Die ersten 200 Zeilen.
L'ENNUI ET SA DIVERSION, L'EROTISME La Toile Vide
Cecilia !
Madame est dans le jardin.
Vous êtes Mr Dino, oui ?
- Où est ma mère ? - Dans la serre.
- Y a des invités aujourd'hui ? - Pas que je sache.
- Emmenez des fleurs au salon. - Oui, Madame.
Salut, Maman.
Ces milliers de jours, mon enfant...
- Merci. - ... que je passe parmi les plantes et les fleurs.
C'est une si belle joie que de les regarder.
Mais j'ai grandi ainsi, chez mon père à la campagne.
Y a toujours eu de si belles fleurs.
Excuse-moi, pourquoi mon père s'est-il toujours enfuit loin de toi ?
C'est pas vrai, ton père ne s'est jamais enfuit à cause de moi.
Il aimait voyager continuellement.
Ces dahlias ne sont-ils pas magnfiques ?
Fuir ou "voyager", c'est presque la même chose, non ?
Pourquoi n'était-il jamais avec toi à la maison ?
J'ai jamais voulu savoir. Je sais juste qu'il...
est devenu triste, ne parlait plus ni ne quittait la maison.
A la fin, je lui ai donné de l'argent et lui ai dit:
"Pars un peu, chéri. Tu verras, ça te fera du bien."
Après tout, tu ressembles beaucoup à ton père, hein ?
Tu caches tes sentiments comme lui Comme s'il te manquait quelque chose.
- Oui, vous êtes similaires. - Et surtout, parce que moi...
... comme lui, je ne m'enfuierai jamais de la maison.
Au moins, il aura voyagé pendant ce temps.
En Inde, au Japon, en Afghanistan...
Dieu sait où, il a vécu cette vie pendant longtemps... mais toi...
d'un autre côté, t'as toujours vécu en ville, à un jet de pierre.
Je ne te vois pas pendant des mois et des mois.
Juste aujourd'hui, parce que c'est ton anniversaire.
J'ai abandonné la peinture.
Tu m'emmènerais là-bas après toutes ces années ?
Mais bien sûr ! Tu es toujours le bienvenu.
Que veux-tu dire par revenir ?
Demain, peut-être.
Ton studio est resté le même, j'ai touché à rien...
- Tu peux aussi peindre demain. - Je ne peins plus.
Tu ne m'écoutes donc pas quand je te parle ?
Bien sûr que si. Que veux-tu me dire ?
J'ai arrêté. Je ne veux plus jamais rien peindre.
Mais pourquoi, chéri ?
Ce matin, j'ai réalisé que je n'étais pas fait pour ça.
J'ai fait une grosse erreur. Je ne peux pas...
Parfois, tu vois quand un...
Je dois te montrer quelque chose. C'est une surprise.
Pour toi.
Avec toute ma bénédiction pour ton anniversaire.
C'est le modèle le plus cher du marché.
Tu ne veux pas essayer ?
Alors, t'en penses quoi ?
C'est pas mal.
Sans ça, je l'aurais pris pour moi-même, je l'adore.
Ce que je préfère, c'est le tableau de bord.
On dirait une vitre de joaillier, tu crois pas ?
Merci, j'aime beaucoup.
Tu sais ce que je vais faire un de ces jours ?
On fera une grande fête, ici, dans le coin.
Comme ça, tous tes amis verront que tu est revenu.
Comment vous vous appelez ?
Rita.
Je ne vous ai jamais vu ici.
Parce que je suis arrivée recemment.
Rita t'a amené une serviette propre ?
Rita ? Ah, cette fille...
aux lèvres frémissantes ? Elle est nouvelle, oui ?
Je la trouve gentille, respectueuse, propre...
Et elle avait de bonnes références.
Pourquoi ris-tu ?
Oh, rien, je réfléchissais.
J'ai lu une amusante parodie sur la parabole du Fils Prodigue.
- Tu la connais ? - Non, je ne crois pas.
Bien, dans cette parabole, comme il est écrit dans l'Evangile...
... le fils revient chez lui...
... et le père sacrifie un veau gras, ok ?
Dans la parodie, le veau gras s'enfuit effrayé...
... dès que le fils revient.
Car il sait trop bien quelle sera sa destinée.
Ensuite, tout le monde attend le retour du veau...
... et quand ça se produit, tu sais ce qui arrive ?
Pour célébrer le retour du veau...
... le père tue le Fils Prodigue et le donner à manger au veau....
... et ils vécûrent tous heureux.
Tu ne devrais pas plaisanter avec les choses sacrées, mon enfant.
Je ne plaisante pas du tout !
Mon retour signifierait la mort du fils prodigue, moi...
bénéficier du veau gras...
... qui serait tout le luxe qui m'entoure.
Je ne comprends pas où tu veux en venir.
Oui, bien sûr.
Que fais-tu toute la journée, Maman ?
Oh, la vie habituelle. Tu le sais bien, non ?
Non, non, je ne sais pas, et je voulais savoir.
Après tout, je reviens pour rester avec toi, non ?
ça a peut-être beaucoup changé depuis mon départ.
Oh, non, rien. Je n'aime pas le changement.
