Die ersten 200 Zeilen.
"Ce film est dédié à ceux
que le relâchement des codes moraux actuels inquiète
et qui attendent impatiemment le retour du châtiment corporel
et de la peine de mort..."
- Monsieur... - Hein ?
Aidez-moi.
Aidez-moi.
Seigneur. Attendez, Mademoiselle.
C’est bon, ma belle, allez-y. Je suis là. On va passer par l’autre côté.
On va pas rester sous la pluie. Je vais vous mettre à l’abri.
Tenez bon. On y est.
Voilà.
C’est bon.
Que s’est-il passé, ma belle ? C’est un type qui t’a fait ça ?
Hein ? Allez, tu peux me le dire.
Tu faisais du stop et il t’a prise, c’est ça ?
Tu devrais pas jouer à ça, ma belle. Pas ici, au milieu de nulle part.
Je vous en prie... J’ai froid.
Pas étonnant.
Tu as vu comment tu es habillée ?
Où tu as trouvé ça ?
On dirait un sac en toile ou je sais pas quoi.
Tu reviens d’un bal costumé ?
Bon sang.
Qui t’a fait ça, ma belle ?
Il mérite une bonne trempe, qui que ce soit.
Ne t’inquiète pas. Il s’en tirera pas comme ça.
Je vais t’emmener à Londres.
Ne t’inquiète pas,
on ira directement voir la police.
Y a des types, on se demande ce qu’ils ont dans la tête.
Ça fout les jetons.
FLAGELLATIONS
- Où... Où est-il ? - Quoi donc ?
Il va venir.
C’est étrange...
M... E... D.
Je ne...
Je ne m’enfuirai pas.
Calme-toi, ma belle.
Tu es en sécurité avec moi.
Essaie de dormir un peu.
Oh, ça me monte à la tête !
- Anne-Marie, viens voir. - Qu’y a-t-il ?
- Que font-ils ? - Nous allons te mettre à nu.
Allons voir.
- L’œuvre de l’année. - Qu’est-ce qu’ils mijotent ?
- Où l’as-tu eue ? - Jo l’a dénichée à l’Evening Standard.
J’adore son expression.
À mourir de rire, pas vrai ?
À mourir de rire. Et regarde ces deux vieilles dames.
Ce n’est pas toi, derrière la voiture ?
Oui. Nous venions juste de terminer la séance.
Vous ne l’avez pas lu dans le journal ?
Aucun d’entre eux n’a parlé de ce que nous faisions.
Ils sont de plus en plus malins.
Ils nous ont mis une amende, à Anne-Marie et moi. 10 livres chacun.
Pour quel motif ?
Trouble à l’ordre public.
Quelle plaisanterie !
Les clients ont adoré les photos, en tous cas.
Oui, elle était superbe, très photogénique.
- Où est-elle passée ? - Aucune idée.
Anne-Marie !
Viens prendre un verre, ta colocataire ne t’a pas attendue !
Laisse-la, Ted, je crois qu’elle est gênée.
Pourquoi ? Pas à cause de ça, quand même.
Elle craint que ses parents ne s’en rendent compte.
Arrêtons un peu de l’embêter avec ça.
- Je vous comprends. - Pardon ?
Oh. Ce n’est rien, ils s’amusent.
Cela me semble un peu puéril.
Et de mauvais goût.
Mais ça reste entre nous.
- Je vous offre un verre ? - Non, merci. J’ai assez bu.
Venez vous asseoir. Parlez-moi de vous.
- Ted. - Oui ?
- Qui est-ce ? - Qui donc, ma belle ?
Je n’y vois plus très clair.
Ce jeune homme qui drague Anne-Marie.
Va savoir. C’est Jo qui l’a ramassé.
Quoi ?
Il est entré dans le bureau juste avant la fermeture,
et a donné à notre douce amie une idée de film.
Il lui a plu alors elle lui a proposé de rester. Surprenant de sa part.
- Il doit avoir un charme fatal. - Ou autre chose.
Bon, toi aussi il te faut un gentil jeune homme, chérie.
Je vais te présenter à quelques amis pas trop mal.
Voyons si nous pouvons les faire dessoûler.
Messieurs, je vous présente l’adorable Julia King.
Il y a un article sur les céramiques du XIIème siècle...
...et un poème d’Ezra Pound entre une grosse femme noire enchaînée.
Et Andy Warhol au petit coin.
- Qu’est-ce que tu lis ? - Escort.
Ted me l’a mis dans la main quand je suis partie.
Il a dit que je devais me renseigner sur ce qui plaît aux hommes.
Je ne crois pas qu’ils connaissent grand-chose aux goûts des hommes.
C’est ça leur secret, ils n’y connaissent rien.
Ils leur disent juste ce qu’ils pensent qu’ils devraient aimer.
