Die ersten 200 Zeilen.
Tout le mal que je fais
Finira par me détruire
Attendez et vous verrez
Même si les gens me détruisent
Je deviendrai célèbre
Le monde entendra parler
Du Voyou
"Se dit populairement à Paris d'un enfant du peuple malpropre et mal élevé."
Le Littré.
Vous voulez boire quelque chose ?
Une bière !
Sans mousse.
Merci.
Vous avez faim ?
Oui.
Qu'est-ce que vous faites ?
Une omelette...
Non, dans la vie...
Secrétaire de direction. Et vous ?
Ça vous arrive souvent d'arracher les fils de téléphone ?
Quand je ne connais pas, oui.
Vous voulez un peu de vin ?
Je reprendrais bien un peu de bière, si vous avez.
La confiance règne.
Vous ne mangez rien ?
Non. J'ai dîné avant d'aller au cinéma.
Vous allez souvent au cinéma ?
Vous comptez rester longtemps ?
La nuit, sûrement...
- A quelle heure vous travaillez demain ? - Je pars à huit heures.
C'est tout ce que je peux faire pour vous ?
Quelqu'un d'autre a les clés ?
- La concierge. - Elle vient souvent ?
Tous les deux jours.
Pourquoi on vous recherche ?
Vous n'avez rien à fumer ?
- Pourquoi êtes-vous nerveuse ? - Je suis très calme.
Vous ne recevez pas beaucoup.
Bon, j'ai une voiture,
je peux vous conduire où vous voudrez.
Demain, vous n'irez pas travailler.
Ah, on va chercher à savoir pourquoi,
et comme le téléphone est coupé, on enverra quelqu'un.
Vous serez malade !
- Je n'ai jamais été malade en dix ans ! - Justement ! Il est temps de commencer.
La concierge vient demain ?
Oui.
Dites-lui de ne pas venir,
vous l'enverrez prévenir votre patron
- et chercher les journaux. - Pourquoi des journaux ?
Parce que vous serez malade...
Dites,
vous avez l'intention de rester longtemps ?
Faut être gentille avec moi, j'ai eu une journée très chargée.
Hein, on n'est pas bien ?
Elle est très belle.
Toi aussi.
- Je peux l'embrasser ? - Oui. Françoise,
le monsieur voudrait t'embrasser.
Merci.
Va jouer avec tes amis maintenant.
- Comment tu as fait pour me joindre ? - Je t'expliquerai.
Les flics t'ont posé des questions ?
Oui, le soir même de ton évasion, ils étaient à la maison.
J'ai dit que je savais rien que la vérité.
Ton mari ?
Il a été très bien.
Mais il avait peur que tu téléphones...
Il me prend pour un cave ?
Où tu étais, pendant ces quinze jours ?
Chez une dame.
Je la connais ?
Non.
Je l'ai rencontrée comme ça, le jour de mon évasion.
Et elle t'a caché ?
Oui.
Elle t'a caché pendant quinze jours ?
D'abord, je l'ai un peu forcée, puis elle a consenti.
- Tu la connaissais ? - Mais non.
T'es sûr que t'as pas été suivi ?
Ils pensent que je suis à l'étranger.
T'as pas tellement maigri.
C'est une très bonne cuisinière, la dame.
Qu'est-ce que j'ai envie de t'embrasser,
t'entends ?
Elle est drôlement belle ma fille !
Qu'est-ce que tu vas faire ?
Me tirer à l'étranger, pour de vrai.
Pourquoi tu l'as pas fait avant ?
Je voulais la voir.
Tu as besoin d'argent ?
Peut-être...
Quel pays t'as choisi ?
Je sais pas encore...
- Tu as une voiture ? Oui.
Je dois voir quelqu'un, tu peux me déposer ?
Oui. Mais alors je vais laisser la petite avant.
Françoise... tu t'es fait mal ?
Comment tu l'as rencontré ?
Après la naissance de Françoise, sur la côte...
Il a autant de blé qu'on le dit ?
Tu peux pas savoir combien de yaourts les gens mangent !
Tu lui as tout raconté ?
Après ton procès, la France entière était au courant de notre histoire.
