Die ersten 200 Zeilen.
Il pleut en France, en 1980.
Les cloches sonnent le glas dans toute la province.
Dimanche matin : messe, biscuits, cérémonial.
Bonjour, Monsieur le Président. - Bonjour, mon cher ami.
Bonjour, Farijacque. Tout va bien ? - Oui.
Creuzeville, une si douce petite ville de province,
comme il en existe tant dans notre douce France : Saint-Étienne Manufrance,
Sochaux Peugeot, Creusot Schneider, Clermont-Ferrand Michelin,
Roubaix-Tourcoing Provost, Creuzeville Mahu,
une charmante ville de province à l’industrie locale unique.
Quand l’industrie tourne, tout tourne.
Et l’on distribue volontiers les miettes du festin aux habitants.
Mais quand la crise arrive...
Il pleut sur Creuzeville Mahu.
LA VILLE DU SILENCE Sous-titres français par BuStEl
Pour l’instant, nous nous taisons.
Nous nous taisons derrière des volets violets,
ancien signe de soumission.
Pour l’instant.
Bonjour. Désolé d’interrompre votre nuit si tôt, mais je voudrais une chambre.
Quoi ? Tout de suite ?
Je ne veux pas vous déranger, donnez-moi seulement le numéro d’une chambre libre.
Cinq. - Cinq... Elle n’est pas sur le tableau.
Alors six. - Six... Voilà la six.
Je me débrouillerai.
Le groupe a décidé d’accepter les propositions de location
pour la zone au sud de notre ville, le « Ponton du lac enchanté ».
Messieurs, merci. La séance est levée.
Toujours en retard, mon cher.
Bonjour. - Bonsoir.
Bonsoir, Lestin.
Monsieur le Président, je vous présente mes excuses pour mon retard.
Vous savez comment c’est...
Les femmes sont compliquées, surtout quand ce n’est pas la vôtre.
Au revoir, Monsieur le Président.
Que faites-vous ? Vous savez que je suis superstitieux.
Excusez-moi.
Monsieur Paul Briand, nous vous avons fait venir pour, d’abord, nous protéger.
Nous avons tous reçu des lettres de menace comme celle-ci.
Et ensuite pour trouver le meurtrier.
Votre prix sera le nôtre.
Et la police ? Elle est moins chère qu’un détective privé.
C’est le fauteuil du président, monsieur. - Vous le voulez sans doute.
Moi ? Non, absolument pas. - Vous êtes libre.
Nous payons votre efficacité. Vous devez tout nous transmettre.
Nous tenir informés minute par minute de vos découvertes.
Rien ne doit être laissé au hasard.
Même ce qui vous dérange ?
Cela vous intrigue, hein ?
Les volets violets.
Rien d’extraordinaire. Simple.
Un caprice du père Mahu.
Chaque fois qu’il achetait ou faisait construire une maison,
il faisait peindre les volets en violet.
C’était sa marque.
Sa couleur, son sceau, son manteau.
Son appartement moderne n’avait plus de volets.
Le vieil homme est mort.
Bonjour.
Belle ville, belle campagne, belle forêt, belle région, belle fille.
Belle démarche.
Vous êtes le détective engagé par les associés.
Comment le savez-vous ? - Je suis journaliste.
Et moi, détective, j’ignorais que vous l’étiez.
Je croyais que vous étiez seulement la fille du vice-président Nathan Farijacque.
Je sais, la fille à papa, les relations, etc.
D’accord, vous avez gagné.
Mais j’aime mon métier et je le fais honnêtement.
En effet, belle nature.
Savez-vous que les femmes, comme la nature, ne restent belles que si on les aime ?
Merci.
Je voudrais louer un vélo. - C’est tout ce que vous voulez ?
Deux roues ? Trois ? Quatre ?
Donnez-moi deux roues, je reviendrai pour les autres.
Pour quoi faire ? Pêcher, chasser ?
Quelque chose comme ça.
Je vous conseille l’andouillette grillée avec un petit vin blanc.
Vous êtes très aimable, monsieur, mais je suis… végétarien.
Vous habitez ici, monsieur ? - Oui, j’y suis né, j’y mourrai.
L’hôpital est près du cimetière. Ma vie fait 300 mètres.
Je suis au chômage, chômage technique.
Et où travailliez-vous ? - À l’usine Mahu, voilà tout.
Voilà tout ? - Oui, voilà tout.
Mahu et Cie, les associés, de véritables poulpes.
Jamais quitté la ville ? - Pour aller où ?
C’est une plaisanterie ? Qui naît en province et a du travail reste.
Et il y a du travail ? - Il y en avait.
Plus maintenant ? - Si, toujours.
Ils cherchent un PDG là-haut.
On n’a jamais bien vécu ici.
C’est une illusion, l’air, la campagne, les forêts.
On croit être libre, mais partout Mahu est là.
Le loyer se paie à Mahu, les fameux volets violets.
