'as pas peur la nuit ? - Oui, toujours.
Mais je n'ai pas le choix. C'est ça ou une université du Dakota
- Ou rien du tout - Question de choix
J'ai choisi, je suis heureuse ici.
- Tu es à la cité universitaire ? - Oui, et toi ?
J'ai un appartement... Tu veux venir ?
Je vais travailler cette nuit, on prendra un café.
- On pourra parler de Feuerbach. - Merci de m'inviter.
Qu'est-ce que tu croyais ?
Pourquoi ne m'as-tu pas dit de partir ?
Pourquoi ne m'as-tu pas envoyée au diable...
...comme tu le voulais ?
J'avais peur que tu me fasses du mal.
Plus que ce que j'ai fait ?
Je ne sais pas ce que tu m'as fait.
Je ne sais pas ce que c'est.
- Je vais être malade ? - Non...
- ... pas plus qu'avant. - Qu'est-ce que ça veut dire ?
Comment peux tu agir avec tant de vice ? Regarde ce que tu m'as fait.
Comment peux tu faire ça ?
N'as tu donc aucun sentiment ?
Non... c'était ta décision.
Ton ami Feuerbach a écrit :
"les hommes qui comptent les étoiles sont semblables à Dieu".
Mon indifférence n'est pas en cause ici.
C'est ton étonnement qu'il faut examiner.
Où étais tu ? Je t'ai appelée toute la nuit.
A la bibliothèque.
Tu devrais te calmer, tu as vraiment mauvaise mine.
Je ne me suis jamais sentie aussi mieux.
Je crois que je devrais m'occuper de toi.
- Ça va ? - Oui.
J'ai oubliée un truc là haut.
A plus tard, je t'appelle.
- Je t'attends ici. - Non, ne t'inquiète pas...
ça va prendre du temps, je t'appelle... d'accord ?
Très bien.
- Salut la miss, quoi de neuf ? - Je veux t'emmener quelque part.
J'me casse.
Putain ! Qu'est-ce que tu fous ?
Pourquoi ne me dis-tu pas de partir ?
Demande moi de te laisser !
Pourquoi tu ne me demandes pas de te laisser...
Demande moi de partir !
No comments yet. Be the first to leave one.