American Splendor

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American Splendor 2003 1080p WEB H264-DiMEPiECE
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Veröffentlicht am: 2025-08-13
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Die ersten 200 Zeilen.

1950: NOTRE HISTOIRE COMMENCE...

Un bonbon ou la vie.

Voyez donc ça.

Des superhéros sur le pas de notre porte. Si c'est pas mignon.

Nous avons Superman, Batman

et son compagnon, Robin.

La Lanterne verte. Et toi, jeune homme?

- Quoi, moi? - Qui es-tu censé être?

- Je m'appelle Harvey Pekar. - Harvey Connard.

Harvey Pekar? Ce n'est pas un nom de superhéros.

Je suis pas un superhéros, m'dame.

Je suis juste un gamin du quartier, vu?

Laissez tomber!

Pourquoi tout le monde est si bête?

ISSU DES RUES DE CLEVELAND, VOICI...

LA VIE DE HARVEY PEKAR

JE M'APPELLE HARVEY PEKAR.

JE SUIS UN PERSONNAGE DANS UNE B.D. UNDERGROUND ACCLAMÉE.

DIFFÉRENTS ARTISTES ME DESSINENT DE PLEIN DE FAÇONS.

MAIS EN FAIT, JE SUIS AUSSI UN TYPE RÉEL...

ET CE MEC-LÀ JOUE MON RÔLE DANS UN FILM...

ENFIN, SI VOUS VOUS DEMANDEZ COMMENT UN NUL COMME MOI

SE RETROUVE INCARNÉ DE TANT DE FAÇONS, ÉCOUTEZ CE QUI VA SUIVRE...

Bon, ce type-là, c'est notre homme.

Bon, ce type-là, c'est notre homme.

Adulte, mais sans buts.

Toujours assez malin. Il n'a jamais suivi d'enseignement formel.

Il a surtout vécu dans des quartiers craignos, a fait des jobs craignos,

et là, se retrouve coincé dans un deuxième mariage désastreux.

Alors, si vous recherchez le romantisme ou le divertissement,

ou une histoire de héros qui sauve le monde, devinez quoi?

- Vous vous êtes trompés de film. - Génial.

Vous avez vos quatre prises. Vous devez pouvoir en faire une bonne à partir de ça.

Hein? On passe à la suivante, d'accord?

Deux secondes. Vous voulez de l'eau ou autre chose?

- Non, j'ai plein d'orangeade. - Vous aimez ça?

Ouais, c'est pas mauvais, l'orangeade.

Bon, on passe à la séquence suivante.

Vous avez lu le scénario?

Non. Un peu.

Juste pour vérifier la construction.

Vous savez, la façon dont l'histoire est construite.

Je ne l'ai pas lu mot à mot.

Ça vous fait bizarre de dire ce texte?

Non, ça ne me fait pas bizarre.

Je ne sais pas combien de temps ma voix va tenir le coup.

Docteur, aidez-moi.

PROBLÉMES DE VOIX, 1975...

Ma femme va me larguer parce que je peux plus parler.

Elle dit que je lui fais honte en public.

Maintenant qu'elle a son doctorat, elle est une putain de star universitaire

et moi, je suis qu'un préposé au classement.

Ça lui posait pas de problème quand je lui payais ses cours d'université.

Harvey, arrêtez de parler et ouvrez grand la bouche.

Je commence à craindre que ma voix soit cassée à vie.

Dites: "A", M. Pekar.

C'est un supplice, je vous assure.

Quoi? C'est grave, docteur?

Ce n'est pas rien.

J'ai le cancer.

J'ai des problèmes de couple et là, vous me dites que j'ai le cancer.

- Bon sang. - Calmez-vous, ce n'est pas le cancer.

Vous avez un nodule sur les cordes vocales, probablement d'avoir trop crié.

Si vous ne les reposez pas, vous allez perdre votre voix définitivement.

D'accord, mais pendant combien de temps?

- Quelques mois. - Des mois?

SON VOEU DE SILENCE COMMENCE...

- Hé! Qu'est-ce que tu fais? - Exactement ce que j'ai l'air de faire.

Qu'est-ce que tu veux dire par là? Tu me largues? Pour quoi?

Cette vie plébéienne

ne me convient plus, d'accord?

II faut que je me tire avant que ça me pousse au suicide.

Écoute ce que j'ai à dire, tu veux?

Ne pars pas.

J'ai besoin de toi, chérie.

S'il te plaît, ne pars pas, d'accord?

Voici notre homme.

Bon, d'accord, c'est moi.

Ou plutôt le type qui joue mon rôle, bien qu'il ne me ressemble pas du tout.

Mais bon, passons.

Quelques mois se sont écoulés et je suis toujours préposé au classement à l'hôpital.

Ma voix n'est pas encore revenue.

Merci, Harvey.

C'est à croire que la situation ne pourrait empirer.

"Plébéienne"?

Où est-ce qu'elle a été pêcher ces conneries?

"Évite la horde puante

"Fuis le troupeau sali

"Vis comme cet oiseau stoïque

"L'aigle du rocher"

- Salut, M. Boats. - Tu sais ce que ça veut dire, petit?

Oui, c'est l'extrait d'un poème d'Elinor Hoyt Wylie.

Ça veut dire... Excusez-moi.

Ça veut dire: tiens-toi à l'écart des foules de gens ordinaires,

- et fais ce qui te convient. - Non.

Ça veut dire: ne te compromets pas pour les femmes. Ça ne te fera que du mal.

Fuis-les au plus vite.

Je n'ai pas de femme dans ma vie.