Du travail ? Demandez à Mahu. La mairie ? Un homme de Mahu.
La campagne ? Propriétaire : Mahu.
Partout : Mahu. Rien à faire, partout, toujours.
Le journal local ? Mahu et Cie.
À qui profite le meurtre ?
Je suis fatigué. Pas vous ?
Monsieur, tenue de soirée exigée, s’il vous plaît.
Ce n'est pas un problème...
Tiens, chéri.
Plus rien ne marche.
Attention, monsieur Briand.
Je ferais attention aux grandes dalles partout.
Ne marchez pas dessus.
Rouge sept, deuxième fois.
Savez-vous que notre ami Julien Robert a encore reçu une lettre anonyme ?
De qui ? - Comment pourrais-je le savoir ?
Anonyme, vous dis-je.
Dites-moi, dans votre journal local,
le meurtre de Mahu n'est pas passé sous silence, mais on n'insiste pas non plus.
Vous m'avez vraiment fait peur, vous savez ?
Faites-moi plaisir, cessez de fouiller dans cette poussière.
Vous avez l'air pâle et gris.
Vous avez besoin d'air frais, monsieur. Venez.
Bon sang, quelle maison !
Et ne vous sentez-vous pas un peu perdu dans cet immense bâtiment ?
Nous avons tous un petit coin secret.
Venez, je vous y conduis.
C'est une maison de famille ? - Oui.
Mes parents préféraient vivre dans une maison plus moderne.
Moi, j'aime les vieilles pierres.
Dites à la personne concernée que les lits sont bien faits.
Et ici ?
Je lui donne un léger coup de ponçage.
Ne trouvez-vous pas la décoration un peu sobre et monotone ?
Alors, mademoiselle Farijacque, vous m'aviez promis de tout me dire.
Ne faites pas semblant de vous intéresser à cette histoire.
Je vous ai vu traîner des jours sur cette enquête,
alors ce soir ce n'est pas… - Non, vous vous trompez, mademoiselle.
Je m'appelle Julie.
Mais vous vous trompez, Julie.
Cette affaire me tient beaucoup à cœur et je sens...
Si vous continuez...
...que des découvertes intéressantes vont surgir.
Bien dormi ?
Il y a des moments où la vie est chaude,
où l'on se sent...
comme rempli de soleil,
où la vie est belle.
Merde !
Vous avez des nuits agitées, dites donc.
C'est la fête au village. Deux enterrements en si peu de temps.
Coiffeurs, tailleurs et couturiers ont dû faire de bonnes affaires.
Vous connaissez sans doute tout le monde maintenant.
Une petite ville de province est si petite. Et les ragots vont très vite.
Le vice-président, le père de Julie,
sa femme, le fils, deux associés,
le rédacteur en chef et le conseiller juridique,
un des fondateurs du groupe,
la famille Lestin : le père, la mère et la petite fille.
Et derrière, le parrain.
La petite est rousse, et le parrain aussi.
Curieux, n'est-ce pas ?
Le commissaire,
Joe Ferzo, directeur du casino, vous le connaissez.
Et une femme entretenue.
Je l'aimais, Julie.
Elle reposera ici, près de ma femme.
Un jour je la rejoindrai. Ma place est prête.
Je vous présente mes sincères condoléances. - Merci. Merci, mon ami.
Y a-t-il des nouvelles des autres ?
Dans ce cas, permettez-moi de partir. Vous comprenez les circonstances.
Je souhaite toutefois un peu plus de rapidité dans votre enquête.
Ne m'accompagnez pas, je connais la route.
Vous êtes très isolé ici, monsieur.
Un choix délibéré.
Mon enquête progresse.
Le problème, c'est que ma meilleure collaboratrice est morte au volant.
Elle en savait trop sur les marchands de biens.
Le commissaire dit que les lettres anonymes
servent seulement à nous effrayer.
Apparemment, ça a marché.
Voici le courrier.
Briand, vous êtes là.
Je sais, je vous dois de l'argent.
Ce soir, on joue quitte ou double ?
Thomas, vous pourriez être plus courtois.
Votre sœur...
Je porte encore le noir, après une nuit blanche.
Comme toujours.
Vous savez, Faranger, nous ne pouvions pas nous entendre avec ma sœur.
Elle était assez à gauche et écologiste.
L'hypocrisie des sentiments, c'est pour votre génération, Faranger.
Mesdames et messieurs...
Je dois le supporter.
Le fils de son père, vous comprenez ?
Je passe.
Sans atout.
Parfait.
Trois sans atout.
Parfait. - Parfait.
Venez vite dans mes bras.
Venez, tous les deux.
On ferme les volets violets et voilà.
Enfin être nous-mêmes, sans cérémonie, sans étiquette.
On peut se lâcher, crier, pleurer, gémir, regretter.
On va dormir, se reposer,
peut-être rêver, pas toujours, de devenir riches,
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