Esther Kahn

Esther Kahn

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Esther Kahn 2000 1080p BluRay DD5 1 x264-SbR Subtitles02 Unnamed FRE
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Veröffentlicht am: 2026-06-22
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Die ersten 200 Zeilen.

Esther Kahn était née dans une de ces rues sombres, malodorantes,

aux étranges recoins, qu'on trouve près des docks.

Une rue tranquille, qui semblait ne mener nulle part,

mais rester en marge pour un motif à elle pas tout à fait honnête.

Les stores de certaines maisons étaient toujours tirés,

des volets étaient cloués sur certaines fenêtres.

Peu de gens passaient.

Peu d'enfants jouaient sur la chaussée.

Les portes étaient silencieuses.

- Et les chemises ? - Toutes parties.

J'ai beaucoup à faire. Excuse-moi.

Mishka, donne les rouleaux à Mme Kahn et les patrons.

Vous m'en faites une autre ?

Pour la porte, là-bas.

C'est une mitzvah !

- Il n'y a pas la Bible en anglais ? - Bien sûr que si.

Et en allemand et en russe, dans toutes les langues.

Un jour, il y a très longtemps,

en Egypte, on a réuni 72 grands savants juifs

dans 72 petites cabanes

où, pendant des années, ils ont traduit la Bible.

Tout, sauf quelques versets,

qu'on ne peut traduire.

Pourquoi ?

Sinon, ils ne rendent plus les mains impures.

C'est quoi, ces versets ?

Je ne sais plus...

"vehayou", "vehayore",

et quelques mots en araméen.

Parfois, ils ne savent pas si ce sont les lettres

ou leur signification qui comptent.

C'est pour ça que le rebtchik les écrit en hébreu

méticuleusement : si une seule lettre n'était pas bien écrite,

la maison ne serait plus protégée.

C'est moi.

C'est pour quand ?

Quatre pour demain, le reste en fin de semaine.

J'ai presque fini les costumes.

Maman, les boutonnières.

Rivka, prends les pantalons et fais le repassage.

Esther, dépêche-toi.

Attention !

Découpe lentement. Suis les marques.

Lève le bras gauche.

Non, le gauche, s'il te plaît.

Voilà ton bras gauche.

Le côté de ton cœur.

Ne bouge pas !

La pluie... Il pleut...

La pluie... Ah, le linge !

Je sors.

Tu veux pas aller jouer dehors ?

Non.

Vinaigre, fille de vin !

La rue me fait peur.

"Nous avons entendu Sir Laurence Oliphant

dire que les juifs avaient droit à une terre..."

- Bon gars, ce... - Sir Laurence Oliphant.

- Il est juif ? - Laurence ? C'est pas juif, ça.

Après le souper,

les autres s'asseyaient autour de la table et parlaient avec animation.

Tous ces gens qui avaient tant d'intérêts en commun,

se souciaient des mêmes choses

et semblaient si attachés les uns aux autres,

se tenaient là, soir après soir, dans les mêmes attitudes,

aussi avides des événements du jour

qu'ils l'avaient été de ceux de la veille.

Toute chose était importante pour eux,

surtout la part qu'ils y prenaient.

Esther n'était pas sûre de tenir à eux plus qu'aux autres.

Ils étaient pour elle la vie réelle,

chose pour laquelle elle n'avait qu'une curiosité désintéressée.

Regardez ce qu'elle fait ! Elle nous imite tous.

- Qui tu imitais cette fois ? - Personne.

Mais si, tu faisais comme ça.

Je t'ai vue !

Ne faites pas attention à elle.

Ce n'est pas une enfant humaine, c'est...

un singe.

Elle habite avec nous,

alors, elle doit se voler une âme, comme font les singes.

On dirait des humains, mais ils savent qu'ils n'en sont pas.

Voilà pourquoi ils nous imitent.

Esther, très en colère,

se dit qu'elle ferait attention à l'avenir

de ne rien montrer de ce qu'elle éprouvait.

Allez, Esther, mange !

Mange, mon chien ! Mange !

Je te hais tellement !

Adolescente, Esther avait l'air d'une femme.

