Die ersten 200 Zeilen.
FILMÉ À L'OPÉRA DE SYDNEY
SUR LES TERRES DU PEUPLE GADIGAL DE LA NATION EORA
Bonsoir, opéra de Sydney !
Faites un tonnerre d'applaudissements pour Celeste Barber !
Salut ! Trop bien.
Salut Sydney, la forme ?
C'est génial !
Merci d'être venus voir mon spectacle Netflix !
C'est un truc de fou,
je suis super contente d'être ici.
Avec mon mari, on est mariés depuis 19 ans,
et je peux affirmer sans aucun doute
que ce succès est uniquement dû à la distance.
Au fait d'être éloignés.
Notre relation est super quand on se manque l'un l'autre.
Et paf, confinement.
D'un coup, il était partout.
Tout le temps là, ce con.
Si son visage était pas ici,
sa bite était là.
J'en pouvais plus.
Absolument tout était exagéré, tout prenait une ampleur démesurée.
Bon, tout sauf sa bite.
Mais 19 ans, c'est un sacré bout de temps.
On en a vécu, des trucs, ensemble.
Je suis devenue la belle-mère de sa fille à 21 ans.
Notre relation est très solide,
mais pour être honnête, le confinement a failli tout ruiner.
Des gens ont fait des gosses à ce moment-là, ça me dépasse.
"C'est notre bébé Covid,
"on a passé tout notre temps au lit."
Pardon ?
Nous, on a passé tout notre temps à se fuir mutuellement.
Parfois, on passait la journée assis
aux deux extrémités du canapé dans un silence absolu,
et de temps en temps, on se faisait des doigts.
"Prends ça, c'est cadeau.
"Tiens, deux autres pour la route."
On était constamment à deux doigts du divorce.
L'actrice Jamie Lee Curtis est mariée depuis 27 ans, d'accord ?
Vingt-sept ans !
On lui a demandé dans une interview :
"Quel est le secret d'un mariage qui dure ?"
Elle a répondu :
"Ne partez pas."
Elle a sorti :
"Ne partez pas, c'est tout.
"Tant que vous restez dans le bus,
"il continuera son chemin.
"Le paysage changera peut-être,
"mais vous devez rester dans le bus."
Je doute que beaucoup de gens disent ça après le confinement.
Moi, j'aurais envoyé le bus dans le fossé
avant d'y foutre le feu et de me tirer en courant.
Il y a pas eu que du négatif.
Ça m'a appris des choses sur mon mari.
J'ai appris qu'à chaque fois qu'il boit de l'eau,
il veut me taper dans la main.
À chaque fois.
"Chérie, il est que 10 h et j'ai déjà bu deux litres d'eau."
"Bien joué, la remise des médailles est à 18 h. Félicitations."
J'ai appris qu'après chaque dispute, il fait le ménage.
Oui. Autant dire que j'ai pas arrêté de chercher la merde.
Je me suis rendu compte du nombre de fois où il veut faire l'amour.
Et surtout,
du nombre de fois où je refuse.
Je m'en rendais pas du tout compte.
Il tente plusieurs approches.
L'approche spontanée :
"Chérie, les garçons sont sur leur iPad.
"Ça te dit d'aller faire un peu d'exercice ?"
Et moi :
"Non, merci."
L'approche romantique :
"J'ai fait couler un petit bain moussant, tu me rejoins ?"
"Je suis propre, vas-y, toi."
Il a lâché le morceau.
Des fois, il se plantait devant moi à poil.
"Tu fais quoi ?"
"Rien avec toi."
Même quand je pionçais, ça l'arrêtait pas.
Moi en train de ronfler, et lui :
"Ça te dit de…"
Moi : "Non, barre-toi !"
"Bon, ça te dérange si je finis tout seul ?"
"Oui, mais nettoie bien après."
Lui : "Pardon ?"
"Rien, je trouverai un sujet de dispute."
Mais je dois avouer
qu'après 19 ans ensemble,
il a dit la chose la plus romantique qu'il m'ait jamais dite.
J'oublierai jamais.
Un jour, il est venu et m'a dit, en me regardant dans les yeux :
"Chérie.
"Viens on va au lit regarder notre portable
"jusqu'à ce qu'il soit déchargé."
Je l'ai baisé toute la nuit.
En côtoyant autant mes enfants,
je me suis rendu compte qu'ils grandissent très vite
et que je suis pas prête pour ça.
Je suis pas prête du tout.
Je veux qu'ils restent au stade de bébé pour toujours.