- Je vis comme l'oiseau stoïque. - C'est la seule façon de faire, petit.

QUELQUES SECONDES PLUS TARD...

Regarde-moi cet imbécile.

Il écoute probablement ce truc bruyant, du rock. Rien qu'un déchet sonore.

Je sais pas. Je veux dire,

le rock a ses bons côtés.

C'est pas du jazz, mais vous savez...

Quand vas-tu enfin m'apporter quelques bons disques?

- Du Nat King Cole avec des cordes. - J'en ai pas, M. Boats.

Si, tu en as. Tu les gardes chez toi, voilà tout.

Tu ne veux pas te séparer des bons disques et ne vends que les nullités.

Je garde ce que j'ai envie de garder.

J'ai vendu beaucoup de très bons disques d'artistes qu'il n'aimait pas.

M. Boats n'aimait pas le blues ou les trucs de ce genre.

Il jouait du violon classique.

J'ai commencé à collectionner des disques à 15 ou 16 ans.

C'est là que je me suis mis à aimer le jazz.

Avant cela, je faisais la collection de B.D.

J'ai toujours été un collectionneur.

LES DISQUES QUE J'ACQUIERS NE ME SUFFISENT JAMAIS.

JE SUIS COMME UN DROGUÉ!

J'admets avoir ma part de troubles obsessionnels compulsifs.

C'est comme dans The Treasure of the Sierra Madre.

Quelque chose me pousse à aller voir les vide-greniers

au cas où j'y trouverais un disque très rare.

La plupart du temps, c'est une perte de temps, mais de temps à autre,

je tombe sur quelque chose qui me met l'eau à la bouche.

VIDE-GRENIER - SA - DI, 9 - 16 H

VIDE-GRENIER - SA - DI, 9 - 16 H

UNE TROUVAILLE EXCEPTIONNELLE, 1962...

Au début des années 60,

j'étais avec des amis à une brocante, à la recherche de bons disques,

quand j'ai rencontré un type timide, introverti, de Philadelphie: Bob Crumb.

Vous le connaissez.

Fritz the Cat, Mr. Natural, tout ça. Ils ont tourné un film sur lui.

Jay McShann.

Allez, tu l'achètes, oui ou non?

Je sais pas, Marty, il est un peu égratigné.

25 cents.

Je pourrais marchander.

- T'es qu'un sale radin. - Je sais que je suis avare.

Je suis qu'un petit fonctionnaire.

Tu collectionnes les Jay McShann?

- Oui, et toi? - Ouais.

Mais la plupart de mes disques sont à Philadelphie.

Harvey, je te présente mon ami Bob Crumb. Il vient d'arriver en ville.

Il dessine pour la Compagnie américaine de cartes de væux.

Tu devrais voir ses B.D. Elles sont incroyables.

J'aime bien les B.D.

Alors, Crumb m'a montré le roman B.D. sur lequel il bossait:

Big Yum Yum Book.

J'avais jamais rien vu de tel.

C'est génial. J'adore ce que tu fais, mec.

Peter Wheat, ce livre est de Walt Kelly. Il est assez rare.

- Je pourrais me faire de la thune avec? - Pas encore.

Revenons à ton livre. Qu'est-ce que tu comptes en faire?

J'y ai pas encore pensé. C'est juste un petit essai.

Non, mec. C'est bien plus que ça.

C'est du jamais vu. Il y a des trucs trop délirants là-dedans, Bob.

Tu me craches dessus, Harvey.

J'AIME MONTER SUR LE DOS DES GENS.

Crumb et moi, on traînait beaucoup ensemble.

On avait les disques et les B.D. en commun.

Regarde, mec.

Ça fait peur.

Et encore, t'as rien vu.

Puis, les gens se sont mis à aimer les travaux de Crumb,

et il a commencé à traîner avec les bohèmes.

Un jour, il en a eu marre des cartes de væux et s'est installé à San Francisco,

où il a démarré tout le mouvement de la B.D. underground.

Il revenait à Cleveland de temps en temps

et les gens l'y traitaient comme une célébrité.

DE RETOUR EN 1975...

Un jour, il est venu chez moi quand j'allais pas bien du tout.

C'était juste après le départ de ma femme.

Elle était vraiment méchante avec moi vers la fin,

comme si je la retenais captive.

Je sais pas, mec.

Va pas penser que je crois à ces conneries de croissance intérieure.

Tout le monde dit que les mauvaises expériences vous font grandir

et toutes ces phrases clichés.

J'ai eu assez de mauvaises expériences et de croissance pour une vie entière.

Pour l'instant...

j'échangerais bien un peu de croissance contre du bonheur.

Tu restes à Cleveland jusqu'à quand?

Je sais pas, je dois aller voir une nana à New York

et je suis vachement occupé avec la B.D.

Ça paie bien, et tout. Mais j'en ai marre de tout ce monde.

De quoi tu parles?

Tu vis confortablement de ton art, non?

Combien de gars ont cette chance, hein?

Écoute, je vais te dire un truc.

Les gens commencent à connaître le nom de Crumb.

Quand tu crèveras, tu auras laissé ta trace sur terre, mec.

Ouais, j'imagine.

Enfin, je suis pas Blind Lemon Jefferson ou Big Mama Thornton.

Allez.

Faut que je te dise, c'est déjà mieux que d'avoir mon job,

d'être un laquais minable qui vend des disques à 1 $ en dehors du boulot.

Bon, c'est vrai.

DÉCÉDÉS - 1973 - 1975

MIKE T. O'NEIL DÉCÉDÉ

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