Die ersten 200 Zeilen.
NETFLIX PRÉSENTE
Ma mère m'avait parlé d'un dicton italien.
"Il primo amore non si scorda mai."
On n'oublie jamais son premier amour.
L'ironie, c'est
qu'elle n'a jamais parlé d'amour dans sa vie
ou même de l'Italie, d'ailleurs,
jusqu'à la dernière minute,
comme si c'était un…
grand mystère ou je ne sais quoi.
Et il s'avère que…
c'était vraiment le cas.
Alors, commençons par le début,
ou devrais-je dire la fin.
Ma mère avait instauré certaines de ses règles dingues.
Numéro un : interdiction d'être triste.
Numéro deux : pas de tenue noire.
Juste orange citrouille. Sa couleur préférée.
Elle était bizarre.
Et… c'est aussi pour ça que je l'aimais.
Numéro trois : elle voulait entendre Fleetwood Mac.
Ou un groupe de reprises…
Fleetwood Zach.
Sérieusement, maman ?
- Zach est canon. - Addie !
Oui. Désolée. Je suis en deuil.
Et numéro quatre :
elle voulait quand même que j'aille à Rome après ma remise de diplôme.
Elle a dû s'y rendre à mon âge
et elle a sûrement trouvé son but.
J'ai demandé si je pouvais amener ma meilleure amie,
Addie. Mais elle a dit non.
Je devais y aller seule,
et c'était précisément mon état d'âme.
Tu vas bien ?
Enfin, "bien" d'une façon merdique.
D'accord. Hé.
Diversion ! Alors.
Je publie laquelle ?
C'est parti. Alors.
Maillot de bain super sexy, photo A.
Ou maillot encore plus sexy, photo B.
C'est où ?
McKearney Castle. En Irlande.
Addie, tu n'es jamais allée en Irlande.
Photoshop n'est pas d'accord. Tu vois ?
- Trop chou. - Ouah.
C'est pour ça que j'évite les réseaux sociaux.
D'accord. L'intello.
C'est pour ça que tu ne fais rien de social.
À quand remonte ta dernière fête ?
Tes soirées de débat ? Ce ne sont pas de vraies fêtes.
Mais en Italie…
Sérieusement, si tu ne montes pas dans ce fichu avion
et que tu ne finis pas avec un Italiano sexy et dingue,
tu peux oublier mon nom.
C'est dommage. Je t'aimais beaucoup.
Lina ! Tu n'as pas couché avec un seul mec de la terminale !
Qu'est-ce que je devais faire ? Amener un mec à la chimio ?
Pas faux.
Je suis nulle.
Je n'arrive pas à croire que je pars demain.
- Toute seule, qui plus est. - Oui.
Mes grands-parents sont déjà morts.
Je n'ai plus vraiment de famille.
Et ta mère a déjà parlé de…
retrouver ton père ?
Tu plaisantes ?
Elle a dit que si elle le revoyait, elle irait en taule.
Putain.
C'était vraiment la boss.
- Tu as besoin de tous ces livres ? - Ça s'appelle prendre de l'avance.
Oui, professeure. D'accord.
Tu sais, je n'ai même pas envie d'y aller.
Je veux reprendre une vie normale.
Lina.
Tu savais que 0,4 % des vols transcontinentaux manquaient d'entretien ?
Bon, tu peux te détendre une seconde ?
Tu vas en Italie ! Abrutie !
Tu vas passer un super moment.
Répète après moi.
Je vais passer un super moment en Italie !
Dis-le.
Je vais passer
un super moment
en Italie.
Ça, c'est mon amie.
Tu vas me manquer, Adds.
Ce n'est pas que je ne voulais pas y aller.
Je ne voulais pas partir sans elle.
On avait tout fait ensemble
depuis toujours. Et maintenant…
il n'y avait que moi.
J'avais passé tout le lycée
à me persuader qu'elle survivrait et à me cacher.
Je ne savais pas qui j'étais.
Et sans son "ultime volonté", comme elle l'appelait,
je me serais fait un plaisir de ne rien changer.
