Die ersten 200 Zeilen.
AUX TEMPS AGITÉS DES GUERRES CIVILES
RONGÉES PAR LA CORRUPTION,
EXISTAIT UNE PUISSANTE TECHNIQUE
DE COMBAT SANS SABRE
ÔSHÛ CHÂTEAU HIDA
Hida Takahito, le rebelle.
Kyotôryû...
Je vois. C'est ainsi que cela doit finir.
Ce moment était inévitable.
Mademoiselle, la terre est en vue.
Qu'allez-vous faire sur cette île déserte ?
Ce n'est pas une île déserte.
C'est là qu'a été exilé le héros de la rébellion.
Après la rébellion, le shogun Yanari est arrivé au pouvoir.
Craignant la puissance de Yasuri Mutsue,
il l'a exilé sur cette île déserte avec sa famille.
20 ans ont passé depuis,
et personne n'avait encore mis le pied sur l'île.
Quelle corvée !
- Que fais-tu, Shichika ? - Petite soeur !
La citerne est presque vide.
Ne sors pas habillée comme ça, il fait froid !
Rassure-toi, sortir un peu me fait du bien.
Mais n'est-ce pas à moi de m'occuper des corvées aujourd'hui ?
Tu es sûre ?
Je t'ai déjà dit d'arrêter de me traiter comme si j'étais fragile.
Ce n'est pas mon intention.
Laisse, ça me permet de m'entraîner en même temps.
Je ne me souviens pas t'avoir appris à être prévenant.
Tu vois ! Reste donc à l'intérieur.
À quoi ça sert de t'entraîner...
Ça n'a plus aucun sens.
Petite soeur...
À quoi cela te sert-il de perpétrer ton style de combat ?
Je n'y ai pas réfléchi.
Shichika, cela fait un an que père est mort.
Ne vaut-il pas mieux arrêter ?
Il ne faut pas dire ça !
Hier, j'ai encore réfléchi à une nouvelle technique.
Une technique vraiment formidable...
Au début, seul père fut exilé ici.
C'est impossible pour moi, mais tu pourrais te construire un bateau...
Ne dis pas de bêtises !
Je n'aurais pas dû dire ça si tôt le matin.
Je vais préparer le petit-déjeuner. Reviens vite.
Une nouvelle technique...
Tu me la montreras plus tard.
Quitter l'île ?
Je savais que ce sujet serait abordé un jour.
Mais c'est le seul héritage laissé par mon père.
Je veux le chérir aussi longtemps que possible.
Je n'ai rien d'autre que ça.
Quelle corvée !
Si père était là, il aurait tué l'intrus d'un seul coup.
Vous êtes une personne du continent ?
C'est la première fois que j'en vois.
C'est un sabre ? Ça non plus, j'en ai jamais vu.
Personnellement, peu m'importe que des étrangers viennent ici.
Cependant... il est interdit de porter des armes sur cette île.
- Vraiment ? - En effet.
Je suis désolée, je l'ignorais. Pardonne-moi !
Ce n'est pas moi qui l'ai décidé.
Comment es-tu venue sur cette île ?
Je suis venue en bateau, évidemment.
Je ne tiens pas particulièrement à le savoir,
mais je suis censé le demander.
- Ensuite, c'est... - "Que viens-tu faire ici ?", non ?
Oui ! Que viens-tu faire ici ?
Il semblerait que le 6e maître du Kyotôryû,
Yasuri Mutsue, vivrait sur cette île. Le connais-tu ?
C'était mon père et il est mort, il y a un an.
Je vois.
C'est moi le chef de famille maintenant.
Le 7e maître du Kyotôryû, Yasuri Shichika.
Cette histoire datant d'il y a vingt ans,
c'était une question stupide de ma part.
J'aurais dû me douter que la situation avait évolué.
Je vois. Il est bien bâti.
Il est même assez mignon.
Dans la moyenne si je devais en juger.
De quoi parles-tu ?
Je parle toute seule.
Si tu devais t'entretenir avec mon père, je suis désolé.
En effet, mais ce n'est pas tout à fait ça.
Ce qui m'amène concerne le chef du Kyotôryû.
En d'autres termes, la raison pour laquelle je voulais voir Mutsue
te concerne à présent.
Je ne me suis pas encore présentée, Shichika.
- Je m'appelle Togame. - Togame ? Quel nom bizarre.
Administratrice générale de l'armée du shogunat, j'en suis la stratège.
Et pour commencer, je veux vérifier ton Kyotôryû !
C'est une oeuvre de jeunesse de l'un des 36 forgerons Fugaku, Mibu Kasamaro.
Vérifier ?
C'est bien ce que j'ai dit. Me voilà !
Chee...
Cheerio !
Yasuri Shichika... Togame la stratège...
Leur destinée a débuté par cette malheureuse rencontre,
à une époque où le sens du mot "honneur" existait encore,
au milieu du mois de janvier.
Je suis de retour !
Vous êtes donc Togame la stratège.
Comme vous êtes notre premier visiteur sur cette île,
je ne sais pas vraiment comment je dois vous accueillir.
Veuillez me pardonner d'être venue sans vous prévenir.