Quand ton rendez-vous doit-il arriver ?
C’est moi qui le rejoins. Il faut que je me dépêche.
- C’est celui qui te draguait à la soirée ? - Me draguait ? Oui.
- C’est un rapide. - Mmmh...
- Il est séduisant. Il est différent, tu sais. - Je vois.
- Je peux utiliser ton miroir ? Le mien est cassé. - Bien sûr.
- Tu es encore mouillée. - Ah ?
Il est écrivain, c’est ça ?
- Ah bon ? - Ce n’est pas ce qu’il a dit ?
Il n’a pas dit grand-chose. Nous avons parlé de moi.
- Comment s’appelle-t-il ? - Mark. Mark Desade.
Et quand vais-je le rencontrer ?
Julia ! Tu as déjà Tony.
C’est vrai, j’ai Tony. Et il a intérêt à ne pas oublier le vin.
Vous ne sortez pas ce soir ?
On s’est dit qu’on resterait ici, pour une fois.
Tu devrais lui dire de t’emmener dîner dans un joli endroit.
- Alors qu’on a tout l’appartement pour nous ? - Oh, je vois.
Madame me demande de venir montrer une robe à un client.
La robe me va bien et Madame me laisse jouer les modèles.
Alors je vais à Panama quelques mois,
et je rencontre Julia, qui dit que je devrais travailler pour son patron à Londres.
Alors je vais à Londres où je participe à des œuvres photographiques.
Voici ma vie.
- Pourquoi êtes-vous si nerveuse ? - Nerveuse ?
Moi ? Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
Quelque chose dans votre voix, dans vos yeux.
Je crois que vous avez peur de moi.
Oh, non. Je suis un peu... Excitée, c’est tout.
Pourquoi aurais-je peur ?
Pourquoi pas ? Vous êtes seule avec un homme que vous ne connaissez pas.
Et nous avons tous peur de l’inconnu. C’est naturel.
Mais je vous connais. Et je vous apprécie.
Même pendant cette soirée, vous étiez le seul...
...qui comprenait vraiment. C’est vrai, Mark.
Je vais vous montrer quelque chose.
- Comment ? - Un petit tour pour illustrer mes propos.
Ça va vous plaire. Fermez les yeux.
- Ohhh... - Allons, fermez les yeux.
Mais promettez de les garder fermés jusqu’au bout.
D’accord.
- Ils sont fermés ? - Oui, Monsieur.
Bien. Je veux que vous pensiez à quelque chose.
Vous souvenez-vous la façon dont est dressée la table ?
Les couteaux à côté des assiettes ?
Le couteau à steak, avec sa lame en dents de scie ?
Vous savez ce que signifie « en dents de scie » ?
Une douzaine de petites dents aiguisées sur chaque lame.
Bien aiguisées.
Elles entrent dans la viande...
...comme ça.
J’en prends un...
...et je le regarde.
Je n’ose pas le toucher du doigt...
...car la moindre pression...
...me couperait.
Je vais approcher le couteau de votre visage.
Je tends le bras...
...et je tiens le couteau très près de votre visage.
La lame est d’une finesse, d’un tranchant
...inimaginables.
Elle touche presque votre visage.
Si vous bougiez votre visage ne serait-ce que d’un millimètre,
...elle trancherait votre joue comme...
Ce n’est qu’un glaçon.
- Mais j’ai senti... j’ai senti... - Quoi ?
Le sang.
Vous pensiez que j’allais couper votre visage.
N’importe qui l’aurait cru, Mark.
Je suis désolé.
Je n’aurais pas dû.
C’était une plaisanterie.
Me pardonnerez-vous ?
J’ai eu si peur.
Ce n’était qu’une plaisanterie.
- Où vont-ils ? - Dans ce tiroir.
Encore toutes ces casseroles. Laissons tomber.
- Non. - Laissons tomber.
- Pourquoi ? - Parce que je veux...
« Rentrer voir ma femme. »
Oh, c’était méchant. Je suis désolée.
Faisons-le avant le retour d’Anne-Marie.
Elle va rentrer tard. Elle en pince beaucoup pour cet écrivain.
Qui est-ce ?
Un jeune homme qui était à la soirée Escort.
- Hé, qu’est-ce que c’est que ça ? - Quoi donc ?
- C’est un fusible ! - Tony.
Je ne peux rien faire, je ne suis pas manuel.
Tu te moques de moi ?
- Ça va te coûter cher. - Et ça ?
Merci.
Pour quoi ? Le baiser ou le dîner ?
Les deux. Tout.
C’était merveilleux.
J’ai passé un très bon moment.
Quelle bague étrange.
Qu’est-il écrit ?
M... E... D.
Mark E Desade.
Mark E Desade.
- Qu’y a-t-il ? - Oh...
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