AÉROPORT INTERNATIONAL DE ROME-FIUMICINO
Je suis là !
- Un taxi, jeune fille ? - Non.
- Sûre ? - Non, merci.
Lina ! Ici !
Lina ! Bella ! Francesca.
Bon, passons aux choses sérieuses.
Tu dis que tu parles bien italien.
Tu as eu une super note à un examen ?
- Oui ? - Oui. Un test de niveau.
La vitesse est limitée à combien ?
Je n'ai pas de limites. Alors, en italien.
Dis-moi tout ce que ta mère t'a dit sur moi
qu'elle t'a dit de ne pas me dire.
Que vous deux vous amusiez beaucoup ?
Ce temps est trop formel.
- Une voiture ! Une voiture formelle ! - Allez !
Oh mon Dieu !
Idiot ! Qu'est-ce que tu fous ?
On y est.
Bienvenue à Rome.
- Tu vis ici ? - Juste ciel, non !
Mon cousin enseigne l'art dans une école privée.
Il organise un cocktail pour les diplômés. Tu rencontreras des gens de ton âge.
J'ai la nausée.
Un peu de maquillage et le tour est joué.
J'espère.
Bien.
Allons-y.
Et enlève ces lunettes.
Au fait,
il paraît que tu les as bluffés à ton entretien à Florence.
Il me reste l'épreuve finale.
Mais je crois qu'ils n'acceptent que les enfants de chefs étoilés
ou les gosses de riches.
Tout comme ici.
- Ce sont des connards pompeux ? - Oui.
Ne te sous-estime pas, Lorenzo.
Tu es l'un de mes meilleurs élèves.
N'oublie pas,
il y a beaucoup de créativité débordante et folle
derrière ce regard triste et modeste.
N'aie pas peur de la libérer.
Laissons-le. Il vient d'obtenir son diplôme.
Lorenzo, va te soûler.
Merci.
Au revoir.
Lina ! Je te présente
mon cher cousin irlandais casse-couilles, Howard.
Bonjour.
Ça alors !
Désolé, Lina. La ressemblance avec ta mère me trouble.
Howard Riley.
Bonjour. Vous…
la connaissiez ?
J'étais…
J'étais à l'université ici durant l'été qu'elle a passé avec Fran.
J'étais bouleversé d'apprendre la nouvelle.
Désolé, tu dois en avoir jusque-là des gens qui te disent ça.
Ça ne fait rien.
Tu aimerais voir
l'un de ses endroits préférés ? Fran ?
Allez-y. Ensemble.
Vous ferez connaissance.
Très bien.
Allons-y.
Mercati di Traiano.
Les marchés de Trajan.
Construit entre 100 et 110 AD par Apollodore de Damas.
Considéré comme le premier centre commercial au monde.
L'ufficio de l'empereur était là-haut.
Eh bien… Ce n'est pas Brooklyn.
Ta mère adorait errer dans les ruines.
Elle n'a jamais vraiment évoqué l'Italie.
- Jusqu'à ce qu'elle tombe malade. - Eh bien…
Plus les rides se marquent dans la glace,
plus on pense à son passé j'imagine.
Elle a dit que venir ici avait changé sa vie.
Vous savez en quoi ?
L'Italie a tendance à nous transformer.
Je comptais venir à la fac. Vingt ans plus tard, je suis toujours là.
Howard, ne fais pas le malin avec moi. Arrête de te cacher.
Tu montes ? J'ai besoin de toi, s'il te plaît.
J'arrive.
Bon. C'est mon directeur.
Je file lui cirer les bottes.
Profite…
Profite de marcher dans les pas de ta mère.
C'est magnifique ici, maman.
N'est-ce pas ?
Américaine ?
Ça se voit tant que ça ?
Ton sweat.
Tu étudies au MIT ?
Oh, non. Enfin,
j'y serai…
L'an prochain. Oui.
Je serai à Boston aussi.
À Harvard.
Oh. Ouah.
Alessandro Albani.
Enchanté.
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