Je suis la fille de Yasuri Mutsue, Nanami.
J'ai appris que vous étiez venue voir mon père,
mais comment le connaissiez-vous ?
Je ne le connaissais pas personnellement.
- Vraiment ? - Non !
Vous n'avez qu'à me considérer comme une nouvelle connaissance, Nanami.
Je vais garder votre sabre,
car il est interdit de porter ou d'utiliser des armes sur cette île.
Est-ce à cause du Kyotôryû ?
Kyotôryû s'écrit avec les kanjis de "sabre" et de "vain",
car c'est une technique secrète n'utilisant aucun sabre.
Deux personnes seulement ont utilisé cette technique :
Yasuri Kazune de la première génération, et Yasuri Mutsue de la 6e génération.
Quand la rébellion infesta le pays,
cette technique fut employée seulement dans les plus rudes batailles,
car c'est la plus meurtrière.
Cet homme représente la 7e génération.
Mlle Togame, avez-vous tenté d'attaquer mon frère ?
Je voulais voir le style Kyotôryû en action.
Mais je ne suis pas habituée à ce genre de choses.
Je suis une stratège et non une guerrière.
C'était tout de même impressionnant.
J'ai eu de l'entraînement.
Elle aurait pu continuer.
C'est une manière plutôt violente.
Quand bien même, je n'avais pas le choix. J'avais mes raisons d'agir ainsi.
J'avais entendu parler de Yasuri Mutsue, mais je ne l'avais jamais vu.
Une erreur aurait été néfaste.
Me montrer le Kyotôryû est une preuve plus convaincante qu'un nom.
Que ce soit Mutsue ou Shichika, c'est la même chose.
Voulez-vous encore vérifier ?
Considérez que vous avez eu de la chance d'avoir trébuché sur ce rocher.
Vous n'auriez pas eu une simple bosse sur la tête
si votre lame avait touché Shichika.
Très bien. J'accepte ces paroles comme preuve du Kyotôryû.
Vraiment ?
Dans ce cas, écoutons ce que vous avez à dire.
Est-ce que tu veux gouverner le monde ?
- Non. - Très bien !
C'est un désir naturel chez tous ceux qui vivent dans ce monde.
Il n'y a aucune honte à être ambitieux.
Qui peut remettre en cause les intentions des rebelles ?
De plus, même le shogunat actuel
vient d'une famille ayant supplanté les précédents seigneurs.
Dans ce cas... Tu as dit "non" ?
Je ne comprends pas de quoi tu parles.
Tu ne comprends pas ?
Mlle Togame, nous avons grandi ici et nous ne connaissons rien du monde.
Ne l'oubliez pas quand vous vous adressez à nous.
Je vois.
Dans ce cas, j'aimerais que vous nous laissiez seuls un moment.
C'est complètement impossible. Il y a deux raisons à cela.
Premièrement, le Kyotôryû est une technique héréditaire.
Si père était encore vivant, il aurait voulu que nous restions ici.
Deuxièmement, je suis incapable de réfléchir.
Je vois. Tu es incapable de réfléchir.
Je vais donc continuer mais cela doit rester secret.
Connais-tu un forgeron appelé Shikizaki Kiki ?
- Non. - Parfait !
Même sur cette île isolée,
n'importe quel sabreur a entendu au moins une fois ce nom.
Pour le Kyotôryû, qui n'utilise aucun sabre,
Shikizaki est obligatoirement un ennemi.
Comment ? Tu ne le connais pas ?
Je comprends qu'il s'agit d'une affaire importante.
Shikizaki Kiki...
C'était un célèbre forgeron pendant la période Sengoku, n'est-ce pas ?
C'est tout ce que tu sais de lui ?
Je sais simplement qu'il avait un lien avec le fondateur du Kyotôryû.
Shikizaki n'appartenait à aucune école.
Le plus habile des forgerons s'est isolé des autres.
Mais on dit que son art a dominé pendant les guerres civiles de la période Sengoku.
Il a dominé cette période ? Je ne comprends pas tes paroles.
Ne se réclamant d'aucune école ou province,
il fournissait ses sabres dans tout le pays.
Il a vendu un millier de sabres dans 25 provinces.
Un millier ? C'est énorme !
C'est bien peu.
C'est peu, alors.
Plus une province en avait, mieux elle se battait.
Si vous n'appelez pas ça dominer la période Sengoku !
Une autre hypothèse est envisageable.
Si une province était assez puissante pour avoir l'avantage dans les combats,
ils pouvaient acheter encore plus de sabres.
En effet, c'est une explication sensée.
Cependant, tout mythe a des sources dans l'histoire.
On dit qu'il y a 150 ans, le shogun Kyû, obsédé par ces armes mythiques,
a quasiment unifié le pays à lui seul,
en amassant 507 de ces sabres.
C'est puéril.
Après ça, le shogun ayant mis sa confiance dans ces sabres,
promulgua un décret afin de tous les recueillir.
Celui où il disait que c'était pour construire une statue de Bouddha ?
C'était juste une excuse.
J'ai entendu dire que le but était de réunir tous les sabreurs.
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