Je râle quand leurs fringues sont trop petites,
sans en acheter d'autres.
"Tu as choisi de grandir, donc démerde-toi."
Les fringues de mon fils sont si petites qu'on dirait un fan de Britney Spears.
"Vas-y, elle est libre. Fais-lui honneur. Ouste."
Mes garçons ont huit et onze ans.
Je désinfecte encore leurs affaires, au cas où.
Je les fais tomber pour qu'ils pleurent et viennent me faire un câlin.
J'ai pas pu les allaiter quand ils étaient bébés,
et maintenant : "Vous voulez essayer ? Allez !
"Essayez."
Ça me chamboule vraiment.
J'essaie de passer un maximum de moments avec eux.
Quand je suis à la maison, j'ai une tradition avec mes garçons.
Je prépare la chambre, comme à l'hôtel.
Ils dorment dans la même chambre.
Et ça changera jamais !
Ils ont un petit lit chacun,
et j'aime bien venir tout préparer le soir.
J'éteins les lumières, je colle des étoiles au plafond,
je répands un joli parfum de lavande, un truc dans le genre.
Et là, ils arrivent et se glissent sous la couette,
on chante un peu tous ensemble.
Des classiques. Notre préférée :
Brille, brille, petite étoile
Comme j'aimerais tout savoir de toi
Je me demande toujours quels souvenirs ils garderont une fois adultes,
quels souvenirs ils garderont de moi aussi,
et j'espère vraiment que ça en fera partie,
parce que je pense que c'est des moments qui comptent pour eux.
J'ai ajouté du vin à cette petite tradition.
Moi aussi, je peux en profiter !
Et puis c'était pendant le confinement,
donc j'étais généralement archibourrée en pleine semaine.
Quand je descendais deux bouteilles avant 17 h,
je commençais à dévier un peu des comptines classiques
pour me rapprocher de Kasey Chambers, la chanteuse de country.
Je ne suis pas assez jolie ?
Je me suis trop fait briser le cœur ?
Vous vous en doutez, ça s'arrange pas quand vient le week-end.
La bouteille de tequila survit pas au samedi,
les pochons sont de sortie.
Et je pense au fait qu'ils grandissent,
que c'est la merde, qu'on va tous crever de toute façon, donc…
Tout le monde
Aux quatre coins de la planète
Le dimanche, mes gosses sont traumatisés.
J'aime bien le dimanche.
Le soir, à la maison : "Allez, c'est l'heure d'aller au lit !"
Sauf qu'ils sont couchés depuis 14 h,
à faire semblant de dormir.
"Putain."
Les gamins d'aujourd'hui sont futés, sérieux !
Ils sont super futés.
Moi, quand j'étais petite, je savais rien sur rien.
Rien du tout.
Et ça nous allait très bien, à mes parents et à moi.
Si tes parents disaient qu'on allait quelque part,
tu montais dans la voiture.
Normal, non ?
Oui, tu montais simplement dans la voiture.
Tu demandais pas où vous alliez.
Pauvre débile.
Tu obéissais, point.
Et si ton idiote de sœur t'obligeait à demander,
en réponse, le père te lançait d'un œil noir, la mâchoire serrée :
"Monte dans la voiture."
"Merde. Désolée."
Mes parents nous mentaient sans vergogne.
Du genre : "Venez, les filles. On va à Disneyland !"
Et tu te retrouvais allongée au milieu de ton premier frottis.
"C'est bizarre Disneyland quand même."
Aujourd'hui, impossible.
Pas moyen.
Petits cons woke.
Ils te foutraient les services sociaux sur le dos.
Mes enfants exigent
un programme complet détaillant ce qu'on fait chaque jour,
et je dois leur demander toutes les dix minutes
si c'est en accord avec leur vibe émotionnelle.
C'est trop.
Sérieux, c'est éreintant.
Mais j'essaie de suivre. Vraiment, j'essaie de suivre.
Un jour, mes fils jouaient ensemble,
et celui de 8 ans a traité celui de 11 ans de salope.
Et moi : "Alors pardon, mais non.
"Ne lui dis pas ça. C'est un terme péjoratif pour les femmes."
Et là, il est venu d'un pas décidé me sortir :
"Et alors ? C'est pas à toi que je l'ai dit
"et c'est pas une femme."
Bordel.
Bordel de merde.
Tellement futé.
J'adore les regarder jouer,
ça me rappelle ma grande sœur et moi.
Olivia a quatre ans de plus.
J'étais obsédée par elle quand on était gamines,
on était diamétralement opposées.
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