Elle avait de gros os, des mains et des pieds très petits,

et son corps semblait endormi, en proie à une léthargie rêveuse.

Elle avait les cheveux épais de sa mère, mais plus souples

et naturellement ondulés.

Son visage était ovale, de contour délicat.

Ses lèvres étaient épaisses, rouges, tendues comme un arc.

Ses yeux étaient mystérieux mais sans signification personnelle.

Ils étaient insondables, plongés dans le sommeil,

le rêve inconscient qui est dans les yeux des animaux.

Tout son visage semblait attendre

avec une patience infinie

une force qui saurait le façonner et le réveiller.

Il ne voulait rien,

n'anticipait rien.

Il attendait...

Enlève ta veste.

Tousse.

Tousse encore.

Tousse.

Encore.

Elle a dit qu'on se verrait jeudi.

Elle t'a même pas regardé.

- Tu danses trop serrée. - Qu'est-ce que tu racontes ?

Vous avez apporté les chemises à Goldfeib ?

On les a livrées !

- Comment va le vieux Goldfeib ? - Très bien.

On travaillera samedi pour finir les boutonnières, car Mina sera pas là.

J'adore cette robe.

Tu n'as qu'à t'en faire une.

Cause toujours ! J'adore.

Va t'en faire une.

Je meurs de faim. Pas vous ?

Où est Buba ?

Là-haut. Monte-lui une brique.

- Comment c'était ? - Bien.

- Comment c'était vraiment ? - Bien, très bien.

- "Bien, très bien" ! - Très bien.

Pourquoi tu as dit à maman qu'elle est pas ta mère ?

Ça m'est passé par la tête.

Elle sera encore plus emmerdante maintenant.

Alors, qu'est-ce que tu feras quand on quittera la maison ?

Je resterai.

Tu resteras ?

Bouge-toi, tu ne fais rien.

- Tu fais quoi ? - Elle efface les piqûres d'épingle.

Ce que tu peux être vaniteuse !

- Je veux pas être marquée. - Tu as honte ?

Je veux pas de marques, je suis pas une esclave.

C'est mon tour de prendre le lit, mais ça m'est égal.

Qui le veut ?

Garde-le, princesse.

La Gitane espagnole

Tu veux que je te prête un livre ?

Esther, qu'est-ce que tu veux le plus au monde ?

Le plus au monde ?

Si tu avais une qualité que tu voulais voir récompensée ?

Je ne sais pas.

Maman ?

Ma chérie...

Dis-moi.

Qu'est-ce que je pourrais vouloir le plus au monde ?

C'est un peu ridicule, je sais, mais...

j'aimerais être admirée pour ma beauté et mon élégance.

Et moi, pour mon intelligence.

Comme je travaille tout le temps, je voudrais plein de fric.

Des tonnes.

Bonne nuit.

Un jour, je voudrais vivre en Palestine.

Essais surle socialisme

Je voudrais être vengée.

T'approche pas !

Arrête !

Fous le camp !

Qu'est-ce que tu fais ici ?

J'ai peur de ne pas être réveillée.

Tu es réveillée.

Tu vas voir, il va t'inviter.

On est en retard.

Vite, Joël !

Il me laissait pas sortir !

La pièce va commencer !

Tu as bien merdé !

Je suis vraiment désolé.

On entrera tous, c'est une grande salle.

J'y vais.

Poussez-vous !

Laisse-moi passer !

LA FILLE DE L'AMOUR

Esther !

Je suis là !

Cinq places au poulailler.

Paie, toi !

Un penny et demi.

On a de bonnes places.

Pour une fois que tu sors, quelle honte !

Ce qu'on fait cul-terreux !

Dans la loge là, c'est les Trevalga.

Le type avec eux est acteur, je le reconnais.

"Khave chéri,

"je t'aime tellement.

Mais pourquoi tu ne m'aimes pas ?"

"Va au diable !

"Misérable !

Minable !"

"Mon trésor,

"ne te mets pas en colère contre moi,

je ne suis pas coupable."

"Qui est coupable ?

"Moi ?

Pourquoi je ne peux pas me débarrasser de toi ?"

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