- Comment il est avec la petite ? - Bien, très bien.
Alors, maintenant, tu manges du yaourt ?
Tu sais ce qui est le plus étonnant quand on sort de prison ?
C'est les fringues,
et le prix des places de cinéma.
Qu'est-ce que tu fais, Françoise ?
Elle fait rien de mal.
C'est là que tu habites ?
C'est un peu plus loin, mais c'est préférable de s'arrêter ici.
Tu embrasses le monsieur, Françoise.
Au revoir, ma chérie,
t'es très gentille.
Viens vite mon amour.
J'en ai pour une seconde.
Je t'aime mieux comme ça.
Tu sais, je t'en ai voulu longtemps.
Et puis finalement, je t'ai trouvé des raisons.
Je me suis dit qu'il valait mieux
épouser un type riche, beau, jeune, honnête...
Il est vraiment honnête ?
Ce que je comprends moins, c'est que lui t'ait épousée !
Tu crois que la petite racontera rien ?
De toute façon, je lui dirai.
Je vais te laisser le volant, c'est pas prudent que je conduise.
T'as pas envie de m'embrasser ?
Je te laisse conduire.
- Combien celui-là ? - Deux mille.
C'est une belle pièce, tu peux y aller.
- Et celui-là ? - Mille cinq cents...
mais tu auras des problèmes car tu peux pas alimenter partout.
Tu vas où ?
Je prends celui-là.
Oui, bien équilibré.
Combien ?
Deux mille.
Tu me mets une cinquantaine de balles ?
Dis donc, je te croyais à l'étranger...
Continue à le croire.
J'ai du boulot pour toi.
Tu sais bien que je travaille tout seul !
- T'as revu Martine ? - Elle m'attend dans la voiture.
A ta place, je serais pas si gentil avec elle.
Justement, t'es pas à ma place.
Qu'est-ce que tu vas faire ici ?
Oh, je range un peu, je vais faire une boîte spécialisée.
- Tu te laisses pousser les cheveux. - Pourquoi, ça te plaît pas ?
Si.
Bien, je te quitte.
Il faut que je range, au revoir.
Bon, laquelle tu préfères ?
Celle-là.
Ah, le côté intellectuel !
- Tes papiers toujours de la préfecture ? - Ah toujours,
mais ces salauds sont de plus en plus chers !
Aujourd'hui, pour un jeu complet,
il faut compter cinq cents sacs !
- T'as revu Martine ? - Elle m'attend dehors.
Ah ben, tu as sûrement de bonnes raisons !
Et Charles ?
- Il va bien. Il bouffe toujours autant ! - Sacré Charles !
Bon, ça y est.
Quel nom je te mets cette fois-ci ?
Edouard Faure, avec un " s" .
FAURE
- Toujours des noms de ministres ? - Ça impressionne les flics.
Avec un " s" , je te dis,
je veux pas en prendre pour usurpation...
- Tu fais un petit poker, ce soir ? - Non, vaut mieux pas.
Tu as raison.
Combien je t'en mets, de permis de conduire ?
Deux, un avec moustache, un sans moustache.
J'ai rajouté le carnet de vaccinations...
T'es vacciné contre tout, variole, choléra, etc.
Merci docteur.
Tu peux me prêter ta voiture ?
Oui, bien sûr.
Dans quelques jours, on te la retrouvera près d'une frontière.
Attention à toi, le Suisse.
Très chouette ton évasion !
Merci !
Tu nous fais du café ?
Tu sais ce que c'est...
Un yaourt !
- Le premier yaourt en conserve ! - J'ai vu Simon !
Je vais voir Françoise.
La presse a dit qu'il était parti pour l'étranger !
La presse, elle peut se tromper...
Je l'ai vu au Parc Monceau cet après-midi.
La petite aussi ?
J'ai fini mon droit, je me suis installé comme avocat.
C'est vrai,
et mon premier client était un monsieur très sympathique,
il s'est présenté comme ça, il m'a dit : "Bonjour monsieur, bonjour Maître"
"Je suis le Al Capone français.
"Je suis un gangster, je suis le Al Capone français.
"Alors... vous êtes un jeune avocat, je vous propose une chose.
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