J'aime penser que je vis maintenant comme je vivais il y a 10 ans.
Et dans 10 ans, je vivrai de la même façon.
Je ne vois pas comment tu vis... Ok, voyons...
A quelle heure te lèves-tu le matin ? - A 08H00.
Et tu déjeunes tout de suite ? - Bien sûr !
Dans la chambre ou ici ?
Non, chéri. La chambre, dans mon lit.
- Que prends-tu au petit-déjeuner ? - Thé, jus d'orange, toasts.
Et que fais-tu après ?
Je prends un bain.
Tu te laves ou ta domestique t'aide t-elle ?
Dino, tu sais que t'es bizarre avec tes questions ?
ça voudrait dire aussi que je ne veux pas répondre à ces questions.
Après tout, c'est ma vie et elle ne regarde que moi.
Ok, maman.
Merci.
Tu portes tes bijoux avant ou après t'être habillée ?
- Au dernier moment. - Et après, tu fais quoi ?
Je donne des ordres à la cuisinière, et je discute avec le jardinier...
Et ensuite ?
Je m'enferme dans mon studio et je m'occupe de mes affaires.
- Chaque jour ? - Non, merci.
Chaque jour. Oui, mon chéri.
J'écris, parle à mon avocat, reçoit des visiteurs...
- Et ensuite, le dimanche ? - Que crois-tu que je fais ?
La messe, naturellement.
- Quelle église ? - St Sebastian.
- Que fais-tu à l'église ? - J'écoute la messe.
A quoi tu penses ?
Maintenant ou en général ?
En général.
J'ai récemment cherché une villa dans la zone de San Pietro.
Le proprio croule sous les dettes...
... et on l'aura peut-être pour une bouchée de pain.
Tu croyais que j'avais pas bossé ?
La peinture demande de l'effort et du temps et la mienne aussi, tu sais ?
Et c'est très crevant.
Je suis occupée toute la matinée et parfois, l'après-midi.
J'ai parfois une sacrée douleur derrière la nuque.
- Tu devrais t'arrêter. - Je le fais pour toi.
Quelqu'un doit préserver ton domaine.
- Le tien, tu devrais dire. - Le tien quand je serai morte.
Une chose est claire:
sans moi, on serait à la rue, ça c'est moi qui te le dit.
Dino ?
Tu n'écoutes pas ? A quoi tu penses ?
J'observais cet arbre.
Ton petit coin préféré quand t'étais enfant.
Tu restais assis des heures et heures, comme par enchantement.
Et je faisais quoi, je jouais ?
Non, tu l'observais.
Comme si tu étais ensorcelé.
Grâce à ta mère, aujourd'hui, tu es très riche.
Ah, ça veut dire quoi, exactement, "très riche" ?
Quoi d'autre, juste que tu es simplement riche.
- Donc moins que "très riche". - Chéri, moins que "très riche".
Si tu veux une réponse fiable, je peux te montrer mes comptes.
Non, Dieu merci ! Je te crois sur parole.
Madame, le café est prêt.
Viens, chéri. Le café.
Tu dois connaître le domaine si tu dois m'aider à le tenir.
Comme tu as cessé de peindre, tu auras plus de temps.
Prudence, Rita !
Je vais chercher de l'eau pour nettoyer la tâche.
Non, n'y pensez même pas !
On ne nettoie pas une tâche avec les vêtements que l'on porte.
Maître Dino va enlever son pantalon et vous le laverez et le repasserez.
Je l'enlève maintenant, maman, ou j'attends ?
Les tâches de café, ça se nettoie tout de suite.
Va dans ta chambre et donne ton pantalon à Rita.
Dans la commode, tu trouveras un peignoir.
En attendant, je prépare des papiers que tu devras étudier.
Ok, ok !
Tu as gagné ton salaire.
Vous pouvez remettre vos lunettes, Rita.
Pourquoi tu fermes ? - Je vais aux funérailles d'un client.
- Qui ça ? - Ce peintre.
Ce vieil homme qui sortait avec des jeunes filles.
Ce sont elles qui le cherchaient, tu sais.
Il a éclaté comme un chauffe-eau. Une belle mort en fait.
Arrête ! Je ne crois pas que tu parles ainsi.
Il est mort, c'est tout, tu devrais avoir du respect.
Nu ! Le voilà, ton respect.
Ils les ont trouvé nus.
Le docteur a dit à la fille que c'était elle qui l'avait tué !
Avec l'âge, il était...
Y a quelqu'un ?
Je vis en face. On s'est croisés de temps en temps.
Je suis venu voir les peintures, la porte était ouverte.
Je suis venu chercher mes affaires avant que le studio ne soit reloué.
J'ai les clés, vous voyez ? - Je vois.
Vous étiez là quand il est mort ?
Oui, je me suis sentie mal en posant pour lui.
J'étais son modèle.
Vous avez donc posé pour cette peinture ?
Bien sûr. Pourquoi, vous aimez pas ?
ça ne vous ressemble pas.
Comment vous le savez ?
Ce corps ne semble pas être le vôtre.
- Là, vous voyez ? - Vous croyez ?
Pourtant, je suis faite comme ça.
Il a peut-être exagéré un peu, je sais pas...
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